A protester waves an EU flag during a rally in downtown Belgrade, Serbia, Tuesday, Jan. 16, 2024.

Jean Delaunay

Les partisans de l’opposition serbe retournent dans la rue pour dénoncer la fraude électorale du mois dernier

Les manifestants souhaitent que le scrutin du 17 décembre soit annulé et qu’il se déroule à nouveau dans des conditions libres et équitables.

Les partisans de l’opposition serbe étaient de retour dans la rue mardi, accusant le président Alexandre VucicLe gouvernement populiste d’avoir orchestré la fraude lors des élections législatives et locales du mois dernier.

Les manifestants souhaitent que le scrutin du 17 décembre soit annulé et qu’il se déroule à nouveau dans des conditions libres et équitables. Des manifestations similaires ont eu lieu plusieurs jours après les élections.

« La planète entière sait que le voleur a été surpris en train de voler », a déclaré l’opposante Marinika Tepic aux quelques milliers de manifestants.

« Il n’y a pas d’élections libres et équitables ici. Si nous abandonnons ce combat, il n’y aura plus d’élections. »

Le Parti progressiste serbe au pouvoir a été déclaré vainqueur, mais la principale alliance d’opposition, la Serbie contre la violence, affirme que les élections ont été volées, en particulier lors du vote pour les autorités de la ville de Belgrade.

Les autorités électorales serbes et les tribunaux ont rejeté les plaintes déposées par le groupe d’opposition concernant les élections.

Les observateurs internationaux ont déclaré que l’élection s’était déroulée dans des conditions injustes, notant de graves irrégularités, notamment le bourrage des urnes et l’achat de voix.

Certains observateurs électoraux locaux ont affirmé que des électeurs de toute la Serbie et des pays voisins avaient été transportés en bus pour voter à Belgrade. Les observateurs des élections locales et les partisans de l’opposition ont affirmé que des partisans populistes y étaient enregistrés à de fausses adresses.

Vucic et son parti ont qualifié ces rapports de « fabriqués ».

En décembre, les tensions sont montées en flèche lorsque la police a tiré du gaz poivré sur des manifestants qui tentaient d’entrer dans l’hôtel de ville de Belgrade et en a arrêté des dizaines.

Mardi, la foule a également allumé des bougies dans une église de Belgrade pour marquer l’assassinat, le 16 janvier 2018, d’un homme politique serbe modéré du Kosovo, Oliver Ivanovic.

Le Kosovo est une ancienne province serbe dont la déclaration d’indépendance de 2008 n’est pas reconnue par Belgrade. Le conflit reste une source de tensions dans les Balkans instables.

La Serbie cherche à adhérer à l’Union européenne mais a refusé d’imposer des sanctions à son allié traditionnel, la Russie, en partie parce que Moscou soutient les revendications de Belgrade sur le Kosovo.

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