Le Hamas est à un « point de rupture », affirme Israël

Jean Delaunay

Le Hamas est à un « point de rupture », affirme Israël

Le plus haut diplomate de l’UE a mis en garde contre une situation « apocalyptique » dans la bande de Gaza.

L’armée israélienne a affirmé mardi que le Hamas était à « son point de rupture » alors que de violents affrontements poussent les civils dans des conditions humanitaires de plus en plus désastreuses.

Le groupe militant palestinien a fait état de combats dans le centre de Gaza pendant la nuit, tandis que l’agence de presse Wafa a fait état de 12 morts et de « dizaines » de blessés lors d’un raid aérien israélien sur Rafah.

De nombreuses frappes israéliennes ont visé Khan Yunis, nouvel épicentre des combats, et Rafah, à la frontière égyptienne, où se massent désormais des dizaines de milliers de personnes fuyant les violences.

« Le Hamas est à son point de rupture, l’armée israélienne reprend ses derniers bastions », a déclaré lundi soir le ministre israélien de la Défense Yoav Gallant.

« Le fait que les gens se rendent… accélère notre succès. C’est ce que nous voulons : avancer rapidement », a déclaré le chef d’état-major de l’armée, Herzi Halevi.

Il a ajouté que les forces israéliennes « intensifiaient » leurs opérations dans le sud tout en consolidant leurs positions dans le nord.

« Situation apocalyptique pour les civils »

La situation à laquelle sont confrontés les civils à Gaza est « apocalyptique », a averti lundi le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell.

Il a comparé l’ampleur des destructions dans l’enclave palestinienne à « plus ou moins, voire plus grande » que celles subies par l’Allemagne pendant la Seconde Guerre mondiale.

Plus de la moitié des maisons de Gaza ont été détruites ou endommagées par la guerre, selon l’ONU. Quelque 1,9 million de personnes ont également été déplacées, soit 85 % de la population.

« De plus en plus de gens n’ont pas mangé depuis un jour, deux jours, trois jours… Les gens manquent de tout », a déclaré le directeur de l’UNRWA, Philippe Lazzarini.

Selon le Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires, les déplacés de Rafah « sont confrontés à des conditions désastreuses, dans des endroits surpeuplés, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur des abris ».

« Nous sommes allés de Gaza à Khan Yunis, puis nous avons été transférés à Rafah. Cette nuit-là, ils ont bombardé la maison et l’ont détruite. Ils ont dit que Rafah serait un endroit sûr. Il n’y a pas d’endroit sûr », Oum Mohammed al-Jabri, 56 ans, a déclaré à l’AFP.

Il a perdu sept de ses 11 enfants pendant la guerre.

Appels à davantage d’aide humanitaire

L’ONU et les organisations humanitaires ont exhorté Israël à laisser entrer davantage d’aide dans la bande de Gaza, au milieu de la situation désespérée à laquelle sont confrontés les civils.

Les autorités israéliennes ont déclaré vouloir contrôler les camions humanitaires entrant et sortant du territoire.

La guerre entre Israël et le Hamas, qui est entrée mardi dans son 67e jour, a été déclenchée par l’attaque sanglante du Hamas le 7 octobre contre le sud d’Israël.

Quelque 1 200 personnes, pour la plupart des civils, ont été tuées lors de cette attaque de choc, au cours de laquelle environ 240 personnes ont été kidnappées et emmenées à Gaza.

Une trêve désormais expirée a permis la libération de 100 otages, dont 137 restent en captivité.

Plus de 18 200 personnes ont été tuées dans les bombardements israéliens à Gaza, dont une grande majorité de femmes et d’enfants, selon les autorités palestiniennes. L’armée israélienne a fait état d’une centaine de morts dans ses rangs.

L’année 2023 a été marquée par des violences sans précédent contre les Palestiniens en Cisjordanie et à Gaza, avant même le dernier déclenchement des combats.

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