L'UE recherche un partenariat plus étroit avec la Jordanie pour soutenir la Syrie en mettant l'accent sur le commerce et la migration

Jean Delaunay

L’UE recherche un partenariat plus étroit avec la Jordanie pour soutenir la Syrie en mettant l’accent sur le commerce et la migration

L’Union européenne cherche à approfondir ses liens avec la Jordanie, la Syrie et le Moyen-Orient en adoptant une position plus dure sur les demandes d’asile et les retours.

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, annoncera de nouveaux investissements en Jordanie lors du tout premier sommet UE-Jordanie qui se tiendra jeudi à Amman, alors que le bloc cherche à jouer un rôle stabilisateur dans une région ravagée par le conflit.

Aux côtés du chef du Conseil européen António Costa, von der Leyen rencontrera le roi Abdallah II avant de poursuivre son voyage en Syrie puis au Liban.

Pour soutenir la Jordanie, l’UE a promis 3 milliards d’euros de prêts et d’investissements, principalement consacrés au commerce, à l’énergie, à la sécurité et à la migration – une question hautement politique pour les Européens – et devrait annoncer une nouvelle série d’investissements en Jordanie lors de sa visite.

La Jordanie est un pays clé pour l’UE dans la région, où Bruxelles cherche à jouer un rôle politique plus important en tant que force stabilisatrice après les dégâts causés par les guerres en Syrie et à Gaza.

Cette visite intervient alors que l’UE cherche à mettre en œuvre une ligne plus dure en matière de migration, en mettant l’accent sur les retours et une réévaluation de sa politique d’asile. Après le déclenchement de la guerre civile en Syrie en 2011, des millions de personnes ont quitté ce pays déchiré par la guerre pour rejoindre les pays européens, beaucoup d’entre eux empruntant des routes très dangereuses.

Une décennie plus tard, alors que le pays est en transition après l’effondrement du régime d’Assad, les pays européens ont fait volte-face en matière de politique d’asile et adopté une ligne beaucoup plus dure en matière de regroupement familial.

Alors que la Syrie est en transition après la chute de Bachar al-Assad, le chancelier allemand Friedrich Merz a été parmi les premiers à suggérer que les Syriens devraient retourner dans leur pays pour le « reconstruire ».

En 2024, les pays de l’UE ont accordé un statut de protection à 437 900 demandeurs d’asile, soit une hausse de 6,9 ​​% par rapport à 2023. Les organismes internationaux affirment que même si la guerre est terminée, la situation sur le terrain reste instable et potentiellement dangereuse pour les minorités.

Focus sur les relations israélo-palestiniennes

Fervent partisan de la Palestine, la Jordanie a appelé l’UE à jouer un rôle dans la reconstruction de Gaza après l’entrée en vigueur de la première phase de l’accord de cessez-le-feu orchestré par l’administration Trump l’année dernière.

L’UE a promis 1,6 milliard d’euros pour 2025-2027 en soutien à la Palestine sous la direction de l’Autorité palestinienne.

La Jordanie, qui s’est farouchement opposée à la réinstallation forcée des Palestiniens à Gaza initialement proposée par l’administration Trump, a appelé la communauté internationale à apporter tout son soutien politique à la construction et à la reconnaissance d’un État palestinien à part entière.

Quatorze États membres de l’UE reconnaissent désormais le statut d’État palestinien, parmi lesquels l’Espagne et la France.

L’UE, aux côtés de la Ligue arabe, appelle depuis longtemps à une solution politique au conflit, réitérant que l’établissement des fondations d’un État palestinien pleinement opérationnel dans un cadre à deux États est le seul moyen de garantir la paix et la stabilité dans la région.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a qualifié la reconnaissance de prix pour le Hamas, tandis que les États-Unis sous Trump ont catégoriquement refusé de reconnaître l’État de Palestine.

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