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Savoir & faire savoir
Mais encore...
06/05/2008
Le Kosovo et la Serbie dans l'Union européenne en 2015 ?
Les Etats-Unis plaident pour l'entrée du Kosovo dans les grandes instances internationales afin d'entériner sa reconnaissance. Concomitamment, Belgrade vient de publier un décret le 14 avril dernier, relatif à la programmation d'élections locales dans 16 municipalités serbes, dont à Pristina capitale du Kosovo, devenu indépendant depuis le 17 février 2008. Comme l'a rappelé aux médias le Premier ministre serbe Vojislav Kostunica, «le Kosovo fait partie de la Serbie» et c'est aussi l'avis des Russes qui le considèrent comme le berceau de ce pays. C'est donc pour apaiser les controverses, que L'ONU rappelle à la Serbie que le Kosovo est sous mandat onusien et projette d'associer l'Etat serbe aux élections de cinq des municipalités du Kosovo, dont la population est majoritairement serbe. Les Serbes pensent que l'UE cherche à leur offrir un pacte de préadhésion contre l'indépendance du Kosovo, reconnu déjà par une trentaine de pays, notamment contre leur volonté et celle des Russes. Pour le président Serbe Boris Tadic, la Serbie est prête à signer l'accord de stabilisation et d'association (ASA) avec l'Europe, si les négociations ne sont pas assorties de « chantage ». Le Kosovo, lui aussi, se dit prêt à s'engager sur la voie européenne et à lancer les réformes nécessaires pour permettre son adhésion vers 2015. La Serbie et le Kosovo, se projettent dans l'avenir et envisagent leur adhésion à l'ASA et à l'UE, tandis que sur fond de tensions grandissantes, la communauté internationale se demande si l'OTAN et l'UE réussiront à régler les problèmes au nord du Kosovo. Face aux troubles dans la région, les Russes, quant à eux, mettent en garde contre d'éventuelles livraisons d'armes, en rappelant notamment aux Etats-Unis, la résolution 1244 du Conseil de sécurité de l'ONU. (Les Milieux des Empires, n°11)
05/05/2008
Kosovo : la crainte d'une Europe 'au fondement ethnique'
Dans la quotidien espagnol El Pais; du 2 mai, l'historien Francisco Veiga commente les réactions des États de l'UE sur la déclaration d'indépendance du Kosovo : "Ce qui aurait pu donner lieu à l'exercice d'une diplomatie subtile sur le chemin de l'intégration européenne s'est rapidement transformé en un concert dissonant de puissances hégémoniques. Une toile de fond qui ressemble beaucoup au jeu des grandes puissances du début du 20ème siècle, lors de la création en 1903 d'un nouvel État allant dans les intérêts des Etats-Unis : le Panama, jusqu'alors territoire colombien. L'objectif alors affiché était le contrôle du canal. … La question du Kosovo fait apparaître l'Union Européenne comme un amas de puissances hégémoniques qui déprécient les conditions d'adhésion relatives à l'élargissement à l'Est et suscitent ainsi un désarroi, dont les éléments de base constitueront par la suite l'Union Européenne : des États-nations au fondement ethnique" "L'Europe-c'est-la-paix" nous serine-t-on depuis cinquante ans sans que nul n'en ait clairement rapporté la démonstration. Admettons. Mais avec la balkanisation amorcée, peut-on jurer vivre en paix dans les cinquante prochaines années ?
05/05/2008
L'Arc de Triomphe...européiste ?
Après l'hymne à la joie du 14 juillet sur les Champs Elysées et le drapeau bleu étoilé sur le portrait présidentiel, les symboles européens, qui s'étaient éclipsés du traité de Lisbonne pour que celui-ci ressemble un peu moins à la Constitution européenne rejetée par le peuple français, poursuivent leur retour en force. On apprend que le drapeau européen devrait flotter sous l'Arc de Triomphe, du 1er juillet au 31 décembre 2008, période de la présidence française. Pour le site gaulliste "Forum Pour la France ", qui publie cette information, "l'Arc de Triomphe n'est pas un gadget pour Président en mal d'affection. Il est un symbole historique qui ne doit 1) qu'honorer les grands hommes qui ont fait le génie de la France ; 2) rappeler et honorer les victoires de la nation. Avec la présence du corps du Soldat inconnu , la grande guerre y est particulièrement inscrite et honorée afin que chacun se souvienne du sacrifice de millions de jeunes Français qui défendirent la Patrie afin que les autres générations puissent y vivre sans avoir à subir le joug d'un occupant étranger." Henri Fouquereau rappelle en effet que "sa tombe est fleurie chaque soir et la flamme qui y brule est ravivée par des associations d'anciens combattants, héros français, ayant survécu à tous les combats menés par la nation. Même dans les années les plus noires, la flamme fut ranimée, Pierre Lefranc, Alain Griotteray, Jacques Dauer et un petit nombre de jeunes gens courageux ont voulu le 11 novembre 1940, au péril de leur vie et de leur liberté, honnorer la mémoire du soldat inconnu et réveiller la flamme éternelle. Action dont la symbolique ne peut échapper à personne - chaque François ou qu'il soit, quoi qu'il fasse, a le devoir sacré de défendre la Patrie au péril de sa vie et d'empècher les symboles de la France d'être souillés. Or justement, l'Arc de Triomphe est un des symboles de notre souveraineté, donc de l'indépendance de notre nation : nul corps, nul individu ne peut s'en servir pour y afficher un solgan publicitaire faisant l'éloge de ce rêve contre nature des membres du parti de l'étranger "reconstituer le Saint Empire Romain Germanique" afin d'y dissoudre la France comme dans une purée de marrons. La France ne peut être la France sans la grandeur et celui qui met genou à terre à tout instant devant les autres n'entrera jamais dans les livres de notre grande histoire." Et de conclure avec véhémence : "Seul notre drapeau, celui de la France, peut flotter librement sous l'Arc de Triomphe. Toute autre pièce d'étoffe attachée à une hampe et sensée servir d'emblème à une nation, sera considérée comme une marque d'occupation du territoire par une puissance étrangère et comme une marque d'infamie contre laquelle nous aurons l'obligation de nous élever." La politique, c'est d'abord affaire de symboles. A un peu plus d'un an des élections européennes qui pourraient servir de référendum bis contre le traité constitutionnel bis, il semble que Nicolas Sarkozy persiste à agir comme si 15,5 millions de Français (environ 8 millions de gauche, 7,5 millions de droite) n'avaient pas voulu changer d'Europe le 29 mai 2005.
04/05/2008
TF1 déserte l'Europe
Alors que déjà plus de 80% de la législation est fabriquée à Bruxelles, les médias français sont à l'image des Politiques : indifférents. Dans une note intitulée « lobbyistes bruxellois : une stratégie d'influence », ils fustigent la faiblesse des troupes. « Sur 1 300 journalistes recensés en 2006, on compte seulement 85 Français (parmi lesquels seule une quarantaine est véritablement active), au quatrième rang derrière l'Allemagne qui en compte plus du double, soit 150, et derrière le Royaume-Uni qui en a 120 ». Camouflet intolérable, « les journalistes français sont à peu près au même nombre que les néerlandais, alors que la France est environ six fois plus peuplée que les Pays-Bas », s'étranglent les hauts fonctionnaires. Ce sont surtout les chaînes de télévision qui les irritent le plus, avec en tout et pour tout, trois correspondants pour France 2, France 3 et France 24. « Mais la chaîne TF1 n'est pas présente, même si LC1 vient d'ouvrir un bureau à Bruxelles ». Et de conclure « Il est illusoire de penser qu'on peut depuis Paris assurer une information pertinente sur les affaires européennes ».
28/04/2008
L'Allemagne protectionniste
Outre-Rhin, la grande coalition souhaite interdire aux habitants des pays d'Europe de l'Est membres de l'UE l'accès à son marché du travail jusqu'en 2011. Elle devrait ainsi prolonger de deux années les restrictions de l'accès au marché de l'emploi. "Entrée interdite ! Jusqu'en 2011, tel est le message adressé à la plupart des travailleurs, qualifiés ou non, issus des nouveaux pays membres de l'UE et souhaitant travailler outre-Rhin", relève Sven Astheimer. "Ce message est fort ennuyeux. Les portes de la forteresse allemande du marché du travail vont rester fermées, comme si le débat actuel sur la pénurie de main d'oeuvre qualifiée n'existait pas. (...) L'agence allemande pour l'emploi n'a même pas été capable de trouver suffisamment de travailleurs saisonniers pour les récoltes car ceux des années précédentes, venus de Pologne, préfèrent aller en Grande-Bretagne car ils y sont bien accueillis et mieux payés. Mais l'inverse est également vrai : les travailleurs étrangers permettent de créer de la valeur et contribuent à la croissance allemande." (28.04.2008)(article intégral)
28/04/2008
L'euro serait-il à l'origine de l'inflation ?
En janvier 2009, la Slovaquie adoptera vraisemblablement l'euro. Thomas Fuster souligne que le pays respecte bien les critères de Maastricht, mais pointe le danger de l'inflation. "Les pays européens plus pauvres rattrapent leurs voisins et enregistrent une croissance soutenue. Au cours de ce processus, ils ont contrôlé leur inflation, notamment en appréciant la valeur de leur devise. C'est ce qui est préoccupant, car l'adoption de la monnaie unique les empêchera d'avoir recours à cet artifice monétaire. (...) Le fait que cette question soit plus importante aux yeux des protecteurs européens des devises qu'il y a quelques années est probablement imputable aux événements qui se sont produits en Slovénie après son adoption de l'euro en 2007 : bien que le revenu slovène par habitant soit bien supérieur au revenu slovaque, l'inflation est devenue deux fois plus forte que dans le reste de la zone euro." Neue Zürcher Zeitung; (Suisse)
28/04/2008
Irlande : le 'non' monte
Selon le dernier sondage mensuel mené par le journal 'Sunday Business Post', le soutien en faveur du Traité de Lisbonne est à la baisse en Irlande, passant de 43 % en février parmi les personnes amenées à voter lors du prochain référendum (prévu le 12 juin) à 35 % aujourd'hui. Tom McGurk regrette la complexité du traité. "Et nous voilà repartis: le déjà vu européen. Une fois encore, nous faisons face à une décision politique monumentale qui définira notre démocratie pour les générations à venir. (...) Une fois encore, on nous demande de faire confiance à ceux qui apparemment savent mieux que nous : les classes politiques et 'l'eurocratie'. Entre-temps, alors que la polémique enfle, surtout ne laisser personne mentionner la Constitution européenne (...). Le Traité de Lisbonne représente le consensus final confus de plus de 20 pays qui recherchent simultanément à faire deux choses opposées : créer une nouvelle structure gouvernementale pour l'Europe tout en préservant leur arrières. (...) Pas étonnant que le bouillon soit de mauvais goût, quand on voit le nombre de cuisiniers qui y mettent leur grain de sel !" The Sunday Business Post (Irlande)
27/04/2008
'Notre objectif est que la Turquie devienne membre à part entière'
Nicolas Sarkozy peut jurer urbi et orbi qu'il organisera un référendum s'il est toujours président le jour où le processus d'adhésion de la Turquie sera parvenu à son terme (une façon de nous dire : « réélisez-moi sinon pas de référendum sur la Turquie » ?), chacun a bien compris que son objectif était surtout de se débarrasser de la patate chaude sans gêner le moins du monde l'aboutissement des négociations d'adhésion d'ailleurs ardemment voulues par Washington dès l'origine. Non seulement il va faire supprimer, par une nouvelle révision constitutionnelle en Congrès le 8 juillet prochain, le caractère obligatoire du référendum sur tout nouvel élargissement de l'UE, mais depuis son arrivée il n'a pas une seule fois opposé le veto de la France à l'ouverture de nouveaux chapitres de négociation pour l'adhésion de la Turquie. Ce pays adhérera tôt ou tard à l'Union européenne, que l'on y soit favorable ou défavorable, il va falloir s'y résoudre. En visite officielle la semaine dernière à Ankara, le Président de la Commission européenne M.Barroso a rencontré le Patriarche de Constantinople Bartholomew I, a déposé une gerbe au Mausolée d'Ataturk et s'est adressé au Parlement turc : « Aujourd'hui, la Turquie est une part intégrante de notre agenda pour l'élargissement. Notre objectif communément partagé est que la Turquie devienne un membre à part entière de l'UE. Beaucoup de gens dans les Etats membres comme en Turquie, veulent s'attarder sur ce qui ne fonctionne pas dans nos relations, sur les obstacles à court terme et les difficultés que nous pouvons rencontrer. Dans l'UE ils peuvent dire que la Turquie n'est pas prête pour l'adhésion ; tandis que beaucoup de gens en Turquie disent qu'au final l'UE ne voudra pas de l'entrée de la Turquie. A tous ceux là, je déclare que notre présent et notre futur sont intimement liés. » Nous voilà prévenus.
25/04/2008
Bruxelles attend la future présidence française au tournant
A quelques mois de la présidence française de l'Union européenne, qui marquera la fin de la présidence tournante, les déclarations sur ce que seront les priorités de l'hexagone se multiplient. Et pour cause, l'Union est aujourd'hui à la croisée des chemins et doit faire face à des défis de taille en matière économique et institutionnelle, les ratifications du traité de Lisbonne étant en cours, pour une entrée en vigueur prévue le 1er janvier 2009. Nicolas Sarkozy a fait part de ses priorités : la gestion des migrations et de l'asile, l'agriculture, la lutte contre le changement climatique et l'énergie, l'Europe de la sécurité et de la défense, l'harmonisation de la fiscalité des sociétés, ces deux derniers sujets faisant hurler en Irlande, à quelques semaines du référendum de ratification du traité de Lisbonne... La future présidence française veut aussi revoir la réglementation financière européenne pour garantir plus de transparence des marchés. Dans le domaine social, la France cherchera à développer la mobilité des Européens et à renforcer l'efficacité des politiques de lutte contre la pauvreté. Ce programme est apparemment à la hauteur des attentes de Bruxelles, où l'on se méfie une peu du Président Sarkozy dont les modes d'action donnent souvent de l'urticaire, comme lors de la libération de infirmières bulgares où l'ex-première dame de France a joué un rôle central. Mais avec la meilleure volonté du monde, et surtout celle de Nicolas Sarkozy, beaucoup de ces défis révèlent de la mission impossible, dans une Europe à 27 qui, chaque jour, montre les failles d'un système hypercentralisé et contraignant et révèle les grandes difficultés d'arriver au consensus entre des pays qui peinent, en particulier sur des dossiers sensibles tels que celui de la politique de sécurité et de défense (PESD), à se trouver d'autres points communs que celui de l'adhésion à l'Union européenne... Autrement dit : l'union pour l'union.
25/04/2008
L'UE se cherche un 'président'
Le Conseil européen des chefs d'Etat et de gouvernement qui se réunit de façon informelle depuis 1974 tous les six mois, va devenir, avec le traité de Lisbonne, une véritable institution de l'Union, subordonnant donc ses décisions à la sanction de la Cour de Luxembourg. En outre, il sera mis fin aux présidences tournantes et un président sera élu pour un mandant de deux ans et demi, renouvelable une seule fois. Ce "Président" de l'Union sera élu à la majorité qualifiée au sein même du Conseil européen. Il aura les pouvoirs détenus actuellement par les titulaires des présidences tournantes. Le traité de Lisbonne, qui institue ce nouveau poste, ne définit aucun critère quant à la sélection pour la fonction et ne prévoit non plus aucun dispositif pour le logement ou le budget. Sans aucune norme, les questions sur les critères de sélection fusent et certains critères se mettent en place progressivement de façon informelle. Faut-il une élection tenant compte de l'orientation politique majoritaire au sein de l'UE ? Le futur président devra-t-il déjà avoir siégé au conseil européen ou être issu d'un pays de la zone euro ? Faut-il que le futur président présente d'ores et déjà un programme en matière d'élargissement ou de stratégie économique par exemple ? Un sondage avant toute nomination serait-il souhaitable ? Faut-il simplement que ce premier président fasse preuve de conviction et d'habileté politique afin d'être ce que les européistes attendent : une figure médiatique forte ? Car la personnalité du futur président du Conseil n'est pas une donnée négligeable et fera partie des enjeux majeurs de la présidence française. Nicolas Sarkozy aura donc une belle carte à jouer en tentant de promouvoir au mieux un candidat répondant aux attentes françaises en matière européenne. Et déjà, un aréopage de candidats plus ou moins avoués se dessine. Parmi les plus ouvertement cités l'Anglais Tony Blair ou le Luxembourgeois Jean-Claude Juncker, l'Espagnol Felipe Gonzales ou l'Italien Romano Prodi. Mais actuellement le Premier ministre danois Andres Fogh Rasmussen se trouve bien placé et répond apparemment de façon satisfaisante aux critères informels qui circulent à Bruxelles. Et parmi ceux qui se sont dégagés récemment de leur charge de Premier ministre, pourraient aussi être candidat le Belge Guy Verhofstadt et l'Irlandais Bertie Ahern qui lui démissionne après avoir été éclaboussé dans un scandale de corruption. Seule certitude, c'est que le futur président de l'Union ne sera pas un alter-européen... Il n'y a qu'une seule Europe possible, comme chacun sait.
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