L'OBSERVATOIRE DE L'EUROPE
Mardi 9 Février 2010
Dernières brèves
03/02/2010

L'Europe "simplifiée" de Lisbonne se ridiculise sur la scène internationale

L'Europe 'simplifiée' de Lisbonne se ridiculise sur la scène internationale
Il y a le camouflet du Président américain, décommandant sa participation au sommet UE-Etats Unis de mai prochain (par peur des fulgurances géopolitiques de notre super-Ministre européenne des affaires étrangères Lady Ashton peut-être ?) Et il y a ceux qui, voulant bien faire, se prennent les pieds dans le mille feuilles institutionnel des "tops jobs" de l'Europe du traité de Lisbonne. Ainsi, le président de Mongolie Tsakhia Elbegdorj, en tournée diplomatique à Bruxelles, a montré mardi, à l'instar de nombreux Européens, que la profusion de présidents dans les institutions européennes avait de quoi donner le tournis. "Je remercie le président du Conseil européen", a dit M. Elbegdorj à l'issue d'une rencontre avec le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso. S'apercevant rapidement de sa méprise, M. Elbegdorj a corrigé en remerciant "le président des commissaires". "Je viens d'être reçu par le président du Conseil européen, j'ai été reçu hier par le président du Parlement européen et après cette réunion je vais rencontrer le président du Conseil européen... euh... j'ai été reçu par le président des commissaires", a-t-il déclaré. Trois présidents qui veillent jalousement à leurs prérogatives respectives, de préférence pour ne point s'en servir, sont à la tête des trois principales institutions européennes: la Commission dirigée par M. Barroso, le Parlement présidé par le Polonais Jerzy Buzek et le Conseil présidé de façon permanente par le Belge Herman van Rompuy. A ces trois Présidents s'ajoutent le chef du gouvernement espagnol, José Luis Zapatero, qui assure la présidence semestrielle de l'UE et celle de la vice-présidente de la Commission et Haute représentante de l'UE pour les Affaires étrangères, la Britannique Catherine Ashton. (avec AFP, 2/02/10) Cette organisation a été voulue par le traité de Lisbonne pour simplifier le fonctionnement de l'Europe... Défense de rire.

03/02/2010

Camouflet du Président Obama à l'Union européenne

Camouflet du Président Obama à l'Union européenne
Le président américain Barack Obama n'assistera pas au sommet de l'UE et des Etats-Unis prévu en mai en Espagne. Cette décision est officiellement motivée par le souhait du président américain de se consacrer aux questions de politiques intérieures. La presse européenne présume toutefois qu'il ne veut pas perdre son temps avec cette Europe-là, à l'instar du quoditien madrilène El Pais  dans son édition du 3 février : "Washington ne voit pas dans l'UE un partenaire majeur ni une communauté d'intérêts", constate le journal. "L'ascension de la Chine et d'autres pays émergents réduit l'influence européenne." De même Jochen Bittner dans son blog Planet in progress déplore : "Il s'avère que le traité de Lisbonne n'honore pas une de ses principales promesses. L'Europe ne s'exprime toujours pas d'une seule voix, mais dans un chœur dissonant. Les deux personnages principaux qui devaient y remédier, le président permanent du Conseil européen et la 'ministre des Affaires étrangères de l'UE' ne rassemblent pas, comme on s'y attendait, le pouvoir de représentation en matière de politique étrangère de l'Europe. … Outre les querelles à Bruxelles, la décision d'Obama est tout à fait compréhensible. L'Europe n'est pas aussi importante aux yeux du gouvernement américain qu'elle pense l'être. Pourquoi le serait-elle ? Les véritables opportunités et les risques de la politique mondiale sont ailleurs. En Chine, en Afghanistan, en Inde et en Amérique latine. … L'UE de Lisbonne pourrait encore faire la découverte la plus douloureuse sur son rôle dans le monde : imaginez que l'UE parle d'une seule voix et que personne n'écoute." Le fait est que lorsque l'Europe a réussi à parler d'une seule voix, c'était pour ne rien dire. (03.02.2010 )

03/02/2010

Bruxelles place la Grèce sous tutelle

Bruxelles place la Grèce sous tutelle
La Grèce a été placée hier sous tutelle de l'Union. La Commission européenne a, en effet, approuvé l'ambitieux plan de redressement économique que le gouvernement d'Athènes lui a transmis à la mi-janvier. Mais en lui imposant deux conditions drastiques: prendre immédiatement des mesures supplémentaires si ses objectifs ne sont pas atteints et soumettre à Bruxelles à la mi-mars et à la mi-mai un rapport sur la mise en oeuvre de ce plan. "La Grèce a adopté un programme ambitieux mais réalisable que nous soutenons. Mais si ses objectifs semblent menacés, elle devra prendre immédiatement des mesures supplémentaires. Pour appuyer ses efforts, nous allons mettre en place, pour la première fois, un système de surveillance intense et quasi permanent", a expliqué, hier, Joaquin Almunia, le commissaire européen chargé des Affaires économiques et monétaires. En d'autres termes, l'application des mesures et des réformes annoncées par Athènes et renforcées encore mardi, va être suivie quasi quotidiennement par Bruxelles qui entend ainsi éviter une faillite de l'économie grecque qui menacerait toute la zone euro. Dans un premier temps, la Grèce va devoir quantifier et préciser le calendrier de mise en oeuvre des mesures annoncées pour 2010 qui devraient permettre de réduire de 4 points son déficit pour le ramener à 8,7% à la fin de l'année, puis à 5,6% en 2011 et à 2,8% en 2012. Il s'agit notamment, en matière de recettes, de la suppression d'exonérations fiscales, d'une augmentation des droits d'accises sur le tabac et les alcools et de mesures pour limiter l'évasion fiscale. Parallèlement, Athènes veut agir sur les dépenses en réduisant notamment les allocations des fonctionnaires, en gelant leur recrutement en 2010 et en ne remplaçant plus qu'un départ sur cinq ensuite. Des réformes structurelles pour améliorer l'investissement et le fonctionnement du marché de l'emploi complètent ce plan, renforcé, mardi, par un gel de l'enveloppe salariale de la fonction publique et des mesures sur le marché du travail. (Les Echos, 3 février 2010 )

27/01/2010

La presse européenne rebondit sur l'interdiction du voile intégral en France

La presse européenne rebondit sur l'interdiction du voile intégral en France
Le gouvernement français espère que l'interdiction du voile intégral pour les femmes aura l'effet d'un signal pour les près de six millions de Français issus d'un milieu musulman, estime le quotidien allemand Frankfurter Allgemeine Zeitung; : "On leur fait ainsi clairement comprendre que la France n'est pas prête à céder à la pression d'un islam militant et à relativiser, au nom de l'islam, l'égalité entre l'homme et la femme. De façon surprenante, le président Sarkozy renoue avec une tradition laïque, avec laquelle la République française a toujours assuré sa propre tradition. Avec le recul, l'interdiction des 'signes religieux ostentatoires' dans les salles de classe, adoptée en mars 2004 et fortement controversée alors, a fait ses preuves. … En plein débat sur l'identité nationale, il a formulé ce que la France attend des citoyens musulmans : plus de discrétion, moins de provocation." (27.01.2010 )
Le quotidien de gauche suisse Corriere del Ticino;regrette pour sa part que l'on doive en arriver là. D'abord l'interdiction des minarets en Suisse et maintenant la possible interdiction du voile intégral en France - ces deux affaires touchent un point sensible des sociétés libérales, estime le quotidien  : "Dans une société libre et ouverte, les interdictions sont détestables. Ce serait une bonne chose de ne jamais devoir y recourir. Il peut malgré tout être parfois approprié et nécessaire d'interdire les habitudes, les usages, les comportements et les contraintes qui enfreignent nos principes et nos valeurs de base. Ce qui est idiot, c'est que nous ne pouvons pas attendre que l'évolution de la réalité nous contraigne à déterminer le caractère judicieux et nécessaire d'une interdiction : il serait alors trop tard pour protéger notre liberté des restrictions que certains lui imposent. La démocratie ne porte pas de voile qui dissimule son visage." (27.01.2010 )

27/01/2010

Davos, montagne de dettes

Davos, montagne de dettes
Près de 2.500 représentants internationaux issus de l'économie, de la politique et de la société civile se rencontreront du 27 aux 31 janvier à l'occasion du 40e Forum économique mondial de Davos. Ils devront avant tout réfléchir à l'énorme dette des Etats industrialisés, estime le quotidien espagnol La Vanguardia;: "La préoccupation principale de Davos, c'est l'énorme montagne de dettes publiques sur laquelle repose l'économie mondiale, notamment en Occident, après que les Etats-Unis, le Japon et l'Europe ont relancé la conjoncture au moyen d'énormes programmes d'aide publique. L'endettement des Etats atteint désormais des proportions inédites. D'après les estimations du Forum économique, la dette des pays du G20 est passée en un an de 78 à 118 pour cent du produit intérieur brut. Le risque, c'est que les budgets de certains pays se détériorent encore cette année et entraînent une crise de l'endettement de grande ampleur." (27.01.2010 )

27/01/2010

Chine : derrière la superpuissance, un patriotisme sans complexe

Chine : derrière la superpuissance, un patriotisme sans complexe
D'ici 2020, la Chine sera le premier centre scientifique mondial, annonce la société d'analyse Thomson Reuters. C'est un signe supplémentaire que la Chine est en train de s'élever au rang de superpuissance, estime le quotidien polonais Rzeczpospolita;: "C'est la conséquence d'une politique délibérée poursuivie par Pékin depuis des années. Sa principale composante consiste à inciter les scientifiques chinois à rentrer chez eux. Le [journal américain] New York Times a rapporté il y a trois semaines l'histoire de Shi Yigong, star américaine de la microbiologie qui possédait son propre laboratoire à Princeton. Après 18 ans passés aux Etats-Unis, Shi a décidé de retourner en Chine. Il a été attiré par d'excellentes conditions et par la perspective de pouvoir faire quelque chose pour son pays. La décision de Shi et l'analyse de Reuters sont les pièces d'un puzzle qui fait ressortir clairement un tout : à nos yeux, le poids économique, politique, technologique et même culturel se déplace de l'Occident vers l'Orient." (27.01.2010 )

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