L'OBSERVATOIRE DE L'EUROPE

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En tant que la souveraineté est indissolublement liée à l’Etat et à lui seulement et qu’au sein de l’Union européenne, considérée, depuis le traité déconstitutionnalisé de Lisbonne du 13 décembre 2007, comme une organisation internationale à vocation supranationale et à projet fédéral, les Etats membres sont (Const. fr., art. 1er et 3 ; TUE, art. 2) et doivent rester des démocraties politiques (TUE, Titre I, art. 7), on conçoit sans peine que la construction européenne – plus encore, l’intégration européenne – suppose, sauf à se contredire gravement, de ne pas déconstruire la démocratie au sein des Etats membres, tout en...
Les Anglais s'en vont. Et ils ne seront peut-être pas les seuls. Il faut sortir la question de l'organisation du continent du registre de la foi. La seule organisation de ce référendum en Grande-Bretagne a brisé le tabou de l'intégration supranationale à sens unique, sans pause, sans retour, ni arrêt possible. Se maintenir dans le carcan des traités actuels n'est plus le seul avenir imaginable, de même que l'éventuelle récupération de certaines compétences de souveraineté et de moyens de contrôle démocratique. Une Europe aux souverainetés amputées et paralysées ne saurait devenir une puissance, surtout face à la crise...
La littérature de science politique admet généralement que la globalisation du libre-échange résulte de ce qu'on appelle "le consensus de Washington" (siège du FMI), texte lui-même inscrit dans l'esprit du Manifeste de la commission Trilatérale, toujours valide, corédigé en 1975 par Michel Crozier et Samuel Huntington. Il s'agit en quelque sorte des "Dix commandements" du libéralisme intégral, lesquels furent traduits, entre autre, pour l'Europe, dans le traité de Maastricht de 1992. Mais ils étaient déjà depuis plusieurs années dans le "logiciel" français et européen, par l'entremise de trois hommes-clés issus de la...
Après vingt ans à la tête de Goldman Sachs, l'ancien commissaire européen va prendre sa retraite. Il fait partie de cette poignée de dirigeants de l'ombre dont le CV est une caricature d'épouvantail à altermondialiste. Peter Sutherland aura été depuis plus de trente ans au carrefour, à la tête - on ne sait comment dire - de l’oligarchie mondiale oeuvrant, par tous les canaux, formels et informels, publics et privés, économiques, financiers et culturels à la globalisation, sans manquer d’en tirer profit. Quittant la tête de la fameuse banque d'affaires américaine à l'origine des scandales financiers enregistrés au cours de...
Après l'attentat antisémite de Bruxelles, l'ObsE ouvre le débat, avec le docteur Annie Laurent : "L’Islam prospère sur l’épuisement culturel et spirituel de l’Europe" répète-t-elle, au terme de sa dernière étude sur les musulmans d'Europe et l'approche européenne de la question musulmane. Aujourd'hui, l’Union européenne pousse au "compromis" entre la culture des sociétés d’accueil (européennes) et celle des populations immigrées. Au lieu de favoriser naturellement le primat de la culture dominante, laquelle bénéficierait à tous compte tenu de son origine chrétienne (non confessionnelle), c’est "l’intégration mutuelle" qui...
Quelle qu'en soit la source, démocratique ou autre, un pouvoir ne saurait être doté d'une légitimité suffisante quand il ne correspond plus à un corps politique nettement défini aux yeux mêmes des citoyens, quand les frontières du territoire sur lequel s'exerce la souveraineté sont réputées évaporées, quand la conscience d'un Bien commun s'ensable parmi la multitude d'intérêts catégoriels avec lesquels les détenteurs du pouvoir légitime négocient pour ainsi dire d'égal à égal. Comment être obéi dès lors que l'on n'incarne plus une autorité libre, supérieure à toute autre, gardienne d'une tradition multiséculaire et...
Déjà presque au terme de sa vie, une jeune philosophe, rebelle, mystique, révolutionnaire, syndicaliste, adresse à Albert Camus le manuscrit qu'elle rédigea à Londres en 1942-43. Après l'avoir lu, Albert Camus lance : “Il me paraît impossible d’imaginer pour l’Europe une renaissance qui ne tienne pas compte des exigences que Simone Weil a définies dans L’Enracinement.” Ce merveilleux texte, rien de moins qu'un "Prélude à une Déclaration des obligations envers l'être humain", écrit au coeur de l’effondrement de l'Europe du 20ème siècle, peut être considéré comme le « testament spirituel et politique » de Simone Weil, légué...
Vingt-huit fois zéro, ça fait toujours zéro. La taille, l’étendue, le nombre sont évidemment des facteurs multiplicateurs de puissance. Mais si, et seulement si, il y a une puissance à démultiplier. La masse, la dimension ou l’Union des Etats ne font pas nécessairement la force. Cet argument purement quantitatif est aussi faux que convenu. En particulier dans le monde globalisé, il faut être aveugle pour ne pas voir que les entreprises de la Silicon Valley, des pays comme Israël ou le Qatar aujourd'hui n'ont pas bâti leur puissance sur la masse ou l'étendue, qu'elles n'ont pas, mais sur autre chose. Dans un monde...
Le transfert massif de souveraineté des Etats vers l'Union européenne a vidé les démocraties de leur contenu, au profit d'un régime oligarchique inédit dans l'Histoire. L'Europe est donc confrontée à une crise de légitimité démocratique sans précédent depuis qu'elle a inventé la démocratie, de l'Etat-cité antique jusqu'à l'Etat-nation moderne. C'est une sorte "d'empire" (Barroso) post-national et post-démocratique, qui a succédé, sans bruit, sans violence et sans le consentement des peuples, au concert des démocraties européennes. Un empire bureaucratique et normatif au service du mouvement perpétuel des capitaux, des...
Euro, déflation, concurrence dévoyée, austérité : les choix économiques de l'Europe depuis trente ans, inscrits dans les traités par ses Etats-membres, n'ont tenu aucune de leur promesse, depuis l'Acte Unique jusqu'au Pacte budgétaire, en passant par les traités de Maastricht et Lisbonne. "Comment rétablir la santé de notre économie et le bien-être des Européens ?" tel était le large thème de la deuxième table-ronde des Journées d’études parlementaires du Groupe Europe des Libertés et des Démocraties au Parlement européen, qui se sont tenues du 18 au 20 février à Paris à l'invitation de Philippe de Villiers. Jean-Jacques...
« Une grande civilisation n’est conquise de l’extérieur que si elle s’est détruite de l’intérieur » écrit l’historien américain Will Durant. En renonçant à l’État-nation, à la frontière et aux racines de la civilisation européenne, l’Europe n’a-t-elle pas renoncé à demeurer « l’Europe » ? Les identités collectives et individuelles constituaient le thème de la première table-ronde des Journées d’études parlementaires du Groupe Europe des Libertés et des Démocraties au Parlement européen, qui se sont tenues du 18 au 20 février à Paris à l'invitation de Philippe de Villiers. François-Xavier BELLAMY est normalien, Professeur...
Jean-Pierre Chevènement était l'invité de "Zemmour et Naulleau" sur Paris Première vendredi 29 novembre 2013. Il répondait aux questions d'Eric Zemmour et Eric Naulleau, puis débattait avec Marc Le Fur. Verbatim express : Évidemment, la politique est dure. Elle l'a toujours été. Ce qui caractérise peut-être le moment que nous vivons, c'est que le débat politique est biaisé, rétréci, sans véritable portée. Il y avait autrefois des visions qui nous soulevaient au-dessus de nous-même et qui motivaient le désintéressement. Leçons de l'histoire du XXe siècle Dans mon livre, je compare deux mondialisations, et...
Au cours d'un discours prononcé à Genève en 1946, Georges Bernanos se fit un fervent avocat de l'Europe, c'est à dire de la civilisation européenne, contre tous les "monstres" qui cherchent à l'engloutir. La suprématie technicienne et marchande l'inquiétait tellement qu'il voyait dans la super-administration qui l'imposerait "la prochaine dictature universelle". Près de soixante-dix ans se sont écoulés et l'Europe est en voie d'être totalement "liquidée", en même temps que ses frontières, ses souverainetés, sa culture et son identité. Ironie de l'Histoire : cette liquidation de la civilisation européenne s'opère au nom......
Il y aura bientôt vingt ans, Philippe de Villiers et Jimmy Goldsmith menaient victorieusement la campagne de la liste "L'Autre Europe" aux élections européennes du 12 juin 1994, obtenant près de 13% des voix et autant d'eurodéputés. « Maastricht a été le pire des coups portés à l'Europe » annonçait le milliardaire libéral, anti-mondialiste et écologiste, deux ans à peine après l'approbation ric-rac du traité porté par François Mitterrand. On a retrouvé (merci Georges Berthu) ce discours que Jimmy prononça à la fin de la campagne, Porte de Versailles à Paris. Tout y est annoncé. Nous avons voulu construire une Europe forte...
Invité de "Mots croisés", l'anthropologue Emmanuel Todd estime que "l'Allemagne est en train de réaliser son équilibre économique en bouffant ses partenaires européens."
Qui gouverne ? Au cœur de la crise politique que traverse l’Europe, notre incapacité collective à répondre à cette question élémentaire. Et ce n’est évidemment pas l’euromaniaque chevrotant Jean Quatremer qui, de son placard Potemkine, nous informera sur ce sujet essentiel. Ragemag a donc décidé d’interroger Olivier Hoedeman, chercheur et activiste au sein du Corporate Europe Observatory (CEO), une ONG spécialiste de la gouvernance européenne et du trafic d’influence financier des lobbies. Quelles sont les institutions décisives de la démocratie européenne et leur rôle dans le processus législatif officiel ? Les...
Président du groupe EFD (Europe of Freedom of Democracy ) au Parlement européen, Nigel Farage, est au Royaume Uni le leader du parti indépendantiste UKIP. Il analyse les contradictions actuelles de l'Euro et du système financier. Il nous montre pour quelles raisons l'Euro ne peut fonctionner sur le long-terme, et comment il asphyxie les économies européennes. Un plaidoyer cinglant contre une bureaucratie européenne ne rendant de comptes à personne, et pour le retour de démocraties nationales et coopérant entre elles. Un entretien réalisé par avantgardeeconomique.
NOTES DE LECTURE Le pouvoir a besoin d’être reconnu pour s’exercer durablement, sinon il s’épuise dans la violence et le meurtre. Qu’est-ce-qui distingue un gouvernement d’une bande de voleur ? Derrière, il y a toujours l’idée de Référence. Nous ne reconnaissons le pouvoir que s’il se réfère à un sens auquel nous adhérons. Je n’obéis qu’à l’autorité légitime (policier, fisc etc). La technique juridique confère au pouvoir une raison et l’installe dans une légitimité. Inventé par l’Occident, l’Etat repose sur la croyance en un Être immortel et tout-puissant. Le pouvoir temporel a été placé chez nous sous l’égide de...
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