La Commission a offert un accès anticipé à 45 milliards d’euros de financement dans le cadre du prochain budget de la politique agricole commune dès 2028 pour apaiser les agriculteurs. Alors que le soutien de la France à l’accord avec le Mercosur reste très incertain, tous les regards sont tournés vers l’Italie. Le Premier ministre Meloni a salué la proposition.
La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a promis aux agriculteurs européens un accès rapide à 45 milliards d’euros à partir de 2028 dans le cadre du prochain budget de la politique agricole commune si l’accord commercial du Mercosur est signé dans un ultime effort pour obtenir un soutien à l’accord.
Cette proposition arrive à un moment charnière pour finaliser l’accord du Mercosur, un accord commercial avec des économies régionales de poids lourds comme le Brésil et l’Argentine, pour lequel les négociations traînent depuis plus de 25 ans.
Von der Leyen a pris son engagement dans une lettre mardi alors que la France et l’Italie continuent de chercher des garanties pour leurs agriculteurs, qui craignent la concurrence déloyale des importations latino-américaines, avant un vote crucial sur l’accord vendredi à Bruxelles.
Dans son message, von der Leyen a déclaré que les 45 milliards d’euros de fonds de la PAC « garantiraient que des ressources supplémentaires soient disponibles à partir de 2028 pour répondre aux besoins des agriculteurs et des communautés rurales », dans une démarche destinée à convaincre l’Italie en faveur.
Cela représente les deux tiers du montant mis de côté jusqu’à la révision à mi-parcours du budget de l’UE 2028-2034 et s’ajoute à une réserve de 6,3 milliards d’euros déjà prévue pour faire face aux perturbations du marché.
Lors d’un sommet européen en décembre dernier, la Commission et l’Allemagne, partisane du Mercosur, ont déclaré qu’elles étaient convaincues que le Mercosur serait scellé même si aucune date n’était fixée.
Giorgia Meloni a déclaré que la signature de l’accord en décembre était prématurée, mais a fait valoir qu’elle y serait ouverte début 2026 une fois que ses préoccupations auraient été prises en compte.
Dans un communiqué publié mardi, Meloni a déclaré qu’elle saluait la proposition avancée par le commissaire « comme l’avait demandé l’Italie » pour protéger les agriculteurs européens.
Tous les regards sont tournés vers l’Italie pour décider du sort de l’accord avec le Mercosur
Von der Leyen a conclu l’accord du Mercosur en décembre 2024 avec l’Argentine, le Brésil, le Paraguay et l’Uruguay, visant à créer une zone de libre-échange outre-Atlantique.
L’accord a mis en lumière de profondes divisions au sein de l’UE.
Les États favorables, menés par l’Allemagne et l’Espagne, ont fait de gros efforts pour obtenir la signature de l’accord, tandis qu’un groupe dirigé par la France a cherché à le bloquer.
L’avenir de l’accord dépend désormais de l’Italie, dont le soutien est mathématiquement décisif. L’accord requiert une majorité qualifiée des États membres, alors qu’une minorité de blocage composée de seulement quatre pays représentant 35 % de la population de l’UE pourrait le faire dérailler.
La Commission réunit mercredi les ministres européens de l’Agriculture à Bruxelles pour discuter du financement de la PAC, ainsi que de la demande française de réciprocité dans les normes de production et de contrôles plus stricts sur les importations agricoles.
Alors que les Français se sont historiquement opposés à l’accord commercial, qui a une réputation toxique dans le pays, l’Italie est le pays à surveiller. Les indications en provenance de Rome suggèrent qu’un accord est désormais possible après la dernière ouverture de la Commission.
Les ambassadeurs des 27 États membres voteront sur l’accord vendredi. S’il est adopté, von der Leyen pourra signer l’accord en Amérique latine la semaine prochaine.



