A man carries a Palestinian flag in a the Yarmouk refugee camp in Damascus, Syria.

Jean Delaunay

L’Allemagne et la Suède arrêtent sept personnes soupçonnées d’avoir commis des crimes de guerre en Syrie

Les atrocités auraient eu lieu dans un camp de réfugiés palestiniens bouclé par le régime d’Assad.

Au moins sept personnes ont été arrêtées en Allemagne et en Suède, soupçonnées d’avoir commis des crimes contre l’humanité et des crimes de guerre en Syrie entre 2012 et 2014, ont annoncé mercredi les autorités des deux pays.

Dans le cadre d’un effort coordonné impliquant également l’agence de coopération judiciaire de l’Union européenne Eurojust, l’agence de police de l’UE Europol et plusieurs autres pays européens non identifiés, quatre des suspects ont été arrêtés en Allemagne et trois en Suède.

Le procureur fédéral allemand a déclaré que les personnes arrêtées en Allemagne étaient « fortement soupçonnées d’avoir tué ou tenté de tuer des civils ». Certaines d’entre elles étaient également soupçonnées d’avoir commis des actes de torture.

Les quatre personnes arrêtées en Allemagne sont connues uniquement sous les noms de Jihad A., Mahmoud A., Sameer S. et Wael S. et étaient affiliées au Mouvement pour la Palestine libre, une milice armée en Syrie, depuis début 2011.

Au moment où les crimes auraient été commis, la milice exerçait le contrôle du district majoritairement palestinien d’al-Yarmouk à Damas pour le compte du régime syrien, a déclaré le procureur fédéral allemand.

Le régime syrien a complètement bouclé la zone en juillet 2013, ce qui a entraîné une pénurie de nourriture, d’eau et de fournitures médicales.

Violence et abus

Les suspects auraient notamment participé à la violente répression d’une manifestation pacifique anti-gouvernementale à al-Yarmouk le 13 juillet 2012, visant spécifiquement les manifestants civils en leur tirant dessus. Six personnes ont été tuées et d’autres grièvement blessées, selon le communiqué allemand.

Le procureur fédéral allemand a affirmé que certains d’entre eux avaient également commis des abus graves et répétés contre des civils d’al-Yarmouk. Les faits se sont produits entre mi-2012 et 2014.

Dans un cas, un individu a été remis aux services de renseignements militaires syriens, qui l’auraient incarcéré et torturé. Dans un autre cas, une femme aurait été contrainte de payer avec ses bijoux de famille la libération de son fils mineur et aurait été menacée de viol.

Les procureurs allemands n’ont pas divulgué les noms de famille des suspects, conformément aux règles de confidentialité. Trois des personnes arrêtées – Jihad A., Sameer S. et Wael S. – sont des Palestiniens syriens apatrides, tandis que Mazhar J. est un ressortissant syrien.

Les quatre suspects ont été arrêtés à Berlin, à Frankenthal et près de Boizenburg, dans le sud-ouest et le nord-est de l’Allemagne. Le domicile d’un autre suspect, dont le nom n’a pas été dévoilé et qui n’a pas été arrêté, a été perquisitionné à Essen, dans l’ouest du pays.

Ils doivent être présentés devant un juge d’instruction de la Cour fédérale de justice, qui lira les mandats d’arrêt et décidera de leur placement en détention provisoire. La comparution en justice aura lieu lundi et mardi, précise le communiqué du procureur.

En Suède, le parquet n’a pas donné de détails sur les personnes arrêtées. Il a indiqué qu’une décision devait être prise avant samedi midi sur leur placement en détention ou leur libération.

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