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Vendredi 29 Janvier 2010

Riri, Fifi et Loulou à Bruxelles



Catherine Ashton absente en Haïti, traitée de "nulle" hier matin sur RTL par Cohn-Bendit, Herman Von Rompuy inaudible depuis son élection, José Manuel Barroso invisible : avec ces trois là l'Europe est bien armée... La chronique d'Eric Zemmour du 28 janvier, à 7h15 sur RTL.


Eric Zemmour sur RTL tous les matins à 7h15 / Abaca Press pour RTL
Eric Zemmour sur RTL tous les matins à 7h15 / Abaca Press pour RTL

par Eric Zemmour*


On a retrouvé Riri, Fifi et Loulou, les neveux d'oncle Donald. José Manuel Barroso a été reconduit à la tête de la Commission européenne pour son extraordinaire capacité à ne jamais dire "non" et son talent rare, à toujours rester à trois pas en retrait derrière Nicolas Sarkozy. Herman Von Rompuy a été désigné président permanent du Conseil européen, parce qu'on était sûr que son charisme ne ferait de l'ombre à aucun chef d'Etat, même celui de la Lituanie si vous voulez. Lady Ashton a été désignée à la tête de la diplomatie européenne alors qu'elle n'avait aucune expérience internationale, elle n'a d'ailleurs aucune expérience en rien, ceci explique sans doute cela.

C'est Riri, Fifi, Loulou à Bruxelles qui se marchent sur les pieds, passent leur temps à surveiller que l'autre n'empiète pas sur ses compétences, qu'aucun n'exerce. Cette organisation avait été voulue par le traité de Lisbonne pour simplifier le fonctionnement de l'Europe. Je vous interdis de rire.

Giscard avait été le grand maître de la Constitution européenne, rejetée par le peuple français mais reprise intégralement dans le traité de Lisbonne. Et il avait imaginé pour son poste de Président du Conseil européen, un George Washington président des Etats-Unis d'Europe. Giscard voit toujours grand. On a eu Van Rompuy.

"Les Européistes ont cru que le temps des nations était révolu, ils se sont trompés"

C'est le drame des Français dans l'Europe : ils projettent leur rêve impérial et leur conception de la politique, ils sont persuadés qu'ils vont l'imposer aux autres, ils prétendent que l'Europe c'est la France en grand, alors que franchement depuis l'élargissement à vingt-sept, c'est surtout l'Allemagne en grand. Mais c'est ce que l'Europe veut être. Comme souvent, on a les dirigeants qu'on mérite. Depuis vingt ans, l'Europe, sous l'influence des idées ultralibérales anglaises, s'est voulue le cheval de Troie de la mondialisation, ouvrant son marché en grand, elle a dynamité les compétences des Etats-nations mais n'a pas édifié un Etat-nation européen à sa place. Le droit et le marché et accessoirement les lobbies ont pris la place.

Historiquement, tout cela ressemble un peu au Saint-Empire romain germanique, vous savez, ce vieil empire aux frontières imprécises avec ce mélange bizarre de royaumes, d'évêchés, de duchés. Là aussi il y avait des assemblées interminables qui ne débouchaient sur aucune décision. Mais même au temps de Jean Monnet, dans les années 50-60, le père de l'Europe aujourd'hui adulé par les européistes, l'Europe a toujours voulu dépasser les nations et sortir de la politique. Parce que la politique, c'est la guerre, et les nations, ce sont les passions de la démocratie, deux choses que l'Europe veut éradiquer. Elle se voit plutôt comme une grosse Suisse qui sort de l'Histoire, se terre sous le parapluie américain et regarde la pluie tomber, mais elle offre des cirés pour tous les malheureux pris sous l'orage.

La création de l'Europe ça été quand même un tournant. Un tournant oui, après la fin des grands Etats-nations : France, Allemagne, Angleterre. Mais les européistes ont fait une erreur historique. Ils ont cru que le temps des nations était révolu. Ils se sont trompés. En fait nous voyons aujourd'hui arriver le temps des nations-continent : les Etats-Unis, la Chine, l'Inde, le Brésil, la Russie. L'Europe des vingt-sept est un continent mais pas une nation. Elle a le corps, mais pas la tête et ce n'est pas une maladie passagère mais une malformation congénitale. 

*Z comme Zemmour 28 janvier 2010, RTL

Vendredi 29 Janvier 2010

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