Von der Leyen propose une Europe à deux vitesses avant le sommet de Draghi

Jean Delaunay

Von der Leyen propose une Europe à deux vitesses avant le sommet de Draghi

Le président de la Commission a déclaré que le bloc devrait envisager une coopération entre des groupes plus petits de pays si l’unanimité n’est pas possible pour faire adopter un programme économique. Draghi a appelé à un « fédéralisme pragmatique » avant le sommet crucial.

Ursula von der Leyen a suggéré que les pays désireux de travailler sur les questions économiques devraient procéder en petits groupes si l’unanimité ne peut être trouvée avant un sommet clé axé sur le soutien de l’économie européenne coincée entre les États-Unis et la Chine.

Le chef de la Commission européenne a déclaré que l’objectif restait de faire adopter un programme économique « ambitieux » convenu par les 27 États membres, mais que si cela n’était pas possible en raison de divergences politiques, les États membres devraient se tourner vers des coalitions plus petites.

Ses commentaires interviennent après que Mario Draghi, l’une des voix les plus influentes du débat européen, ait appelé l’UE à travailler comme une véritable union et exhorté les dirigeants européens à adopter une approche fédéraliste « pragmatique » pour les projets communs allant de l’énergie à la sécurité.

« Notre ambition devrait toujours être de parvenir à un accord entre les 27 États membres », a écrit von der Leyen dans une lettre adressée lundi aux dirigeants.

« Toutefois, là où un manque de progrès ou d’ambition risque de miner la compétitivité ou la capacité d’action de l’Europe, nous ne devrions pas hésiter à utiliser les possibilités prévues dans les traités dans le cadre du renforcement de la coopération. »

Le principe de coopération renforcée permet aux États membres, à condition qu’au moins neuf pays soient d’accord, d’approfondir l’intégration sans le reste des États membres.

Les commentaires de Von der Leyen marquent un écart significatif par rapport au principe de consensus qui guide les institutions européennes et ouvre la porte à une Europe à deux vitesses.

Les dirigeants européens se réuniront jeudi pour une retraite informelle au château d’Alden Biesen.

Draghi rejoindra les 27 aux côtés de l’ancien Premier ministre italien Enrico Letta.

A l’approche de la réunion, le président du Conseil européen, António Costa, a déclaré à L’Observatoire de l’Europe que la retraite servirait à concentrer les esprits sur la mise en œuvre des rapports Draghi et Letta publiés en 2024 et à fournir des « orientations politiques claires » aux dirigeants.

Avant le sommet, un groupe de 10 pays se réunira à l’invitation de l’Allemagne, de l’Italie et de la Belgique pour établir une ligne commune. La France y participera, selon un diplomate.

Dans sa lettre, von der Leyen a déclaré que la Commission cherchait à accélérer son programme de simplification, mais a exhorté les colégislateurs du Parlement européen à être constructifs.

Elle a également écrit que l’exécutif lancerait une nouvelle initiative visant à revenir sur la « surréglementation », qui verra les États membres ajouter davantage de bureaucratie en plus des directives européennes existantes.

Les entreprises européennes critiquent depuis longtemps cette pratique, arguant qu’elle augmente les coûts et crée une confusion réglementaire pour les entreprises opérant en Europe.

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