L'OBSERVATOIRE DE L'EUROPE
Dimanche 14 Mars 2010

Bruxelles autorise un nouvel OGM, les eurobéats s'étonnent  02/03/2010

Bruxelles autorise un nouvel OGM, les eurobéats s'étonnent
Après le maïs, la pomme de terre ? Toujours est-il que la décision de la Commission de Bruxelles d'autoriser la pomme de terre génétiquement modifiée Amflora relance la polémique sur les OGM. Elle relève presque de la provocation alors que la France et six autres pays européens observent un moratoire sur la culture du maïs Mon810 autorisé par Bruxelles en 1998. En réalité, la Commission européenne, utilise la pomme de terre pour pousser ses pions en faveur des OGM. Greenpeace France a appelé Paris à déclencher la « clause de sauvegarde » pour faire barrage à cette culture. (...) Le PS a jugé que « le gouvernement français doit imposer un moratoire ». Les autorités françaises ont saisi le Haut Conseil des biotechnologies (...) « La Commission européenne n'a pas respecté l'avis des États membres, qui souhaitaient un renforcement de l'expertise !" a déploré Chantal Jouanno, secrétaire d'État à l'Écologie (...) Théoriquement, la pomme de terre Amflora n'est pas destinée à la consommation humaine. Mais rien ne garantit qu'elle ne se retrouvera pas dans le circuit commercial à l'insu des consommateurs. Déjà, des experts pointent les dangers qu'elle pourrait représenter pour la santé. Elle devrait être utilisée pour la production de papier et l'alimentation animale. Mais fort de sa brillante élection par le Parlement européen il y a un mois, le président de la Commission européenne José Manuel Barroso, lui, veut relancer le processus d'autorisation de la culture des deux OGM controversés très vite (...) "L'autorisation de la culture du maïs MON 810 et de la pomme de terre Amflora est une de ses priorités", a confié une source au sein de l'exécutif bruxellois sous couvert de l'anonymat. "Il veut aller vite pour se débarrasser de ce problème qui lui a pourri son premier mandat", a confirmé un responsable européen. (avec ladepeche.fr, 4 mars 2010 ) Lire aussi : Souveraineté alimentaire contre nourriture FrankensteinOGM : le Parlement français s'exécuteOGM et supranationalisme européen, La Vendée se déclare département sans OGM, Un plan secret européen pour activer la production d'OGM, OGM : Bruxelles attaque la France devant la Cour, OGM : c'est au tour du Sénat de s'exécuter, OGM : Bruxelles rappelle qui commande, L’UE préfère les fabricants d’OGM à notre santé  , OGM : maïs espagnol cherche asile agricole en FranceOGM : Luxembourg menace de nouveau la France, Incorrigible Commission de Bruxelles, Bruxelles autorise deux nouveaux OGM et poursuit la France.

Vous avez aimé les subprimes ? Vous adorerez les dark pools  20/02/2010

Vous avez aimé les subprimes ? Vous adorerez les dark pools
Les dark pools ce sont des marchés financiers informels où l'on s'échange des titres de gré à gré, sans passer par une bourse qui centralise les ordres et indique des prix de marché en permanence. De plus en plus, les banques s'échangent ainsi des paquets d'actions en toute discrétion, à des cours inconnus du grand public. De là à imaginer que seule la veuve de Carpentras continuera à acheter ses actions au cours officiel, pendant que les banques établiront entre elle de "vrais" prix, il n'y a qu'un pas.  Une seule chose est sûre, avec cela, les marchés financiers - qui n'ont pourtant pas fait la preuve dernièrement de leur utilité - deviendront de plus en plus difficiles à contrôler.  Un article récent des Echos donne plus d'informations là dessus.  Les tenants de l'Union européenne qui nous rend plus forts seront en tout cas ravis d'une précision apportée par l'article. L'origine des dark pools : "une directive européenne de 2007, dite MIF (marchés d'instrument financiers), qui a cassé le monopole des Bourses au nom de la concurrence et autorisé ces nouveaux services boursiers à se défaire de la traditionnelle obligation de transparence avant l'exécution des ordres". Décidemment, l'Europe, j'adore. (Edgar, la lettre volée )

Bruxelles ne veut pas trop punir les banques  19/02/2010

Bruxelles ne veut pas trop punir les banques
D'après une information confidentielle, la Commission européenne prévoit de demander aux banques des placements plus sécurisés. Les épargnants doivent ainsi être mieux protégés des pertes. Mais ce plan ne devrait pas avoir pour but de punir trop sévèrement les banques, requiert le journal libéral économique Financial Times Deutschland  : "Toute une série de propositions circule actuellement ; cela va du renforcement des directives concernant le capital propre au versement obligatoire d'une redevance dans un fonds de sauvetage des banques ou dans les caisses de l'État, en passant par l'interdiction du commerce indépendant et à la titrisation des crédits. Leur point commun, c'est de vouloir protéger la communauté des erreurs commis par le monde financier, mais aussi d'accabler les banques.... Il faudrait que les gouvernements et les autorités de régulation réfléchissent bien à la manière exacte dont ils veulent faire rentrer l'argent, et comment ils veulent s'en servir le plus raisonnablement possible. Contrairement à ce que les bénéfices élevés de quelques établissements pourraient laisser penser, ceux-ci ne disposent eux-mêmes pas de fonds très importants. Quand les premières directives entreront en vigueur et qu'en outre les banques centrales renforceront la politique monétaire très laxiste, la marge de manœuvre se rétrécira aussi pour l'octroi de crédits. C'est à cela que l'UE devrait penser au moment de déterminer le montant des versements dans le fonds de garantie des dépôts." (19.02.2010 )

Les retraites finançables sans réforme ?  18/02/2010

Les retraites finançables sans réforme ?
Cest la conclusion que l'on peut retirer sans crainte d'un rapport d'un groupe de travail mis en place par cet excellent organisme qu'est la Commission européenne.Présentation sur le blog de Jean-François Couvrat, du Monde. En gros, au maximum il y aura, pour la France, un surcoût de 2,7 points de PIB à financer pour couvrir les besoins, pas plus que ce qui a déjà été absorbé entre 1980 et 1993.On retient que la variable clé en matière de retraites (comme en matière de santé), c'est le taux de croissance. Seuls les mauvais esprits souligneront que la zone euro a justement le taux de croissance le plus bas de la planète...(Edgar, la lettre volée )

L'Europe "simplifiée" de Lisbonne se ridiculise sur la scène internationale  03/02/2010

L'Europe "simplifiée" de Lisbonne se ridiculise sur la scène internationale
Il y a le camouflet du Président américain, décommandant sa participation au sommet UE-Etats Unis de mai prochain (par peur des fulgurances géopolitiques de notre super-Ministre européenne des affaires étrangères Lady Ashton peut-être ?) Et il y a ceux qui, voulant bien faire, se prennent les pieds dans le mille feuilles institutionnel des "tops jobs" de l'Europe du traité de Lisbonne. Ainsi, le président de Mongolie Tsakhia Elbegdorj, en tournée diplomatique à Bruxelles, a montré mardi, à l'instar de nombreux Européens, que la profusion de présidents dans les institutions européennes avait de quoi donner le tournis. "Je remercie le président du Conseil européen", a dit M. Elbegdorj à l'issue d'une rencontre avec le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso. S'apercevant rapidement de sa méprise, M. Elbegdorj a corrigé en remerciant "le président des commissaires". "Je viens d'être reçu par le président du Conseil européen, j'ai été reçu hier par le président du Parlement européen et après cette réunion je vais rencontrer le président du Conseil européen... euh... j'ai été reçu par le président des commissaires", a-t-il déclaré. Trois présidents qui veillent jalousement à leurs prérogatives respectives, de préférence pour ne point s'en servir, sont à la tête des trois principales institutions européennes: la Commission dirigée par M. Barroso, le Parlement présidé par le Polonais Jerzy Buzek et le Conseil présidé de façon permanente par le Belge Herman van Rompuy. A ces trois Présidents s'ajoutent le chef du gouvernement espagnol, José Luis Zapatero, qui assure la présidence semestrielle de l'UE et celle de la vice-présidente de la Commission et Haute représentante de l'UE pour les Affaires étrangères, la Britannique Catherine Ashton. (avec AFP, 2/02/10) Cette organisation a été voulue par le traité de Lisbonne pour simplifier le fonctionnement de l'Europe... Défense de rire.

Camouflet du Président Obama à l'Union européenne  03/02/2010

Camouflet du Président Obama à l'Union européenne
Le président américain Barack Obama n'assistera pas au sommet de l'UE et des Etats-Unis prévu en mai en Espagne. Cette décision est officiellement motivée par le souhait du président américain de se consacrer aux questions de politiques intérieures. La presse européenne présume toutefois qu'il ne veut pas perdre son temps avec cette Europe-là, à l'instar du quoditien madrilène El Pais  dans son édition du 3 février : "Washington ne voit pas dans l'UE un partenaire majeur ni une communauté d'intérêts", constate le journal. "L'ascension de la Chine et d'autres pays émergents réduit l'influence européenne." De même Jochen Bittner dans son blog Planet in progress déplore : "Il s'avère que le traité de Lisbonne n'honore pas une de ses principales promesses. L'Europe ne s'exprime toujours pas d'une seule voix, mais dans un chœur dissonant. Les deux personnages principaux qui devaient y remédier, le président permanent du Conseil européen et la 'ministre des Affaires étrangères de l'UE' ne rassemblent pas, comme on s'y attendait, le pouvoir de représentation en matière de politique étrangère de l'Europe. … Outre les querelles à Bruxelles, la décision d'Obama est tout à fait compréhensible. L'Europe n'est pas aussi importante aux yeux du gouvernement américain qu'elle pense l'être. Pourquoi le serait-elle ? Les véritables opportunités et les risques de la politique mondiale sont ailleurs. En Chine, en Afghanistan, en Inde et en Amérique latine. … L'UE de Lisbonne pourrait encore faire la découverte la plus douloureuse sur son rôle dans le monde : imaginez que l'UE parle d'une seule voix et que personne n'écoute." Le fait est que lorsque l'Europe a réussi à parler d'une seule voix, c'était pour ne rien dire. (03.02.2010 )

Bruxelles place la Grèce sous tutelle  03/02/2010

Bruxelles place la Grèce sous tutelle
La Grèce a été placée hier sous tutelle de l'Union. La Commission européenne a, en effet, approuvé l'ambitieux plan de redressement économique que le gouvernement d'Athènes lui a transmis à la mi-janvier. Mais en lui imposant deux conditions drastiques: prendre immédiatement des mesures supplémentaires si ses objectifs ne sont pas atteints et soumettre à Bruxelles à la mi-mars et à la mi-mai un rapport sur la mise en oeuvre de ce plan. "La Grèce a adopté un programme ambitieux mais réalisable que nous soutenons. Mais si ses objectifs semblent menacés, elle devra prendre immédiatement des mesures supplémentaires. Pour appuyer ses efforts, nous allons mettre en place, pour la première fois, un système de surveillance intense et quasi permanent", a expliqué, hier, Joaquin Almunia, le commissaire européen chargé des Affaires économiques et monétaires. En d'autres termes, l'application des mesures et des réformes annoncées par Athènes et renforcées encore mardi, va être suivie quasi quotidiennement par Bruxelles qui entend ainsi éviter une faillite de l'économie grecque qui menacerait toute la zone euro. Dans un premier temps, la Grèce va devoir quantifier et préciser le calendrier de mise en oeuvre des mesures annoncées pour 2010 qui devraient permettre de réduire de 4 points son déficit pour le ramener à 8,7% à la fin de l'année, puis à 5,6% en 2011 et à 2,8% en 2012. Il s'agit notamment, en matière de recettes, de la suppression d'exonérations fiscales, d'une augmentation des droits d'accises sur le tabac et les alcools et de mesures pour limiter l'évasion fiscale. Parallèlement, Athènes veut agir sur les dépenses en réduisant notamment les allocations des fonctionnaires, en gelant leur recrutement en 2010 et en ne remplaçant plus qu'un départ sur cinq ensuite. Des réformes structurelles pour améliorer l'investissement et le fonctionnement du marché de l'emploi complètent ce plan, renforcé, mardi, par un gel de l'enveloppe salariale de la fonction publique et des mesures sur le marché du travail. (Les Echos, 3 février 2010 )

La presse européenne rebondit sur l'interdiction du voile intégral en France  27/01/2010

La presse européenne rebondit sur l'interdiction du voile intégral en France
Le gouvernement français espère que l'interdiction du voile intégral pour les femmes aura l'effet d'un signal pour les près de six millions de Français issus d'un milieu musulman, estime le quotidien allemand Frankfurter Allgemeine Zeitung; : "On leur fait ainsi clairement comprendre que la France n'est pas prête à céder à la pression d'un islam militant et à relativiser, au nom de l'islam, l'égalité entre l'homme et la femme. De façon surprenante, le président Sarkozy renoue avec une tradition laïque, avec laquelle la République française a toujours assuré sa propre tradition. Avec le recul, l'interdiction des 'signes religieux ostentatoires' dans les salles de classe, adoptée en mars 2004 et fortement controversée alors, a fait ses preuves. … En plein débat sur l'identité nationale, il a formulé ce que la France attend des citoyens musulmans : plus de discrétion, moins de provocation." (27.01.2010 )
Le quotidien de gauche suisse Corriere del Ticino;regrette pour sa part que l'on doive en arriver là. D'abord l'interdiction des minarets en Suisse et maintenant la possible interdiction du voile intégral en France - ces deux affaires touchent un point sensible des sociétés libérales, estime le quotidien  : "Dans une société libre et ouverte, les interdictions sont détestables. Ce serait une bonne chose de ne jamais devoir y recourir. Il peut malgré tout être parfois approprié et nécessaire d'interdire les habitudes, les usages, les comportements et les contraintes qui enfreignent nos principes et nos valeurs de base. Ce qui est idiot, c'est que nous ne pouvons pas attendre que l'évolution de la réalité nous contraigne à déterminer le caractère judicieux et nécessaire d'une interdiction : il serait alors trop tard pour protéger notre liberté des restrictions que certains lui imposent. La démocratie ne porte pas de voile qui dissimule son visage." (27.01.2010 )

Davos, montagne de dettes  27/01/2010

Davos, montagne de dettes
Près de 2.500 représentants internationaux issus de l'économie, de la politique et de la société civile se rencontreront du 27 aux 31 janvier à l'occasion du 40e Forum économique mondial de Davos. Ils devront avant tout réfléchir à l'énorme dette des Etats industrialisés, estime le quotidien espagnol La Vanguardia;: "La préoccupation principale de Davos, c'est l'énorme montagne de dettes publiques sur laquelle repose l'économie mondiale, notamment en Occident, après que les Etats-Unis, le Japon et l'Europe ont relancé la conjoncture au moyen d'énormes programmes d'aide publique. L'endettement des Etats atteint désormais des proportions inédites. D'après les estimations du Forum économique, la dette des pays du G20 est passée en un an de 78 à 118 pour cent du produit intérieur brut. Le risque, c'est que les budgets de certains pays se détériorent encore cette année et entraînent une crise de l'endettement de grande ampleur." (27.01.2010 )

Chine : derrière la superpuissance, un patriotisme sans complexe  27/01/2010

Chine : derrière la superpuissance, un patriotisme sans complexe
D'ici 2020, la Chine sera le premier centre scientifique mondial, annonce la société d'analyse Thomson Reuters. C'est un signe supplémentaire que la Chine est en train de s'élever au rang de superpuissance, estime le quotidien polonais Rzeczpospolita;: "C'est la conséquence d'une politique délibérée poursuivie par Pékin depuis des années. Sa principale composante consiste à inciter les scientifiques chinois à rentrer chez eux. Le [journal américain] New York Times a rapporté il y a trois semaines l'histoire de Shi Yigong, star américaine de la microbiologie qui possédait son propre laboratoire à Princeton. Après 18 ans passés aux Etats-Unis, Shi a décidé de retourner en Chine. Il a été attiré par d'excellentes conditions et par la perspective de pouvoir faire quelque chose pour son pays. La décision de Shi et l'analyse de Reuters sont les pièces d'un puzzle qui fait ressortir clairement un tout : à nos yeux, le poids économique, politique, technologique et même culturel se déplace de l'Occident vers l'Orient." (27.01.2010 )

GIEC : la confiance fond plus vite que les glaciers  27/01/2010

GIEC : la confiance fond plus vite que les glaciers
Le conseil mondial de l'ONU pour le climat, le GIEC (Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat) a reconnu avoir présenté plusieurs prévisions erronées sur les changements climatiques. Le quotidien allemand Die Presse; critique la grave atteinte que le GIEC a ainsi portée à sa propre réputation : "Cela a commencé l'automne dernier, lorsqu'on a révélé que les températures mondiales n'avait pas augmenté d'un centième de degré au cours des dix dernières années. Ce résultat a été établi par leurs confrères climatologues mais il a été mal accueilli par les inquiets du climat que sont les spécialistes du GIEC. … On retrouve : (a) des erreurs, (b) une structure qui les rend possibles, si elle ne les provoque pas, (c) un dirigeant soupçonné de s'être servi de ces erreurs pour obtenir des fonds de recherche. (a) Les erreurs sont bien sûr possibles, (b) le GIEC veut remédier au problème structurel. Reste son dirigeant [le président du GIEC, Rajendra Pachauri]. Il ne songe pas à la démission et cela ne lui est manifestement pas suggéré non plus par sa propre institution. Si l'on continue ainsi, on ne pourra pas enrayer la rapide déliquescence de la confiance, qui touche également la science en général." (27.01.2010 )

Un Turc de l'AKP à la tête de l’Assemblée du Conseil de l’Europe  26/01/2010

Un Turc de l'AKP à la tête de l’Assemblée du Conseil de l’Europe
Un Turc est devenu lundi pour la première fois président de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe, une organisation internationale datant de 1949 et distincte de l'Union européenne, dont le siège est à Strasbourg (la Cour européenne des droits de l'Homme en est l'institution majeure). Mevlut Çavusoglu, député et cofondateur du Parti Justice et Développement (AKP), le parti islamiste modéré au pouvoir à Ankara, a été élu par acclamation. Il était le seul candidat. Cet homme de 42 ans, diplômé en relations internationales et en sciences économiques des universités d'Ankara, de New York et de Londres, a intégré en 2003 l'Assemblée du Conseil de l'Europe où il présidait la sous-commission des migrations. Son groupe politique à Strasbourg, le GDE (Groupe des démocrates européens), auquel revenait la présidence en vertu d'un accord de rotation, l'avait désigné pour le représenter. Mevlut Çavusoglu assurera la présidence de l'assemblée pour un an, renouvelable une fois. La Turquie prendra elle-même la présidence du Comité des ministres du Conseil de l'Europe en novembre prochain pour une durée de six mois. Cette double présidence au sein du Conseil de l'Europe intervient dans un contexte délicat pour Ankara, que la dissolution récente du Parti de la société démocratique (DTP), pro-kurde, par une décision de la Cour constitutionnelle, a mis en contradiction avec les principes de l'organisation. La Turquie reste également parmi les pays les plus souvent condamnés par la Cour européenne des droits de l'homme. (avec L'Express, 25/01/10). Rappelons que le 21 décembre dernier, le Conseil européen décidait, à l'unanimité (France comprise donc), d'ouvrir un douzième chapitre de la négociation d'adhésion de la Turquie à l'Union européenne.

La transposition en catimini de la directive Bolkestein II  25/01/2010

La transposition en catimini de la directive Bolkestein II
Par crainte de mobilisations sociales, le gouvernement a écarté la perspective d’une loi-cadre pour transposer en droit français la directive sur la libéralisation des services. D’où le choix d’une "instillation" progressive, au fil des projets de loi. Petit à petit, sans bruit, et sous l’étroit contrôle de la Commission européenne, la législation française est passée au peigne fin pour que soient levés les "obstacles" à la libre circulation des services dans l’Union européenne. Une conséquence de la directive relative aux services dans le marché intérieur, la fameuse directive Bolkestein, définitivement adoptée par le Conseil de l’Union européenne, le 12 décembre 2006. Échaudé par la mobilisation, en 2005, contre ce texte menaçant les services publics et encourageant le dumping social, le gouvernement a préféré la discrétion pour procéder à sa transposition dans le droit français. Pas de loi-cadre, donc, mais une modification graduelle de la législation. Dans son rapport d’information sur l’état de la transposition de la directive services, le sénateur (UMP) de la Manche, Jean Bizet, justifie ce choix dans des termes ahurissants. Cette transposition, explique-t-il, "ne doit pas constituer un prétexte à la « cristallisation » des mécontentements de tous ordres, d’autant plus nombreux en période de crise" . Mieux vaut, poursuit-il, "instiller plusieurs dispositions de nature technique à l’occasion de l’examen de différents projets ou propositions de loi afin de mettre la législation française en conformité avec les prescriptions de la directive. Cette méthode est sans doute moins lisible, tant pour les parlementaires que pour l’opinion publique, mais elle permet, en « technicisant » la transposition, d’éviter l’apparition de polémiques stériles" . » (Rosa Moussaoui, Silence, la France transpose la directive Bolkestein, L'Humanité, 22.01.2010) Lire aussi notre enquête exclusive : Comment on a réveillé Bolkestein : le document qui accuse

L'Union européenne informe gentiment les Etats-Unis de vos transactions bancaires  18/01/2010

L'Union européenne informe gentiment les Etats-Unis de vos transactions bancaires
C'est un article du Monde (Swift et son mystère inquiétant sur la protection des données) qui rappelait ce petit fait amusant. Swift traite les transactions entre banques. Cette société européenne est officiellement écoutée par les Etats-Unis, qui ont accès à l'ensemble des transactions bancaires de l'Union européenne, ce contrepoids aux USA qui nous rend plus forts... La Suède, présidente en exercice, et M. Barrot, commissaire en charge de ce dossier, ont validé cet état de fait fin 2009. Jean-Louis Bruguière, défenseur bien connu des libertés publiques, après un voyage aux Etats-Unis a assuré tout le monde qu'il n'y avait aucun souci à se faire. Nous sommes donc pleinement rassurés. (Edgar )

Renault en Turquie, "courtesy" de la Commission européenne  15/01/2010

Renault en Turquie, "courtesy" de la Commission européenne
Nicolas Sarkozy a convié Carlos Ghosn, patron de Renault, à prendre un thé en sa résidence de l'Elysée samedi prochain. Il avait cru intéressant de faire annoncer par Christian Estrosi, chargé d'étude à l'industrie pour le compte de la Commission européenne, que Renault ne serait pas autorisé à construire sa Clio IV en Turquie. Messieurs Sarkozy et Estrosi ont été rappelés aux dures réalités par Madame Kroes, ministre de l'industrie de la technocrature européenne : Renault doit pouvoir construire en Turquie ou en Chine, il en va de la "préservation des chances d'un redémarrage économique". Messieurs Sarkozy et Estrosi, qui s'imaginent élus par un peuple qui aurait encore un quelconque pouvoir, devraient savoir qu'il convient de s'incliner devant les compétences de Mme Kroes, qui a l'avantage de n'avoir été élue par personne. On se sent certains jours très fiers d'être européens et j'espère que les salariés de Flins en ont bien conscience. Oh, j'oubliais : comme on dit au PS, vive l'Europe sociale ! (Edgar )

Turquie : et de douze !  22/12/2009

Turquie : et de douze !
Le député Dominique Souchet s'est élevé contre la décision du Conseil européen du 21 décembre d'ouvrir un douzième chapitre de la négociation d'adhésion avec la Turquie, celui consacré à l'environnement. Ce nouveau chapitre qui vise à harmoniser la législation turque avec celle de l'Union européenne est un chapitre décisif. Sous couvert d'objectif environnemental, c'est en réalité un choix politique qui est fait : permettre à la Turquie de faire un nouveau pas vers l'adhésion. Au lieu de poursuivre en douce le processus d'adhésion, les dirigeants européens feraient mieux de dire clairement à la Turquie que si elle est un voisin avec lequel on veut avoir les meilleures relations possibles, elle ne peut être un membre de l'Union européenne en raison de la géographie.


Les Français, dindons de la farce la Commission Barroso II  18/12/2009

Les Français, dindons de la farce la Commission Barroso II
Alors que la présence française au sein de la Commission sortante ressemblait déjà à une peau de chagrin, elle risque d’être quasiment proche du néant dans le futur exécutif européen. Selon les premiers chiffres que j’ai en ma possession, les recrutements effectués sont pour le moins inquiétants.  Ainsi, pour l’instant, on ne compte qu’un porte-parole français, contre cinq Britanniques, deux Irlandais ou encore trois Allemands. Du côté des chefs de cabinet, c’est pour l’instant la Berezina : deux Français, cinq Britanniques, deux Irlandais, quatre Allemands, deux Autrichiens, deux Belges… Bien sûr, il ne s’agit pas encore de nominations définitives et il y a vingt-sept cabinets de commissaires à constituer. Mais la tendance est bel et bien là. La France, si fière d’avoir obtenu le marché intérieur pour Michel Barnier, risque, manifestement, d’en payer le prix fort. Nicolas Sarkozy a voulu José Manuel Durao Barroso comme président de la Commission, en espérant qu’il serait un peu moins « anglo-saxon » qu’entre 2004-2009. Manifestement, ce n’est pas le cas. D’ailleurs, c’est le président du Conseil européen, le Belge Herman Van Rompuy, qui a dû fixer un agenda volontariste à la prochaine législature, face au silence persistant de Barroso, comme je l’ai raconté ici : il a déjà convoqué un sommet extraordinaire en février qui sera consacré aux stratégies de sortie de crise. (Jean Quatremer )

"Je n'en peux plus !" : Rachida Dati devient-elle eurosceptique ?  15/12/2009

"Je n'en peux plus !" : Rachida Dati devient-elle eurosceptique ?
Une équipe de « 66 Minutes », sur M6, a suivi Rachida Dati dans les travées du Parlement européen, à Strasbourg. Alors qu'elle livrait ce qu'elle avait sur le coeur à une amie, au téléphone, ils ont laissé son micro-cravate ouvert. Et ces voyous de M6 ont diffusé dimanche soir les propos croquignolets de l'ancienne Garde des Sceauxbreak et maire du VIIe arrondissement parisien. Le verbatim : « Là, tu sais où je suis, je suis à ma place, et je ne sais pas si tu entends derrière, je suis dans l'hémicycle du parlement de Strasbourg, là. Je n'en peux plus, je n'en peux plus ! Je pense qu'il va y avoir un drame avant que je finisse mon mandat, là. Je suis obligée de rester là, de faire la maline, parce qu'il y a juste un peu de presse et, d'autre part, il y a l'élection de Barroso… Oui, oui, il va être élu mais si tu veux, quand tu es à Strasbourg, on voit si tu votes ou pas. Sinon, ça veut dire que tu n'es pas là… »  A sa décharge, son planning portait ce jour-là sur les « perspectives pour la septième législature » à la Commission des affaires économiques et monétaires…(avec Rue89, 14 décembre 2009 )  "C’est disproportionné" : Rachida Dati a réagi, mardi sur Europe 1, à la polémique née de ses propos : "Je trouve un peu lamentable qu’on ait retranscrit une conversation privée avec une amie, et qui était en fin de journée, après une session." Rachida Dati assure que ses propos "ne concernaient pas l’enthousiasme européen, ni [s]on activité au parlement européen". "Reprenez bien mes propos. A aucun moment je n’émets une réticence, ou un rejet du parlement européen. C’était une conversation sur la vie de tous les jours et sur ma présence au Parlement. C’était à la rentrée, je venais d’arriver au Parlement européen. Quand je suis arrivée ici, j’ai été suivie. Il y avait un intérêt pour les journalistes à voir si j’y étais vraiment. Je peux aussi éprouver un certain agacement. Je suis aussi humaine."  Rachida Dati dit regretter que sa "conversation privée se soit retrouvée dans ce documentaire alors que la journaliste s’était engagée à ne pas retranscrire de conversation privée. C’était un peu le contrat moral (…) Je trouve donc malheureux ce buzz et cette polémique, encore, qui est faite sur le net ." (Europe1.fr)

La Turquie interdit le parti des Kurdes  14/12/2009

La Turquie interdit le parti des Kurdes
L'interdiction du parti kurde par décision judiciaire nuit au développement démocratique de la Turquie, critique le quotidien autrichien Der Standard; : "Le fait que le DTP siège au Parlement ne constitue en effet aucun danger, mais plutôt une condition nécessaire à la paix. La justice s'est toutefois laissé impressionner et diriger par la terreur [du Parti des travailleurs du Kurdistan], qui manifestement ne veut pas la paix. L'interdiction du parti est un verdict politique qui ramène la Turquie des années en arrière pas seulement en ce qui concerne la politique relative aux Kurdes - cela représente aussi un recul dans l'ensemble du processus démocratique. Interdire un parti comme le DTP revient à limiter les libertés politiques. Le jugement témoigne du manque de compréhension démocratique de la justice turque. Il rappelle d'anciennes interdictions de partis et des époques que l'on estimait depuis longtemps révolues. Mais même le gouvernement Erdoğan plie devant la logique nationaliste. Sa politique relative aux Kurdes était déjà erratique en raison de la pression de l'armée et de l'opposition." (14.12.2009)

L'intégration européenne stimule l'indépendantisme régional  14/12/2009

L'intégration européenne stimule l'indépendantisme régional
166 communes de la région de Catalogne, au nord de l'Espagne, étaient appelées hier à se prononcer sur l'indépendance vis-à-vis de l'Espagne. Cette consultation ne repose certes sur aucune base juridique, écrit le quotidien Le Monde, mais "elle témoigne malgré tout que, en quelques années, sous l'effet d'une rhétorique nationaliste attisée par les institutions régionales, l'indépendantisme a gagné du terrain en Catalogne. ... La Catalogne n'est pas la seule région d'Europe de l'Ouest à être travaillée par ce désir d'émancipation. Outre le Pays basque, où la violence de l'ETA nuit à l'idée d'indépendance, les Flandres ... et l'Ecosse sont elles aussi tentées de rompre avec l'Etat central. ... A l'évidence, l'appartenance de la Belgique, de l'Espagne et de la Grande-Bretagne à l'Union européenne (UE) n'a pas refroidi les nationalismes régionaux, au contraire. En fournissant à ces régions soumises à des forces centrifuges un cadre commun pacifié, l'Europe politique leur permet d'envisager une rupture sans violence. Modifier l'antique tracé des frontières n'est plus synonyme de conflit armé aujourd'hui." (12.12.2009)

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