Bruxelles s’apprête à sévir contre la surcapacité chinoise qui inonde le marché européen, malgré les menaces de représailles de Pékin.
La Commission européenne a confirmé mercredi à L’Observatoire de l’Europe que le chef du commerce de l’UE, Maroš Šefčovič, rencontrerait son homologue chinois, l’envoyé commercial Li Chenggang, en marge d’une réunion ministérielle de l’OCDE à Paris jeudi.
Cette visite intervient alors que les relations UE-Chine restent tendues, Bruxelles cherchant à lutter contre la surcapacité chinoise et à s’attaquer à un déficit commercial record de 359,9 milliards d’euros avec Pékin.
Après que l’UE a dévoilé la loi sur l’accélération industrielle et la loi sur la cybersécurité, qui pourraient exclure les entreprises chinoises du marché européen, la Chine a menacé de représailles, alimentant les craintes d’une guerre commerciale entre les deux partenaires commerciaux.
Les tensions se sont encore intensifiées la semaine dernière lorsque les commissaires européens se sont réunis pour discuter de la stratégie du bloc à l’égard du géant asiatique.
« L’état actuel des relations commerciales et d’investissement n’est pas durable », a déclaré la Commission dans un communiqué à l’issue de la réunion.
Un responsable européen a déclaré à L’Observatoire de l’Europe qu’une majorité des commissaires avaient convenu de renforcer les outils de défense commerciale de l’UE pour aider à contrer la Chine. Des propositions seront faites aux dirigeants européens lors de leur sommet du 18 juin.
Cependant, les États membres restent divisés sur la politique chinoise de l’UE. Un document officieux signé par la France, l’Italie, l’Espagne, les Pays-Bas et la Lituanie appelle à une utilisation plus rapide des droits de douane et des quotas sur les importations menaçant les secteurs industriels de l’UE, la Chine étant la principale cible. L’idée est de rétablir des règles du jeu équitables face aux pratiques commerciales chinoises que beaucoup en Europe qualifient d’inéquitables.
Parmi les pays qui adoptent une ligne différente figure l’Allemagne, dont la politique est de préserver l’accès au marché chinois pour ses entreprises, même si elle est confrontée à un profond déficit commercial.
Dans le même temps, la Commission a déclaré qu’elle poursuivrait ses contacts avec la Chine. Selon certaines informations, le ministre du Commerce Wang Wentao pourrait se rendre à Bruxelles les 28 et 29 juin, mais cette visite n’a pas encore été confirmée publiquement.


