L'icône du cinéma français Brigitte Bardot exclue de l'hommage In Memoriam aux Oscars

Jean Delaunay

L’icône du cinéma français Brigitte Bardot exclue de l’hommage In Memoriam aux Oscars

Les Oscars 2026 comportaient un long segment In Memoriam et quelques camouflets controversés, dont celui de l’actrice et chanteuse française emblématique Brigitte Bardot.

Bien que les Oscars 2026 aient présenté un long segment In Memoriam pour honorer les artistes et cinéastes décédés au cours de l’année écoulée, quelques noms de premier plan manquaient visiblement à l’hommage télévisé.

Parmi les personnes exclues figuraient James Van Der Beek, de la renommée de Dawson’s Creek, et Bud Cort, star du film culte classique de 1971, Harold et Maude. C’est l’absence de Brigitte Bardot qui a suscité le plus de controverses, certains spéculant que les opinions politiques d’extrême droite de l’actrice française au cours de sa vie ultérieure en étaient la raison.

Le segment de cette année présentait un adieu sincère de la star de Quand Harry rencontre Sally, Billy Crystal, à l’acteur et réalisateur Rob Reiner et à son épouse, la productrice Michele Reiner. Plus tard dans le segment, Barbra Streisand a chanté un extrait de son film de 1973 The Way We Were pour honorer son ami et co-star Robert Redford.

Avec le temps supplémentaire réservé pour rendre hommage à certaines icônes de l’industrie cinématographique, l’omission de Bardot était flagrante.

Bien qu’il ait été exclu de l’hommage télévisé, Bardot figurait toujours sur la longue liste In Memoriam sur le site Internet de l’Académie.

La décision de l’événement en direct d’omettre Bardot a suscité des réactions mitigées en ligne. Un utilisateur s’est adressé à X en disant : « Je suppose qu’ils ont été exclus à cause de leur politique, mais le travail de l’Académie est de se souvenir d’eux pour leurs contributions au cinéma… Moi aussi, je ne suis pas d’accord avec leur politique, mais je peux toujours les célébrer pour leurs performances à l’écran. » Un autre a répondu : « Ce n’est pas vraiment triste qu’une femme condamnée à plusieurs reprises pour discours de haine ait été exclue. »

Brigitte Bardot photographiée à l'aéroport d'Orly à Paris, France, 1965.

Brigitte Bardot photographiée à l’aéroport d’Orly à Paris, France, 1965.


Impair

Bardot n’est pas la première star française à être exclue de l’hommage in memoriam d’Hollywood. L’année dernière, l’Académie a également été critiquée pour ne pas avoir mentionné l’icône du cinéma, Alain Delon, dans son hommage in memoriam.

Comme Bardot, il a suscité la controverse avec ses opinions politiques, s’étant un jour décrit comme « macho » et admettant avoir giflé les femmes avec lesquelles il entretenait des relations.

L’acteur, surtout connu pour ses rôles dans Le Léopard (1963), Le Samouraï (1967) et La Piscine (1968), aborde également la polémique dans une interview publiée dans Le Journal du Dimanche.

« J’ai dit que j’avais giflé une femme ? Oui. Et j’aurais dû ajouter que j’ai reçu plus de gifles que j’en ai donné. De ma vie, je n’ai jamais harcelé une femme », a-t-il déclaré.

Bardot, connue sous ses initiales BB en France, a joué dans plusieurs films au cours des années 1950 et 1960 – dont Le Mépris de Jean-Luc Godard – et s’est imposée comme un sex-symbol de la Nouvelle Vague française. Elle a ensuite pris sa retraite de l’industrie cinématographique et s’est consacrée à la défense des droits des animaux. Elle est décédée en décembre dernier dans sa villa de La Madrague.

Pour certains, la place de Bardot dans l’histoire est toutefois entachée par ses opinions politiques d’extrême droite, notamment son affiliation étroite avec des membres du parti français Front National (rebaptisé Rassemblement National), ses commentaires racistes et sa position anti-immigration.

Elle a été condamnée à cinq reprises par la justice française pour incitation à la haine raciale. Dans son livre « Mon BBcédaire », publié quelques mois seulement avant sa mort, Bardot écrivait que les politiciens de droite étaient le « seul remède urgent à l’agonie de la France ».

Un hommage rendu à la star française aux Césars – l’équivalent français des Oscars – en février a été accueilli par des huées de la foule et un cri de « raciste ! », montre un clip vidéo de la cérémonie.

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