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Jeudi 11 Août 2011

Euro : les PME au coeur de la tourmente



Euro : les PME au coeur de la tourmente

L'économie s'écroule, les marchés tremblent : tout le monde suit de plus ou moins près les développements de ce qui semble être la première crise du Siècle. La solution ?  Plus de centralisation selon nos dirigeants...Or, c'est exactement le contraire de ce dont ont besoin celles qui sont les grandes oubliées des médias et de la classe politique, les Petites et Moyennes Entreprises (PME) qui, face à la crise, et grâce au courage des entrepreneurs, tentent tant bien que mal de survivre. Les PME représentent 99 % des entreprises de l'union européenne et comptent pour environ 70 % des emplois et du PIB de l'UE. Grâce à leur esprit d'innovation et de compétitivité, elles pourraient être la clef réouvrant la porte de la croissance et du développement. Mais comment peuvent-elles seulement survivre face à un euro trop fort qui plombe leurs exportations dans un monde qui commerce en dollar, des charges surélevées, une législation européenne asphyxiante et une concurrence impossible avec les produits des pays émergents ? En deux mots, elles sont les victimes de la Bureaucratie de marché, qui sape les fondements du capitalisme entrepreneurial, marginalise les démocraties nationales, et nous conduit vers une récession globale.
 
La France acculée à baisser les salaires ou sortir de l’euro
 
Différentes études universitaires ont été menées pour étudier l'impact des taux de change sur les PME. La majorité d'entre elles arrivent à la même conclusion ainsi résumée par Robert Haenel : "Si l'on excepte les niches privilégiées, quelques rares fonctionnent (luxe, hautes technologie...) toutes les entreprises qui exportent hors de la zone euro sont touchées. Les dirigeants d'entreprises estiment qu'en moyenne, l'euro fort actuel représente une perte de compétitivité de 30%".(1)

Des études plus précises ont êtes conduites pour la France et le Canada. Pierre Olivier Gourinchas, Professeur à l’université de Princeton, a estimé qu'une appréciation de 1% du taux de change réel de l’euro détruit 0.95 % d'emplois sur les deux années suivant l'appréciation (2).
L’exemple du Québec est encore plus dramatique, puisque son partenaire commercial principal sont les Etats-Unis. Une appréciation de la devise canadienne face au dollar américain engendre une diminution cumulative du PIB québécois estimée à 3.9% en deux ans. (3).
 
La France, considérée économiquement comme un pays « du sud » de l'UE (au même titre que la Grèce, l'Italie et l'Espagne avec ce que cela comporte de péjoratif dans l’esprit de l’orthodoxie monétaire européenne), résiste encore tant bien que mal à une monnaie inadaptée pour elle puisqu’elle reflète surtout les structures économiques et capacités des pays du « nord » de l'Union (Allemagne , Pays bas, Luxembourg etc). Comme l’explique Laurent Pinsole, "l'Allemagne l'a compris la première, avec une baisse moyenne du salaire moyen de 2.5% en moyenne en 10 ans et même 20% pour les bas salaires". L'équation est donc très simple : si la France se maintient dans la prison économique qu'est l'Euro, elle devra diminuer bientôt drastiquement les salaires et rendre son marché du travail plus « flexible »… Tout cela paraît hautement improbable à un an d'une élection présidentielle.
 
L'Euro, on le sait, est un contresens économique au service d’un projet politique d’unification…qui a échoué, ainsi que le démontre la divergence croissante des économies de la zone depuis quinze ans. Les défenseurs de cette monnaie unique multinationale estiment qu'une sortie de l'euro, qui aurait apporté selon eux une stabilité aux pays qui en sont membres, serait dramatique pour les petites et moyennes entreprises en raison du retour à la fluctuation des taux de change. C'est méconnaître l’utilité irremplaçable d’une certaine flexibilité monétaire nécessaire à encaisser les chocs ainsi que les moyens imaginés par les entreprises et les banques pour se protéger des risques d’une trop grande fluctuation des taux de changes (4).
 
Ce dont elles ont besoin, c’est d’une monnaie qui soit précisément le reflet de l’économie réelle et des véritables capacités industrielles. Elles ont aussi besoin, surtout pour les PME innovantes, fragiles ou stratégiques, d’un bouclier face au dumping social et environnemental, à même de stopper l’hémorragie des délocalisations vers des pays à bas coûts, eux-mêmes menacés faute d’écluses douanières par les pays à très bas coûts. Le retour à une monnaie adaptée et au juste- échange impliquent une remise en cause générale des grands choix européens actuels. Mais ils sont le préalable indispensable pour réamorcer le cercle vertueux de la croissance, de la consommation et de l’emploi.

La vision à court terme des politiciens professionnels
 
Pourquoi voulons-nous sauver à tout prix, en faisant abondamment les poches des Français, un euro surévalué et condamné d’avance ? Friedman expliquait que les hommes politiques sont d’abord avides de pouvoir. (5). Or, le Président Sarkozy ne joue-t-il pas son quinquennat sur le sauvetage de la zone euro ? (6).
 
Une dévaluation qui suivrait directement de la sortie de l'euro serait douloureuse à court terme et supposerait d'entreprendre de nombreuses réformes plus ou moins populaires. Personne n’en prendra le risque électoral à la veille de 2012, surtout pas les partis dits de gouvernement qui ont soutenu et voté tous les traités européens depuis trente ans. Le fait est que seuls les économistes indépendants de tout grand parti politique central (espèce plutôt rare de nos jours) recommandent la sortie de l'euro (Alain Cotta, Jean-Jacques Rosa, Gérard La Fay, Georges Berthu, Philip Bagus, Joseph Stiglitz, Jacques Sapir…)
 
Au lieu de cela, on prône le « fédéralisme budgétaire », la centralisation à tour de bras en créant un fond dit de "stabilité" (quelle ironie !) et on autorise la BCE à racheter les obligations des pays en difficultés. Il serait bon de rappeler que quand la BCE rachète des obligations italiennes, elle contracte un emprunt que les citoyens français devront évidemment rembourser. On combat la crise de l’endettement par un surendettement. Jean-Claude Trichet est visiblement resté coi devant de député européen Marta Andreasen qui lui demandait : "que feriez-vous à la place d’un banquier ayant un client qui lui explique qu'il est surendetté et qu'il n'a aucun moyen de rembourser ? Lui diriez-vous, en banquier responsable, d'emprunter encore plus d'argent" (8)? C'est exactement ce que fait la Banque centrale européenne, avec l'accord des dirigeants nationaux, qui, naturellement, ne demanderont pas leur avis au bon peuple.
 
Comme l'explique Phillip Bagus du Von Mises Institute, dans son livre "the Eurotragedy"(7), ce sont les entreprises françaises qui vont continuer à payer la folie de l’euro et les dérapages consécutifs des dépenses grecques, italiennes, espagnoles… Les marchés s'écroulant de jour en jour, les banques vont devenir de plus en plus hésitantes à financer les projets de nos entreprises, qui sont la clef de nos emplois et les entrepreneurs devront faire face a des taux d'emprunt non soutenables paralysant la croissance française.
 

Antoine Vignon
 

 
Sources:
 
1.http://www.communique-de-presse-gratuit.com/euro-fort-quel-impact-sur-les-pme-qui-exportent_54480.html
 Exchange rates do matter: French job reallocation and exchange rate turbulence, 1984–1992
2.http://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0014292198001238
Impact de l'appréciation du taux de change sur la croissance des exportations et du PIB du Québec
3. http://www.mdeie.gouv.qc.ca/objectifs/exporter/donnees-statistiques/page/etudes-et-analyses-11096/?tx_igaffichagepages_pi1%5Bmode%5D=single&tx_igaffichagepages_pi1%5BbackPid%5D=65&tx_igaffichagepages_pi1%5BcurrentCat%5D=&cHash=db57cb7ffeda6f1099576ba7df7daacf
4.www.lespmeexportent.com
5. http://www.youtube.com/watch?v=RWsx1X8PV_A
6. http://www.lemonde.fr/economie/article/2011/08/06/nicolas-sarkozy-joue-son-quinquennat-sur-le-sauvetage-de-la-zone-euro_1556883_3234.html
7. http://mises.org/books/bagus_tragedy_of_euro.pdf
8. http://www.youtube.com/watch?v=fnSAEgYCwW0
Jeudi 11 Août 2011

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1.Posté par Merlinki le 10/09/2011 11:31 | Alerter
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Lorsque je venais d'entamer la lecture et arrivé en troisième ligne, je cesse de lire, bloqué que je suis, devant un groupe de mots qui n'y apporte aucun sens (...c'est exactement le contraire de ce sont on besoin celles...)et m'empêche donc de poursuivre car l'incompréhension me gagne entièrement. En effet, je me demande si ce texte serait une traduction de l'anglais ou du polonais, dans lequel cas, sachant le nombre d'épines qui se présente lors d'un tel exercice, j'absolverais volontiers. Sinon, je me pose la question de savoir si l'Europe peut se bâtir avec une presse ou des faiseurs d'opinion qui manquent de discipline au point de négliger une relecture du texte avant de le proposer. Evidemment que je pourrais continuer la lecture car cela reste accessible tant que le reste de la phrase véhicule un sens logique, mais l'envie m'est passée. Dommage.

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