Le bloc-note de Paul-Marie Coûteaux


Au jour le jour

Un militant du RIF a relevé cette phrase sur France Culture dans la bouche de Jean-Claude Casanova dissertant sur les progrès que l'Europe accomplira par le traité de Lisbonne en ajoutant : "Sans oublier que les Irlandais ne se sont pas encore exprimés". Pas un des participants au débat, si débat il y a sur France Culture, n'a relevé que les Irlandais s'étaient déjà bel et bien exprimés. Quand tout, partout, atteint ce niveau d'imposture, autant tirer son rideau.
Tamou SOULA
Rédigé par Tamou SOULA le 04 Juin 2009 à 11:37

Au jour le jour

Pentecôte, célébration de l’Esprit Saint, autre fameux symbole; car c’est bien le saint Esprit qui éclaire le Fils, et surtout le Père, et nous permet, sinon de les connaître, du moins de les com-prendre…

Temps radieux; fleurs de tous les cotés; dans la maison des roses dans de petits vases, d’autres et dans de plus hauts… J’ai pris aujourd’hui quelques photographies, comme pour mieux voir les beaux jours, et peut-être les retenir. Les tombées de nuit sont comme à leur habitude, profuses en douceurs qu’il est bien impossible, elles, de capter; dans les dernières lueurs du jour, il plane sur le jardin une atmosphère indéfinissable, imprenable par quiconque, et de quelque façon que ce soit. Arriverais-je à saisir les couleurs, à décrire les derniers chants d’oiseaux et la douceur du vol presque invisible des chauve souris, arriverais-je à dire cette douceur infinie, je ne dirais encore presque rien.
Tamou SOULA
Rédigé par Tamou SOULA le 04 Juin 2009 à 11:35

Au jour le jour

Grand beau temps. P.L. m’a dit tout à l’heure, tandis que je lui faisais l’habituelle visite du soir, dans son jardin, que je suis en train de retrouver “l’heure de Poué”. C’est que, quand elle s’étonne que nous dînions si tard, “à des neuf heures du soir”, et que je lui fais remarquer qu’il n’est, au soleil, que sept heures et qu’elle a bien tort de se régler sur l’heure de la Commission européenne, elle me dit, comme elle l’a fait déjà deux ou trois fois, que je lui fais penser à ceux qui, pendant la guerre, refusaient de se régler sur l’heure allemande. Elle a un peu développé tout à l’heure, me racontant l’histoire d’un village poitevin, le village de Poué dont les habitants avaient refusé tout compromis, y compris sur les horloges de la mairie et de l’église, ne voulant entendre parler que de l’heure française; suis rentré en savourant cette histoire, et me disant que l’heure française sera toujours celle du soleil…

*
Tamou SOULA
Rédigé par Tamou SOULA le 04 Juin 2009 à 11:35

Au jour le jour

Me fais peu à peu à l’idée de ne plus vivre qu’ici, et cette idée m’apparaît de plus en plus excitante. Lire, écrire, lire de nouveau et écrire encore. Se passer des trains, des réunions, des téléphones, de cet immense temps perdu – oui, mais comment me passerais-je de ma secrétaire, et de P.P., mon indispensable plénipotentiaire ? Pourtant, Chateaubriand : “Quand on voit les illusions dont la Providence environne le pouvoir, on est consolé par sa courte durée”. Certes ! Certes ! Et encore ceci, sur le même sujet : “La France aurait pu gagner à ma réunion avec l’Empereur; moi, j’y aurais perdu. Peut-être serais-je parvenu à maintenir quelques idées de liberté et de modération dans la tête du grand homme; mais ma vie, rangée parmi celles qu’on appelle heureuses, eût été privée de ce qui en fait le caractère et l’honneur : la pauvreté, le combat, et l’indépendance”.


*
Tamou SOULA
Rédigé par Tamou SOULA le 04 Juin 2009 à 11:34

Au jour le jour

Lectures en désordre, prises, laissées, reprises un autre moment, à la paresseuse : Saint-Robert (“Ecrire n’est pas jouer”, magnifique préface, sur laquelle il faudra revenir); Camus, Mauriac, Nouzille sur la CIA que j’achève aujourd’hui… De Renaud Camus : “Aujourd’hui, les riches ne sont plus que des pauvres qui ont de l’argent” .

*
Tamou SOULA
Rédigé par Tamou SOULA le 04 Juin 2009 à 11:33

Au jour le jour

Petit déjeuner sur la terrasse ; dans le jardin, les chats dansent : de toutes parts, le beau temps fait surgir des papillons vers lesquels ils s’élancent et manquent toujours; mais ils s’exaltent, sautent de plus belle, et les papillons volettent de-ci, delà sans paraître s’en soucier, à moins qu’ils ne jouent. De temps en temps, le petit souffle du matin agite le bout des branches, qui paraissent applaudir. On ne connait pas spectacle plus joyeux.

Pourquoi me perdre dans la vie de ce petit monde, la maison, les jardins, les chats, et pourquoi les décrire ici en incipits réguliers, avant d’attaquer de plus austères sujets ? A l’agrément, et ce désir de nommer les choses pour qu’elles existent pleinement, j’ajoutais, in petto, la petite théorie entêtée qui voudrait que nulle politique ne soit claire ni forte ni juste si, à intervalles réguliers, elle ne sait partir de la vie simple et brute du monde, pour mieux dire “la nature” : elle est le “la” que se donnent les musiciens; soit; je n’en démords pas. Mais je découvre à présent que la règle des incipits bucoliques n’est pas seulement bienfaisante pour la politique, mais aussi pour toute écriture, en somme tout travail de culture. Nous revoilà sur le bon vieux couple nature/culture qui s’éclaire d’un jour tout neuf, et magnifique. Et si la culture s’étiole tat aujourd’hui, c’est qu’il lui manque sa nourricière nature (cf « art moderne »).

*
Tamou SOULA
Rédigé par Tamou SOULA le 04 Juin 2009 à 11:33

Au jour le jour

Les belles fenêtres ont une magie, plus forte me semble-t-il que tous les cadres. Celle qui, dans ma chambre, du côté de mon lit, donne sur la cour, et qui est faite de grands carreaux, découpe la rocaille qui s’étage du grand mur jusqu’à la margelle de l’allée, et qui est en ce moment, au soleil, d’une profusion magnifique : ce sont, devant moi, autant de bouquets changeants, indescriptibles, mais incroyablement lumineux, vers lesquels mon regard, du bureau, revient sans cesse ces jours-ci…. Si le temps est chaud, et que j’ouvre la porte fenêtre, le massif m’arrive d’un coup, sa profusion est trop abondante pour que je l’embrasse d’un seul regard, et je n’ai plus qu’un éclat de couleurs et de lumière, cascade de petites pensées de toutes teintes, de roses rouges et d’autres jaunes et de buissons de tous els verts, que survolent les filets fragiles du “désespoir du peintre” et les longs iris. Est-ce trop, pour un seul regard ? Pour bien voir, rien ne vaut les petits tableaux que les carreaux de la fenêtre découpent et juxtaposent, bouquets d’un plus vaste bouquet, qui paraît ne pas finir…




*

Tamou SOULA
Rédigé par Tamou SOULA le 04 Juin 2009 à 11:32

Au jour le jour

Seul, pleinement seul au prieuré pour plusieurs jours. Il me semble que les chats sont heureux de ce calme, et de notre solitude. Tout à l’heure, Thèmis venant et revenant se faire caresser, sans doute pour détourner mon attention du livre dont elle paraît tant jalouse, s’est mise à jouer avec le petit tapis rouge de la bibliothèque, le retournant en tous sens, se glissant sous ses plis, et me regardant à intervalles réguliers pour s’assurer que je suivais son spectacle.


*
Tamou SOULA
Rédigé par Tamou SOULA le 04 Juin 2009 à 11:31

Au jour le jour

Hier, comité directeur du RIF. Nous avons lancé des pistes de tous côtés; c’était brouillon, décousu, et prometteur.

Dans quel sens aller ? Livres promis, notes à reprendre, rangements trop différés, articles à faire, lectures remises, courriers en retard, lettres indispensables, mille autres choses encore…, je ne sais où donner de la tête. Par où commencer, et sur quelle ligne durable inscrire le temps qu’il m’est ainsi donné. Pour l’heure, je ne fais presque rien : téléphones, hélas; lectures de Renaud Camus, et de l’époustouflante étude de Vincent Nouzille sur le rôle de la CIA dans la politique française (“Des Secrets bien gardés”), époustouflante par ce qu’elle révèle et par la précision de sa documentation; lecture aussi du dernier Saint Robert, “Ecrire n’est pas joué”, “essai littéraire” qui m’impressionne et que je lis goutte à goutte – il y a si longtemps que n’était point arrivé semblable évènement : la publication d’un livre de saint Robert !


*
Tamou SOULA
Rédigé par Tamou SOULA le 04 Juin 2009 à 11:31

Au jour le jour

Beaucoup de courrier, ici et ailleurs, qui s’entasse… Mon courage épistolier, est plus faible que jamais – il n’est jamais très haut, il faut dire, de sorte que, à ma hantise du téléphone, j’ajouterais volontiers celle de la correspondance. Du moins reçois-je ces jours-ci, je veux dire depuis mon retrait, de nombreuses lettres amicales et chaleureuses. Une dame qui est membre du comité directeur du RIF, m’envoie ces vers de Péguy, que j’entreprends d’apprendre par coeur, et, pour plus de sûreté, de noter ici :

“Deux mille ans de labeur ont fait de cette terre
Un réservoir sans fin pour les âges nouveaux,
Mais c’est toujours la France, ou petite ou plus grande”.

Ce “ou petite ou plus grande” est admirable : qu’importe, en effet…


*
Tamou SOULA
Rédigé par Tamou SOULA le 04 Juin 2009 à 11:30

Au jour le jour

Minuit et quart. Retour de la gare, où j’ai raccompagné E. Pluie fine et fraîche ; la maison est extraordinairement calme ; les chats, la musique, les livres, solitude, et silence. Vita Nova.


*
Tamou SOULA
Rédigé par Tamou SOULA le 04 Juin 2009 à 11:29

Au jour le jour

Temps mitigé, maison calme, tout s’apaise, les rythmes changent, je prends le temps de regarder ce soir le journal télévisé de France2. M’en dissuade aussitôt le défilé des « grand titres » : 1 : Victoire de l’équipe de foutebole de Guingamp, dits « les petits poucets », sur l’équipe de Rennes. 2. Incident au Futuroscope de Poitiers, 50 personnes retenues sur une passerelle ont été secourues par les pompiers. 3. Un certain Gasquet, joueur de tennis, est « contrôlé positif à la cocaïne », comme on dit, paraît-il. 4. Aux Etats-Unis, un troisième mort de la grippe (« porcine ») ; 5. Accalmie des incendies de Californie : « Santa Barbara est sauvée ». 6. Une découverte dans l’espace, dont l’annonce fut trop rapide pour que j’en saisisse la teneur. 7. Grande soirée à Moscou, où se produit la chanteuse Patricia Kass. Je coupe aussitôt, aucun de ces titres n’ayant le moindre attrait. Nous avons toujours dit que la dissolution de la souveraineté entrainerait un immense reflux de la politique. Le prétendu « journal » télévisé le mesure, jusqu’à la caricature. Je parierai que, dans ces titres se sont glissées quelques séquences plus politiques, notamment une mention des prochaines élections européennes, aux fins de préciser qu’elles n’intéressent personne. Le formatage de l’opion n’a plus aucune limite.


*

Tamou SOULA
Rédigé par Tamou SOULA le 04 Juin 2009 à 11:29

Au jour le jour

Remous politiciens, ils n’en finissent plus; l’intensité téléphonatique se fait de plus en plus étouffante, notamment; et me voila dans internet : messages, réponses et re-messages, à quoi s‘ajoutent ces clips vidéos que réussit à me faire faire l’inépuisable J. Robin. Tout cela, est-ce bien l’essentiel ?

L’essentiel : j’en veux beaucoup à Philippe de Villiers d’avoir accumulé en quelques années tant d‘erreurs : Libertas, la dernière, est la majeure; mais cette erreur est la conséquence des erreurs précédentes, qu’elle avait pour but de corriger; en somme, elle ne fait qu’en cacher d’autres : avoir brutalement changé de stratégie, pour “rattraper son électorat parti chez Sarkozy”, comme il me l’a dit maintes fois ces derniers mois, en apparaissant sous les traits les plus modérés ne fait que corriger l’excès inverse quand, lors de la précédente élection (la présidentielle de 2007), une stratégie radicale, à base d’islamisation de la France, avait eu pour but de rafler l’électorat d’un le Pen imaginé à bout de course. Quand on pense que cette stratégie-là, que M. de Villiers arrêta seul dans l’été 2005, était elle-même l’exact inverse de celle qui, peu auparavant, lors du référendum de mai, avait fait de lui le porte-parole incontesté des Non, du moins des “non de droite”, et qu’il aurait suffi de garder cette stratégie “noniste” pour s’assurer un rôle majeur à la fois lors de la présidentielle de 2007, et lors des européennes prochaines... Quand on songe qu’il suffisait de convertir le succès de 2005 en courant politique, et que cette stratégie était évidente, on ne peut pas ne pas s’interroger : pourquoi tant d’à-coups ? Ne croit-il pas à la souveraineté, et qu’elle commande tout ? N’a-t-il nulle adresse, ou nulle constance, ou nulle foi ?


*
Tamou SOULA
Rédigé par Tamou SOULA le 04 Juin 2009 à 11:27

Au jour le jour

Rossignol exquis. Mais est-il seul ? Des chants de rossignol, il s’entend aussi bien du coté du jardin intérieur que de l’autre. Toujours est-il que les chats n’ont pas dispersé les multiples chants d’oiseaux qui, sous l’incontestable direction rossignolesque, nous bercent chaque année, de l’aube (je crois…), au tout dernier crépuscule. Ah ! Comme l’idée que nous avions eue un soir pluvieux de mars, dans un restaurant japonais, l’idée ou même l’intention alors ferme de “vendre Mirebeau” et de partir un an ou deux à l’étranger (E. veut Rome, et moi le Québec), était sotte. Cultivons plutôt nos grands et petits jardins.

A la violence de l’empire, M. Obama, intronisé voici un peu plus de cent jours, ne change rien; quelle que soient ses sourires, son allure jeune et ses phrases de miel, ce personnage est en réalité une double ruse : d'abord il sait fort bien faire patte de velours, ce à quoi il n’a n'a d'ailleurs pas grand mal après les rudesses de l'équipe Bush. Ensuite, la couleur de sa peau est en elle-même une ruse puisque, le personnage s'étant présenté sous cette première caractéristique, (n’est ce pas, au fait, la définition du racisme ?), il peut ainsi ruser commodément avec la prétention à l'universalité –comme ces empereurs romains du Bas-Empire nés fort loin de la Péninsule… Magistrale ruse de l'Empire qui donne un visage avenant à l'implacable politique de puissance que l'on voit se développer sous nos yeux, et contre nous !

Face à cela, notre retour dans le « commandement intégré » révèle une situation qui ne fait que s’aggraver, mais que cette décision a le tort de mettre au grand jour, sonnant finalement comme un aveu, et pour ainsi dire une abdication définitive : l’aveu que nous sommes moralement, politiquement et militairement désarmés, autrement dit que nous avons accepté secrètement de perdre toutes les caractéristiques d'un peuple libre. De ce point de vue, l'Union européenne, comme toutes les vaticinations sur la défense européenne ne sont que des épiphénomènes cachant une vérité décidément pas bonne à dire : ce n’est pas seulement notre diplomatie qui ne nous appartient plus, mais aussi nous-mêmes en tant que France, en tant qu’idée de la France ; d'intégration européenne en intégration atlantique, c'est notre désintégration même qui est en vue. Si une nation fragile comme la nôtre perd tout sens, toute raison d'être, et finalement tout Etre, alors l’Etat lui-même ne reposera bientôt plus sur rien.


*
Tamou SOULA
Rédigé par Tamou SOULA le 04 Juin 2009 à 11:26

Au jour le jour

Le premier fait majeur de la mondialisation, la marque la plus nette du phénomène mondialiste et mondialisateur qui aura dominé le XXème siècle, son emblème et son levain le plus incontestable, ce fut la guerre mondiale – celle qui commença en 1914, mais aussi celle qui commença en 1938, ou cette grande guerre de 30 ans qui va de 1914 à 1945 ; depuis 1945, tout est mondial. On l’accepte, ou bien on lutte là-contre, ne serait-ce que pour donner à ce déchaînement des limites, en lui opposant l’élément qui pourrait le contenir, le droit des nations –en attendant des jours meilleurs…


*
Tamou SOULA
Rédigé par Tamou SOULA le 04 Juin 2009 à 11:25

Au jour le jour

Il y a deux choses épuisantes dans la vie – épuisantes et salissantes : déménager et faire de la politique. Faisant en ce moment l’un et l’autre (bureau de Bruxelles, bureau de Strasbourg, bureau de Paris-Saint-germain et conséquemment, bureau de Paris-Colombier), je me vis dans une permanente nausée.

Voici le texte de la question écrite N° : 30856 de Mme Boyer Valérie, députée Union pour un Mouvement Populaire des Bouches-du-Rhône, question publiée au JO le : 16/09/2008 page : 7951 : " Mme Valérie Boyer attire l'attention de Mme la ministre de la santé, de la jeunesse, des sports et de la vie associative sur le cadre juridique de la circoncision pratiquée dans les règles de l'art par un chirurgien. Lorsque son indication est posée pour des raisons médicales (diagnostic phimosis), la circoncision est prise en charge par l'assurance maladie et fait l'objet d'une codification CCAM sous le titre posthectomie code JHFA009. Lorsque son indication est rituelle (signe d'appartenance religieuse pour les juifs et musulmans), la circoncision n'est pas prise en charge par l'assurance maladie puisqu'elle n'est dictée par aucune considération médicale. Elle revient entre 500 et 1000 euros à la famille qui la sollicite pour son enfant. Compte tenu de cet état de fait, nombre de circoncisions rituelles sont effectuées sous couvert d'une indication médicale car les familles ont tendance à beaucoup insister auprès du médecin voire même à ne pas décalotter l'enfant pour qu'il développe un vrai phimosis impliquant la prise en charge par l'assurance maladie.
Le moindre coût financier de l'acte et la garantie qu'il soit effectué dans les règles de l'art, donc sans risque de complication en comparaison avec les méthodes artisanales, constituent les principaux arguments qui conduisent à ces détournements et aux fraudes à l'assurance maladie. Car la pratique ancestrale de la circoncision implique un taux important de complications (hémorragies, surinfections, plaies et mutilations du gland) nécessairement prises en charge par la sécurité sociale et générant un surcoût pour l'assurance maladie. L'évolution démographique et sociologique de notre pays pose la question de la place de cet acte chirurgical en termes de santé publique, de coût pour l'assurance maladie et de laïcité. En effet, en 2006, lors du congrès annuel de l'association française des urologues, un médecin de la CNAM avait évalué à 9 millions d'euros par an la couverture de cet acte pour l'ensemble du pays.
Entre la prise en charge complète par l'assurance maladie ou par les familles de cet acte, une troisième voie serait envisageable impliquant la création d'un contrat d'assurance circoncision proposé à la naissance des enfants mâles et destiné à prendre en charge les frais de réalisation de l'acte chirurgical. Il pourrait être, en outre, envisagé sous certaines conditions préservant le principe de laïcité, une participation limitée de l'assurance maladie. Elle la remercie de lui faire connaître son avis sur le sujet et sur la possibilité de mettre en place un groupe de réflexion intégrant les différents partenaires (assurance maladie, professionnels de santé, associations d'usagers) afin d'élaborer un protocole clair et applicable à tous qui préserve la neutralité et l'égalité républicaine. "

Autrement dit, la disparition des frontières, non seulement pose des problèmes aux pays concernés (ceux d’émigration comme ceux d’immigration), ainsi qu’il en pose, et des plus dramatiques, aux intéressés, (qu’il faudrait d’ailleurs nommer les victimes de l’immigration, comme il y a des victimes des catastrophes ou des exodes) mais il s’avère à l’usage que beaucoup desdits problèmes sont absolument insolubles. Insoluble, la question n’a de toutes façons qu’une porte de sortie, la réhabilitation de la nation même de frontière, et de ce qu’elle comporte en fait de sens, de sagesse, et de politique. J’aimerais faire là dessus un petit placet sans doute point assez futile : “Que l’immigration est un mal pour tout le monde”. Bien sûr, je ne le ferai pas, car rien de cela n’est à dire.


*

Tamou SOULA
Rédigé par Tamou SOULA le 04 Juin 2009 à 11:24

Au jour le jour


« Mauriac intime », de Jean-Luc Barré : du culte aux Lettres suprêmes.


*
Tamou SOULA
Rédigé par Tamou SOULA le 04 Juin 2009 à 11:24

Au jour le jour

Distraitement, deux ou trois soirs d’affilée, à l’heure de me coucher, je me suis mis à brosser les chats. A peine l’exercice est-il commencé, ils ronronnent bruyamment, si contents de la caresse qu’ils relancent ma main aussitôt la brosse posée. Et voilà que, hier au soir, tandis que, fatigué, je me couchais en oubliant le rite, je les vois protester en tournant autour de moi, passant l’un après l’autre sous ma main avec l’intention manifeste de la rappeler à son devoir. Thèmis, furieuse, en a même fait tomber la brosse posée sur ma table de chevet… je m’exécute de bonne grâce ; puis, ma besogne faite, ils m’abandonnent, et, ravis sans doute de se sentir si bien peignés, se jettent l’un sur l’autre, s’entrelacent, et jouent sans fin sur le tapis rouge.

Chats ; rousseur de Pélléas, de plus en plus éclatante; je le regarde, courant sur la pelouse fraîchement tondue, faisant rayonner ses poils au vent comme un roi de la jungle.


*
Tamou SOULA
Rédigé par Tamou SOULA le 04 Juin 2009 à 11:23

Au jour le jour

On y voit finalement très clair un peu partout : par exemple, on finit par comprendre très précisément ce que signifie l’expression « jardin secret » : avoir un jardin est une des voies parfaites de l’en-soi ; mieux qu’un refuge, un signe inexpugnable de notre passage sur la terre.


*
Tamou SOULA
Rédigé par Tamou SOULA le 04 Juin 2009 à 11:22

Au jour le jour

Déjeuner avec AF, très aimable journaliste. Quand, au fil de la conversation, on en vient aux questions politiques un peu sérieuses, et que je tente d’expliquer ce que peut représenter la souveraineté, il est manifeste que l’attention se relâche : je lui fait observer que la question n’est pas mince, il finit par me couper : “On connait votre ritournelle”; fort bien. Je lui demande alors, avec sans doute un peu d’impudence ce que le mot peut représenter pour lui, il élude d’une phrase devenue quasi-rituelle : “Vous savez bien que tout cela est dépassé”. Je “sais bien”, donc…Ce sont ces gens qui, non seulement me disent ce qu’il faut penser, s’il s’agit de pensée, mais m’apprennent aussi ce que je sais, ce que, même, “je sais bien”. Fin de déjeuner charmante : car, avec des journalistes, il est encore possible de parler sérieusement de politique…

Arrive le moment où chaque question politique, chaque événement (encore, l’autre jour, l’incroyable sortie de Mme Rachida Dati pouffant de rire parce qu’elle récitait de travers les fiches qu’on lui avait préparées) n’est plus, dans le tumulte actuel, qu’un accablement supplémentaire. C’est au point que l’idée me taraude de lever définitivement ma plume sur tous ces sujets, et de ne plus écrire que des choses insignifiantes – je crois envers et contre tout qu’il n’est pas jusqu’au plaisir d’écrire des choses insignifiantes qui ne suppose une civilisation. J’aperçois bel et bien le jour où je lasserai tomber le pesant souci politique, et n’aurai plus de consolation universelle que de contempler à l’infini le jardin bien taillé ; le calme d’un jardin en ordre, c’est aussi celui de l’esprit –ce qui vérifie l’axiome selon lequel il suffit qu’une part du monde se mette en ordre, pour que tout s’ordonne autour d’elle.


*
Tamou SOULA
Rédigé par Tamou SOULA le 04 Juin 2009 à 11:21
1 2 3 4 5 » ... 23

Mes notes précédentes
L M M J V S D
    1 2 3 4 5
6 7 8 9 10 11 12
13 14 15 16 17 18 19
20 21 22 23 24 25 26
27 28 29 30 31    
Recherche
L'Europe en direct
Comment l'Union européenne dépense notre argent
RSS ATOM RSS comment PODCAST Mobile

Nulla dies sine alinea ; pas un jour, sans une ligne