L'OBSERVATOIRE DE L'EUROPE

Mardi 22 Mai 2012

Le projet européen : du "nationalisme de vieillards apeurés"  09/03/2012

Dans un billet précédent sur les sept familles européennes, j'avais mis en avant certaines composantes un peu nauséabondes du parti européen. Défenseurs d'une Europe catholique, ou blanche, ou blanche et catholique, plus ou moins violents, ils constituent la grande masse des supporters du projet européen. Il s'agit de préférer nos voisins à ceux qui sont plus lointains. Il n'y a qu'au Front de Gauche qu'on croit que l'Union européenne est un projet internationaliste. Donc conseillons aux internationalistes européens de visionner le clip ci-dessus. On y voit une nation isolée agressée par un noir, un arabe et un chinois. La faible femme est seule dans un hall de gare vide. Un instant de réflexion, la dame se démultiplie, comme autant de petits pains. Nous voilà avec douze dames. Et voici que s'évaporent le noir, l'arabe et le chinois. Message très subtilement transmis : les nations européennes sont entourées de gens agressifs et mal élevés. Unies elles peuvent vaporiser ces fâcheux, qui s'évanouissent devant notre sagesse. C'est à juste titre que François Asselineau estime que l'Union européenne ne fait là que se ranger à la thèse du choc des civilisations. L'occasion de relire les Penchants criminels de l'Europe démocratique...L'Europe n'est pas un projet internationaliste, c'est du nationalisme de vieillards apeurés, un projet de suprématistes blancs. (Edgar, http://www.lalettrevolee.net )

Abandon de la présidence française de l'Union pour la Méditerranée : colère des souverainistes  05/03/2012

C'est par la voix du député Dominique Souchet, proche de Philippe de Villiers, que les souverainistes ont dénoncé, dans un communiqué (29/02) l'abandon à l'Union européenne de la co-présidence de l'UPM : "Nous avions salué en son temps le lancement par la France de l’Union Pour la Méditerranée, en juillet 2008, initiative intergouvernementale, qui visait au départ à promouvoir la coopération et à défendre les intérêts communs des pays riverains de la Méditerranée. L’objectif initial avait été une première fois dénaturé, après l’acceptation par la France d’inclure parmi les membres de l’UPL l’ensemble des États de l’Union Européenne, qu’ils aient ou non une façade méditerranéenne. Le projet perdait ainsi une bonne part de sa cohésion géographique et de son intérêt géopolitique. Mais le pire était encore à venir. Le 27 février 2012, la France a abandonné la co-présidence de l’UPM au profit de l’Union Européenne. Désormais, les réunions des Ministres des Affaires étrangères relèveront donc de la Haute Représentante, Madame Ashton, et les réunions ministérielles techniques, des Commissaires européens. Du fait de cette capitulation en catimini de la France, de ce renoncement à l’intergouvernemental, de ce basculement au profit des procédures communautaires, l’avenir de l’UPM risque de ressembler trait pour trait à celui du processus communautaire de Barcelone, dont elle avait pourtant vocation à corriger l’inconsistance et l’inefficacité. A cause de ce renoncement de la France, pourtant à l’origine de cette belle idée, l’Union Pour la Méditerranée, qui aurait pu enclencher, sous la responsabilité des États, un processus dynamique de coopération étroite entre pays méditerranéens, est appelée à s’enliser dans les dédales de la bureaucratie bruxelloise" conclut le député MPF de la Vendée.

Pour la France, la dette grecque représente déjà 40 milliards d'euros  02/03/2012

Le coût global s'élève à 350 milliards d’euros depuis mai 2010. Le premier plan de sauvetage de la Grèce avait coûté 110 milliards d’euros, dont 80 milliards à la charge de la zone euro, et 30 milliards à la charge du FMI. Le second plan de sauvetage sera plus coûteux : 117 milliards d’euros pour l’UE et 13 milliards d’euros pour le FMI auxquels il faut ajouter 100 milliards d’euros de dettes effacées par le secteur privé, ainsi qu’une participation inédite de la BCE estimée à 12 milliards d’euros. Pour la France, ce coût s'élève déjà à plus de 40 milliards d’euros. La France a en effet octroyé 16,8 milliards d’euros de prêts à la Grèce, lors du premier plan de sauvetage. Les garanties de prêts attribuées à la Grèce dans le cadre du second plan d’aide sont évaluées à 24 milliards d’euros. Cela alourdira d’autant la dette publique de la France qui atteint déjà 1 700 milliards. En effet, lors du premier plan de sauvetage à la Grèce au printemps 2010, la France avait prêté directement à ce pays 11,3 milliards sur un engagement de 16,8 milliards. La dette publique avait alors été alourdie de 11,3 milliards. L’aide française passera par le Fonds européen de stabilité financière (FESF), qui prête aux Etats en difficultés avec la garantie des Etats membres. Du fait de l’ensemble des engagements du FESF envers la Grèce mais aussi envers le Portugal et l’Irlande (9,5 milliards), la dette publique française devrait être alourdie de 38,5 milliard d’euros. L’addition s’avère donc salée pour la France, et ce n’est pas fini….(Sophie Mével & Le Figaro du 21 et du 22/02/2012)

Grâce au złoty, l'économie polonaise se porte bien  14/02/2012

D'après des données actuelles de l'institut statistique polonais GUS, les exportations polonaises ont progressé de 15 pour cent l'année dernière par rapport à la même période l'année précédente, et atteignent désormais un montant de 130 milliards d'euros. Cela montre la stabilité de l'économie polonaise malgré la crise de l'euro, analyse le quotidien  Rzeczpospolita : "Les entreprises polonaises qui ont exporté leurs marchandises s'en sortent bien grâce à la faiblesse du złoty. Les fabricants de meubles ont même connu l'année la plus faste de leur histoire. On distingue également un autre facteur qui révèle la solidité des bases de l'économie polonaise : les investissements directs étrangers ont nettement augmenté. Ceux-ci s'élèvent à près de dix milliards d'euros. C'est presque moitié plus qu'en 2010. Que nous apportera l'année en cours ? Il ne devrait pas y avoir de nouvelles positives d'ici fin juin. On s'attend en effet à une récession de la zone euro." (14.02.2012, lien)

Six pays européens dégradés par Moody's  14/02/2012

L'agence de notation Moody's a dégradé dans la nuit de lundi à mardi la note souveraine de six pays de l'Union européenne : Italie, Portugal, Espagne, Malte, Slovénie et Slovaquie. Pour la France, la Grande-Bretagne et l'Autriche, disposant de la note maximale AAA, la perspective a été réduite de "stable" à "négative". On peut toutefois mettre tranquillement à la corbeille l'avertissement de l'agence de notation, estime le journal économique Il Sole 24 Ore : "Cette dégradation n'est rien de plus qu'une tentative d'harmonisation tardive aux évaluations rendues par les autres agences de notation. La justification ne comporte rien de neuf et se limite à rabâcher des poncifs qui ne correspondent en outre pas à l'évolution des marchés. Car la contradiction de Moody's a déjà été résolue : dans un contexte de stricte austérité, la politique monétaire doit prendre les choses en main. La Banque centrale européenne (BCE) joue un rôle déterminant dans cette phase. Elle pourrait peut-être faire - ou surtout dire - davantage pour réduire l'incertitude des marchés. Mais il est incontestable que son initiative [la mise à disposition de liquidités à taux réduit pour les banques] s'est révélée judicieuse et n'a eu aucune conséquence préoccupante pour l'inflation. Il est d'autant plus étonnant que Moody's ne dise rien sur la politique monétaire de la BCE." (14.02.2012, lien)

"La Chine n'a pas l'intention de racheter l'Europe" rassure l'organe officiel du PC chinois  14/02/2012

La crise de la zone euro sera au cœur de la rencontre, aujourd'hui à Pékin, entre le premier ministre Wen Jiabao et le président de la Commission européenne José Manuel Barroso et le président du Conseil, Herman Van Rompuy. Le vote du Parlement grec sur le plan d'austérité exigé par les créanciers n'a pas échappé aux Chinois, qui restent néanmoins inquiets sur l'avenir de la zone euro. Si la Chine a indiqué à plusieurs reprises sa volonté de participer au Fonds européen de stabilité financière (FESF), puis au Mécanisme européen de stabilité, elle n'a pris jusqu'à maintenant aucun engagement chiffré. "Alors que les rencontres entre dirigeants chinois et européens ont systématiquement donné lieu, ces derniers mois, à des spéculations sur le soutien que Pékin pourrait apporter à l'euro, une avancée sur ce dossier semble désormais moins improbable", écrit Les Echos. Selon Le Figaro, la deuxième économie mondiale détiendrait plus de 550 milliards de dollars de dette souveraine européenne. Mais "La Chine n'a pas l'intention de racheter l'Europe" comme a titré lundi Le Quotidien du Peuple. Pékin juge que soutenir l'Europe, c'est aider la Chine (Les Echos). Selon le quotidien économique, l'Europe est devenue la destination prioritaire des investissements chinois à l'étranger. La Chine, qui insiste sur l'indécision des Européens, apprécierait en retour un geste « symbolique» de l'Europe. (Les Echos)

Merkozy tente d'aménager la tutelle sur le gouvernement grec  31/01/2012

Berlin a été trop loin avec la Grèce et Angela Merkel fait marche arrière : pas question d'installer un commissaire européen à Athènes, ni de lui donner un droit de veto sur les dépenses du gouvernement Papademos. La proposition a été critiquée dans toute l'Europe. "Il n'est pas question de mettre sous tutelle quelque pays que ce soit. Ce ne serait ni raisonnable, ni démocratique, ni même efficace", a réagi Nicolas Sarkozy (Le Figaro). Président de l'Eurogroupe, le Luxembourgeois Jean-Claude Juncker a jugé le projet "inacceptable". Jean Asselborn, le ministre luxembourgeois des Affaires étrangères, l'a jugée "pas très saine" tandis que le chancelier autrichien Werner Faymann a qualifié la démarche de "vexante". Hier, Angela Merkel a fait machine arrière. "Je ne cherche pas la polémique, mais plutôt  un dialogue productif", a dit la chancelière, soucieuse de calmer le jeu au sommet européen. "Le désaveu est cinglant pour le ministère allemand des Finances allemand", commente Le Figaro. Pour ce qui est de la situation en Grèce, le quotidien publie un article sur la situation désespérée des Grecs et explique que "le gouvernement Papademos est incapable de faire les réformes" pour des raisons politiques.

Pour le Prix Nobel Paul Krugman, l'Allemagne mène l'Europe dans le mur  31/01/2012

Le Monde donne la parole à Paul Krugman, prix Nobel d’économie. Il se montre particulièrement sévère s’agissant des mesures récentes prises en Europe pour faire face à la crise de la dette, regrettant notamment la rigidité de Berlin. « La crise reste considérée uniquement comme un problème de dérives budgétaires. Ce n’est pas le cas », souligne-t-il. Il appelle de ses vœux une politique monétaire « plus agressive encore que celle des Etats-Unis. Il n’y a pas d’autre moyen de faire les ajustements nécessaires. La BCE devrait racheter plus de dettes d’Etat mais aussi favoriser davantage l’expansion monétaire ». Selon lui, « l’inflation n’est pas le problème mais la solution », car « une politique monétaire moins stricte avec une inflation plus élevée – autour de 4% - offrirait une part de flexibilité qui manque à la zone euro ». Un des problèmes majeurs actuellement serait à cet égard la position allemande, dictée par son histoire, d’une trop grande rectitude budgétaire. Parallèlement, il estime utile un renforcement de l’intégration budgétaire et la création d’eurobonds.

Hollande s'asseoit sur la France du "non"  31/01/2012

Cités par Edgar, deux billets sur François Hollande, fort intéressants, chez Descartes le blogueur. Le premier sur le décollage de Hollande au Bourget, le second sur le passage du même à la télé, face à Juppé. Extrait : "sous cet oecumenisme de façade, le "projet présidentiel" est le fruit d'un choix résolument girondin. Car il y a une catégorie qui a été oubliée dans la distribution: les "républicains" plus ou moins jacobins. Pour eux, il n'y a rien. Par contre, le "projet" contient tout ce qu'ils détestent: les concessions aux particularismes régionaux (ratification de la charte des langues régionales et minoritaires, constitutionnalisation du régime particulier de l'Alsace-Moselle...), réduction des compétences de l'Etat ("nouvelle étape de la décentralisation" donnant "plus d'autonomie" aux collectivités locales), transfert de nouvelles pouvoirs et compétences vers les institutions européennes. Sous le discours qui prétend réconcilier la gauche du "non" et la gauche du "oui", se cache en fait le choix d'ignorer olympiquement l'une de ces deux composantes."


«La Commission nous prépare une récession de 15 ans !» selon le Ministre Magnette  17/01/2012

Le ministre Magnette va droit au but : «Nous devons tenir tête à la Commission européenne», estime-t-il. Car la politique économique et budgétaire imposée aux Etats membres prépare «une récession de 15 ans». Paul Magnette n'a pas mâché ses mots à l'égard de la Commission européenne jeudi dans les médias. Interrogé dans La Libre Belgique, De Morgen et sur La Première, des Entreprises publiques, le ministre (socialiste) de la Politique scientifique et de la Coopération au développement a dénoncé le risque de glissement vers une «Europe ultralibérale». La politique économique et budgétaire imposée aux Etats membres prépare «une récession de 15 ans», estime Paul Magnette, qui s'interroge sur la légitimité démocratique dont dispose la Commission pour mener une telle politique : «Nous devons tenir tête à la Commission européenne, comme les grands Etats le font, sinon nous allons glisser vers une Europe ultralibérale !»

Frontières : la France soutient l'idée d'un gouvernement européen de l'espace Schengen  15/12/2011

Jusqu'où irons-nous dans l'erreur européenne ? Au printemps dernier, l'arrivée de milliers de clandestins tunisiens en Italie avait conduit la France à réinstaurer des contrôles à ses frontières. Paris et Rome avaient demandé à la Commission d'élargir la gamme des clauses de sauvegarde autorisant le rétablissement des contrôles aux frontières. Invoquant des "circonstances exceptionnelles", la Commission souhaitait alors se limiter à des "clarifications", estimant que les Etats pilotent eux mêmes le système et qu'ils ont toujours refusé de confier un rôle plus large aux institutions européennes. Depuis quelques mois, plusieurs pays ont pris (ou réfléchissent) à des initiatives sur le contrôle de leurs frontières. En début de semaine, les ministres de l'Intérieur ont ainsi débattu des propositions formulées par quatre pays (France, Allemagne, Italie et Espagne) sur "un renforcement de la gouvernance politique de l'espace Schengen". Ils proposaient également un projet visant à mieux lutter contre l'augmentation de la criminalité "transfrontalière et itinérante". Souhaitant éviter les dérives, la commissaire européenne aux affaires intérieures, Cecilia Malmström, défend le principe d'un "Schengen solide, garantissant le principe de la libre circulation", une position qui éviterait toute décision "purement nationale". Soit "exactement l'inverse" de ce que souhaitent France, Allemagne, Italie et Espagne, conclut Le Monde.

Le projet de traité déjà critiqué de toutes parts  15/12/2011

Avant même d'avoir vu le jour, le traité européen négocié à Bruxelles est critiqué de toutes parts. Sur le plan politique, quatre pays craignent un vote de ratification devant leur Parlement : la Suède, le Danemark, la Hongrie et la République Tchèque. La cacophonie règne aussi à Bruxelles où chaque institution veut absolument garder ses prérogatives communautaires. De plus, Jean-Claude Juncker a semé le doute en expliquant que l'inscription dans la loi fondamentale de la règle d'or européenne sur le retour à l'équilibre budgétaire serait contraire à la philosophie constitutionnelle du Luxembourg. Ces dissonances inquiètent les marchés, déjà refroidis par le discours d'Angela Merkel devant le Bundestag hier, où elle a jugé que la sortie de crise prendrait des années. Le chef économiste du FMI, Olivier Blanchard, estime que l'accord de Bruxelles n'apporte pas une réponse encore "suffisante" à la crise de la zone euro et ne garantit pas la stabilité du secteur bancaire. Enfin, le Premier ministre polonais, Donald Tusk, a déploré l'état de l'UE hier devant le Parlement européen : "Je ne peux pas dire que l'Europe est plus unie et je ne peux pas dire que nous avons surmonté cette crise". "Nous sommes au bord du précipice", a-t-il averti. (Le Figaro)

Pas de solidarité européenne sans peuple européen  15/12/2011

L'idée d'une Europe unie ne doit pas être abandonnée par temps de crise, estime, la bouche en coeur, un professeur spécialiste de la démocratie et des droits de l'homme, Ian Buruma, dans le quotidien portuguais Público : "Le problème est que l'UE n'est ni un Etat-nation ni une démocratie. Il n'y donc pas de 'peuple européen' prêt à faire les sacrifices voulus lors des moments difficiles. Les riches Allemands et Hollandais ne veulent pas payer pour les imprudences économiques qui ont conduit les Grecs, les Portugais et les Espagnols dans la situation dans laquelle ils se trouvent aujourd'hui. Ils moralisent au lieu de faire preuve de solidarité, comme si tous les problèmes des pays du sud de l'Europe étaient dus à une paresse innée de leurs peuples".Après ce parfait diagnostic, Buruma veut encore croire en son rêve : "Il faut d'abord convaincre les habitants des pays riches du Nord qu'il est de leur intérêt de renforcer l'UE - ce qui est véritablement le cas. Ce sont eux qui ont bénéficié le plus de l'euro, il leur a permis d'exporter à bas prix vers les pays du Sud de l'Europe. … La démocratie peut sembler un rêve inaccessible dans une communauté de 27 Etats-nations. Sauf à renoncer à construire une Europe plus unie, ce sont là des propositions qui méritent d'être examinées." (14.12.2011, lien externe)

L'Europe de l'Est plus disciplinée que l'Ouest  15/12/2011

Les pays membres de l'UE d'Europe orientale sont aujourd'hui des élèves modèles en matière de discipline budgétaire, alors que les pays de l'Ouest redoutaient le contraire lors de l'élargissement de l'UE. C'est pourtant les anciens membres qui menacent aujourd'hui d'entraîner la faillite de l'Europe, constate le quotidien de centre-gauche Dnevnik : "La crainte que nous détruisions l'Europe, anéantissions l'euro et pillions les fonds structurels était considérable. La question était seulement de savoir qui de la Bulgarie, de la Roumanie, de la Pologne, de la Hongrie ou de la Slovénie serait le fautif. C'est la raison pour laquelle Bruxelles avait fixé des conditions aussi rigoureuses à l'adhésion à l'UE. Nous avons honoré ces conditions de manière disciplinée et obéissante. Nous, les citoyens des nouveaux Etats de l'UE, sommes les Européens les plus disciplinés et tentons fanatiquement de compenser nos budgets, souvent à nos propres dépens. La Grèce et l'Italie ont complètement déboussolé l'UE avec l'aide des banques françaises et allemandes. … Ce sont donc les anciens Etats membres qui ont conduit l'Europe au bord de la faillite." (15.12.2011, lien externe, slovène))

Jean-Pierre Mustier annonce "Armageddon"  11/12/2011

Jean-Pierre Mustier n'était pas réapparu en public depuis le procès de l'ex-trader. Lors d'un colloque à l'Ecole des mines, ce haut dirigeant de la Société Générale, aujourd'hui chez Unicredit a stupéfait son auditoire en s'abstenant de toute langue de bois sur la gravité de la crise financière. "Il faudrait peut-être parler des vrais sujets, lance-t-il en anglais, langue obligatoire de la journée. Les bonus, c’est bien gentil, mais je crois que vous ne vous rendez pas compte que d’ici deux jours, ou une semaine, notre monde pourrait disparaître. C’est Armageddon". "Nous sommes tout près d’une grande révolution sociale", lance encore celui qui est devenu en 2011 patron de l’activité de Banque de Financement et d’Investissement (BFI) d’Unicredit, banque italienne qui a annoncé 10 milliards d’euros de pertes pour le seul troisième trimestre. Selon lui, la responsabilité de la catastrophe incombe d’abord aux Etats, qui se sont surendettés et ont manqué totalement de discipline. Puis ensuite aux régulateurs, qui prennent de mauvaises décisions et ne font qu’aggraver la situation. Et aussi, aux banques, reconnaît Mustier : "Les banques ont dégagé des taux de rentabilité trop importants, continue Mustier, sans sourciller.. C’était intenable, sinon il n’y aurait plus eu que des banquiers et des avocats et les autres acteurs de l’économie seraient morts." Une remarque qui ne manque pas de sel, venant de l’ancien patron de la banque de marché de la Société Générale, dont la BFI dégageait des taux de rentabilité de 30% avant la crise. Cette description apocalyptique terminée, Mustier soumet à l’auditoire médusé le choix qu’il reste aux banquiers: "soit c’est 1789, soit c’est un changement majeur de notre industrie, comme ce qui s’est passé pour internet après 2000." Les banquiers, selon cet oracle, vont donc devoir réviser sérieusement leurs modèles. "Se désendetter, retourner sur leurs marchés domestiques, et faire des produits de plus en plus simples." Et elles auront de plus en plus de difficulté à octroyer des crédits à leurs clients, notamment aux PME. Quant aux Etats, les marchés ne leur laissent guère le temps de se réformer. Et Jean-Pierre Mustier de citer en exemple la Malaisie qui avait décidé de se refermer sur elle-même en instaurant un très sévère contrôle des changes ce qui lui a permis de s’isoler des marchés et de mener ses réformes à bien. Retour au protectionnisme financier? "Evidemment pour l’Europe, cela sera plus compliqué, reconnaît le banquier. Il n’y a pas de solution facile." Mustier reste aussi persuadé qu’en temps de crise, personne ne joue collectif. "Dans ces cas- là, on n’est plus Européen, c’est plutôt du chacun pour soi", rappelle-t-il. Pour les solutions, on reste un peu sur sa faim. (avec challenges.fr)

Fédéralisme européen : les souverainistes demandent un référendum  02/12/2011

Le secrétaire général du Mouvement pour la France, Patrick Louis, a vivement réagi à l'annonce par M. Sarkozy de l’abandon d'un nouveau pan de la souveraineté nationale à l’Union européenne. Dans un communiqué, il  dénonce le transfert du contrôle budgétaire des Etats membres à une structure supranationale pilotée par l’Union européenne. Il rappelle et précise qu’en France ce contrôle budgétaire est déjà exercé par : la Commission des finances, la Cour de discipline budgétaire et financière et la Cour des comptes. Le porte-parole de Philippe de Villiers s’interroge aussi sur le point de savoir si ces organes régaliens seront supprimés ou seront-ils désormais au service au service de l’Union européenne : "En ce début de semaine, sous l’insistance de la chancelière allemande Angela Merkel, le président Sarkozy a accepté l’instauration d’une forme de gouvernement économique européen dans le seul but de s’assurer que le nouveau pacte de stabilité et de croissance en cours de développement soit respecté. Il s’agit de transférer le contrôle budgétaire des états membres à une structure supranationale pilotée par l’Union européenne. Alors que la zone euro s’apprête à demander l’aide du Fonds Monétaire International (FMI), alors que tous les experts financiers et économiques s’accordent pour dire que le modèle de la monnaie unique a vécu, que même Jacques Attali affirme que cette monnaie ne verra pas Noël, le couple franco-allemand décide de continuer dans cette voie sans issue qui n’a pour but que de donner toujours plus de pouvoirs à une structure supranationale. En résumé, sans débat public, sans consultation référendaire, les nations seront déboutées de leur principale mission de contrôle, celui du contrôle budgétaire actuellement exercé en France par plusieurs organes la Commission des finances, la Cour de discipline budgétaire et financière et la Cour des comptes. Qu’adviendra-t-il de ces organes régaliens ? Seront-ils supprimés ? Seront-ils mis désormais au service de l’Union européenne ? Y aura-t-il modification de la Constitution française dans ce sens ? Autant de questions sans réponses pour l’instant. Le Mouvement Pour la France demande au gouvernement de clarifier la nature de ce projet. Il refusera tout nouveau transfert de souveraineté à l'Union européenne sans que les peuples européens ne soient consultés et que la décision provenant des urnes soient respectées. Le contrôle budgétaire de la nation est un élément constitutif de la souveraineté du peuple. Vouloir la transférer à un organe supranational non élu est un acte autocratique de défiance vis-à-vis des peuples" conclut vivement l'ex député européen du MPF.

Créer un Etat à travers une monnaie : un projet de malades ?  01/12/2011

Tels sont les technocrates responsables de l'euro, selon Paul Krugman. Tout son argument consiste à expliquer que l'euro ne reposant sur rien de rationnel, au delà de l'idée romantique de créer un état à travers une monnaie,  les technocrates qui prêtent leur concours à ce projet ne font qu'emprunter les habits de la raison pour masquer leur hubris nationaliste. Et tout les éléments de langage à l'appui des programmes de récession ne sont que des vers tragiques destinés à plaire à la déesse Europe, avide de malheurs. Aucun rapport avec les élements d'un programme dont on puisse être fiers. Et Krugman est pourtant favorable au projet européen au départ. Il sait d'ailleurs que les Etats-Unis ont eux aussi leur lot de doctrinaires malades déguisés en experts compétents. Tiens, une citation de Goethe : "j'appelle classique ce qui est sain, romantique ce qui est malade" (oui, je suis un peu cuistre, je n'ai jamais lu une ligne de Goethe). Un élément délirant dans le paysage euroesque du moment, qui illustre bien la thèse de Krugman : lire que le Luxembourg voudrait expulser de l'euro les pays en infraction par rapport au pacte de stabilité. Ce pays est un paradis fiscal installé au coeur de la zone euro, et ses représentants se permettent de donner des leçons de macroéconomie, menacent d'expulser du coeur de l'Europe la Grèce, ou pourquoi pas, l'Espagne ou l'Italie ! Des romantiques rasoirs, cruels et insignifiants, aussi. (Edgar, la lettre volée)

L'Allemagne réimprimerait des Marks, selon une ex-conseillère du Président Bush  09/11/2011

La nouvelle devrait faire l'effet d'une bombe si cela est avéré : l'Allemagne réimprimerait des Marks, selon les affirmations du Dr Pippa Malmgren sur son blog. L’Américaine Pippa Malmgren, 49 ans, n’est pas n’importe qui, experte du monde politique et économique, ancienne conseillère économique du Président américain Georges W. Bush, elle a une connaissance pointue de la Deutsche Bank. Que nous apprend-elle sur son blog ?Selon elle, les Allemands auraient annoncé qu’ils comptent réintroduire le Deutsche Mark sur les marchés. Ils ont déjà commandé la nouvelle monnaie et ont même demandé à leurs imprimeurs de se dépêcher. Le Vice-chancelier allemand, Philippe Roesler, a prononcé un discours en septembre dans lequel il dit qu’il n’y aura pas un sauvetage de plus d’un pays de la zone euro. Cette déclaration intervient alors que tout le monde sait qu’il faudra bientôt venir en aide à l’Italie et à l’Espagne. Cette déclaration est en totale cohérence avec la position du peuple Allemand qui selon un sondage récent est à 70 % opposé à transférer les richesses allemandes pour sauver les nations sur-endettées. L’Allemagne a annoncé également qu’elles soutiendra ou nationalisera une partie voire toutes ses banques pour les sauver mais seulement ses banques. Ceci augmente donc le risque d’un défaut de paiement des pays de la zone euro qui sont affaiblis. Ce qui a amené Pippa Malmgren à ce constat c’est la déclaration récente de Christine Lagarde à Jackson Hole qui a reconnu que l’Allemagne ne pourra faire un « chèque » de renflouement pour aider les membres de la zone euro. Elle a dit  "quelqu'un doit faire un chèque ou bien nous allons avoir des défaillances bancaires historiques multiples". Dans l’assistance tout le monde a bien entendu qu’il n’y avait aucun chèque à venir. Pippa Malmgren ajoute qu’il y aurait bien une garantie, celle des réserves d’or mais ces réserves sont insuffisantes. L’autre solution est la remise de propriété de l’actif des nations industrielles ce qui revient à dire une nationalisation des industries par un pays et donc d’un gouvernement étranger. Il n’y a pas pour Pippa Malmgrem de véritables garanties significatives. Et même la Chine ne peut faire un chèque assez gros pour remplir le trou des dettes cumulées des pays de la zone euro. Donc l’Allemagne réimprime ses Deutsche Mark pour se prémunir de la disparition de l’euro, afin de rester souveraine… Qu’attend donc Nicolas Sarkozy pour réimprimer notre monnaie nationale, le franc, et sortir de ce système d’emprunt sur les marchés qui date de 1973 et qui nous a sur-endetté ? (Source  Pippa Malmgren http://www.moneynews.com )

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Choquant, amusant, étonnant ou éclairant : l'unification européenne a été source de diverses inspirations tout au long de l'Histoire...