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Milos Schmidt

Lagarde appelle à la prudence, alors que les investisseurs parient sur une baisse des taux de la BCE dans un avenir proche

Le président de la BCE a averti que l’économie européenne avait très probablement connu une stagflation au dernier trimestre 2023 et a souligné les risques d’un nouveau ralentissement économique.

La Banque centrale européenne (BCE) agit avec prudence face aux incertitudes économiques mondiales, selon la présidente Christine Lagarde. Elle a souligné que, même si le processus de désinflation est en cours, la BCE reste attachée à une approche dépendante des données et prendra des décisions réunion par réunion.

Lors de sa réunion de janvier, la BCE a maintenu ses taux d’intérêt à leur niveau actuel pour la troisième fois consécutive, conformément aux attentes du marché. Lagarde n’a indiqué aucune direction explicite concernant les futurs mouvements de taux, se concentrant plutôt sur les défis économiques actuels auxquels est confrontée la zone euro.

Perspectives de la BCE sur l’inflation, les taux d’intérêt et les perturbations commerciales

« L’économie de la zone euro a probablement connu une stagnation au dernier trimestre 2023 », a déclaré Lagarde jeudi dans son discours d’ouverture, notant que les données à court terme continuent de suggérer une faiblesse économique. Elle a également souligné les risques d’un ralentissement économique plus prononcé en raison d’impacts potentiels plus importants que prévu de la politique monétaire et d’un nouvel affaiblissement de l’économie ou du commerce mondial.

Abordant la dynamique du crédit, Lagarde a reconnu une certaine amélioration, mais a noté qu’elle restait généralement faible. Concernant l’inflation, elle a mentionné que les données récentes concordent largement avec les attentes de la BCE. La BCE prévoit une inflation moyenne à 2,7 % pour 2024, une baisse à 2,1 % en 2025 et une stabilisation à 1,9 % en 2026.

Malgré les allusions faites au Forum économique mondial de Davos sur d’éventuelles baisses des taux d’intérêt cet été, Lagarde a précisé que de telles discussions étaient actuellement prématurées.

« Nous devons aller plus loin dans le processus de désinflation », a déclaré Lagarde, ajoutant que la BCE doit être suffisamment confiante dans le fait que l’inflation atteindra effectivement son objectif en temps opportun avant de discuter de réductions de taux.

Lagarde a également fait part de ses préoccupations concernant les perturbations commerciales dans la mer Rouge, reconnaissant l’augmentation des coûts d’expédition et les retards de livraison. Elle a souligné que ces facteurs représentent un peu plus de 1,5 % du total des coûts de transport, mais a mis en garde contre des impacts plus larges sur les prix de l’énergie et des matières premières si la situation s’aggrave.

Lagarde a souligné l’importance de surveiller l’évolution des salaires, car ils jouent un rôle crucial dans l’inflation du secteur des services, qui reste constamment élevée à 4 %. Tout en reconnaissant la poursuite de la hausse des salaires, la BCE minimise actuellement la probabilité que ces hausses aient un impact secondaire sur l’inflation.

Lagarde minimise les craintes de récession, mais les marchés augmentent leurs paris sur une baisse des taux

En réponse aux questions sur une potentielle récession dans la zone euro, Lagarde a évoqué différentes définitions de la récession, rappelant le rejet par Janet Yellen des allégations de récession aux États-Unis malgré deux trimestres consécutifs de croissance négative, en raison des bons chiffres de l’emploi.

Après la réunion de la BCE, les marchés monétaires ont accru leurs paris sur des baisses de taux, avec des attentes d’une réduction de 50 points de base d’ici juin et de 140 points de base d’ici décembre 2024. L’euro s’est affaibli par rapport au dollar, en partie influencé par des taux plus forts que prévu. Croissance économique américaine au quatrième trimestre 2023.

En conclusion, Lagarde est confrontée à la tâche difficile de gérer les attentes du marché en matière de baisse des taux dans un contexte de ralentissement de l’économie de la zone euro. La BCE maintient pour l’instant sa position dépendante des données et s’engage à ramener l’inflation à 2 %. Le prochain événement clé sera la réunion de la BCE du 7 mars, où Francfort dévoilera ses nouvelles projections économiques.

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