La Grèce interdit à tous les supporters de football de participer aux matchs de Super League suite à une vague de « violence extrême »

Jean Delaunay

La Grèce interdit à tous les supporters de football de participer aux matchs de Super League suite à une vague de « violence extrême »

La répression intervient après des années d’affrontements entre ultras et forces de police, mais les partisans accusent le gouvernement de ne pas avoir résolu « un problème social profond ».

La Grèce a introduit une législation d’urgence pour interdire à tous les supporters l’accès à son principal tournoi de football, la Super League.

Athènes a annoncé jeudi la répression après l’hospitalisation dans le coma d’un jeune policier.

L’homme a été touché par une fusée éclairante lors d’affrontements entre des hooligans de l’Olympiacos et du Panathinaikos dans le quartier de Rentis de la capitale, souffrant d’hémorragies abondantes et d’un arrêt cardiaque.

En conséquence, tous les matchs qui devaient avoir lieu le week-end dernier ont été reportés.

L’interdiction totale durera au moins deux mois

La mesure prend effet immédiatement et reste en vigueur jusqu’au 12 février, mais le gouvernement n’exclut pas une prolongation.

L’interdiction concerne également les clubs de Super League alignant des équipes « cadettes » dans la Super League 2 de rang inférieur, à savoir l’AEK Athènes B et Paok B.

En annonçant ces mesures, le porte-parole du gouvernement Pavlos Marinakis a brossé un tableau inquiétant du football grec.

La dernière « attaque meurtrière contre un policier n’est pas le premier incident de violence extrême de supporters ces dernières années. Des criminels se faisant passer pour des supporters sportifs commettent des délits graves, blessant grièvement et tuant des personnes ».

De nouvelles mesures pour renforcer la sécurité et la surveillance des stades

Tous les clubs participant à la Super League devront également installer des caméras de surveillance à l’intérieur des stades et utiliser des systèmes de billetterie personnalisée qui obligeront les titulaires à présenter une pièce d’identité à l’entrée.

Les systèmes de sécurité, y compris un réseau de caméras de surveillance haute résolution à l’intérieur des stades, devraient respecter les normes fixées par l’UEFA, l’instance dirigeante du football européen.

« Déchus de nos droits ! » : les supporters protestent contre la décision du gouvernement

La violence sévit dans le football grec depuis des décennies, malgré les efforts répétés visant à réprimer les associations de supporters accusées des attentats.

Mais la dernière interdiction s’avère déjà difficile à avaler pour les fans, qui accusent le gouvernement de les pointer du doigt au lieu de réparer ses « échecs » et de s’attaquer à un « problème social profond ».

Beaucoup demandent également un remboursement pour les matchs qu’ils ne pourront pas regarder, mais cela est très peu probable étant donné la réglementation actuelle du huis clos, qui n’engage aucune responsabilité pour les clubs au cas où la décision dépendrait de la violence des supporters.

Par ailleurs, un homme de 18 ans a été interpellé et placé en garde à vue en lien avec la blessure du policier, pour faire face à des accusations de tentative de meurtre.

L’homme, qui n’a pas été identifié, a comparu lundi à une audience de mise en accusation après avoir été escorté jusqu’au tribunal menotté. Il avait jusqu’à jeudi pour préparer sa défense.

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