Le chanteur clame toujours son innocence, affirmant qu’il « n’a jamais cherché à contraindre qui que ce soit à un acte sexuel », tout en déclarant qu’il « ne remet pas en question les sentiments des femmes ».
La pression monte sur le chanteur et acteur français Patrick Bruel, alors que les témoignages de femmes remettant en cause son comportement se multiplient depuis trois mois.
La star fait désormais l’objet de trois enquêtes en France et en Belgique pour des faits présumés de viols et de violences sexuelles entre 1991 et 2019.
Ces réclamations font l’objet de quatre plaintes en région parisienne, en plus de celle déposée la semaine dernière par la présentatrice de télévision française Flavie Flament.
Plaintes initiales
L’affaire a éclaté en mars, lorsque le média Médiapart a partagé les récits de huit femmes (source en français) accusant Bruel de violences sexuelles, deux d’entre eux ont porté plainte respectivement pour viol et tentative de viol.
La première plainte concerne des événements qui se seraient déroulés en 1997, en marge d’un festival français à Acapulco, au Mexique, alors que la plaignante, Daniela Elstner, directrice générale d’Unifrance, était âgée de 26 ans. Son avocate, Jade Dousselin, affirme que son client « décrit deux épisodes distincts ».
_ »_Un premier épisode dans un taxi où elle a été agressée sexuellement, puis un autre épisode dans un bungalow où elle a été violée. Cela a été évité grâce au courage dont elle a fait preuve ce jour-là, en criant et en réussissant à s’enfuir », a-t-elle expliqué.
Bien que ces actes soient désormais prescrits par le Code de procédure pénale (source en français) – qui fixe un délai de prescription de 20 ans après le « jour où le délit a été commis » pour les accusations de viol – Jade Dousselin « espère qu’il y aura des audiences car c’est important qu’on puisse » entendre son client.
Quant à la deuxième plainte, selon Mediapart, elle concerne des événements remontant à « octobre 2012, en marge du Festival du film britannique de Dinard, où Patrick Bruel présidait le jury ».
Ces premières déclarations en ont entraîné d’autres, et les témoignages se sont multipliés ces derniers mois. Pas moins de 30 femmes ont désormais accusé le chanteur de violences sexuelles, via Médiapart, ELLE (source en français) et la presse belge.
Liberté d’expression
Deux nouvelles plaintes ont été déposées contre Patrick Bruel mardi dernier.
La première plaignante, masseuse âgée de 29 ans au moment des faits, accusait le musicien d’agression sexuelle lors d’une séance dans un hôtel-spa de la région de Perpignan en 2019.
La seconde a porté plainte pour « tentative de viol », affirmant que le chanteur avait tenté de la forcer à pratiquer une fellation lors d’un entretien à son domicile en 2010.
Ces deux femmes avaient déjà porté plainte en 2019 et 2020, mais les enquêtes avaient ensuite été classées sans suite, faute de preuves.
Selon Iris Biehler, l’avocat des plaignants, ceux-ci « ont été renforcés dans leur démarche par les témoignages d’autres victimes dont ils ont entendu parler dans la presse ces dernières semaines ».
« Ils veulent protéger d’autres femmes et espèrent que les actes qu’elles ont subis ne resteront pas impunis », a déclaré l’avocat sur BFMTV.
La procureure de la République de Paris, Laure Beccuau, a indiqué dimanche sur RTL que les quatre plaintes contre Patrick Bruel « seront regroupées au parquet de Nanterre, compétent en raison du domicile du chanteur ».
Le musicien de 67 ans, présumé innocent, nie fermement ces allégations et affirme n’avoir « jamais cherché à contraindre qui que ce soit à un acte sexuel », tout en déclarant qu’il « ne remet pas en cause les sentiments des femmes ».
Flavie Flament porte plainte pour viol
Outre ces quatre plaintes, la présentatrice TV Flavie Flament a publié vendredi un message sur Instagram annonçant qu’elle « portait plainte contre Patrick Bruel pour viol » en relation avec des événements survenus en 1991, alors qu’elle avait 16 ans.
Flavie Flament écrit : « Pour que la vérité éclate, pour que justice soit faite, pour que les gens ne détournent plus le regard, je joins ma voix à celle d’autres femmes qui s’expriment en France, en Belgique et au Canada.
Au moment de mettre sous presse, la plainte de Flavie Flament avait été déposée auprès du premier juge d’instruction de Paris, mais le parquet n’en avait pas encore été formellement informé.
Par l’intermédiaire de ses avocats, Christophe Ingrain et Céline Lasek, Patrick Bruel a affirmé n’avoir « jamais drogué Flavie Flament, et ne l’avoir jamais forcée à avoir des relations sexuelles ».
« Patrick Bruel a rencontré Flavie Flament dans les années 1990, et ils ont eu à l’époque une relation épisodique. Leurs échanges sont restés amicaux depuis (…). Flavie Flament l’a également invité à plusieurs émissions qu’elle présentait, ce qui est en totale contradiction avec son récit d’aujourd’hui », précisent les avocats.
« Je l’ai vu »
Dimanche, de nouveaux témoignages sont toutefois venus renforcer les accusations portées contre Patrick Bruel.
Dans un commentaire Instagram publié en réponse à un message de la réalisatrice Andréa Bescond, l’ancienne Miss France Valérie Bègue a déclaré qu’elle n’avait « absolument aucun doute » sur la véracité du témoignage de Flavie Flament.
« Il était président du jury lors de mon élection (Miss France 2007). Je l’ai vu. Je n’en doute absolument pas. Je crois toutes les femmes qui ont eu le courage de s’exprimer. Et j’encourage les autres », a-t-elle écrit.
Suite à cette vague de nouveaux témoignages, le parquet de Nanterre a également décidé de rouvrir l’enquête contre le chanteur pour une agression sexuelle commise en 2015.
La victime, alors âgée de 19 ans, affirme avoir été embrassée de force et pénétrée numériquement par Patrick Bruel. La plainte, déposée en 2022, a été classée sans suite malgré un « dossier d’enquête extrêmement léger », selon l’avocate de la plaignante, Myriam Guedj Benayoun.


