European Commission President Ursula von der Leyen and European Council President Charles Michel during an EU summit in Brussels, Oct. 27, 2023.

Jean Delaunay

Être (là) ou ne pas être ? Bruxelles en désaccord sur la présence de von der Leyen aux négociations clés sur l’emploi

Les dirigeants de l’UE, réunis la semaine prochaine à Bruxelles, commenceront à discuter des noms qui devraient obtenir les postes les plus élevés, y compris le poste de chef de la Commission qu’Ursula von der Leyen occupe depuis cinq ans et qu’elle aimerait prolonger pour un autre mandat.

Ursula von der Leyen devrait-elle participer à une réunion des dirigeants européens où ils discuteront de son éventuelle reconduction à la présidence de la Commission ? C’est la dernière énigme qui semble déchirer le Conseil européen et la Commission.

Les dirigeants de l’UE doivent se réunir pour un dîner informel le 17 juin pour discuter du prochain cycle institutionnel quinquennal et, surtout, de ceux qui devraient obtenir les postes les plus convoités de l’UE, tels que les prochains présidents du Conseil européen, du Parlement et de la Commission, ainsi que le prochain président du Conseil européen, du Parlement et de la Commission. Haut représentant pour les affaires étrangères et la politique de sécurité.

Ursula von der Leyen, l’actuelle chef de la Commission et principale candidate du parti de centre-droit PPE, qui a revendiqué une confortable première place aux élections européennes du week-end dernier, estime qu’elle devrait y participer.

« Nous comprenons qu’il s’agit d’un dîner informel des membres du Conseil européen dont le président de la Commission est membre et nous nous attendons donc à ce qu’elle soit présente », a déclaré lundi un porte-parole de la Commission aux journalistes.

Les dirigeants de l’UE, qui composent le reste du Conseil européen, n’en sont pas si sûrs.

Selon un diplomate européen qui s’est exprimé sous couvert d’anonymat, la plupart des 23 chefs d’État ou de gouvernement avec lesquels le président du Conseil européen Charles Michel a eu des discussions au cours de la semaine dernière pour organiser le dîner préféreraient qu’elle n’y assiste pas.

« Une grande majorité des dirigeants préfère fortement un débat à huis clos, sans la présence de candidats, afin de permettre des échanges francs », a déclaré le diplomate.

Un deuxième groupe, plus restreint, n’a exprimé aucune préférence tandis qu’un « très petit groupe » est favorable à la présence de von der Leyen, selon le diplomate.

Von der Leyen fait face à un chemin plus difficile vers la nomination

Ce n’est que la troisième fois qu’une réunion informelle de ce type est organisée pour permettre aux dirigeants de déterminer qui devrait diriger les postes les plus importants de l’UE.

Les anciens présidents de la Commission Jean-Claude Juncker et José Manuel Barroso ont assisté respectivement à celles de 2019 et de 2014, mais tous deux s’étaient déjà déclarés hors course.

Von der Leyen fait cependant activement campagne pour un second mandat de présidente de la Commission, le puissant bras exécutif de l’UE. Sous le système des spitzenkandidatenoù la candidate choisie par le parti avant les élections est censée obtenir le poste s’il obtient le plus de sièges, elle devrait obtenir le feu vert.

Le PPE a remporté 185 des 720 sièges du Parlement européen, soit près de 50 de plus que son plus proche rival, le parti de gauche Socialistes & Démocrates.

Mais la nomination proprement dite reste entre les mains des dirigeants, qui peuvent, comme ils l’ont fait en 2019, décider de ne pas respecter le système des spitzenkandidaten et retirer un nom du chapeau, ce qui aboutirait à la nomination de von der Leyen plutôt que du candidat principal du PPE, Manfred. Weber.

Parmi les noms murmurés autour de Bruxelles pour remplacer von der Leyen, qui serait tombé en disgrâce auprès du président français Emmanuel Macron, figure l’ancien Premier ministre italien et président de la Banque centrale européenne, Mario Draghi.

Obtenir la nomination des dirigeants au poste de chef de la Commission n’est que le premier obstacle. Le candidat doit ensuite être approuvé par une majorité des législateurs européens, ce que von der Leyen a obtenu en 2019 avec une faible majorité de seulement neuf voix.

Von der Leyen, dont le flirt avec les partis d’extrême droite et eurosceptiquesau cours de sa campagne n’est pas passée inaperçue auprès des alliés traditionnels pro-européens du PPE, elle pourrait avoir encore plus de mal à y parvenir cette fois-ci.

Charles Michel quittera quant à lui ses fonctions en octobre, alors qu’il atteint la limite des deux mandats consécutifs de deux ans et demi fixés par les traités pour le rôle de président du Conseil européen.

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