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  <title>L'OBSERVATOIRE DE L'EUROPE</title>
 <description><![CDATA[Analyses, tribunes et actualité européenne avec un regard critique.]]></description>
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   <title>L'OBSERVATOIRE DE L'EUROPE</title>
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   <title>Contre le tabou protectionniste, par Maurice Allais</title>
   <pubDate>Wed, 08 Dec 2010 14:23:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>L'Observatoire de l'Europe</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Tribune]]></dc:subject>
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<![CDATA[
La récente réunion du G20 a de nouveau proclamé sa dénonciation du « protectionnisme », dénonciation absurde à chaque fois qu'elle se voit exprimée sans nuance, comme cela vient d'être le cas. Les grands dirigeants de la planète montrent une nouvelle fois leur ignorance de l'économie qui les conduit à confondre deux sortes de protectionnismes : il en existe certains de néfastes, tandis que d'autres sont entièrement justifiés. Le chômage actuel est dû à cette libéralisation totale du commerce, la voie prise par le G20 m'apparaît par conséquent nuisible. Elle va se révéler un facteur d'aggravation de la situation sociale. A ce titre, elle constitue une sottise majeure, à partir d'un contre-sens incroyable. Tout comme le fait d'attribuer la crise de 1929 à des causes protectionnistes constitue un contre-sens historique. Le problème des grands médias en France est que certains experts y sont autorisés et d'autres, interdits. Bien que je sois un expert internationalement reconnu sur les crises économiques, notamment celles de 1929 ou de 1987, je reste un prix Nobel. .. Téléspectateur.
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="http://www.observatoiredeleurope.com/photo/1804770-2457910.jpg" alt="Contre le tabou protectionniste, par Maurice Allais" title="Contre le tabou protectionniste, par Maurice Allais" />
     </div>
     <div>
           <br />    <span style="font-weight: bold;">"Contre les tabous indiscutés"</span><br style="font-weight: bold;" /><br style="font-weight: bold;" /><span style="font-weight: bold;">Tribune de Maurice Allais, parue dans l'hebdomadaire Marianne du 5 au 11 décembre 2009.  			 </span><br style="font-weight: bold;" />    <br />    <br />Le point de vue que j'exprime est celui d'un théoricien à la fois libéral et socialiste. Les deux notions sont indissociables dans mon esprit, car leur opposition m'apparaît fausse, artificielle. L'idéal socialiste consiste à s'intéresser à l'équité de la redistribution des richesses, tandis que les libéraux véritables se préoccupent de l'efficacité de la production de cette même richesse. Ils constituent à mes yeux deux aspects complémentaires d'une même doctrine. Et c'est précisément à ce titre de libéral que je m'autorise à critiquer les positions répétées des grandes instances internationales en faveur d'un libre-échangisme appliqué aveuglément.     <br />     <br /><span style="font-weight: bold;">Le fondement de la crise: l'organisation du commerce mondial  					  </span><br style="font-weight: bold;" />  					   					      <br />  La récente réunion du G20 a de nouveau proclamé sa dénonciation du «  protectionnisme », dénonciation absurde à chaque fois qu'elle se voit  exprimée sans nuance, comme cela vient d'être le cas. Nous sommes  confrontés à ce que j'ai par le passé nommé « des tabous indiscutés  dont les effets pervers se sont multipliés et renforcés au cours des  années» (1). Car tout libéraliser, on vient de le vérifier, amène les  pires désordres. Inversement, parmi les multiples vérités qui ne sont  pas abordées se trouve le fondement réel de l'actuelle crise:  l'organisation du commerce mondial, qu'il faut réformer profondément,  et prioritairement à l'autre grande réforme également indispensable que  sera celle du système bancaire.   				   			   			       				       					       Les grands dirigeants de la planète montrent une nouvelle fois leur  ignorance de l'économie qui les conduit à confondre deux sortes de  protectionnismes: il en existe certains de néfastes, tandis que  d'autres sont entièrement justifiés.      <br />  					   					      <br /> Dans la première catégorie se trouve  le protectionnisme entre pays à salaires comparables, qui n'est pas  souhaitable en général. Par contre, le protectionnisme entre pays de  niveaux de vie très différents est non seulement justifié, mais  absolument nécessaire. C'est en particulier le cas à propos de la  Chine, avec laquelle il est fou d'avoir supprimé les protections  douanières aux frontières. Mais c'est aussi vrai avec des pays plus  proches, y compris au sein même de l'Europe. Il suffit au lecteur de  s'interroger sur la manière éventuelle de lutter contre des coûts de  fabrication cinq ou dix fois moindres - si ce n'est des écarts plus  importants encore - pour constater que la concurrence n'est pas viable  dans la grande majorité des cas. Particulièrement face à des  concurrents indiens ou surtout chinois qui, outre leur très faible prix  de main-d'œuvre, sont extrêmement compétents et entreprenants.      <br />  					   					      <br />  					    					      <br />  					 <span style="font-weight: bold;">Il faut délocaliser Pascal Lamy !  					  </span><br style="font-weight: bold;" />  					   					      <br />  Mon analyse étant que le chômage actuel est dû à cette libéralisation  totale du commerce, la voie prise par le G20 m'apparaît par conséquent  nuisible. Elle va se révéler un facteur d'aggravation de la situation  sociale. A ce titre, elle constitue une sottise majeure, à partir d'un  contresens incroyable. Tout comme le fait d'attribuer la crise de 1929  à des causes protectionnistes constitue un contresens historique. Sa  véritable origine se trouvait déjà dans le développement inconsidéré du  crédit durant les années qui l'ont précédée. Au contraire, les mesures  protectionnistes qui ont été prises, mais après l'arrivée de la crise,  ont certainement pu contribuer à mieux la contrôler. Comme je l'ai  précédemment indiqué, nous faisons face à une ignorance criminelle. Que  le directeur général de l'Organisation mondiale du commerce, Pascal  Lamy, ait déclaré: « Aujourd'hui, les leaders du G20 ont clairement  indiqué ce qu'ils attendent du cycle de Doha : une conclusion en 2010  », et qu'il ait demandé une accélération de ce processus de  libéralisation m'apparaît une méprise monumentale. Je la qualifierais  même de monstrueuse. Les échanges, contrairement à ce que pense Pascal  Lamy, ne doivent pas être considérés comme un objectif en soi, ils ne  sont qu'un moyen. Cet homme, qui était en poste à Bruxelles auparavant,  commissaire européen au Commerce, ne comprend rien, rien, hélas! Face à  de tels entêtements suicidaires, ma proposition est la suivante: il  faut de toute urgence délocaliser Pascal Lamy, un des facteurs majeurs  de chômage!      <br />  					   					      <br /> Plus concrètement, les règles à  dégager sont d'une simplicité folle : du chômage résultent des  délocalisations elles- mêmes dues aux trop grandes différences de  salaires ... A partir de ce constat, ce qu'il faut entreprendre en  devient tellement évident! il est indispensable de rétablir une  légitime protection. Depuis plus de dix ans, j'ai proposé de recréer  des ensembles régionaux plus homogènes, unissant plusieurs pays lorsque  ceux-ci présentent de mêmes conditions de revenus, et de mêmes  conditions sociales. Chacune de ces « organisations régionales» serait  autorisée à se protéger de manière raisonnable contre les écarts de  coûts de production assurant des avantages indus à certains pays  concurrents, tout en maintenant simultanément en interne, au sein de sa  zone, les conditions d'une saine et réelle concurrence entre ses  membres associés.      <br />  					   					      <br />  					   					      <br />  					 <span style="font-weight: bold;">Un protectionnisme raisonné et raisonnable  					  </span><br style="font-weight: bold;" />  					   					      <br />  Ma position et le système que je préconise ne constitueraient pas une  atteinte aux pays en développement. Actuellement, les grandes  entreprises les utilisent pour leurs bas coûts, mais elles partiraient  si les salaires y augmentaient trop. Ces pays ont intérêt à adopter mon  principe et à s'unir à leurs voisins dotés de niveaux de vie  semblables, pour développer à leur tour ensemble un marché interne  suffisamment vaste pour soutenir leur production, mais suffisamment  équilibré aussi pour que la concurrence interne ne repose pas  uniquement sur le maintien de salaires bas. Cela pourrait concerner par  exemple plusieurs pays de l'est de l'Union européenne, qui ont été  intégrés sans réflexion ni délais préalables suffisants, mais aussi  ceux d'Afrique ou d'Amérique latine. L'absence d'une telle protection  apportera la destruction de toute l'activité de chaque pays ayant des  revenus plus élevés, c'est-à-dire de toutes les industries de l'Europe  de l'Ouest et celles des pays développés. Car il est évident qu'avec le  point de vue doctrinaire du G20, toute l'industrie française finira par  partir à l'extérieur. Il m'apparaît scandaleux que des entreprises  ferment des sites rentables en France ou licencient, tandis qu'elles en  ouvrent dans les zones à moindres coûts, comme cela a été le cas dans  le secteur des pneumatiques pour automobiles, avec les annonces faites  depuis le printemps par Continental et par Michelin. Si aucune limite  n'est posée, ce qui va arriver peut d'ores et déjà être annoncé aux  Français : une augmentation de la destruction d'emplois, une croissance  dramatique du chômage non seulement dans l'industrie, mais tout autant  dans l'agriculture et les services.      <br />  					   					      <br /> De ce point de vue, il est vrai que je  ne fais pas partie des économistes qui emploient le mot « bulle». Qu'il  y ait des mouvements qui se généralisent, j'en suis d'accord, mais ce  terme de « bulle» me semble inapproprié pour décrire le chômage qui  résulte des délocalisations. En effet, sa progression revêt un  caractère permanent et régulier, depuis maintenant plus de trente ans.  L'essentiel du chômage que nous subissons tout au moins du chômage tel  qu'il s'est présenté jusqu'en 2008 - résulte précisément de cette  libération inconsidérée du commerce à l'échelle mondiale sans se  préoccuper des niveaux de vie. Ce qui se produit est donc autre chose  qu'une bulle, mais un phénomène de fond, tout comme l'est la  libéralisation des échanges, et la position de Pascal Lamy constitue  bien une position sur le fond.      <br />  					   					      <br />  					    					      <br />  					 <span style="font-weight: bold;">Crise et mondialisation sont liées  					  </span><br style="font-weight: bold;" />  					   					      <br />  Les grands dirigeants mondiaux préfèrent, quant à eux, tout ramener à  la monnaie, or elle ne représente qu'une partie des causes du problème.  Crise et mondialisation : les deux sont liées. Régler seulement le  problème monétaire ne suffirait pas, ne réglerait pas le point  essentiel qu'est la libéralisation nocive des échanges internationaux.  Le gouvernement attribue les conséquences sociales des délocalisations  à des causes monétaires, c'est une erreur folle.      <br />  					   					      <br /> Pour ma part, j'ai combattu les  délocalisations dans mes dernières publications (2). On connaît donc un  peu mon message. Alors que les fondateurs du marché commun européen à  six avaient prévu des délais de plusieurs années avant de libéraliser  les échanges avec les nouveaux membres accueillis en 1986, nous avons,  ensuite, ouvert l'Europe sans aucune précaution et sans laisser de  protection extérieure face à la concurrence de pays dotés de coûts  salariaux si faibles que s'en défendre devenait illusoire. Certains de  nos dirigeants, après cela, viennent s'étonner des conséquences !      <br />  					   					      <br /> Si le lecteur voulait bien reprendre  mes analyses du chômage, telles que je les ai publiées dans les deux  dernières décennies, il constaterait que les événements que nous vivons  y ont été non seulement annoncés mais décrits en détail. Pourtant, ils  n'ont bénéficié que d'un écho de plus en plus limité dans la grande  presse. Ce silence conduit à s'interroger.      <br />  					   					      <br />  					    					      <br />  					 <span style="font-weight: bold;">Un prix Nobel ... téléspectateur  					  </span><br style="font-weight: bold;" />  					   					      <br />  Les commentateurs économiques que je vois s'exprimer régulièrement à la  télévision pour analyser les causes de l'actuelle crise sont  fréquemment les mêmes qui y venaient auparavant pour analyser la bonne  conjoncture avec une parfaite sérénité. Ils n'avaient pas annoncé  l'arrivée de la crise, et ils ne proposent pour la plupart d'entre eux  rien de sérieux pour en sortir. Mais on les invite encore. Pour ma  part, je n'étais pas convié sur les plateaux de télévision quand  j'annonçais, et j'écrivais, il y a plus de dix ans, qu'une crise  majeure accompagnée d'un chômage incontrôlé allait bientôt se produire.  Je fais partie de ceux qui n'ont pas été admis à expliquer aux Français  ce que sont les origines réelles de la crise alors qu'ils ont été  dépossédés de tout pouvoir réel sur leur propre monnaie, au profit des  banquiers. Par le passé, j'ai fait transmettre à certaines émissions  économiques auxquelles j'assistais en téléspectateur le message que  j'étais disposé à venir parler de ce que sont progressivement devenues  les banques actuelles, le rôle véritablement dangereux des traders, et  pourquoi certaines vérités ne sont pas dites à leur sujet. Aucune  réponse, même négative, n'est venue d'aucune chaîne de télévision et  ce, durant des années.      <br />  					   					      <br /> Cette attitude répétée soulève un  problème concernant les grands médias en France: certains experts y  sont autorisés et d'autres, interdits. Bien que je sois un expert  internationalement reconnu sur les crises économiques, notamment celles  de 1929 ou de 1987, ma situation présente peut donc se résumer de la  manière suivante: je suis un téléspectateur. Un prix Nobel. ..  Téléspectateur. Je me retrouve face à ce qu'affirment les spécialistes  régulièrement invités, quant à eux, sur les plateaux de télévision,  tels que certains universitaires ou des analystes financiers qui  garantissent bien comprendre ce qui se passe et savoir ce qu'il faut  faire. Alors qu'en réalité ils ne comprennent rien. Leur situation  rejoint celle que j'avais constatée lorsque je m'étais rendu en 1933  aux Etats-Unis, avec l'objectif d'étudier la crise qui y sévissait, son  chômage et ses sans-abri: il y régnait une incompréhension  intellectuelle totale. Aujourd'hui également, ces experts se trompent  dans leurs explications. Certains se trompent doublement en ignorant  leur ignorance, mais d'autres, qui la connaissent et pourtant la  dissimulent, trompent ainsi les Français.      <br />  					   					      <br /> Cette ignorance et surtout la volonté  de la cacher grâce à certains médias dénotent un pourrissement du débat  et de l'intelligence, par le fait d'intérêts particuliers souvent liés  à l'argent. Des intérêts qui souhaitent que l'ordre économique actuel,  qui fonctionne à leur avantage, perdure tel qu'il est. Parmi eux se  trouvent en particulier les multinationales qui sont les principales  bénéficiaires, avec les milieux boursiers et bancaires, d'un mécanisme  économique qui les enrichit, tandis qu'il appauvrit la majorité de la  population française mais aussi mondiale.      <br />  					   					      <br /> Question clé : quelle est la liberté  véritable des grands médias ? Je parle de leur liberté par rapport au  monde de la finance tout autant qu'aux sphères de la politique.      <br />  					   					      <br /> Deuxième question: qui détient de la  sorte le pouvoir de décider qu'un expert est ou non autorisé à exprimer  un libre commentaire dans la presse ?      <br />  					   					      <br /> Dernière question: pourquoi les causes  de la crise telles qu'elles sont présentées aux Français par ces  personnalités invitées sont-elles souvent le signe d'une profonde  incompréhension de la réalité économique ? S'agit-il seulement de leur  part d'ignorance? C'est possible pour un certain nombre d'entre eux,  mais pas pour tous. Ceux qui détiennent ce pouvoir de décision nous  laissent le choix entre écouter des ignorants ou des trompeurs.      <br />  					   					      <br />  					 ----------  					      <br />  					 (1) L'Europe en crise. Que faire ?, Éditions Clément Juglar, Paris, 2005  					      <br />  					 (2) Notamment: La Crise mondiale aujourd'hui, éditions Clément Juglar, 1999, et La Mondialisation, la destruction des emplois et de la croissance: l'évidence empirique, éditions Clément juglar, 1999    <br />  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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   <title>Une "communauté de nations"</title>
   <pubDate>Mon, 08 Feb 2010 10:23:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>L'Observatoire de l'Europe</dc:creator>
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<![CDATA[
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="http://www.observatoiredeleurope.com/photo/1869998-2556796.jpg" alt="Une "communauté de nations"" title="Une "communauté de nations"" />
     </div>
     <div>
      <span style="FONT-SIZE: 10pt"></span> <br />  <span style="FONT-SIZE: 10pt"><em>"La communauté nationale ne pourra prendre tout son sens et toute sa portée qu’au sein d’une communauté de nations. <b>Une communauté de nations sera l’ensemble de plusieurs nations formant un tout géographique continu et limité</b>, ayant des qualités ethniques similaires et <b>un patrimoine commun, historique et spirituel à défendre.</b> <br /> <br />La communauté des nations aura pour fonctions d’assurer la sécurité, la prospérité et l’épanouissement du bien commun. Cette conception, <b>qui semble plus naturelle que celle d’un universalisme abstrait, tend à une division du monde en zones d’influences économiques</b>. Ces zones peuvent permettre, le cas échéant, aux nations en communautés de vivre en autarcie aussi complète que possible, chacune des zones étant ordonnée au bien commun de sa communauté de nations. <br /> <br />&nbsp;L’Europe est un ensemble de nations qui pourraient réaliser une communauté qui n’est aujourd’hui que virtuelle. Nous voulons lui donner ses institutions et ses moyens d’existence. Toute communauté comporte un ensemble d’obligations réciproques. Aussi les institutions dont il s’agit ne sont-elles viables que si les États constituant la communauté délèguent volontairement une part de leur souveraineté – non pas à un État qui exercerait une hégémonie – mais au profit <b>d’un ordre communautaire concrétisé par des institutions fédérales.</b> Celles-ci auront pour attributions de gérer chacun des éléments constituant la part de souveraineté déléguée."</em> <br /> <br /></span> <br />  <div class="contenuArticle">  <div style="TEXT-ALIGN: right"><span style="FONT-SIZE: 10pt">Extrait de <span style="TEXT-DECORATION: underline"><em>Vers la Révolution Communautaire</em></span>, Paris, 1943 <br /></span></div><span style="FONT-SIZE: 10pt"> <br /> <br />Il s'agit des actes d'un séminaire de réflexion sur <span style="TEXT-DECORATION: line-through">l'identité nationale</span> un ordre communautaire, réuni par le régime de Vichy. <br /> <br />J'ai trouvé cet extrait fort intéressant dans le livre de Bernard Bruneteau, <em>Histoire de l'idée européenne à travers les textes</em>. <br /> <br />Pas mal de choses y sont : le patrimoine spirituel de l'Europe (en 1943 on ajoutait "spirituel et ethnique", c'était plus clair ; en 2010 on se contente de vouloir renvoyer aux racines chrétiennes et de rejeter la Turquie). <br /> <br />Le rejet d'un universalisme abstrait, qui permet notamment d'inscrire la subordination à l'OTAN dans le texte du Traité de Lisbonne (l'universalisme abstrait devrait conduire à rejeter cette prise en compte abrupte et veule de la réalité de la supériorité américaine). <br /> <br />L'organisation du monde en zones d'influences économiques ressemble au protectionnisme économique qui n'est pas non plus universaliste, juste le cache-misère d'un sauve-qui-peut réactif. <br /> <br />Irai-je jusqu'à dire que l'Europe est un projet pétainiste ? Peut-être pas. Mais dans sa version technocrate et anti-démocratique, elle en est tout cas parfaitement compatible avec les idées du Maréchal et de sa clique modernisatrice. Ironie de l'histoire, et trop vaste sujet : sans doute écoeurés par la collaboration français au pétainisme (Uriage etc...), certains français d'aujourd'hui estiment-ils que l'Europe permet de rompre avec cet héritage funeste. Pas de bol, les pétainistes les ont précédés sur ce chemin... <br /> <br />Voulant me renseigner ensuite sur les participants à ces journées, je suis tombé sur un papier d'Antonin Cohen, "<a href="http://www.lalettrevolee.net/ext/http://www.cairn.info/load_pdf.php?ID_ARTICLE=RHMC_512_0141"><font color="#336699" size="3">Vers la révolution communautaire, rencontres de la troisième voie au temps de l'ordre nouveau</font></a>". <br /> <br />En voici la conclusion : <br /> <br />"<em>bien que la cohérence des différentes positions et prises de position qui ont été les leurs ne puisse être comprise qu’au prix de la réinscription chronologique de leurs différentes significations dans leurs époques différentes, on remarquera néanmoins l’avenir improbable du cercle choisi de cette avant-garde qui transportera avec elle l’idée d’une Europe «communautaire» et « fédérale» du Mont-Dore à La Haye. Bon nombre des hommes qui ont ainsi pu se trouver dans le cercle restreint de ces sociétés de pensée qui prendront part aux différentes mobilisations en faveur d’une révolution nationale «communautaire», à la recherche d’une troisième voie, pourront en effet se compter parmi les premiers à se mobiliser à nouveau en faveur d’une «communauté européenne» au lendemain de l’Occupation, et notamment dans&nbsp; le sillage du mouvement fédéraliste français La Fédération ou dans l’entourage de Jean Monnet.</em>"</span> <br /> <br /><span style="FONT-SIZE: 10pt">Food for thought...</span></div>   <br />  <strong>Edgar  <br /></strong><a class="link" href="http://www.lalettrevolee.net/" onclick="window.open(this.href,'_blank');return false;">La lettre volée</a>  <br />
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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   <title>L'Europe "simplifiée" de Lisbonne se ridiculise sur la scène internationale</title>
   <pubDate>Wed, 03 Feb 2010 13:44:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>L'Observatoire de l'Europe</dc:creator>
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     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="http://www.observatoiredeleurope.com/photo/1855932-2537422.jpg" alt="L'Europe "simplifiée" de Lisbonne se ridiculise sur la scène internationale" title="L'Europe "simplifiée" de Lisbonne se ridiculise sur la scène internationale" />
     </div>
     <div>
      Il y a le camouflet du Président américain, décommandant sa participation au sommet UE-Etats Unis de mai prochain (par peur des fulgurances géopolitiques de notre super-Ministre&nbsp;européenne des affaires étrangères&nbsp;Lady Ashton peut-être ?)&nbsp;Et il&nbsp;y a ceux qui, voulant bien faire, se prennent les pieds dans le mille feuilles institutionnel&nbsp;des "tops jobs" de l'Europe du traité de Lisbonne. Ainsi, le président de Mongolie Tsakhia Elbegdorj, en tournée diplomatique à Bruxelles, a montré mardi, à l'instar de nombreux Européens, que la profusion de présidents dans les institutions européennes avait de quoi donner le tournis. "<em>Je remercie le président du Conseil européen</em>", a dit M. Elbegdorj à l'issue d'une rencontre avec le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso. S'apercevant rapidement de sa méprise, M. Elbegdorj a corrigé en remerciant "<em>le président des commissaires</em>".&nbsp;"<em>Je viens d'être reçu par le président du Conseil européen, j'ai été reçu hier par le président du Parlement européen et après cette réunion je vais rencontrer le président du Conseil européen... euh... j'ai été reçu par le président des commissaires</em>", a-t-il déclaré.&nbsp;Trois présidents qui veillent jalousement à leurs prérogatives respectives, de préférence pour ne point s'en servir,&nbsp;sont à la tête des trois principales institutions européennes: la Commission dirigée par M. Barroso, le Parlement présidé par le Polonais Jerzy Buzek et le Conseil présidé de façon permanente par le Belge Herman van Rompuy.&nbsp;A ces trois&nbsp;Présidents s'ajoutent&nbsp;le chef du gouvernement espagnol, José Luis Zapatero, qui assure la présidence semestrielle de l'UE et celle de la vice-présidente de la Commission et Haute représentante de l'UE pour les Affaires étrangères, la Britannique Catherine Ashton. (avec AFP, 2/02/10) Cette organisation a été voulue par le traité de Lisbonne pour simplifier le fonctionnement de l'Europe...&nbsp;Défense&nbsp;de rire.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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   <title>Camouflet du Président Obama à l'Union européenne</title>
   <pubDate>Wed, 03 Feb 2010 13:32:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>L'Observatoire de l'Europe</dc:creator>
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     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="http://www.observatoiredeleurope.com/photo/1855903-2537377.jpg" alt="Camouflet du Président Obama à l'Union européenne" title="Camouflet du Président Obama à l'Union européenne" />
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      <font size="2">Le président américain Barack Obama n'assistera pas au sommet de l'UE et des Etats-Unis prévu en mai en Espagne. Cette décision est officiellement motivée par le souhait du président américain de se consacrer aux questions de politiques intérieures. La presse européenne présume toutefois qu'il ne veut pas perdre&nbsp;son temps&nbsp;avec cette&nbsp;Europe-là,&nbsp;à l'instar&nbsp;du quoditien madrilène <em><a class="link" href="http://www.elpais.com/global/" onclick="window.open(this.href,'_blank');return false;">El&nbsp;Pais&nbsp;</a> </em>dans son édition du 3 février&nbsp;:&nbsp;"Washington ne voit pas dans l'UE un partenaire majeur ni une communauté d'intérêts",&nbsp;constate le journal. "L'ascension de la Chine et d'autres pays émergents réduit l'influence européenne."&nbsp;De même Jochen Bittner dans son blog <em><a class="link" href="http://blog.zeit.de/bittner-blog/" onclick="window.open(this.href,'_blank');return false;">Planet&nbsp;in progress</a> </em>déplore :&nbsp;"Il s'avère que le traité de Lisbonne n'honore pas une de ses principales promesses. L'Europe ne s'exprime toujours pas d'une seule voix, mais dans un chœur dissonant. Les deux personnages principaux qui devaient y remédier, le président permanent du Conseil européen et la 'ministre des Affaires étrangères de l'UE' ne rassemblent pas, comme on s'y attendait, le pouvoir de représentation en matière de politique étrangère de l'Europe. … Outre les querelles à Bruxelles, la décision d'Obama est tout à fait compréhensible. L'Europe n'est pas aussi importante aux yeux du gouvernement américain qu'elle pense l'être. Pourquoi le serait-elle&nbsp;? Les véritables opportunités et les risques de la politique mondiale sont ailleurs. En Chine, en Afghanistan, en Inde et en Amérique latine. … L'UE de Lisbonne pourrait encore faire la découverte la plus douloureuse sur son rôle dans le monde&nbsp;: imaginez que l'UE parle d'une seule voix et que personne n'écoute." Le fait est que lorsque l'Europe a réussi à parler d'une seule voix, c'était pour ne rien dire.&nbsp;(<a class="link" href="http://blog.zeit.de/bittner-blog/" onclick="window.open(this.href,'_blank');return false;">03.02.2010</a> ) </font>
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   <link>http://www.observatoiredeleurope.com/notes/Camouflet-du-President-Obama-a-l-Union-europeenne_b1855903.html</link>
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   <title>Bruxelles place la Grèce sous tutelle</title>
   <pubDate>Wed, 03 Feb 2010 11:32:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>L'Observatoire de l'Europe</dc:creator>
   <description>
<![CDATA[
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="http://www.observatoiredeleurope.com/photo/1865018-2548849.jpg" alt="Bruxelles place la Grèce sous tutelle" title="Bruxelles place la Grèce sous tutelle" />
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      La Grèce a été placée hier sous tutelle de l'Union. La Commission européenne a, en effet, approuvé l'ambitieux plan de redressement économique que le gouvernement d'Athènes lui a transmis à la mi-janvier. Mais en lui imposant deux conditions drastiques: prendre immédiatement des mesures supplémentaires si ses objectifs ne sont pas atteints et soumettre à Bruxelles à la mi-mars et à la mi-mai un rapport sur la mise en oeuvre de ce plan. "La Grèce a adopté un programme ambitieux mais réalisable que nous soutenons. Mais si ses objectifs semblent menacés, elle devra prendre immédiatement des mesures supplémentaires. Pour appuyer ses efforts, nous allons mettre en place, pour la première fois, un système de surveillance intense et quasi permanent", a expliqué, hier, Joaquin Almunia, le commissaire européen chargé des Affaires économiques et monétaires. En d'autres termes, l'application des mesures et des réformes annoncées par Athènes et renforcées encore mardi, va être suivie quasi quotidiennement par Bruxelles qui entend ainsi éviter une faillite de l'économie grecque qui menacerait toute la zone euro. Dans un premier temps, la Grèce va devoir quantifier et préciser le calendrier de mise en oeuvre des mesures annoncées pour 2010 qui devraient permettre de réduire de 4 points son déficit pour le ramener à 8,7% à la fin de l'année, puis à 5,6% en 2011 et à 2,8% en 2012. Il s'agit notamment, en matière de recettes, de la suppression d'exonérations fiscales, d'une augmentation des droits d'accises sur le tabac et les alcools et de mesures pour limiter l'évasion fiscale. Parallèlement, Athènes veut agir sur les dépenses en réduisant notamment les allocations des fonctionnaires, en gelant leur recrutement en 2010 et en ne remplaçant plus qu'un départ sur cinq ensuite. Des réformes structurelles pour améliorer l'investissement et le fonctionnement du marché de l'emploi complètent ce plan, renforcé, mardi, par un gel de l'enveloppe salariale de la fonction publique et des mesures sur le marché du travail. (<a class="link" href="http://www.lesechos.fr/info/inter/300407875.htm" onclick="window.open(this.href,'_blank');return false;">Les Echos,&nbsp;3 février 2010</a> ) 
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   <title>Politique industrielle : le "monde parfait" de la Commission</title>
   <pubDate>Tue, 02 Feb 2010 10:33:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>L'Observatoire de l'Europe</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Tribune]]></dc:subject>
   <description>
<![CDATA[

Bruxelles vit dans le monde imaginaire des livres d’économie et nos concurrents dans le monde réel des parts de marché grignotées une à une. Ainsi, les grands Etats industriels de l’Union sont-ils réduits au statut de contrebandier pour continuer vaille que vaille à soutenir leur industrie dans le monde étriqué de l’économie réelle. Ainsi voit-on la commissaire à la Concurrence exiger que le bénéfice de 50 ans d’investissement d’EdF dans le nucléaire devienne accessible à tous ses concurrents au nom du libre accès aux marchés...     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="http://www.observatoiredeleurope.com/photo/1864960-2548777.jpg" alt="Politique industrielle : le "monde parfait" de la Commission" title="Politique industrielle : le "monde parfait" de la Commission" />
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       <br />Imaginez que les prochains JO renoncent au contrôle antidopage et que,épris d’idéal, le coach d’une équipe sportive décide néanmoins de s’en tenir strictement aux principes de Pierre de Coubertin. C’est ce que la Commission impose aujourd’hui à l’industrie européenne. Elle est pleine de principes inspirés par une vision optimiste du genre humain, fut-ce en matière de compétition économique. Sa philosophie de la concurrence, par exemple, reflète une confiance sans nuage dans les principes du libéralisme des bons auteurs du XIX siècle. Les entreprises sont des acteurs transparents, les marchés sont parfaits et les Etats limités à leurs missions régaliennes. Tel est le monde auquel la Commission veille à ramener les brebis égarées.  <br /> <br />Ainsi sont interdites des fusions auxquelles la Cour de Justice, qui ne possède manifestement pas la même élévation philosophique, ne trouve rien à redire. Ainsi les grands Etats industriels de l’Union sont-ils réduits au statut de contrebandier pour continuer vaille que vaille à soutenir leur industrie dans le monde étriqué de l’économie réelle.  <br /> <br />Cette ironie peut paraitre déplacée car la police de la concurrence fonctionne. La Commission a révélé et condamné nombre d’ententes illicites préjudiciables aux consommateurs européens, de subventions pénalisant des entreprises qui jouaient loyalement le jeu de la concurrence et sanctionné bien des abus de position dominante notamment de sociétés américaines emblématiques. Certes. Mais ce n’est pas le sujet. La question n’est pas de savoir si la Commission est capable de faire la police mais si elle capable de faire la guerre. Tout indique que non.  <br /> <br />Ainsi voit-on la commissaire à la Concurrence exiger que le bénéfice de 50 ans d’investissement d’EdF dans le nucléaire devienne accessible à tous ses concurrents au nom du libre accès aux marchés. Ainsi voit-on la commissaire au Commerce et son directeur général traiter le contentieux entre Airbus et Boeing comme une querelle de voisinage qui se réglera par les bons sentiments – nous sommes amis n’est-ce pas&nbsp;? – et surtout en ne s’en occupant pas. L’OMC est là pour ça et c’est, elle aussi, une organisation idéale à l’abri de toute influence. Que les conclusions de Boeing accablant Airbus aient été déposées juste avant le début du marché du siècle pour le renouvellement des avions ravitailleurs américains et que celles d’Airbus contre Boeing soient repoussées juste après la conclusion de cet appel d’offre n’est que coïncidence. Que ce report ait augmenté de six mois juste au moment de la définition du calendrier dudit appel d’offre n’est qu’un hasard. Et penser que cela puisse aider le Congrès américain à disqualifier l’offre d’EADS est une scandaleuse insinuation inspirée par une agressivité anti américaine obtuse.  <br /> <br />Cet exemple est grave mais moins que l’avenir immédiat. Le conflit transatlantique sur les aides à l’aéronautique est une dispute récurrente entre deux acteurs qui jouent à peu près la même pièce et le savent. La situation est différente avec nos nouveaux concurrents. Ils ne partagent ni les chimères de la concurrence parfaite ni les politesses du commerce idéal. Avec une étroitesse de vue et une rudesses déplorables, ils jouent pour gagner avec pour seules règles les leurs.  <br />&nbsp;  <br />C’est ainsi que la Corée du sud achète le contrat des centrales nucléaires d’Abu Dhabi. Est-ce une pratique commerciale illicite&nbsp;? Assurément, franche et massive. Qui va poursuivre les Emirats d’accepter pareil cadeau&nbsp;? Est-ce que le légendaire et un peu benêt “investisseur avisé” du monde suave de Bruxelles aurait fait un pareil investissement&nbsp;? Sûrement pas. Seulement voilà, à Séoul l’investisseur avise autrement. Il se dit que battre les Français, leaders mondiaux établis du nucléaire civil, mérite bien quelques milliards tant la référence valorisera son industrie, sans compter que le client est excellent.  <br /> <br />De l’autre côté de la mer, à Pékin, on avise de la même façon. Et l’on se dit qu’investir est, à certains moments, une fin en soi. Plus tard on verra, quand le temps aura trié les bons acteurs des moins bons, les infrastructures utiles de celles qui le sont moins. Ainsi arrive-t-on à voir l’investissement représenter 90% de la croissance chinoise en 2009. Le gaspillage est certain mais les progrès le sont plus encore. Progrès de savoir faire, de gestion, d’expérience et de croissance. Tout cet enrichissement du tissu économique qui s’accumule vaut largement quelques milliards gaspillés.  <br />Et l’Asie n’est pas seule de son cas. Du Brésil aux Emirats en passant par les Etats-Unis, la concurrence par l’investissement des Etats est de retour.  <br /> <br />Au même moment, dans la première puissance commerciale du monde, il se trouve des gens pour condamner ceux qui parmi eux voudraient aider leurs industries en prenant des risques. Et de préférence ceux-là que ne prendraient pas les “investisseurs avisés” qu’il est décidément difficile de distinguer de purs et simples rentiers n’aimant l’avenir que similaire au passé. Que les banques régionales allemandes, la caisse italienne de l’industrie ou le fonds souverain français se mettent à vouloir parier sur le très long terme, que leurs critères s’éloignent de ceux d’un fonds d’investissement ou d’une banque – tous acteurs dont l’intérêt pour l’industrie et le long terme est notoire – et les voilà cloués au pilori en attendant d’être condamné pour le plus effroyable péché&nbsp;: l’aide d’Etat. Le mot seul fait frémir. Un Etat qui aide son industrie&nbsp;! Abomination de la désolation&nbsp;!Nulle caricature. Tous les industriels européens savent que telle est la réalité.  <br /> <br />Bruxelles vit dans le monde imaginaire des livres d’économie et nos concurrents dans le monde réel des parts de marché grignotées une à une. La compétence et la combativité de nos entreprises n’est pas en cause non plus que la volonté des grands Etats européens à les soutenir. Pire&nbsp;: la bonne volonté de la Commission n’est pas en cause non plus comme le montre ses efforts en matière de Recherche. Ce qui est en cause, c’est sa lucidité.  <br /> <br />L’industrie est révérée dans les grands pays émergents et pour ces bonnes raisons qui la rendent indispensable&nbsp;: qualité des emplois, possibilité de remonter en gamme, diffusion de gains de productivité et donc de déflation dans l’économie, emploi à meilleur pouvoir d’achat que les services à qualification égale, etc. Ils la développent comme le reste&nbsp;: à marche forcée, qu’il s’agisse d’heures de travail ou de capitaux investis. Leurs Etats se sentent absolument légitimes à soutenir leurs industriels. C’est la même mission de développement que la construction des routes ou des écoles. Et ces pays dont le taux d’épargne des ménages dépasse 40% - comme la Chine ou le Viet Nam aujourd’hui, la Corée des années 80 ou le Japon des années 70 - n’ont pas le même rapport que nous à la rentabilité du capital. Mais ils jouent dans le même jeu que nous.  <br /> <br />Tel est le monde réel. Et il n’y a pas de vœu plus pressant pour cette nouvelle décennie que d’espérer voir la Commission européenne agir en conséquence et les Etats membres la forcer à remplacer ses vœux pieux par le principe de réalité.  <br /> <br /><strong>Philippe Delmas</strong>  <br />Consultant  <br /><a class="link" href="http://www.lenouveleconomiste.fr/JV/JVLNE1505/C1/C1.html" onclick="window.open(this.href,'_blank');return false;">Source : Le nouvel Economiste, 21 janvier 2010, n°1505</a>  <br />
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   <title>Riri, Fifi et Loulou à Bruxelles</title>
   <pubDate>Fri, 29 Jan 2010 14:07:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>L'Observatoire de l'Europe</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Tribune]]></dc:subject>
   <description>
<![CDATA[

Catherine Ashton absente en Haïti, traitée de "nulle" hier matin sur RTL par Cohn-Bendit, Herman Von Rompuy inaudible depuis son élection, José Manuel Barroso invisible : avec ces trois là l'Europe est bien armée... La chronique d'Eric Zemmour du 28 janvier, à 7h15 sur RTL.     <div><b>par Eric Zemmour* </b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="http://www.observatoiredeleurope.com/photo/1846378-2522505.jpg" alt="Riri, Fifi et Loulou à Bruxelles" title="Riri, Fifi et Loulou à Bruxelles" />
     </div>
     <div>
       <br />On a retrouvé Riri, Fifi et Loulou, les neveux d'oncle Donald. José Manuel Barroso a été reconduit à la tête de la Commission européenne pour son extraordinaire capacité à ne jamais dire "non" et son talent rare, à toujours rester à trois pas en retrait derrière Nicolas Sarkozy. Herman Von Rompuy a été désigné président permanent du Conseil européen, parce qu'on était sûr que son charisme ne ferait de l'ombre à aucun chef d'Etat, même celui de la Lituanie si vous voulez. Lady Ashton a été désignée à la tête de la diplomatie européenne alors qu'elle n'avait aucune expérience internationale, elle n'a d'ailleurs aucune expérience en rien, ceci explique sans doute cela.  <br /> <br />C'est Riri, Fifi, Loulou à Bruxelles qui se marchent sur les pieds, passent leur temps à surveiller que l'autre n'empiète pas sur ses compétences, qu'aucun n'exerce. Cette organisation avait été voulue par le traité de Lisbonne pour simplifier le fonctionnement de l'Europe. Je vous interdis de rire.  <br /> <br />Giscard avait été le grand maître de la Constitution européenne, rejetée par le peuple français mais reprise intégralement dans le traité de Lisbonne. Et il avait imaginé pour son poste de Président du Conseil européen, un George Washington président des Etats-Unis d'Europe. Giscard voit toujours grand. On a eu Van Rompuy.  <br /> <br /><strong><em>"Les Européistes ont cru que le temps des nations était révolu, ils se sont trompés"</em></strong>  <br /> <br />C'est le drame des Français dans l'Europe : ils projettent leur rêve impérial et leur conception de la politique, ils sont persuadés qu'ils vont l'imposer aux autres, ils prétendent que l'Europe c'est la France en grand, alors que franchement depuis l'élargissement à vingt-sept, c'est surtout l'Allemagne en grand. Mais c'est ce que l'Europe veut être. Comme souvent, on a les dirigeants qu'on mérite. Depuis vingt ans, l'Europe, sous l'influence des idées ultralibérales anglaises, s'est voulue le cheval de Troie de la mondialisation, ouvrant son marché en grand, elle a dynamité les compétences des Etats-nations mais n'a pas édifié un Etat-nation européen à sa place. Le droit et le marché et accessoirement les lobbies ont pris la place.  <br /> <br />Historiquement, tout cela ressemble un peu au Saint-Empire romain germanique, vous savez, ce vieil empire aux frontières imprécises avec ce mélange bizarre de royaumes, d'évêchés, de duchés. Là aussi il y avait des assemblées interminables qui ne débouchaient sur aucune décision. Mais même au temps de Jean Monnet, dans les années 50-60, le père de l'Europe aujourd'hui adulé par les européistes, l'Europe a toujours voulu dépasser les nations et sortir de la politique. Parce que la politique, c'est la guerre, et les nations, ce sont les passions de la démocratie, deux choses que l'Europe veut éradiquer. Elle se voit plutôt comme une grosse Suisse qui sort de l'Histoire, se terre sous le parapluie américain et regarde la pluie tomber, mais elle offre des cirés pour tous les malheureux pris sous l'orage.  <br /> <br />La création de l'Europe ça été quand même un tournant. Un tournant oui, après la fin des grands Etats-nations : France, Allemagne, Angleterre. Mais les européistes ont fait une erreur historique. Ils ont cru que le temps des nations était révolu. Ils se sont trompés. En fait nous voyons aujourd'hui arriver le temps des nations-continent : les Etats-Unis, la Chine, l'Inde, le Brésil, la Russie. L'Europe des vingt-sept est un continent mais pas une nation. Elle a le corps, mais pas la tête et ce n'est pas une maladie passagère mais une malformation congénitale.&nbsp;  <br /> <br /><a class="link" href="http://www.rtl.fr/fiche/5932411777/eric-zemmour-ashton-barroso-van-rompuy-la-triplette-invisible-de-l-europe-video.html" onclick="window.open(this.href,'_blank');return false;">*Z comme Zemmour 28 janvier 2010, RTL</a>  <br /> <br />
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   <title>L'Europe essaie de se souvenir de ses racines chrétiennes</title>
   <pubDate>Wed, 27 Jan 2010 16:11:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>L'Observatoire de l'Europe</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Actualité]]></dc:subject>
   <description>
<![CDATA[

Le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, a insisté sur les racines chrétiennes de l'Europe, dans un discours prononcé lundi à Paris, à l'occasion d'un colloque de l'Alliance française. "Les deux premiers moment d'unification européenne ont été, d'abord, la Chrétienté latine du Moyen-Age, puis la République des Lettres du 18e siècle", a-t-il affirmé. Une façon de tenter de faire oublier que l'Union européenne vient d'ouvrir un 12ème chapitre de négociation pour l'adhésion d'un pays de culture islamique (la Turquie) et s'est dotée, depuis le 1er décembre avec le traité de Lisbonne, d'une Charte des droits fondamentaux constituant à cet égard un puissant levier pour le communautarisme religieux en tant qu'elle protège le droit de "manifester sa religion" même "collectivement" et "en public" (...) "par le culte, l'enseignement, les pratiques et l'accomplissement des rites" (article 10). Un beau discours, tout de même, du Président du Conseil.     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="http://www.observatoiredeleurope.com/photo/1842284-2515800.jpg" alt="L'Europe essaie de se souvenir de ses racines chrétiennes" title="L'Europe essaie de se souvenir de ses racines chrétiennes" />
     </div>
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       <br />"Du 12e au 15e siècle, la chrétienté latine était unie religieusement et donc culturellement. Partout en Europe, la foi chrétienne structurait la vie quotidienne. Pensez aux prêtres qui célébraient la même liturgie dans la même langue (...). Partout, les gens de culture utilisaient le Latin et disposaient des mêmes références intellectuelles. (...) Partout, les écoles et les universités avaient le même programme. Partout, dans les arts plastiques, la tapisserie et la peinture, l'inspiration venait des mêmes modèles", a-t-il détaillé.  <br />&nbsp;  <br />La Renaissance, suivie du Siècle des Lumières constitue le deuxième mouvement d'unification européenne, selon M. Van Rompuy. Mais ici aussi, le président du Conseil européen insiste sur l'aspect chrétien de l'héritage.  <br />&nbsp;  <br />"On oublie souvent que la Renaissance, la science et la philosophie modernes, sont nées dans un cadre chrétien. A part quelques exceptions, dont Galilée, avec le consentement de l'Eglise. La raison se développa avec Saint Thomas d'Aquin au 13e siècle, qui redécouvrit Aristote, un penseur non-chrétien", a-t-il dit.  <br />&nbsp;  <br />Dans son discours, qui porte sur plusieurs autres questions culturelles, M. Van Rompuy évoque aussi la tension, inhérente à l'Europe, entre la défense de la diversité et la prétention à l'universalité. "D'un côté, nous sommes les héritiers d'une grande diversité culturelle et linguistique. De l'autre, nous sommes les défenseurs de valeurs universelles des droits de l'homme et de la démocratie, ainsi que les promoteurs de la science et de la technologie", note-t-il.  <br />&nbsp;  <br />Cette tension touche selon lui à l'identité même des citoyens et des Etats européens. "Les Etats membres de notre Union veulent être ensemble. Ils ne veulent pas être un. (...) En tant que président du Conseil Européen, je m'efforcerai donc de bien gérer cette tension entre l'unité et la diversité, tant sur le plan politique, que sur le plan culturel".  <br />&nbsp;  <br />Dans une anecdote introductive, Herman Van Rompuy revient également sur son propre apprentissage du français, "dans la rue". "Mes parents étaient flamands et m'ont élevé dans leur langue. Toutefois, pour jouer dans la rue avec les garçons de mon âge, il fallait bien que je me débrouille en français. C'est ainsi que, avant de devenir la langue de Voltaire, au collège, le français était pour moi la langue des terrains de football", a-t-il raconté.  <br />&nbsp;  <br />Le discours intégral est disponible sur internet à l'adresse <a title="blocked::http://www.consilium.europa.eu/uedocs/cmsïData/docs/pressdata/fr/ec/112540.pdf" href="http://www.consilium.europa.eu/uedocs/cmsïData/docs/pressdata/fr/ec/112540.pdf" target="_blank">http://www.consilium.europa.eu/uedocs/cmsïData/docs/pressdata/fr/ec/112540.pdf</a>. (avec l'agence Belga)  <br />
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   <title>L'Europe, championne du libre-échange</title>
   <pubDate>Wed, 27 Jan 2010 15:34:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>L'Observatoire de l'Europe</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Tribune]]></dc:subject>
   <description>
<![CDATA[

« Nous, en Europe, nous sommes les champions d’un libre échange sans règles, sans contrôles, qui, à mon sens, est allé trop loin et doit être revisité ». C’est M. Bruno Le Maire, ministre français de l’agriculture, qui tient ces propos. Faut-il l'applaudir ? Romain Rochas* répond.     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="http://www.observatoiredeleurope.com/photo/1842207-2515643.jpg" alt="L'Europe, championne du libre-échange" title="L'Europe, championne du libre-échange" />
     </div>
     <div>
      <span lang="en" style="FONT-SIZE: 10pt; COLOR: black; FONT-FAMILY: Arial; mso-ansi-language: FR"></span> <br /><span lang="en" style="FONT-SIZE: 10pt; COLOR: black; FONT-FAMILY: Arial; mso-ansi-language: FR">  <div align="justify">  <p class="spip">En réalité, comme je l’avais analysé en détail dans ma note sur le traité de Lisbonne (Le traité modificatif européen&nbsp;: un mauvais arbre pour de mauvais fruits, décembre 2007), le nouveau traité contient autant de fois la mention du principe de concurrence que l’ancien traité CE. Ce que M.&nbsp;Sarkozy a réussi à faire, c’est de renvoyer dans un protocole une des mentions du principe qui figurait auparavant dans un article. Mais un protocole a la même valeur juridique contraignante qu’un article, de sorte que le profit tiré de ce changement est nul.  <br /> <br /> <br /> <br />  <p class="spip">Bien plus, il y a dans les traités deux formulations du principe de concurrence. L’une, bénigne et, somme toute, acceptable, figure dans les traités depuis l’origine, et dispose que l’Union met en place "un régime assurant que la concurrence n’est pas faussée dans le marché intérieur". L’autre formulation a été introduite par le traité de Maëstricht, c’est celle-là qui est perverse et qui dispose que la politique économique devra être conduite "conformément au respect du principe d’une économie de marché ouverte où la concurrence est libre". Or cette formulation figurait au moins quatre fois dans les traités antérieurs, et elle figure encore quatre fois dans le traité de Lisbonne (articles 119, § 1, 119, § 2, 120 et 127 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne (TFUE), tel que libellé par le traité de Lisbonne).  <br /> <br /> <br /> <br />  <p class="spip">Bien loin d’avoir disparu des traités, le principe de concurrence constitue plus que jamais l’un des piliers fondamentaux du système européen, pour ne pas dire le principal.  <br /> <br /> <br /> <br />  <h3 class="spip">2°) Il existe deux moyens principaux de piloter l’équilibre du commerce extérieur d’un pays&nbsp;: la manipulation du taux de change de la devise nationale - donc éventuellement la dévaluation - et le dosage de la protection douanière, sous la forme de droits de douane ou même de contingents, principalement à l’importation.</h3>  <p class="spip"> <br /> <br />  <p class="spip">Le déficit colossal de la France, et d’autres pays européens comme l’Italie, avec leurs partenaires de l’Union européenne, et particulièrement de l’eurozone, est rendu insoluble par l’existence de l’euro qui empêche toute dévaluation. Il faudrait que la France, que l’Italie modifient la parité de leur euro avec l’euro allemand, autrement dit il faudrait que ces pays possèdent une monnaie nationale distincte de la monnaie allemande pour pouvoir décider des changements de parité avec celle-ci. Si les monnaies nationales européennes existaient encore, il y a belle lurette que la France et l’Italie auraient dévalué et de ce fait redressé leur balance commerciale avec leurs partenaires de l’Union européenne, spécialement avec l’Allemagne. Le refus de dévaluer par orgueil national est stupide. Quand il le faut, il le faut. Autre chose est de s’efforcer de consolider l’économie nationale pour n’avoir plus à dévaluer à tout bout de champ, autre chose est de se refuser à dévaluer lorsque c’est malheureusement devenu nécessaire. Les dernières modifications de taux de change au sein du système monétaire européen, avant la création de l’euro, ont magistralement réussi à relancer les économies devenues défaillantes des pays à monnaie faible, comme l’Italie, mais aussi à l’époque la Grande-Bretagne. La situation est sans issue parce qu’avec l’euro, ces ajustements ne sont plus possibles, et par ailleurs personne ne propose de rétablir des droits de douane entre Etats membres de l’Union européenne&nbsp;!  <br /> <br /> <br />  <h3 class="spip">3°) Que penser alors de l’autre moyen d’équilibrer la balance commerciale, à savoir la protection douanière&nbsp;? Et puisque, dans l’Union européenne, cette protection ne peut exister qu’aux frontières externes de l’Union, grâce au "Tarif douanier extérieur commun", autrement dit par la "préférence communautaire", faut-il maintenir ou même renforcer celle-ci, ou au contraire considérer qu’elle ne nous sert à rien&nbsp;?</h3>  <p class="spip"> <br /> <br />  <p class="spip">Il y a un argument qui pourrait conduire à conclure que la préférence communautaire n’est guère utile, c’est que le déficit commercial français est presque exclusivement un déficit à l’égard de pays membres de l’Union, spécialement avec l’Allemagne, déficit sur lequel le tarif douanier européen est sans effet, puisque c’est un tarif qui ne frappe que les produits des pays non membres de l’Union. En 2008, le déficit de la France avec les autres pays de l’Union a été de 64,32 milliards d’euros, alors que son déficit avec les pays tiers n’a été que de 5,94 milliards d’euros.  <br /> <br /> <br /> <br />  <p class="spip">Le seul facteur à mettre en cause serait donc le facteur monétaire, le carcan que représente l’euro, et non le démantèlement de la préférence communautaire, systématiquement poursuivi par l’Union en liaison avec les négociations commerciales successives menées dans le cadre de l’OMC&nbsp;[<a class="spip_note" id="nh1" title="[1] Organisation mondiale du commerce." href="http://www.forumpourlafrance.org/spip/Monsieur-le-ministre-fait-il-bien-de-denoncer-la-doctrine-du-libre-echange-par-R-Rochas.html#nb1" name="nh1">1</a>].  <br /> <br /> <br /> <br />  <p class="spip">Cette conclusion me paraîtrait pourtant gravement erronée, et cela au moins pour trois raisons.  <br /> <br /> <br /> <br />  <h4 class="spip">a) Il est vrai que le déficit français vis-à-vis des pays tiers représente peu de choses comparé à celui dont nous souffrons à l’égard des pays membres de l’Union.</h4>  <p class="spip"> <br /> <br />  <p class="spip">Mais il faut prendre garde que l’évolution va dans le sens de la détérioration continue de notre situation envers ces pays, comme le montre le petit tableau suivant&nbsp;:  <br /> <br /> <br /> <br />  <p class="spip"><span class="spip_document_897 spip_documents spip_documents_center"><img class=" format_png" style="WIDTH: 600px; HEIGHT: 128px" height="128" alt src="http://www.forumpourlafrance.org/spip/local/cache-vignettes/L600xH128/rochas01-2372f.png" width="600" /> </span> <br /> <br /> <br /> <br />  <p class="spip">Ainsi, de 2002 à 2008, donc en 6 ans, la détérioration a été de 13.10 + 5,94 = 19,04 milliards d’euros. Si cette évolution s’était interrompue après avoir conduit à l’équilibre de 2007, on aurait peut-être pu dire que tout allait bien, mais elle se poursuit imperturbablement après avoir pénétré dans la plage déficitaire, et une simple extrapolation de tendance conduit à penser que le déficit va s’aggraver&nbsp;[<a class="spip_note" id="nh2" title="[2] Pour les 10 premiers mois de 2009, ce déficit envers les pays tiers (...)" href="http://www.forumpourlafrance.org/spip/Monsieur-le-ministre-fait-il-bien-de-denoncer-la-doctrine-du-libre-echange-par-R-Rochas.html#nb2" name="nh2">2</a>] . Il y a là une tendance de fond qui doit nous inquiéter.  <br /> <br /> <br /> <br />  <h4 class="spip">b) l’on passe du cas français à l’examen de la balance commerciale de l’ensemble des Etats membres à l’égard des pays tiers, on s’aperçoit que parmi les pays de l’Union, 18 sur 27, soit exactement les 2/3, étaient déficitaires en 2008.</h4>  <p class="spip"> <br /> <br />  <p class="spip">Et il faut remarquer de plus que, mis à part l’Allemagne, tous les pays excédentaires étaient de petits pays. Tous les grands pays sauf l’Allemagne – Espagne, France, Italie, Pologne, Royaume-Uni – étaient déficitaires, et souvent lourdement. Et l’Allemagne représentait à elle seule 60,3&nbsp;% de l’excédent total des 9 pays excédentaires.  <br /> <br /> <br /> <br />  <p class="spip">Sur les 27 pays, il n’y en a que 4 dont l’excédent augmente ou le déficit diminue de 2007 à 2008.  <br /> <br /> <br /> <br />  <p class="spip">Pour l’ensemble de l’UE, le déficit, qui était déjà de 192,51 milliards d’euros en 2007, est passé à 258,48 milliards en 2008. Ainsi la tendance à la dégradation constatée pour la France ne constitue pas un cas hors norme, mais est bel et bien représentatif d’une "maladie" qui affecte presque toute l’Union.  <br /> <br /> <br /> <br />  <h4 class="spip">c) Il y a une troisième raison de ne pas se satisfaire du quasi équilibre commercial de la France avec les pays tiers.</h4>  <p class="spip"> <br /> <br />  <p class="spip">En effet, j’ai mentionné deux facteurs susceptibles d’agir sur l’équilibre commercial&nbsp;: le taux de change et la protection douanière. Mais il y a une grande différence entre ces deux facteurs. C’est que le taux de change agit de façon globale sur l’ensemble de l’économie, alors que les protections douanières peuvent cibler certains pays partenaires, ou certains produits, et cela de façon variable dans le temps s’il le faut.  <br /> <br /> <br /> <br />  <p class="spip">La balance commerciale d’un pays ne doit pas être examinée seulement de façon globale. Un équilibre global peut cacher de grandes disparités entre produits. Même avec un équilibre global, il peut être très fâcheux pour un pays que tel secteur de production soit chez lui gravement déficitaire, ce qui le place dans une situation périlleuse de dépendance économique, voire stratégique ou sociale. Le libre échange peut même conduire à la disparition totale de secteurs entiers, menace maintes fois évoquée par M.&nbsp;Maurice Allais, notre prix Nobel d’économie.  <br /> <br /> <br /> <br />  <p class="spip">Reprenons l’exemple de la France. Avec les pays tiers, nous sommes largement excédentaire en produits laitiers, fort bien&nbsp;; en céréales, fort bien&nbsp;; en produits pharmaceutiques, fort bien. Mais nous sommes lourdement déficitaires en vêtements, nous savons pourquoi&nbsp;! en produits de la pêche, ce que nous devrions tout de même être capable d’éviter avec nos vastes façades maritimes et nos nombreux ports&nbsp;; nous sommes aussi très lourdement déficitaires en soja et colza, parce que la Commission a cru bon de faire d’inadmissibles concessions aux Américains en matière d’oléagineux-protéagineux dans le cadre de la négociation de l’Uruguay round. Nos agriculteurs sont de ce fait tributaires des Américains pour les aliments de leur bétail. C’est très gênant.  <br /> <br /> <br /> <br />  <p class="spip">Une manipulation monétaire ne permettrait pas d’opérer des correctifs ciblés sur certains secteurs de production. Seul un ajustement de certaines protections douanières en serait capable.  <br /> <br /> <br /> <br />  <div class="texteencadre-spip spip">Voici un bel exemple&nbsp;: celui de la banane. Nous sommes lourdement déficitaires. Cela paraît évident. La banane est une production tropicale que la France, pays tempéré, ne peut qu’importer. Oui, avec cette importante réserve que certains de nos DOM-TOM, notamment les départements antillais, sont producteurs. Or les DOM-TOM, c’est la France. Mais ce sont des régions qui ne sont pas riches en atouts et vocations économiques, et si on les prive des quelques atouts qu’elles possèdent, c’est du gâchis. Ne serait-il pas opportun qu’une protection douanière leur assure un débouché prioritaire dans la Métropole, de préférence aux bananes d’Amérique du Sud, par exemple, qui peuvent trouver un débouché vers d’autres pays tempérés non producteurs, eux.</div>  <p class="spip">Je vais plus loin. Je verrais volontiers trois niveaux dans l’accessibilité des bananes au marché métropolitain. La première priorité serait accordée aux bananes de nos DOM-TOM.&nbsp;La deuxième priorité serait accordée aux pays avec lesquels nous avons des liens particuliers forts&nbsp;: spécialement nos anciennes colonies francophones d’Afrique, pays envers lesquels nous devrions garder une sollicitude particulière, si nous avons un peu de cœur. Enfin, les autres pays producteurs. A ces derniers, notre marché ne leur serait pas totalement fermé, mais ils auraient plus de difficultés à y écouler leurs produits que ceux de catégorie 1 ou 2.  <br /> <br /> <br /> <br />  <p class="spip">Malheureusement, l’Union européenne ne l’entend pas de cette oreille, et vient en décembre dernier de signer un accord avec les pays d’Amérique latine en vertu duquel l’Union abaissera progressivement ses droits de douane sur les bananes en provenance de ces pays de 176 à 114 € par tonne (soit une baisse de 35,2&nbsp;%). Cet accord est une contribution au cycle des négociations de Doha sous la houlette de l’OMC. Et c’est un coup de poignard dans le dos de nos producteurs antillais. Bien entendu, la France a signé comme tout le monde. Pendant qu’on négociait cet accord, vous faisiez la sieste, M.&nbsp;Le Maire&nbsp;?  <br /> <br /> <br /> <br />  <p class="spip">A propos de bananes, je voudrais mentionner un autre exemple typique des effets du libre échange sur certaines régions. L’île de Madère, région autonome portugaise, toute petite, ne peut avoir qu’un petit nombre de vocations économiques, et notamment agricoles. Il y a la vigne qui produit le fameux vin de Madère. Il y a les fleurs. Mais il y avait aussi la banane. Le visiteur qui découvre Madère est surpris de voir pour tout paysage une massive et unique montagne couverte de bananiers, jusqu’à une certaine altitude. Mais la banane typique de Madère est de calibre minuscule, de goût très savoureux, mais très fragile. Dans un cadre traditionnel protecteur, le principal débouché de la banane de Madère, outre une certaine consommation locale, était le Portugal continental et les habitants de Lisbonne, habitués depuis toujours à consommer cette banane nationale plutôt que les bananes classiques de partout ailleurs.  <br /> <br /> <br /> <br />  <p class="spip">La libéralisation des échanges a dissous cette tradition et les Portugais du continent ont pris l’habitude de consommer - comme tout le monde, que diable&nbsp;! - les énormes doigts des bananiers d’Afrique et d’Amérique du sud. Et voilà tout un secteur de la modeste production agricole locale gravement fragilisé si ce n’est pas ruiné. Au point que certains producteurs madérois investissent dans l’arrachage de leurs bananiers traditionnels et la plantation de bananiers plus "aux normes". Je me demande même s’ils n’ont pas obtenu parfois, pour ce faire, des subventions de la Commission européenne… Quel stupide résultat&nbsp;! Et à l’heure des préoccupations écologiques, quel lamentable gâchis&nbsp;!  <br /> <br /> <br /> <br />  <p class="spip">Ces exemples montrent qu’il ne faut pas opposer au libre échange systématique un protectionnisme systématique, car c’est tout le contraire qu’il faudrait promouvoir&nbsp;: une action nuancée, pays par pays, région par région, produit par produit, dans l’esprit d’un aménagement du territoire spécifique à chaque terroir.  <br /> <br /> <br /> <br />  <h3 class="spip">4°) Il y a une autre raison de ne pas opter pour un protectionnisme excessif et obtus.</h3>  <p class="spip"> <br /> <br />  <p class="spip">C’est le tort qui serait fait à des pays en voie de développement qui ont un besoin vital d’écouler certains de leurs produits vers des pays plus riches. Barrer la route à leurs produits, c’est les enfermer dans le sous-développement. Mais justement il faut souligner que des protections différenciées ont été créées pour les avantager par ce que l’on pourrait appeler une discrimination tarifaire positive en leur faveur. C’est le cas du SPG ("Système de Préférences Généralisées"), qui prévoit des régimes douaniers préférentiels accordés par les pays industrialisés aux pays en voie de développement, système initié en 1968 par la CNUCED (Conférence des Nations Unies sur le Commerce et le Développement, l’ancêtre de l’OMC). Les Communautés participent depuis 1971 à l’idée et ont mis en place leur propre régime préférentiel. Les avantages tarifaires sont gradués en fonction du degré de sous-développement des pays en cause. Voilà du protectionnisme généreux, "en creux" en quelque sorte, mais il va de soi qu’au fur et à mesure que le libre échange se généralise, l’effet différentiel du SPG s’atténue de plus en plus.  <br />  <h3 class="spip">5°) Alors, et pour finir, M.&nbsp;Le Maire aurait-il donc eu raison de critiquer le "libre échange sans règle", qui" est allé trop loin"&nbsp;?</h3>  <p class="spip"> <br /> <br />  <p class="spip">Ma réponse pourrait bien être la suivante. Si vous ne prenez que les mots qu’il a prononcés, et les analysez de façon intrinsèque, eh&nbsp;! bien oui, à mon avis, il a raison. Mais si l’on replace ces paroles dans le contexte de l’action du gouvernement auquel il appartient et dont il est solidaire, gouvernement qui, par le traité de Lisbonne, a confirmé vigoureusement et reconduit l’ultra-libéralisme qui marquait déjà les traités antérieurs, comment ne pas dénoncer la politique du mensonge permanent qui dit de bonnes choses et fait le contraire&nbsp;? Comment oser critiquer le libre échange que l’on a tout fait pour consolider&nbsp;? Comment condamner des pratiques qui sont le fruit d’accords que l’on a signés&nbsp;? Hitler avait-il raison de se proclamer partisan de la paix&nbsp;? (alors qu’il préparait la guerre.) L’Union soviétique, de proclamer dans sa constitution la liberté de conscience&nbsp;? (alors que les croyants et les dissidents croupissaient dans les camps de concentration.) Mao de chanter "les Cent Fleurs", alors que toutes les fleurs de Chine étaient fanées du fait de sa tyrannie épouvantable&nbsp;?  <br /> <br /> <br /> <br />  <p class="spip"><strong class="spip">La parole sans la vérité, ce n’est que du vent&nbsp;!</strong>  <br /> <br /> <br /> <br />  <p class="spip"><strong class="spip">Romain ROCHAS</strong>, Chef de division honoraire de la Cour des comptes européenne.  <br /> <br /> <br /> <br /></div>  <div class="crayon article-notes-689 notes">  <p class="spip_note">[<a class="spip_note" title="Notes 1" href="http://www.forumpourlafrance.org/spip/Monsieur-le-ministre-fait-il-bien-de-denoncer-la-doctrine-du-libre-echange-par-R-Rochas.html#nh1" name="nb1">1</a>] Organisation mondiale du commerce.  <br /> <br />  <p class="spip_note">[<a class="spip_note" title="Notes 2" href="http://www.forumpourlafrance.org/spip/Monsieur-le-ministre-fait-il-bien-de-denoncer-la-doctrine-du-libre-echange-par-R-Rochas.html#nh2" name="nb2">2</a>] Pour les 10 premiers mois de 2009, ce déficit envers les pays tiers atteint déjà 13,95 milliards&nbsp;! (C.Q.F.D.).  <br /> <br /> <br /><a class="link" href="http://www.forumpourlafrance.org/spip/" onclick="window.open(this.href,'_blank');return false;">Source : Forum pour la France</a>  <br /> <br /> <br /></div></span> <br />
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
]]>
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   <title>La vision européenne du général de Gaulle</title>
   <pubDate>Wed, 27 Jan 2010 15:17:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>L'Observatoire de l'Europe</dc:creator>
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On a fait, en son temps, beaucoup de procès au général de Gaulle à propos de ses idées sur l’Europe. Certains propos occasionnels de sa part, son rejet avant son retour au pouvoir, de la communauté européenne de Défense, enfin son souci majeur et permanent de la destinée de la France l’expliquent dans une certaine mesure. Pourtant, non seulement le Général a toujours eu la vive conscience de la solidarité qui unissait la France aux autres pays de l’Europe occidentale, mais il n’avait en outre jamais oublié tout ce que l’Europe à travers tous ses peuples avait apporté au monde sur le plan de la culture, de la pensée, de la science ainsi que du Droit, apportant ainsi une contribution majeure et collective à la civilisation universelle. Au surplus cette préoccupation s’était manifestée dès le temps de guerre.      <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="http://www.observatoiredeleurope.com/photo/1842121-2515480.jpg" alt="La vision européenne du général de Gaulle" title="La vision européenne du général de Gaulle" />
     </div>
     <div>
       <br /><strong><em>par Pierre Maillard, ancien conseiller diplomatique du général de Gaulle*</em></strong>  <br /> <br />  <p class="spip">Elle apparaît notamment dans un discours tenu à l’Albert Hall le 11 novembre 1942 où il est dit&nbsp;: «&nbsp;<i class="spip"> la France souhaite tout faire pour qu’en Europe, tous ceux dont les intérêts, le souci de leur défense et les besoins de leur développement sont conjugués avec les siens, se lient à elle comme elle a eux, d’une manière pratique et durable</i>&nbsp;». Et cette anticipation avait été confirmée le 18 mars 1943 dans un discours devant l’assemblée consultative d’Alger&nbsp;: «&nbsp; <em>Pour que le vieux continent renouvelé puisse trouver un équilibre correspondant aux ambitions de notre époque, il nous semble que certains groupements devront s’y réaliser, sans que doive bien entendu être entamée la souveraineté de chacun. Ainsi pour ce qui concerne la France nous pensons qu’une sorte de groupement occidental réalisé avec nous, principalement sur une base économique et dont la Manche, le Rhin, la Méditerranée seraient comme les artères, en relation étroite avec l’Orient et les Etats arabes qui cherchent légitimement à unir leurs intérêts pourrait offrir de grands avantages</em>&nbsp;». Il y a là une sorte d’anticipation prophétique du traité de Rome voire de la politique méditerranéenne à la fois de la France et de l’Europe telle qu’elle sera préconisée par le Général pour l’avenir à la fin de la guerre d’Algérie.  <br /> <br />  <div class="spip" style="TEXT-ALIGN: center">***</div>  <p class="spip">Ces réminiscences n’empêchent évidemment pas que ses vues sur l’Europe aient été ultérieurement sensiblement différentes de celles préconisées par Jean Monnet et d’autres milieux voués à la construction de l’Europe. J’examinerai donc d’abord les principes selon lesquels celle-ci devait selon lui s’organiser.  <br /> <br />  <p class="spip"> <br /> <br />  <p class="spip">Tout d’abord l’Europe n’était pas pour lui, contrairement à beaucoup d’autres, une idéologie. Le Général récusait dans tous les domaines ce concept, d’une part parce qu’il considérait toutes les idéologies comme passagères et donc relatives, et d’autre part parce qu’il y voyait toujours la couverture d’intérêts précis et souvent suspects. L’Europe n’était donc pour lui rien de plus mais aussi rien de moins qu’une construction politique hautement souhaitable dans une conjoncture historique donnée et donc comme un projet relevant de la géopolitique. D’autre part, il rejetait tout à fait la vision fédéraliste préconisée par les adeptes de Jean Monnet. Pourquoi&nbsp;? Parce que le concept de Nation demeurait pour lui une donnée fondamentale de la vie des peuples, selon lui attestée par l’Histoire, un concept qu’il opposa en outre toujours à celui d’Empire. Or toute nation supposait elle-même l’introduction de la notion de souveraineté, essentielle pour le Général. Il n’y avait pas pour lui de nation, à supposer naturellement qu’elle soit accompagnée d’un Etat, sans souveraineté. Bien entendu cette souveraineté n’incluait pas tous les domaines de la vie mais un certain nombre de prérogatives essentielles de l’Etat, la diplomatie, la défense, la monnaie et dans une certaine mesure le Droit et la langue, tous éléments que la conception fédérale consistait précisément à remettre à un pouvoir supérieur ce qui était pour le Général impossible à admettre.  <br /> <br />  <p class="spip"> <br /> <br />  <p class="spip">Ce souci de la souveraineté nationale était complété par un autre principe, celui du respect de la diversité qui condamnait à son tour le concept d’intégration. Les peuples avaient une histoire différente. Elle résultait de modes de vie spécifiques, de traditions enracinées, d’aspirations diverses. L’intégration tendait au contraire à les réduire à un modèle uniforme. On connaît sa formule&nbsp;: «&nbsp;<i class="spip"> On n’intrègre pas les peuples comme on fait de la purée de marrons</i>&nbsp;». De tout cela résultait une conception de l’Europe basée sur la Coopération. Certes une coopération organisée et non accidentelle, comportant des engagements précis, et relativement contraignants, voire des transferts également révocables de compétence, bref une Europe des nations mais qui à long terme pouvait aboutir à une formule confédérale bien qu’il n’ait jamais à ma connaissance évoqué explicitement ce terme. Voilà donc pour les structures.  <br /> <br />  <div class="spip" style="TEXT-ALIGN: center">***</div>  <strong class="spip">Quelle était selon lui la vocation de l’Europe ?</strong>&nbsp; <br />   <br />Elle ne devait pas selon lui être seulement un grand marché, bien qu’il n’ait nullement considéré cet objectif comme secondaire. Elle devait être d’abord une aire de civilisation, incarnant certaines valeurs essentielles héritées de la longue histoire de ses peuples et de leur apport respectif à la culture, à la science, aux droits des individus, à la vie en société. La démocratie c’était aussi une de ces valeurs essentielles dont l’Europe devait s’inspirer et qu’il opposait d’ailleurs fréquemment aux prérogatives que tendaient à s’attribuer les oligarchies économiques ou technocratiques.  <br /> <br />  <p class="spip">Sa prédilection pour le référendum comme recours direct aux volontés ou aux inspirations des peuple témoignait du même souci. Voilà pour la civilisation.  <br /> <br />  <p class="spip">Mais l’Europe devait aussi ambitionner une authentique puissance lui permettant de jouer son rôle, et un rôle important dans le monde, à l’époque entre les deux blocs qui tendaient à se le partager mais aussi par rapport à l’univers des pays sous-développés ou en développement, bref dans le cadre d’un monde multipolaire que le Général voyait poindre à l’horizon et qu’il souhaitait.  <br />  <p class="spip"> <br />  <p class="spip">A cette perspective de puissance, il associait en outre une indispendable volonté d’indépendance. Je rappelerai à ce propos ce qu’il disait à Alain Peyrefitte, le 13 janvier 1963&nbsp;: «&nbsp;<i class="spip">Notre politique, Peyrefitte, c’est de réaliser l’union de l’Europe. Mais quelle Europe&nbsp;? Il faut qu’elle soit européenne. Si elle est confiée à quelques organismes technocratiques plus ou moins intégrés, elle sera une histoire pour professionnels et sans avenir. L’Europe doit être in-dé-pendante et il ajoutait&nbsp;: «&nbsp;Il s’agit de faire l’Europe sans rompre avec les Américains, mais indépendamment d’eux&nbsp;».</i>  <br /> <br />  <p class="spip"> <br /> <br />  <p class="spip">Naturellement cette puissance devait se manifester dans le domaine militaire. Dans ce domaine il y avait l’OTAN. Mais selon lui l’OTAN était en contradiction avec l’idée d’une défense européenne authentique c’est-à-dire apte à veiller aux intérêts spécifiques de l’ensemble des pays composant l’Europe d’alors. Une note, à moi communiquée, destinée au ministère des Affaires étrangères du 17 juillet 1961, le fait apparaître sans ambages. J’en extrais cette phrase&nbsp;: «&nbsp;<i class="spip">Il ne peut y avoir de personnalité politique de l’Europe si l’Europe n’a pas sa personnalité au point de vue de sa défense qui a toujours été la base de la politique</i>&nbsp;». Ajoutant encore dans la même note&nbsp;: «&nbsp;<i class="spip">Il y a l’OTAN, mais qu’est-ce que l’OTAN&nbsp;? C’est la somme des Américains, de l’Europe, et de quelques accessoires. Mais ce n’est pas la défense de l’Europe par l’Europe. C’est la défense de l’Europe par les Américains</i>&nbsp;». Une défense européenne collective était donc un objectif selon lui hautement souhaitable, sans qu’elle exclut telle ou telle alliance ou le maintien de forces nationales. La force de dissuasion atomique dont il entendit doter la France entrait au premier chef dans cette catégorie. Elle restait naturellement tout à fait nationale, sans exclure qu’elle puisse en cas de péril extrême et par l’exercice de la dissuasion, contribuer efficacement à la défense de l’Europe.  <br /> <br />  <p class="spip"> <br /> <br />  <div class="texteencadre-spip spip">La puissance c’était aussi la sauvegarde voire l’accroissement du potentiel économique de l’Europe. L’Europe devait à cet égard, pour les pays la composant ne pas être un «&nbsp;moins&nbsp;» mais un «&nbsp;plus&nbsp;», d’autant que les destructions de la guerre en avaient gravement affecté le potentiel et que, dans le sillage du plan Marshall, elle avait subi une croissante subordination aux moyens financiers et à l’appareil économique des Etats-Unis. Le général de Gaulle n’avait nullement pour doctrine un nationalisme économique étroit. L’ouverture des frontières avec les pays voisins de la France, fondement du Marché commun et le traité de Rome l’avaient amplement fait apparaître. Encore tenait-il à ce que l’Europe cultive un développement économique à la fois spécifique et autonome, et en même temps dans une posture d’égalité et d’équilibre avec le monde extérieur. On doit y rapporter son souci du maintien d’une capacité agricole puissante. On doit aussi y rapporter la création en France et si possible en Europe de pôles de puissance, appuyés sur l’Etat et intégrés dans le cadre d’une planification souple et efficace. Enfin il entendait positionner l’Europe, dans ses rapports avec le monde extérieur, dans le cadre d’un tarif extérieur commun, évidemment contraire à l’idée aujourd’hui en vogue d’une «&nbsp;<i class="spip"> concurrence libre et non faussée</i>&nbsp;» et d’un libre échange universel&nbsp;; bref un ensemble de dispositions que j’appelerais non pas protectionnistes mais protectrices. J’y ajouterai, parce que c’est aujourd’hui à l’ordre du jour, les négociations voulues par lui dans la dernière période de son mandat, touchant le rôle excessif joué par le dollar, alors même qu’il n’était pas encore totalement rendu indépendant de l’or (ce qui fut le cas en 1971), manifestant cette fois collectivement (et non par rapport à la seule France) sa grave inquiétude touchant la sauvegarde de capacités économiques et monétaires des six pays de l’époque, ainsi que l’équilibre des transactions mondiale.</div>  <div class="spip" style="TEXT-ALIGN: center"></div>  <div class="spip" style="TEXT-ALIGN: center">***</div>  <p class="spip">Quelles étaient enfin ses vues sur la composition de l’Europe et ses frontières&nbsp;? D’abord une place particulière revenait selon lui à l’Allemagne fédérale. Il avait à son égard renversé le cours de l’Histoire en substituant une entente particulière et selon lui durable à un antagonisme séculaire et fatal à la fois à l’Europe et aux deux pays. Mais l’entente qui en résultait n’avait pas à ses yeux seulement une signification bilatérale. L’association franco-allemande était, selon ses propres termes, le socle de l’Europe. Et si le traité de l’Elysée avait organisé les rapports entre les deux pays, il constituait aussi selon lui le modèle pour une association des autres. Je citerai à ce propos une de ses dernières déclarations au chancelier Adenauer à Rambouillet en mars 1966 et alors que celui-ci n’était plus depuis trois ans au pouvoir&nbsp;: «&nbsp;<i class="spip">La France existe, elle grandit. Mais la France n’a pas les moyens d’exercer la conduite de l’Europe. L’Europe, c’est l’affaire combinée des Français et des Allemands ensemble, c’est le bon sens. Seuls nous n’avons pas les moyens de la conduire, vous non plus. Nous devons marcher la main dans la main.</i>&nbsp;» Et il ajoutait&nbsp;: «&nbsp;<i class="spip"> L’Europe libre ne pourra s’organiser qu’après un accord profond de nos deux pays. Il faut toujours revenir à ce point de départ ou alors se résigner à ce que l’Europe ne se fasse pas</i>&nbsp;».  <br /> <br />  <p class="spip">Il y avait aussi le problème de la Grande-Bretagne. Naturellement de Gaulle considérait celle-ci comme un pays authentiquement européen&nbsp;; encore que, disait-il parfois, sa politique dans le passé ait plutôt consisté à diviser l’Europe qu’à l’unir. Il ne pouvait donc être question de l’exclure par principe. Malgré tout, l’existence de son Commonwealth, les rapports spéciaux et privilégiés que le Royaume-Uni entendait garder avec les Etats-Unis, sa conception enfin résolument libre-échangiste lui paraissaient momentanément incompatibles avec son entrée de plein droit dans l’Europe. Celle-ci était en somme un club dont tous les membres devaient adopter les mêmes règles. Il fallait donc attendre avec patience que les options politiques propres à la Grande-Bretagne évoluent.  <br /> <br />  <p class="spip">Naturellement le Général rêvait aussi pour un avenir qui n’était certes pas immédiat, étant donné l’existence du rideau de fer, de la nécessaire adhésion des pays de l’est européen, sans oublier les Balkans qui avaient toujours sans conteste fait partie de l’Europe. Il concevait cependant que leurs différences historiques avec les pays de l’Europe occidentale, c’est-à-dire les Six, nécessiteraient à coup sûr de multiples dispositions transitoires, non seulement sur le plan économique mais même politique, suffisamment souples et élaborées, condamnant elles aussi toute formule d’intégration à proprement parler.  <br /> <br />  <p class="spip">Mais le Général allait plus loin dans sa vision. Il jugeait nécessaire, un jour ou l’autre, une étroite association de la Russie à l’Europe. C’était le sens de sa formule, cultivée dès avant 1958, de l’Europe étendue «&nbsp;<i class="spip">de l’Atlantique à l’Oural</i>&nbsp;». Certes à court terme, elle ne pouvait être envisagée, du fait du régime auquel la Russie était alors soumise. Mais ce régime ne devait pas être selon lui éternel et les événements survenus depuis lors devaient d’ailleurs le prouver&nbsp;! La Russie, disait-il, «&nbsp;<i class="spip"> boira le communisme comme le buvard boit l’encre</i>&nbsp;». En tout cas pour des raisons tant historiques qu’économiques, l’Europe ne pouvait avoir, selon lui, un avenir et au surplus une autonomie sans l’apport de la Russie, qui d’ailleurs depuis Pierre-le-Grand, n’avait jamais cessé d’être authentiquement liée à l’Europe et à sa civilisation.  <br /> <br />  <p class="spip">Il n’oubliait pas enfin, pour un avenir encore plus lointain, l’axe méditerranéen. La Méditerranée avait été le berceau de l’Europe. La pensée et la civilisation de celle-ci en étaient les héritières et cela qu’il s’agisse du Maghreb ou du Proche-Orient. Dans ce cas aussi aucune «&nbsp;<i class="spip">intégration</i>&nbsp;» proprement dite ne pouvait être naturellement envisagée. L’était par contre un partenariat spécifique, où la Turquie de même qu’Israël devaient trouver leur place.  <br /> <br />  <div class="spip" style="TEXT-ALIGN: center">***</div>Je crois que toutes ces considérations attestent combien le général de Gaulle fut un Européen et même un Européen plus authentique que beaucoup de ses partenaires d’alors (et d’aujourd’hui encore) plutôt adeptes d’une «&nbsp;<i class="spip"> communauté</i>&nbsp;» euro-atlantique que d’une Europe spécifiquement européenne et dotée des moyens d’assumer cette spécificité.  <br />  <p class="spip">Sa position n’était nullement non plus la manifestation d’un nationalisme désuet, ni d’une préférence secrète pour un destin solitaire de la France, en témoignant au contraire d’un sens profond des réalités historiques. Et elle est le fidèle reflet de sa belle définition de la politique exprimée en 1953 dans une conférence de presse&nbsp;: «&nbsp;<i class="spip"> La politique quand elle est un art et un service, non point une exploitation, c’est une action pour un idéal à travers les réalités</i>&nbsp;».  <br /> <br />  <p class="spip"> <br /> <br />  <p class="spip"><em>L’Ambassadeur de France Pierre Maillard est l’auteur d’un livre </em><a class="spip_out" href="http://www.priceminister.com/offer/buy/361971/Maillard-De-Gaulle-Et-L-Europe-Livre.html"><em>«&nbsp;De Gaulle et l’Europe entre la nation et Maastricht&nbsp;»</em></a><em> Tallandier</em>  <br /> <br />  <p class="spip"> <br /> <br />  <p class="spip"><a class="link" href="http://www.forumpourlafrance.org/spip/Les-vues-du-general-de-Gaulle-sur-l-Europe-par-Pierre-Maillard.html" onclick="window.open(this.href,'_blank');return false;">Source : Forum pour la France</a>  <br /> <br />
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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   <link>http://www.observatoiredeleurope.com/La-vision-europeenne-du-general-de-Gaulle_a1335.html</link>
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   <title>La presse européenne rebondit sur l'interdiction du voile intégral en France</title>
   <pubDate>Wed, 27 Jan 2010 14:52:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>L'Observatoire de l'Europe</dc:creator>
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<![CDATA[
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="http://www.observatoiredeleurope.com/photo/1842047-2515331.jpg" alt="La presse européenne rebondit sur l'interdiction du voile intégral en France" title="La presse européenne rebondit sur l'interdiction du voile intégral en France" />
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     <div>
      <font size="2">Le gouvernement français espère que l'interdiction du voile intégral pour les femmes aura l'effet d'un signal pour les près de six millions de Français issus d'un milieu musulman, estime le quotidien allemand <em><a class="link" href="http://www.faz.net/s/Rub7FC5BF30C45B402F96E964EF8CE790E1/Doc~EEE5ADE0410FC4ACFBDAAFA8A7B8693DB~ATpl~Ecommon~Scontent.html&nbsp" onclick="window.open(this.href,'_blank');return false;">Frankfurter Allgemeine Zeitung</a>;</em>&nbsp;: "On leur fait ainsi clairement comprendre que la France n'est pas prête à céder à la pression d'un islam militant et à relativiser, au nom de l'islam, l'égalité entre l'homme et la femme. De façon surprenante, le président Sarkozy renoue avec une tradition laïque, avec laquelle la République française a toujours assuré sa propre tradition. Avec le recul, l'interdiction des 'signes religieux ostentatoires' dans les salles de classe, adoptée en mars 2004 et fortement controversée alors, a fait ses preuves. … En plein débat sur l'identité nationale, il a formulé ce que la France attend des citoyens musulmans&nbsp;: plus de discrétion, moins de provocation." (<a class="link" href="http://www.faz.net/s/Rub7FC5BF30C45B402F96E964EF8CE790E1/Doc~EEE5ADE0410FC4ACFBDAAFA8A7B8693DB~ATpl~Ecommon~Scontent.html" onclick="window.open(this.href,'_blank');return false;">27.01.2010</a> )</font> <br />  <font size="2">Le quotidien de gauche suisse&nbsp;<em><a class="link" href="http://www.cdt.ch/commenti-cdt/editoriale/18506/societa-aperta-e-veli-islamici.html&nbsp;&nbsp" onclick="window.open(this.href,'_blank');return false;">Corriere del Ticino</a>;</em>regrette pour sa part&nbsp;que l'on doive en arriver là.&nbsp;D'abord l'</font><a title="blocked::http://www.eurotopics.net/fr/archiv/results/archiv_article/ARTICLE62789-Une-plainte-deposee-contre-l-interdiction-des-minarets" href="http://www.eurotopics.net/fr/archiv/results/archiv_article/ARTICLE62789-Une-plainte-deposee-contre-l-interdiction-des-minarets"><font size="2">interdiction des minarets</font></a><font size="2"> en Suisse et maintenant la possible interdiction du voile intégral en France - ces deux affaires touchent un point sensible des sociétés libérales, estime le quotidien&nbsp;&nbsp;: "Dans une société libre et ouverte, les interdictions sont détestables. Ce serait une bonne chose de ne jamais devoir y recourir. Il peut malgré tout être parfois approprié et nécessaire d'interdire les habitudes, les usages, les comportements et les contraintes qui enfreignent nos principes et nos valeurs de base. Ce qui est idiot, c'est que nous ne pouvons pas attendre que l'évolution de la réalité nous contraigne à déterminer le caractère judicieux et nécessaire d'une interdiction&nbsp;: il serait alors trop tard pour protéger notre liberté des restrictions que certains lui imposent. La démocratie ne porte pas de voile qui dissimule son visage." (<a class="link" href="http://www.cdt.ch/commenti-cdt/editoriale/18506/societa-aperta-e-veli-islamici.html" onclick="window.open(this.href,'_blank');return false;">27.01.2010</a> ) </font> <br />
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   <title>Davos, montagne de dettes</title>
   <pubDate>Wed, 27 Jan 2010 14:46:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>L'Observatoire de l'Europe</dc:creator>
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<![CDATA[
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="http://www.observatoiredeleurope.com/photo/1842026-2515298.jpg" alt="Davos, montagne de dettes" title="Davos, montagne de dettes" />
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     <div>
      <font size="2">Près de 2.500 représentants internationaux issus de l'économie, de la politique et de la société civile se rencontreront du 27 aux 31 janvier à l'occasion du 40e </font><a title="blocked::http://www.eurotopics.net/fr/archiv/results/archiv_article/DOSSIER44434-Apres-la-crise" href="http://www.eurotopics.net/fr/archiv/results/archiv_article/DOSSIER44434-Apres-la-crise"><font size="2">Forum économique mondial</font></a><font size="2"> de Davos. Ils devront avant tout réfléchir à l'énorme dette des Etats industrialisés, estime le quotidien&nbsp;espagnol <a class="link" href="http://www.lavanguardia.es/&nbsp;&nbsp" onclick="window.open(this.href,'_blank');return false;"><em>La Vanguardia</em></a>;: "La préoccupation principale de Davos, c'est l'énorme montagne de dettes publiques sur laquelle repose l'économie mondiale, notamment en Occident, après que les Etats-Unis, le Japon et l'Europe ont relancé la conjoncture au moyen d'énormes programmes d'aide publique. L'endettement des Etats atteint désormais des proportions inédites. D'après les estimations du Forum économique, la dette des pays du G20 est passée en un an de 78 à 118 pour cent du produit intérieur brut. Le risque, c'est que les budgets de certains pays se détériorent encore cette année et entraînent une crise de l'endettement de grande ampleur." (<a class="link" href="http://www.lavanguardia.es/" onclick="window.open(this.href,'_blank');return false;">27.01.2010</a> ) </font>
     </div>
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   <title>Chine : derrière la superpuissance, un patriotisme sans complexe</title>
   <pubDate>Wed, 27 Jan 2010 14:40:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>L'Observatoire de l'Europe</dc:creator>
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     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="http://www.observatoiredeleurope.com/photo/1841996-2515235.jpg" alt="Chine : derrière la superpuissance, un patriotisme sans complexe" title="Chine : derrière la superpuissance, un patriotisme sans complexe" />
     </div>
     <div>
      <font size="2">D'ici 2020, la Chine sera le premier centre scientifique mondial, annonce la société d'analyse Thomson Reuters. C'est un signe supplémentaire que la Chine est en train de s'élever au rang de </font><a title="blocked::http://www.eurotopics.net/fr/archiv/results/archiv_article/ARTICLE63023-Copenhague-le-debut-d-un-nouvel-ordre-mondial" href="http://www.eurotopics.net/fr/archiv/results/archiv_article/ARTICLE63023-Copenhague-le-debut-d-un-nouvel-ordre-mondial"><font size="2">superpuissance</font></a><font size="2">, estime le quotidien&nbsp;polonais <a class="link" href="http://www.rp.pl/artykul/9158,425208_Gillert__Centrum_swiata_przesuwa_sie_z_Zachodu_na_Wschod.html&nbsp;&nbsp" onclick="window.open(this.href,'_blank');return false;"><em>Rzeczpospolita</em></a>;: "C'est la conséquence d'une politique délibérée poursuivie par Pékin depuis des années. Sa principale composante consiste à inciter les scientifiques chinois à rentrer chez eux. Le [journal américain] New York Times a rapporté il y a trois semaines l'histoire de Shi Yigong, star américaine de la microbiologie qui possédait son propre laboratoire à Princeton. Après 18 ans passés aux Etats-Unis, Shi a décidé de retourner en Chine. Il a été attiré par d'excellentes conditions et par la perspective de pouvoir faire quelque chose pour son pays. La décision de Shi et l'analyse de Reuters sont les pièces d'un puzzle qui fait ressortir clairement un tout&nbsp;: à nos yeux, le poids économique, politique, technologique et même culturel se déplace de l'Occident vers l'Orient." (<a class="link" href="http://www.rp.pl/artykul/9158,425208_Gillert__Centrum_swiata_przesuwa_sie_z_Zachodu_na_Wschod.html" onclick="window.open(this.href,'_blank');return false;">27.01.2010</a> ) </font>
     </div>
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   <title>GIEC : la confiance fond plus vite que les glaciers</title>
   <pubDate>Wed, 27 Jan 2010 14:34:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>L'Observatoire de l'Europe</dc:creator>
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     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="http://www.observatoiredeleurope.com/photo/1841983-2515209.jpg" alt="GIEC : la confiance fond plus vite que les glaciers" title="GIEC : la confiance fond plus vite que les glaciers" />
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      <font size="2">Le conseil mondial de l'ONU pour le climat, le </font><a title="blocked::http://www.eurotopics.net/fr/archiv/results/archiv_article/ARTICLE40706-Il-est-important-que-les-negociations-aboutissent" href="http://www.eurotopics.net/fr/archiv/results/archiv_article/ARTICLE40706-Il-est-important-que-les-negociations-aboutissent"><font size="2">GIEC</font></a><font size="2"> (Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat) a reconnu avoir présenté plusieurs prévisions erronées sur les changements climatiques. Le quotidien allemand&nbsp;<a class="link" href="http://diepresse.com/home/meinung/kommentare/leitartikel/535617/index.do&nbsp" onclick="window.open(this.href,'_blank');return false;">Die Presse</a>; critique la grave atteinte que le GIEC a ainsi portée à sa propre réputation&nbsp;: "Cela a commencé l'automne dernier, lorsqu'on a révélé que les températures mondiales n'avait pas augmenté d'un centième de degré au cours des dix dernières années. Ce résultat a été établi par leurs confrères climatologues mais il a été mal accueilli par les inquiets du climat que sont les spécialistes du GIEC. … On retrouve&nbsp;: (a) des erreurs, (b) une structure qui les rend possibles, si elle ne les provoque pas, (c) un dirigeant soupçonné de s'être servi de ces erreurs pour obtenir des fonds de recherche. (a) Les erreurs sont bien sûr possibles, (b) le GIEC veut remédier au problème structurel. Reste son dirigeant [le président du GIEC, Rajendra Pachauri]. Il ne songe pas à la démission et cela ne lui est manifestement pas suggéré non plus par sa propre institution. Si l'on continue ainsi, on ne pourra pas enrayer la rapide déliquescence de la confiance, qui touche également la science en général." (<a class="link" href="http://diepresse.com/home/meinung/kommentare/leitartikel/535617/index.do" onclick="window.open(this.href,'_blank');return false;">27.01.2010</a> ) </font>
     </div>
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   <title>Un Turc de l'AKP à la tête de l’Assemblée du Conseil de l’Europe</title>
   <pubDate>Tue, 26 Jan 2010 09:59:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>L'Observatoire de l'Europe</dc:creator>
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     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="http://www.observatoiredeleurope.com/photo/1839099-2510536.jpg" alt="Un Turc de l'AKP à la tête de l’Assemblée du Conseil de l’Europe" title="Un Turc de l'AKP à la tête de l’Assemblée du Conseil de l’Europe" />
     </div>
     <div>
      Un Turc est devenu lundi pour la première fois président de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe, une organisation internationale datant de 1949 et&nbsp;distincte de l'Union européenne,&nbsp;dont le siège est à&nbsp;Strasbourg (la Cour européenne des droits de l'Homme en est l'institution majeure). Mevlut Çavusoglu, député et cofondateur du Parti Justice et Développement (AKP), le parti islamiste modéré au pouvoir à Ankara, a été élu par acclamation. Il était le seul candidat. Cet homme de 42 ans, diplômé en relations internationales et en sciences économiques des universités d'Ankara, de New York et de Londres, a intégré en 2003 l'Assemblée du Conseil de l'Europe où il présidait la sous-commission des migrations. Son groupe politique à Strasbourg, le GDE (Groupe des démocrates européens), auquel revenait la présidence en vertu d'un accord de rotation, l'avait désigné pour le représenter. Mevlut Çavusoglu assurera la présidence de l'assemblée pour un an, renouvelable une fois. La Turquie prendra elle-même la présidence du Comité des ministres du Conseil de l'Europe en novembre prochain pour une durée de six mois. Cette double présidence au sein du Conseil de l'Europe intervient dans un contexte délicat pour Ankara, que la dissolution récente du Parti de la société démocratique (DTP), pro-kurde, par une décision de la Cour constitutionnelle, a mis en contradiction avec les principes de l'organisation. La Turquie reste également parmi les pays les plus souvent condamnés par la Cour européenne des droits de l'homme. (avec L'Express, 25/01/10).&nbsp;Rappelons que le&nbsp;21 décembre dernier, le Conseil européen décidait, à l'unanimité (France comprise donc),&nbsp;d'ouvrir un douzième chapitre de la négociation d'adhésion&nbsp;de la Turquie à l'Union européenne. <br />
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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