L'OBSERVATOIRE DE L'EUROPE

Samedi 19 Avril 2014

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Revue de presse
28/02/2014

Les abus manifestes de la Troïka dénoncés par deux députés

Comment a agi et a fonctionné la fameuse et fumeuse troïka, cette instance monstrueuse associant la Commission européenne, la Banque centrale européenne et le Fonds monétaire international, qui a imposé, de 2010 à aujourd'hui, l'austérité la plus ravageuse à la Grèce, l'Irlande, au Portugal et à Chypre? C'est la question à laquelle répond un rapport encore non-publié de deux eurodéputés (l'Autrichien Othmar Karas et le Français Liêm Hoang-Ngoc). Non seulement le mandat de la troïka «n'est pas clairement défini et manque de transparence», mais, pis encore, «il n'existait aucune base juridique pour [sa] création» dans les traités de l'Union en 2010. La troïka rendait compte de son action à l'Eurogroupe (le conseil des ministres des Finances de la zone euro), instance elle-même informelle, puisque seul le Conseil des ministres de l'Economie et des Finances où sont représentés les 28 pays membres a une existence institutionnelle.Les entorses aux principes sont multiples : la Commission européenne était en plein conflit d'intérêts puisque, réputée être «la gardienne des traités», elle gérait aussi leur transgression. Ainsi la troïka a-t-elle imposé des réformes des systèmes de santé à la Grèce, à l'Irlande et au Portugal, en violation de l'article 168 du traité de Lisbonne prescrivant que ces questions sont du ressort exclusif des Etats...Un abus de pouvoir manifeste, en somme, a été commis par les plus hautes instances de l'Union ! En ce qui concerne la BCE, le rapport «attire l'attention sur une possibilité de conflit d'intérêts entre le rôle actuel dans la troïka en tant que "conseiller technique" et son statut de créancier vis-à-vis de quatre Etats membres». Sans compter les soupçons de manipulation politique. (La suite sur Marianne2.fr)
16/12/2013

Mario Draghi (BCE) promet la croissance et exige de la France qu'elle "poursuive les réformes"

Dans une interview accordée au Journal du Dimanche, le président de la BCE, Mario Draghi, a évoqué la situation actuelle de l'économie européenne. La croissance serait selon lui de retour l'année prochaine dans l'UE, mais pas partout dans les mêmes proportions. Certains pays iraient bien, alors que d'autres restent sous pression. Le rythme de croissance pour l'année 2015 est estimé entre 1,1% et 1,5%, principalement en raison de la hausse des exportations. En ce qui concerne la France, M. Draghi dit que le pays a besoin de trouver une stabilité fiscale. L’Allemagne se porte bien grâce aux réformes qu'elle a mises en place depuis 2000, mais elle ne doit pas se reposer sur ses lauriers. Les banques de l'UE doivent investir davantage dans les PME, afin d’entretenir la croissance. Ensuite, M. Draghi a commenté le rôle à venir de la BCE en tant que superviseur bancaire : Il doute que les stress tests trouveront un Lehman Brothers américain, mais rappelle aux gouvernements que la BCE ne peut pas faire tout le travail, ils doivent aussi s'engager sur les réformes proposées et continuer à miser sur l'innovation, ainsi que trouver de nouveaux modèles de croissance. Sur le sentiment anti-européen de plus en plus répandu dans l'Union, Mario Draghi réaffirme que l'euro est notre seul avenir, mais que la monnaie souffre d'une union monétaire incomplète, d'où la raison d'investir dans l'union bancaire. La présence d'eurocritiques au Parlement "augmentera sans aucun doute, mais les gouvernements et les institutions européennes doivent travailler à apaiser ceux qui sont vraiment déçus, et les convaincre des avantages de l'Union européenne".
16/12/2013

Rapport controversé sur l'intégration, Charte européenne des langues minoritaires : qui veut détruire le pacte républicain ?

Pour le journaliste-chroniqueur Laurent de Boissieu, la question soulevée par la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires "n'est pas celle de la reconnaissance des langues régionales, déjà mentionnées dans la Constitution, mais celle de la reconnaissance des locuteurs de ces langues régionales comme des minorités infra-citoyennes avec des droits spécifiques. Le premier ministre Jean-Marc Ayrault a annoncé, vendredi 14 décembre, en signant le contrat de projets État-région Bretagne 2014-2020 (dit "Pacte d'avenir pour la Bretagne"), que le gouvernement va inscrire à l'ordre du jour prioritaire de l'Assemblée Nationale une proposition de loi constitutionnelle tendant à ratifier la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires. Cette ratification figurait il est vrai dans le projet présidentiel du président de la République François Hollande. Plusieurs propositions de loi ont en outre été récemment déposées dans ce sens par des députés écologistes (4 novembre), socialistes (10 décembre) et radicaux de gauche (13 décembre). Il convient toutefois de ne pas se méprendre sur la signification de cette convention du Conseil de l'Europe (signée par la France le 7 mai 1999 mais jamais ratifiée depuis). Ce n'est d'ailleurs pas un hasard si en France on insiste sur le "langues régionales" en faisant l'impasse sur le "langues minoritaires". Cette charte n'a en effet pas pour objet de reconnaître les langues régionales ou de promouvoir le patrimoine linguistique français. Ça c'est la surface, ce qu'on va sans doute faire croire à nos compatriotes pour leur imposer cette véritable révolution juridique, politique et philosophique. D'autant plus que la Constitution dispose depuis 2008 que "les langues régionales appartiennent au patrimoine de la France" (curieuse mention, car il serait bien laborieux d'y lister tout ce qui appartient au patrimoine de la nation!). En réalité, cette charte a pour objet de permettre la reconnaissance de minorités (ou "groupes" de locuteurs à l'intérieur des "territoires" dans lesquels ces langues régionales sont pratiquées) jouissant de droits collectifs, notamment le "droit imprescriptible" de pratiquer une langue régionale ou minoritaire non seulement dans la "vie privée" (ce qui est bien entendu le cas actuellement !) mais également dans la "vie publique", c'est-à-dire dans les relations avec les administrations et les services publics. Le Conseil constitutionnel a donc logiquement jugé qu'une telle reconnaissance de minorités linguistiques porterait "atteinte aux principes d'indivisibilité de la République, d'égalité devant la loi et d'unicité du peuple français" (d'où la nécessité de réviser la Constitution avant ratification). Des principes jacobins qui ont leurs farouches adversaires et partisans dans toutes les formations politiques, aussi bien à droite qu'à gauche.) L'actuelle majorité peut parfaitement considérer que ces principes issus de la Révolution française sont dépassés (ce qui irait de pair avec l'abandon de la laïcité et de l'assimilation républicaine, envisagé le même jour dans un rapport remis au même Jean-Marc Ayrault). Mais, par honnêteté intellectuelle et par transparence démocratique, il faudrait juste qu'elle l'assume publiquement. (Laurent de Boissieu : ipolitique)
12/12/2013

Crise en Ukraine : l'Europe aurait tort d'ignorer la Russie

Hélène Carrère d’Encausse signe une éditorial dans Le Point recommandant de ne pas se couper de la Russie. La situation ne se résume pas, selon elle, aux aspirations démocratiques d’un pays qui est tiré par la Russie vers son rêve de reconstitution d’un empire déchu. L’UE doit comprendre que la Russie est étroitement liée à l’Ukraine et ne se laissera pas exclure. L’UE doit donc arrêter d’ignorer la Russie, ainsi l’Ukraine pourrait librement faire son choix. Jean-Jacques Mével du Figaro et La Tribune reviennent sur la demande du premier ministre ukrainien, mercredi, d’une aide de 20 milliards d’euros en échange de la signature de l’accord d’association. La Tribune indique que le pays est dans une situation difficile et se demande comment les dirigeants européens réagiront et ce que le président ukrainien décidera. Jean-Jacques Mével du Figaro indique que l’UE est ulcérée par la demande. Le journaliste indique que le ton monte entre Kiev et Bruxelles. La chef de la diplomatie Catherine Ashton aurait été embarrassée et choquée de voir que sa visite a été utilisée à des fins de propagande interne tout en continuant le recours à la force. Lepoint.fr revient sur la visite du vice premier ministre Serhiv Arbuzov, qui sera reçu par le commissaire Stefan Füle, jeudi, à Bruxelles pour discuter de l’accord d’association. Le site note que la Commission insiste depuis dix jours qu’elle est prête à discuter de certains points, mais ne rouvrira pas des négociations qui ont duré plusieurs années.
12/12/2013

La puissance du lobbying de la finance à Bruxelles

A Bruxelles, de puissants lobbyistes défilent dans les couloirs des institutions européennes pour défendre leurs intérêts et peser sur les lois et ordonnances de l’UE. Les grandes entreprises françaises ont mis du temps à le mesurer. Il ne suffit plus d'avoir l'oreille attentive des conseillers de l'Elysée. C'est désormais à Bruxelles, capitale européenne du lobbying, au deuxième rang mondial derrière Washington, que se joue leur avenir. Car aujourd'hui, près d'un tiers des lois et ordonnances appliquées en France sont d'origine communautaire. La proportion grimpe à plus de 50% pour tout ce qui concerne l'agriculture, la pêche, l'écologie, l'économie et la finance. Surtout, depuis la faillite de Lehman Brothers en septembre 2008 et la feuille de route du G20 l'année suivante, le rythme des directives pondues par l'Europe dans le domaine économique et financier s'est accéléré. Tout le monde y est passé: banques, cabinets d'audit, agences de notation, Bourses... Bilan: 25 textes ont d'ores et déjà été adoptés ; 35 autres le seront avant les prochaines élections européennes, prévues en mai 2014. La France, comme les 27 autres pays membres, ne pourra pas faire autrement, elle devra se mettre au diapason. « C'est à ce moment-là que nous avons pu évaluer la puissance du lobby financier [estimé à 700 personnes et plus de 100 millions d'euros de dépenses annuelles, par Corporate Europe Observatory, NDLR], raconte Jean-Paul Gauzès, député européen UMP. (Nouvel Observateur)
04/12/2013

Cameron, chantre du libre-échange à Pékin

En visite officielle en Chine cette semaine, à la tête d'une délégation d'une centaine d'hommes d'affaires, le premier ministre britannique David Cameron a jeté un pavé dans la mare de Paris et Bruxelles et ouvert une porte à Pékin en promettant de se faire l'avocat d'un accord de libre-échange entre l'Union européenne et la Chine. "J'ai dit au premier ministre Li que je plaiderai en faveur d'un accord commercial entre l'UE et la Chine avec autant de détermination que je défends l'accord de libre-échange entre l'UE et les États-Unis", a-t-il insisté. Le plaidoyer de David Cameron en faveur d'un accord de libre-échange sino-européen s'inscrit dans une logique multilatérale alors que se multiplient les accords entre grands blocs à l'image de ce que négocient les Américains d'une part avec les pays du Pacifique et avec l'UE. Cependant, son initiative n'est pas vu d'un bon oeil par la Commission européenne, qui craint un déferlement de produits chinois à bas prix sur le marché unique et est actuellement en conflit commercial avec Pékin sur les importations de panneaux solaires.








Choquant, amusant, étonnant ou éclairant : l'unification européenne a été source de diverses inspirations tout au long de l'Histoire...