Les Republicains leader Eric Ciotti attends a media conference as in Paris, 14 March 2022

Jean Delaunay

Le leader français de centre-droit Ciotti appelle à un pacte avec l’extrême droite dans un geste surprise

Eric Ciotti, le leader des conservateurs modérés français Les Républicains, cherche à sauver son parti d’une probable défaite douloureuse lors des élections législatives anticipées du 30 juin et du 7 juillet. Pourtant, sa décision pourrait le diviser en deux.

Après que le leader des Républicains (LR), Eric Ciotti, a annoncé mardi qu’il se joindrait au Rassemblement national d’extrême droite pour les élections anticipées, les relations entre les libéraux français et ceux de centre droit se sont encore détériorées.

Ciotti, le président du parti affilié au PPE, a déclaré à la chaîne française TF1 que son parti devait créer « une alliance avec le Rassemblement national, avec ses candidats et tous ceux qui partagent les idées de droite ».

Ciotti a appelé les forces conservatrices à se rassembler et à « s’opposer à l’impuissance du macronisme et au danger de La France Insoumise », le groupe parlementaire de gauche de Jean-Luc Mélenchon.

Selon Ciotti, cette alliance pourrait être la dernière tentative des conservateurs modérés de survivre après les défaites politiques subies entre 2017 et les dernières élections électorales.

Eric Ciotti, leader des Républicains
Eric Ciotti, leader des Républicains

L’accord de droite devrait consister en un accord entre LR et le Rassemblement national (RN) de Marine Le Pen pour retirer les candidats en compétition dans les circonscriptions françaises afin de maximiser les chances de leurs députés respectifs d’obtenir les sièges pour lesquels ils se disputent.

Comme l’explique Ciotti, « les candidats prêts à accepter cette solution n’auraient pas à se présenter contre des rivaux du parti (de Le Pen) ». Dès lors, les candidats de droite modérée recevront les voix des électeurs RN.

Les Républicains vers la fracture ?

L’annonce semble avoir fracturé le LR jusqu’à présent, avec des membres actuels et anciens de haut niveau fustigeant les propos de Ciotti.

L’ancien député LR, le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin, a déclaré que Ciotti « avait signé les accords de Munich », ou l’accord de paix de 1938 entre l’Allemagne nazie, la France et d’autres.

« Il plonge la famille gaulliste dans le déshonneur en embrassant Marine Le Pen », a déclaré Darmanin dans un message sur X.

Le président du Conseil régional des Hauts-de-France, Xavier Bertrand, s’est également prononcé contre la décision de Ciotti.

« En ce qui me concerne, c’est clair : jamais le Rassemblement national. Ni aujourd’hui, ni demain, ni après-demain », a-t-il déclaré mardi X.

Ces dénonciations fermes signifient que les vétérans de LR proches de l’establishment traditionnel du parti et de l’héritage de son ancien leader Jacques Chirac seront pour la plupart réticents à rejoindre l’alliance avec Le Pen.

Toutefois, les candidats les plus jeunes pourraient être plus disposés à créer une coalition de droite, surtout après les résultats des élections européennes de dimanche.

Le LR trouve ses racines historiques dans la résistance conservatrice antifasciste du général Charles de Gaulle contre l’invasion allemande pendant la Seconde Guerre mondiale. Le parti et ses prédécesseurs, comme l’UMP de Chirac, ont été au pouvoir en France pendant une partie importante de son histoire moderne.

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