Après avoir remercié chaleureusement le Professeur Alain Cotta pour son brillant exposé, Jacques Myard passe la parole à l’assistance.
Henri Fouquereau s’interroge sur les actifs toxiques, leur quantité actuellement en circulation.
Pour
Alain Cotta,
- on ne sait pas combien il y en a et combien il reste de ces actifs toxiques. On croit que ces actifs toxiques ne valent rien. Ainsi, le bilan des grandes banques serait faux à concurrence d’un trillion de $. Si on leur impose une solvabilité avec des fonds propres, ils seront obligés de se recapitaliser.
- L’idée serait de substituer à l’endettement privé un endettement public. Autrefois on faisait fonctionner la planche à billets. Aujourd’hui la Banque centrale substitue l’endettement public à l’endettement privé.
Jacques Myard indique que la BCE a racheté des effets grecs par une mise en pension.
C’est pour cela que Goldman Sachs ne peut avoir contacté la Grèce sans passer par le Département d’État fait justement remarquer le
Professeur Cotta Quid de la crise de Dubaï s’interroge
Raquel Grase ?
Le
Professeur Cotta indique que la crise de 1929 a réduit le nombre de riches, alors que la dernière crise a crée une une classe de super-riches (en milliards de $). Il faut poser la question des commissions touchées par les banques lors de la construction des tours de Dubaï. Cette crise a donc vu la création de nouveaux riches. On peut dire que le monde actuel est dirigé par 200 000 individus.
Le
Général Menu penche du côté des pessimistes. Il souhaite faire remarquer que plutôt que de parler du pouvoir des militaires aux États-Unis, il convient davantage de parler du pouvoir du complexe militaro-industriel et des groupes de pression. Ensuite, il penche pour un déplacement du centre de gravité vers la Chine qui va se faire au détriment des États-Unis. Quelle sera le comportement de cette majorité noire et latino-américaine ? Ces populations auront-elles envie d’intervenir en faveur des banques ? Un repli de la nation américaine comme la Chine est-il exclu ? Enfin, concernant la dette, on constate un déficit extraordinaire. Où est l’argent ?
Pour
Alain Cotta, c’est la dette universelle ou perpétuelle qui, en soi, n’est pas un problème. Les créanciers sont français, il ne saurait y avoir de problème.
L’évolution des États-Unis montre bien, selon le
Général Menu qu’il y aura une organisation bancaire qui va continuer de régner au-delà des frontières.
Claude Rochet constate effectivement l’existence de « super-riches » Il arrivera le moment où il faudra effacer la super dette avec l’inflation. Les Chinois qui excellent dans l’imitation semblent peu faits pour l’innovation, comment la Chine va t-elle évoluer ?
On peut parler de crise, mais ne commencera t-elle réellement avec la Lettonie ou la Grèce ?
Le
Professeur Cotta remarque que si l’on finance le déficit grec, alors on financera le déficit letton ,puis celui du Portugal…
La solution consisterait à avoir une monnaie commune et non unique (sans la Lettonie, d’ailleurs).Ne s’y étant pas trompés, les États-Unis étaient favorables à l’élargissement de l’Union européenne.
Jacques Myard remarque également que l’élargissement s’est fait d’abord fait dans l’OTAN avant de se faire dans l’UE.
La Chine a nous réserver des surprises et on peut penser que le peuple américain moins extérieur.
Le monde arabo-musulman va s’affronter aux Chinois. Nous nous trouvons dans une période où le leadership américain est paralysé. On rentre dans un monde des puissances relatives.
Denis Herpeux souhaite savoir ce qu’il en est de la présence européenne pour contrecarrer l’hégémonie chinoise en Afrique ?
Jacques Myard insiste sur la nécessité de développer une coopération militaire active. C’est à partir de l’armée qu’il faut reconstruire indique le député en réponse à une remarque du
Général Maurin concernant la démographie de ce continent.
A t-on encore les moyens financiers d’une coopération militaire en Afrique interroge
Alain Cotta.
Pour Jacques Myard la coopération s’impose.
Pour
Claude Rochet, la variable réside dans le crime : le produit criminel brut s’élève à 1500 milliards de dollars. Le net représente le blanchiment.
On pense que la drogue et la corruption ainsi que le produit des jeux représentent 10% du produit mondial précise
Alain Cotta. Pour
Jacques Myard, c’est une question fondamentale : le terrorisme d’Al Qaeda se délite, mais une nouvelle forme de terrorisme apparaît. La question qu’il faut poser est celle du retour des États et du commandent par les politiques.
Henri Fouquereau souhaite étudier la question au plan intellectuel et de l’innovation. La masse d’innovation est en Chine. Le problème des Américains, c’est qu’ils n’ont plus rien gagné depuis 1945. Aussi, il faut reconnaître que c’est en Afrique, malgré les difficultés que se trouve l’avenir de la France.
Quid du choc asymétrique de la monnaie unique interroge
Jacques Myard ?
Alain Cotta répète que tout le monde a eu beau signaler qu’on ne peut faire une monnaie unique avec des États représentant des Nations fort différentes et donc des économies aussi divergentes : on se trouve bien au-delà de l’asymétrie !
L’euro ne pourra résister, mais combien de temps ? Pour autant, est-ce que l’affaire grecque est d’une telle dimension ?
Les Anglais ont finalement très bien joué en ne rentrant pas dans l’euro
La croissance de la Chine s’élèvera de 8 à 10% pendant longtemps pour le
Général Menu.
Pour conclure, le
Professeur Cotta pense que cela durera encore 50 à 100 ans.
*Compte rendu de la réunion du Cercle Nation et République; du 3 février 2010