L'OBSERVATOIRE DE L'EUROPE
L'OBSERVATOIRE DE L'EUROPE
Forum européen des universitaires, chercheurs, journalistes et hauts-fonctionnaires pour un débat libre










S'abonner
Rss
Twitter
Facebook
Google+
Pinterest
LinkedIn
Yahoo! Buzz
Mobile
Jeudi 16 Mars 2006

Le protectionnisme a le vent en poupe


Il y a trois siècles, Pascal écrivait dans ses Pensées sur la religion : "Plaisante justice qu'une rivière borne. Vérité en deçà des Pyrénées, erreur au delà". De nos jours, c'est le Commissaire européen de nationalité espagnole Joaquin Almunia qui pourrait s'approprier la formule, en la renversant : Erreur en deçà des Pyrénées, Vérité au delà. Ce monsieur occupe un poste - celui du suivi de l'euro et de l'économie européenne - sans y avoir jamais été élu par quiconque. Les résultats de l'euro et de l'économie de la zone euro devraient l'inviter à faire preuve pour le moins d'une certaine modestie. Mais non. Voilà en effet qu'il a fait des déclarations - dans un journal espagnol - pour dénoncer vertement la politique du gouvernement français. Qu'est-ce que M. Almunia et la Banque Centrale européenne reprochent à la France ? Il dénonce la politique "interventionniste" de l'Etat français qui "n'est pas adaptée aux besoins du monde actuel". L'occasion de rappeler, avec quelques exemples récents, comment nos partenaires européens, Espagne comprise, pratiquent eux aussi le "patriotisme économique". Mieux, le protectionnisme a plus que jamais le vent en poupe aux Etats-Unis et il pourrait bien annoncer un bouleversement du concept de mondialisation.


Le protectionnisme a le vent en poupe

Européisme à Bruxelles, nationalisme économique ailleurs

1) L'Espagne

Le pittoresque de l'affaire des remontrances de M. Almunia, c'est que l'Espagne fait actuellement l'objet, dans les cercles du monde des affaires européens, de critiques au moins aussi virulentes que la France. Car le gouvernement de Madrid vient de prendre un décret renforçant le contrôle du secteur énergétique, et ceci dans le seul but d'empêcher le groupe allemand E-ON de mettre la main sur l'espagnol Endesa.

Cette affaire de décret espagnol fait grand bruit. Le dirigeant allemand du groupe E-ON a stigmatisé cette "vague de protectionnisme très regrettable","néfaste pour l'idée européenne". La Commission européenne a donné dix jours à Madrid pour se justifier du procédé. Quant à la Banque centrale européenne, telle Ponce Pilate, elle a mis tout le monde dans le même sac, en critiquant à la fois la France et l'Espagne.
Interrogé sur cette affaire de décret espagnol, justement, Joaquin Almunia a "estimé que la situation en Espagne n'est pas la même" qu'en France... Autrement dit, l'Espagnol Almunia donne des leçons d'européisme à la France pour l'affaire GDF-SUEZ / ENEL mais n'entend nullement les appliquer à l'Espagne pour l'affaire ENDESA/ E-ON.

2) L'Italie
De même, les Italiens s'offusquent avec théâtralité du "manque de solidarité européenne" des Français qui refusent de voir Suez passer sous contrôle italien. Mais il est plaisant de les entendre nous donner des leçons d'européisme lorsque l'on sait que l'Italie se relève à peine de l'énorme scandale de la Banque centrale, qui a éclaté au grand jour en juillet 2005.

Antonio Fazio, le gouverneur de cette institution - également membre de la BCE, qui se présentait ouvertement comme un ardent défenseur de l'«italianité» du secteur bancaire de son pays, a en effet outrageusement favorisé la Banca Popolare Italiana (BPI), dirigée par l'un des ses amis, Gianpiero Fiorani, contre le groupe néerlandais ABN Amro dans la conquête de la banque italienne Antonveneta. Ignorant les recommandations de ses propres conseillers techniques, Antonio Fazio a autorisé la BPI à lancer une OPA contre Antonveneta, faisant échouer l'offensive néerlandaise.

Des écoutes téléphoniques, dont la presse italienne a publié à l'automne dernier les retranscriptions, ont ainsi révélé que le gouverneur de la Banque centrale entretenait non seulement des rapports amicaux avec Gianpiero Fiorani mais que lui-même et sa femme, Maria Christina, avaient personnellement donné à ce dernier les conseils sur la marche à suivre pour contrer l'offre d'ABN Amro...

3) L'Allemagne

Quant aux Allemands, il suffit de se remémorer le scandale qu'ils ont fait lorsque Sanofi a racheté Aventis (traitant à l'époque Nicolas Sarkozy, ministre de finances, de "nationaliste"). Cela relativise leurs actuelles protestations d'européisme... afin de mettre la main sur le groupe espagnol ENDESA.

Rappelons aussi que l'Allemagne mais aussi l'Autriche et la Belgique, contrairement à la France (annonce de De Villepin lundi) ont décidé de maintenir les restrictions à la libre-circulation des travailleurs d'Europe de l'Est issus des nouveaux pays de l'Union européenne, malgré les injonctions de la Commission.

Ce que l'on peut en conclure

Tout le monde est "pour l'Europe"... à la condition que l'Europe serve seulement les intérêts de sa propre nation.

Les européistes français hurlent qu'ils sont pour l'Europe mais ils ne conçoivent l'Europe que si c'est la "France en grand", que si l'Europe fait siens le modèle social français, la laïcité française, les services publics à la française, les intérêts géopolitiques français, l'exception culturelle française, etc.

Les européistes allemands hurlent qu'ils sont pour l'Europe mais ils ne conçoivent l'Europe que si c'est l "Allemagne en grand", que si l'Europe fait siens le modèle social rhénan, le fédéralisme allemand, les intérêts géopolitiques allemands, les soucis de réunification allemande, la solidarité avec l'est-européen, etc.

Les européistes italiens hurlent qu'ils sont pour l'Europe mais ils ne conçoivent l'Europe que si c'est l'"Italie en grand", que si l'Europe fait siens le sens italien de la combinazione, la catholicité italienne, les intérêts géopolitiques italiens, etc.

Les européistes espagnols hurlent qu'ils sont pour l'Europe mais ils ne conçoivent l'Europe que si c'est l'"Espagne en grand", que si l'Europe fait siens le développement des régions pauvres espagnoles, les intérêts géopolitiques espagnols, etc.

Les européistes anglais susurrent (mollement) qu'ils sont pour l'Europe mais ils ne conçoivent l'Europe que si c'est le "Royaume-Uni en grand", que si l'Europe fait siens les intérêts de la City, le modèle social anglo-saxon, la solidarité constante avec les intérêts géopolitiques américains, le refus de l'exception culturelle à la française, etc.

Et les européistes belges ? Ils ont mis leur grain de sel sur l'affaire Suez-GDF : le ministre belge des Finances, Didier Reynders, a prononcé une parole profonde, pleine de cette hauteur de vue et de ce sentiment de solidarité européenne qui font défaut aux autres : la Belgique exige que Bruxelles reste un "centre de décision" après la fusion de Suez et GDF...

L'Amérique, champion du patriotisme...même économique

Le dernier exemple de protectionnisme venu d'outre-Atlantique révèle, une fois encore, à quel point ces déclarations idéologiques, si typiques de la langue de bois européiste, sont complètement déphasées par rapport aux vraies évolutions du monde.

En l'espace de seulement quelques jours, on a appris en effet :

D'une part qu'un projet de loi est actuellement à l'étude au Congrès américain pour interdire qu'aucune infrastructure jugée essentielle par les ministères de la Défense ou de la Sécurité intérieure soit contrôlée par une entreprise à capitaux ou à direction étrangers.

D'autre part que, malgré la volonté de George W.Bush (probablement personnellement intéressé financièrement à l'affaire...), le Congrès américain s'apprête justement à annuler la prise de contrôle des sept principaux ports américains par des fonds d'investissement de Dubaï.

On apprend toutefois que Bush pourrait opposer son veto au Congrès - mais alors le coût politique pour lui serait catastrophique sur la scène intérieure, que la société émirienne acheteuse (DP World) vient d'annoncer au Sénat américain qu'elle transfèrerait sa gestion des ports aux Etats-Unis à "une entité américaine", "au nom de l'amitié entre les Etats-Unis et les Emirats arabes unis"...


Ce que l'on peut en conclure

- D'abord que le protectionnisme est en train de s"imposer dans chaque Etat, sous la pression des électeurs américains, qui ne veulent tout bonnement pas voir les entreprises américaines tomber les unes après les autres dans l'escarcelle des Chinois, des Emiratis, des Indiens, etc.

- Ensuite, que l'onde de choc de la montée du protectionnisme américain va très probablement conduire à une remise en cause fondamentale, au cours des toutes prochaines années, de la "mondialisation" prétendument "inévitable".

- Enfin, que la Commission européenne et les ultra-libéraux européistes sont les derniers à réaliser ce qui se passe.

Dépêches

Almunia: l'interventionnisme français "pas adapté" au monde actuel

UE-France-énergie-fusions
09-03-2006 11:46:58
MADRID, 9 mars 2006 (AFP)

La politique interventionniste de l'Etat français "n'est pas adaptée aux besoins du monde actuel", a estimé le commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires, Joaquin Almunia, dans un entretien paru jeudi dans le quotidien espagnol Cinco Dias.
Interrogé sur un sondage selon lequel une majorité de Français soutiennent l'intervention de l'Etat face à une OPA venant de l'étranger, M. Almunia a répondu: "c'est une culture politique et économique très particulière de la France qui n'est pas adaptée aux besoins du monde actuel".
Le 25 février, le Premier ministre français Dominique de Villepin a annoncé un projet de fusion entre le groupe public français Gaz de France et la société privée Suez, à la suite de l'intention manifestée par l'italien Enel de lancer une OPA hostile sur Suez.
Parallèlement, un décret paru fin décembre au journal officiel français instaure un régime de contrôle des investissements étrangers.
M. Almunia estime que la situation en Espagne, où le gouvernement a approuvé un décret renforçant le contrôle de son secteur énergétique destiné à freiner les visées du groupe énergétique allemand E.ON sur l'espagnol Endesa, n'est pas la même.
"L'Espagne a fait preuve d'une grande capacité (...) pour moderniser son système productif et celui des entreprises", selon lui et "un processus de privatisation a été mené tant sous les gouvernements socialistes que celui de la droite".
Le commissaire européen espagnol admet qu'il existe "une certaine tentation dans de nombreux pays européens d'avoir recours à des attitudes protectionnistes". D'où la "nécessité" selon lui d'approfondir l'intégration européenne.
Le protectionnisme serait "la pire façon de répondre (au défi) de la mondialisation", a-t-il réaffirmé.
Joaquin Almunia met en garde contre le risque que des "oligopoles privés remplacent les oligopoles publics (...) si les règles de la concurrence ne sont pas respectées".
"Si on n'applique pas les règles de la concurrence et si les processus de libéralisation ne sont pas menés à bien (...) on court le risque que de oligopoles privés", plus ou moins contrôlés, "remplacent les oligopoles publics", a-t-il dit.
do/mnv/cm
AFP 091151 MAR 06



E.ON défie Madrid et affiche sa confiance sur le rachat d'Endesa

(PAPIER GENERAL)
09-03-2006 13:42:06

DÜSSELDORF (Allemagne), 9 mars 2006 (AFP) - E.ON, le numéro un allemand de l'énergie, a fait étalage jeudi de sa bonne santé financière et affiché son optimisme quant au rachat de l'espagnol Endesa, balayant d'un revers de main l'opposition du gouvernement espagnol.
"Nous sommes fermement décidés à réaliser cette acquisition", a martelé le patron du groupe, Wulf Bernotat, devant un parterre de journalistes beaucoup plus étoffé que d'habitude. "Je pars du principe que les avantages de cette transaction vont convaincre et que les considérations politiques vont être en arrière-plan".
Après tout, a ajouté le patron, "l'Etat n'a pas de pouvoir sur une transaction de marché, c'est comme cela même en Espagne".
Madrid, partisan d'une solution nationale qui marierait Endesa à son compatriote Gas Natural, est opposé au rachat par l'allemand, qui a annoncé fin février mettre 29,1 milliards d'euros sur la table pour devenir le numéro un européen.
L'Espagne a adopté quatre jours après l'annonce surprise d'E.ON un décret-loi lui conférant un droit de regard sur certaines transactions dans le secteur de l'énergie. Une manoeuvre vivement critiquée par E.ON, qui trouve un allié en la Commission européenne. Celle-ci a donné dix jours à Madrid pour se justifier du procédé. "Bien sûr l'enquête (de la Commission) nous donne des raisons d'être optimistes qu'au final, même si c'est à l'issue d'un processus plus long, ce sera un succès", a déclaré M. Bernotat.
Le patron du groupe allemand, qui en tient les rênes depuis 2003 et l'a déjà profondément réorganisé, tire aussi son optimisme de la réaction des marchés.
Les dirigeants d'E.ON ont rencontré les actionnaires de l'un et l'autre groupe, et M. Bernotat s'attend sur la base de ces conversations à ce que 60 à 70% des actionnaires d'Endesa apportent leurs titres, a-t-il indiqué. Un certain nombre d'entre eux détiennent des parts des deux sociétés, a-t-il noté.
Signe qu'E.ON se considère près du but, la société a signé cette semaine auprès d'un consortium bancaire une ligne de crédit de jusqu'à 32 milliards d'euros, qui pourra servir à financer la transaction. "Cela nous donne toute la flexibilité dont nous avons besoin", a commenté le directeur financier Erhard Schipporeit.
E.ON a également 9 milliards de liquidités en caisse, après une année faste où ses résultats ont fortement augmenté, et où le groupe a vendu la plupart des actifs non-stratégiques qui lui restaient, empochant au passage 3 milliards de gains exceptionnels.
E.ON, né en 2000 de la fusion de deux conglomérats industriels allemands, est maintenant, après une refonte en profondeur, un pur acteur du gaz et de l'électricité. Et piaffe d'impatience à l'idée de devenir le numéro un européen, coiffant EDF au poteau. Le rachat d'Endesa donnerait également au groupe, présent en Europe centrale et de l'Est, en Grande-Bretagne et en Scandinavie, une assise en Espagne et en Amérique Latine.
M. Bernotat a réitéré ses assurances en direction de l'Espagne qu'Endesa, une fois racheté, resterait une société indépendante, et espagnole, avec Madrid et Barcelone comme points d'ancrage. "La direction actuelle et les salariés d'Endesa vont jouer dans la nouvelle société commune un rôle décisif", a-t-il déclaré.
Des arguments auxquels le gouvernement espagnol est resté sourd pour le moment. Dans la droite ligne de la France, qui force le mariage de Suez et GDF pour contrer les avancées d'Enel, Madrid veut se doter d'un champion national de l'énergie. Une "vague de protectionnisme très regrettable", selon M. Bernotat et "néfaste pour l'idée européenne".
mtr/ilp/cm


Des responsables de la BCE mettent en garde contre le protectionnisme

09-03-2006 11:55:58
MILAN, 9 mars 2006 (AFP)

Deux responsables de la Banque centrale européenne (BCE), l'Italien Lorenzo Bini-Smaghi et l'Autrichien Klaus Liebscher, ont mis en garde jeudi les gouvernements qui tentent de protéger leurs marchés, sur fond de tensions, dans l'énergie notamment.
"Les gouvernements qui cherchent à protéger leur marché national sont poussés par le désir de défendre les entreprises de leur pays face à la concurrence étrangère, mais souvent ils ne se rendent pas compte qu'en réalité ils pénalisent leurs consommateurs, c'est-à-dire leurs propres citoyens", a dit M. Bini-Smaghi dans un entretien publié par le quotidien Il Sole 24 Ore.
"Ils pénalisent en outre leurs contribuables parce que la protection du marché signifie souvent de plus importantes subventions donc plus d'impôts", a-t-il ajouté.
Pour ce membre du directoire de la BCE, "le protectionnisme et les subventions ont rarement donné naissance à des champions et ont toujours coûté beaucoup aux contribuables".
Une position également défendue par le président de la banque centrale d'Autriche, Klaus Liebscher, qui siège comme son collègue italien au sein du conseil des gouverneurs de la BCE, où se décide la politique monétaire de la zone euro.
"Je pense que l'intégration européenne, et pour moi il s'agit d'une priorité, ne doit pas être perturbée par des mesures nationalistes et protectionnistes", a-t-il dit dans une autre interview publiée par l'International Herald Tribune.
M. Liebscher a appelé à ce titre au respect des "règles fondamentales du marché commun" européen.
Actuellement, l'Europe donne d'elle-même une image de division dans le secteur de l'énergie, en dépit de la volonté affichée de la Commission européenne de promouvoir une politique commune d'approvisonnement.
Un conflit politico-économique oppose la France à l'Italie au sujet de Suez, convoité par l'électricien italien Enel, mais que le gouvernement français veut marier avec de Gaz de France afin de le protéger d'une OPA venant de l'étranger.
Les relations ne sont guère meilleures entre l'Allemagne et l'Espagne. Madrid vient de mettre en place une législation pour tenter d'empêcher une OPA de l'allemand E.ON sur le numéro un de l'électricité espagnole, Endesa. Le groupe allemand n'en a pas moins réaffirmé jeudi son intention d'aller jusqu'au bout.
ef-ylf/pt AFP 091200 MAR 06


Bruxelles devra rester un centre de décision au sein de Suez-GDF (Reynders)

09-03-2006 20:50:16
BRUXELLES, 9 mars 2006 (AFP)

Bruxelles devra rester un "centre de décision" après la fusion des groupes Suez et Gaz de France (GDF), a déclaré le ministre belge des Finances, Didier Reynders, en arrivant à une réunion à Bruxelles avec les patrons des deux sociétés.
"Je crois que c'est obligatoire dans le cadre des engagements qui ont été pris jusqu'à ce jour", a déclaré à un groupe de journalistes M. Reynders en arrivant au Lambermont, la résidence du Premier ministre Guy Verhofstadt dans le centre de la capitale belge.
En 2005, le gouvernement belge avait obtenu de Suez que les centres décisionnels relatifs aux activités énergétiques à travers le monde seraient implantés à Bruxelles.
Les principaux dirigeants de Suez --son PDG Gérard Mestrallet, le patron d'Electrabel Jean-Pierre Hansen et Etienne Davignon, ancien patron de la Générale de Belgique absorbée par Suez-- et le patron de GDF, Jean-François Cirelli, sont arrivés à la résidence de Guy Verhofstadt, sans faire de déclaration.
Egalement présent à ce dîner, le ministre belge de l'Energie, Marc Verwilghen, a pour sa part estimé qu'une fusion entre GDF et Suez "n'avait pas que des aspects négatifs".
siu/pk


Un projet de loi pour garder les infrastructures clé sous contrôle américain

USA-Congrès-transport-sécurité-mer-terrorisme-Emirats LEAD
08-03-2006 00:03:40

WASHINGTON, 7 mars 2006 (AFP) - Un projet de loi présenté mardi au Congrès américain interdirait qu'aucune infrastructure jugée essentielle par les ministères de la Défense ou de la Sécurité intérieure soit contrôlée par une entreprise à capitaux ou à direction étrangers.
"Cela réduira le risque terroriste dans certaines de nos installations les plus vulnérables", a assuré l'influent président républicain de la commission des forces armées, Duncan Hunter. "A ceux qui disent que c'est du protectionnisme , je leur réponds: cela vaut la peine de protéger l'Amérique", a-t-il ajouté.
M. Hunter, qui a assuré que son texte était soutenu notamment par le vice-président de la commission, le démocrate Ike Skelton, a expliqué que son objectif immédiat était de bloquer le rachat des opérations américaines de l'opérateur portuaire P&O par le groupe émirati Dubai Ports World, qui a provoqué une levée de boucliers au Congrès.
De nombreux parlementaires affirment craindre pour la sécurité des ports américains, certains des terroristes et financements des attentats du 11 septembre 2001 étant issus des Emirats Arabes Unis.
Plus généralement, le projet de loi de M. Hunter prévoit que la direction de toutes les sociétés gérant des "infrastructures essentielles" - ports, aéroports, centrales électriques... - passent sous la direction de gestionnaires américains. Il laisse un délai de 5 ans pour que leurs capitaux soient également majoritairement américains.
M. Hunter a indiqué qu'il envisageait de faire adopter son texte dans le cadre d'un collectif budgétaire sur le financement de la guerre en Irak et en Afghanistan, examiné en commission dès mercredi.
Plusieurs autres parlementaires opposés à l'arrivée de DP World dans les ports américains ont déposé des projets de loi.
"Notre groupe parlementaire (républicain) est très motivé par ce sujet", a déclaré le chef de la majorité à la Chambre John Boehner mardi, indiquant s'attendre à une action législative dans les jours ou semaines qui viennent. "C'est un très gros problème politique", a-t-il ajouté.
Plusieurs parlementaires réclament notamment une amélioration de la surveillance des cargaisons à destination des ports américains, alors qu'ils estiment entre 5 et 6% le taux des cargaisons vérifiées avant leur arrivée sur le territoire national.
Ils demandent également une remise à plat du processus d'approbation des investissements étrangers.
Les autorités américaines ont approuvé le rachat de P&O par DP World, mais, devant l'émotion suscitée par ce contrat, elles ont engagé la semaine dernière une nouvelle procédure d'examen de 45 jours.
Dimanche dernier le patron de DP World Mohammed Sharaf s'est déclaré optimiste dimanche sur les chances d'aboutir de son offre controversée sur le groupe britannique P&O, déjà validée par la justice britannique, soulignant que son groupe prend les problèmes de sécurité très au sérieux.
Toutefois le sénateur new-yorkais Charles Schumer s'est déclaré effaré des déclarations de M. Sharaf, estimant qu'il avait manifesté une grave méconnaissance des mesures de sécurité américaines.
"Il faut aborder cette fusion avec des réticences extrêmes", a dit M. Schumer.
chr/im
AFP 080007 MAR 06


Malgré Bush, le Congrès prêt à annuler la prise de contrôle de ports US

09-03-2006 00:22:16
WASHINGTON, 8 mars 2006 (AFP)

La majorité républicaine de la Chambre des représentants américaine est prête à braver une menace de veto présidentiel pour torpiller la prise de contrôle de la gestion de six grands ports des Etats-Unis par une société de Dubaï, où elle voit une menace pour la sécurité.
Mercredi soir, une commission budgétaire de la Chambre a amendé un projet de collectif budgétaire pour décréter que "l'acquisition de toute opération de (l'opérateur portuaire britannique) P&O par Dubai Ports World (...) est interdite".
L'amendement, d'origine républicaine, a été adopté à la quasi unanimité de la commission des Voies et Moyens (62 voix contre 2). Il pourrait être approuvé en séance plénière dès la semaine prochaine, dans le cadre d'un texte dégageant quelque 72 milliards de dollars pour les opérations en Irak et en Afghanistan.
Il y a deux semaines, le président Bush avait menacé d'opposer son veto à toute mesure visant à annuler le contrat de reprise de P&O par Dubai Ports World (DP World), approuvé par les autorités américaines.
Cette reprise est cependant très contestée dans l'opinion, ce qui en fait "un très gros problème politique" pour une majorité présidentielle qui affronte en novembre de difficiles législatives, avait reconnu mardi le chef des républicains de la Chambre John Boehner.
La Maison Blanche avait indiqué mercredi matin qu'elle maintenait son soutien à la reprise de P&O par DP World. "Nous reconnaissons que certains parlementaires ont des inquiétudes (mais...) il y a beaucoup de discussions entre la société, le Congrès et l'administration", avait déclaré le porte-parole présidentiel Scott McClellan.
Les arguments présidentiels ont eu plus de portée au Sénat, où le chef de la majorité Bill Frist a lancé une manoeuvre de procédure pour éviter un vote sur DP World, réclamé par l'opposition démocrate.
Le sénateur de New York Charles Schumer visait à interdire toute prise de contrôle d'installations portuaires par une société "possédée ou contrôlé par un gouvernement étranger qui reconnaissait le gouvernement des talibans en 1996-2001".
L'amendement avait été déposé à la surprise générale en plein débat sur la réforme des pratiques du lobbying, dans un souci de moraliser la vie politique.
Il continuera à être proposé au vote du Sénat "jusqu'à ce que les républicains de la majorité réalisent ce qui se passe", a promis le numéro deux des sénateurs démocrates, Richard Durbin.
Le rachat par le groupe émirati Dubai Ports World de l'opérateur portuaire P&O, qui gère notamment des installations dans six gros ports américains a provoqué une levée de boucliers au Congrès. De nombreux parlementaires affirment craindre pour la sécurité des ports américains, certains des terroristes et financements des attentats du 11 septembre 2001 étant issus des Emirats Arabes Unis.
L'opposition démocrate, très en pointe sur ce dossier depuis plusieurs semaines, y a trouvé une occasion de fustiger les lacunes de la politique de sécurité de l'administration Bush.
chr/tes
AFP 090026 MAR 06


Bush reste prêt à s'opposer au Congrès sur les ports malgré la fronde

(PAPIER GENERAL)
09-03-2006 19:06:22

WASHINGTON, 9 mars 2006 (AFP) - Le président américain George W. Bush reste prêt à opposer son veto au Congrès au risque d'une grave crise politique si les parlementaires vont jusqu'au bout de leur rébellion et refusent une transaction portuaire avec une compagnie arabe, a affirmé jeudi son porte-parole.
"La position du président reste la même", a déclaré le porte-parole de la Maison Blanche, Scott McClellan, interrogé sur la possibilité que M. Bush utilise son droit de veto contre le Congrès. Si tel était le cas, ce serait la première fois en plus de cinq ans qu'il en ferait usage.
M. Bush est confronté à une fronde sans précédent au sein de sa majorité républicaine contre la décision de son administration d'autoriser une compagnie émiratie, Dubaï Ports World, à reprendre à sa concurrente britannique P&0 la maîtrise des opérations dans six grands ports des Etats-Unis.
Les parlementaires ne font pas confiance à une compagnie contrôlée par le gouvernement d'un émirat dont étaient originaires deux des auteurs des attentats du 11 septembre 2001 et qui leur a servi de base arrière.
Mercredi, la majorité républicaine à la Chambre des représentants a ouvertement défié M. Bush en mêlant ses voix à celles de l'opposition démocrate contre la transaction. A l'écrasante majorité de 62 voix contre deux, une commission budgétaire a voté une disposition selon laquelle "l'acquisition de toute opération de P&O par Dubai Ports World (...) est interdite".
L'adoption du texte dans les prochains jours par la Chambre plénière ne fait a priori guère de doute.
Pour compliquer le casse-tête du président, cette disposition a été introduite dans un texte dégageant environ 90 milliards de dollars pour les opérations en Irak et en Afghanistan et pour le secours aux victimes de l'ouragan Katrina.
Le porte-parole de la Maison Blanche a reconnu l'embarras de la présidence.
"Nous serions inquiets si on tentait de régler (le problème) de la transaction sur les ports dans le cadre d'une loi d'urgence parce que cela pourrait ralentir l'octroi de fonds et de ressources" pour les soldats en Irak et en Afghanistan et les victimes de Katrina, a dit M. McClellan.
Quand la controverse a pris M. Bush par surprise en février, il a menacé d'utiliser son droit de veto si le Congrès légiférait contre la transaction.
Mais si le texte de la Chambre était adopté tel quel, le président n'aurait pas d'autre choix que de l'approuver ou de rejeter dans son intégralité une loi politiquement lourde de signification.
M. Bush qui se retrouve attaqué sur la sécurité nationale, son grand thème de politique, a affirmé à plusieurs reprises que le maintien de cette transaction portuaire était une question de "principes".
Les parlementaires ne sont pas seulement inquiets de la sécurité des Etats-Unis. Ils le sont aussi de l'issue des élections législatives de novembre, qui sont incertaines pour les Républicains.
Or de récents sondages ont montré que l'opinion était très majoritairement hostile à la reprise des ports par Dubaï Ports World. Ils ont aussi montré que la controverse avait contribué à réduire la confiance dans l'aptitude de M. Bush à assurer la sécurité du pays, y compris chez les électeurs républicains.
Le porte-parole de la Maison Blanche a indiqué que la préoccupation de l'administration était de dissiper les inquiétudes des élus.
"Ce que nous allons faire, c'est continuer à parler avec le Congrès et discuter des moyens d'avancer", a-t-il dit.
"Les voies du dialogue sont ouvertes", a-t-il assuré.
lal/vk
AFP 091910 MAR 06


DP World transfère ses activités aux Etats-Unis à une société US

09-03-2006 19:42:20
WASHINGTON, 9 mars 2006 (AFP)

La société émirienne DP World a annoncé jeudi qu'elle transfèrerait sa gestion des ports aux Etats-Unis à "une entité américaine", au nom de l'amitié entre les Etats-Unis et les Emirats arabes unis, dans un communiqué lu au Sénat américain.
chr/tes
Jeudi 16 Mars 2006

Notez
Lu 12308 fois


Dans la même rubrique :
1 2 3 4 5 » ... 7

A la Une | Analyse | Tribune | Document | Campus