L'ancien leader séparatiste corse Alain Orsoni abattu lors des funérailles de sa mère

Milos Schmidt

L’ancien leader séparatiste corse Alain Orsoni abattu lors des funérailles de sa mère

Alain Orsoni, 71 ans, ex-dirigeant du FLNC et ancien président du club de football de l’AC Ajaccio, a été tué par un tireur embusqué lors des funérailles de sa mère à Véro.

Alain Orsoni, ancien leader séparatiste corse et ex-président du club de football de l’AC Ajaccio, a été tué lundi par un tireur embusqué alors que les personnes en deuil se rassemblaient lors des funérailles de sa mère dans le village de Véro.

Orsoni, 71 ans, a été touché par une seule balle dans la poitrine vers 16h30 après l’enterrement, selon les autorités.

Le procureur d’Ajaccio, Nicolas Septe, a précisé que le tir était venu de loin, à plusieurs centaines de mètres. « Il a été touché au cœur par un seul coup, une frappe à longue distance », a déclaré Septe à la presse française.

Le père Roger Polge, qui présidait les funérailles, a déclaré à France 3 Corse ViaStella avoir entendu un coup de feu pendant le deuil et Orsoni est tombé mort. « Que se passe-t-il chez nous ? dit-il.

Orsoni était venu du Nicaragua, où il vivait, pour assister aux funérailles de sa mère dans son village natal, à environ 30 kilomètres au nord d’Ajaccio.

Le Parquet national contre la délinquance organisée – le nouveau tribunal français destiné principalement à traiter les affaires de trafic de drogue, de traite des êtres humains, de proxénétisme et de vol à main armée – a repris l’enquête lundi soir, marquant sa première mission depuis son lancement le 5 janvier.

Le greffe travaille avec le tribunal interrégional spécialisé de Marseille. Les enquêteurs ont ouvert une enquête pour assassinat en bande organisée et association de malfaiteurs.

Liens de football et intérêts de jeu

Orsoni est devenu l’un des dirigeants du Front de libération nationale de la Corse (FLNC) dans les années 1980 après l’assassinat de son frère Guy, également militant séparatiste, en 1983.

Il fonde le Mouvement pour l’autodétermination (MPA) en 1990 à la suite d’une scission au sein du mouvement nationaliste corse. Les opposants l’ont surnommé le « Mouvement pour les affaires commerciales ».

Il a été élu à l’assemblée territoriale de Corse en 1986, représentant le Mouvement corse pour l’autodétermination.

Orsoni a fui la Corse en 1996 lors de violents conflits internes au sein du mouvement nationaliste. Il a vécu 13 ans en exil en Floride, au Nicaragua et en Espagne, où il avait des intérêts commerciaux dans le secteur des jeux de hasard.

Il revient en Corse en 2008 et devient président de l’AC Ajaccio, succédant après son décès à son ami Michel Moretti. La même année, la police a déjoué un complot d’assassinat contre lui impliquant des membres du gang criminel « Petit Bar ».

Orsoni a été président du club de 2008 à 2015 et à nouveau en 2022 lorsque le club est revenu en Ligue 1. Le club a été relégué en 2023 en raison de difficultés financières et exclu de toutes les compétitions nationales pour 2025-26. Il quitte la présidence en septembre 2024.

Son fils Guy, né en 1984 et du nom de son oncle assassiné, est considéré comme une figure marquante du crime organisé corse.

Guy Orsoni a été condamné en mai 2025 à 13 ans de prison pour avoir tenté d’assassiner Pascal Porri, membre présumé du gang du Petit Bar, en 2018. Guy Orsoni lui-même a survécu à une tentative d’assassinat en septembre 2018.

DOSSIER : Des policiers à la recherche d'indices après l'assassinat du nationaliste corse Antoine Nivaggioni à Ajaccio, Corse, le 18 octobre 2010

DOSSIER : Des policiers à la recherche d’indices après l’assassinat du nationaliste corse Antoine Nivaggioni à Ajaccio, Corse, le 18 octobre 2010


L’assassinat d’Alain Orsoni est l’un des assassinats les plus marquants en Corse depuis l’assassinat de l’avocat Antoine Sollacaro en 2012. Sollacaro avait été l’avocat d’Orsoni.

Son assassin a été condamné à 30 ans de prison en décembre, mais le cerveau présumé, Jacques Santoni, soupçonné de diriger le gang du Petit Bar, est toujours en liberté.

Une rivalité existe depuis des années entre le clan Orsoni et l’organisation criminelle Petit Bar.

Même si le séparatisme armé en Corse s’est largement atténué, le nationalisme politique reste influent dans la politique de l’île, les partis pro-autonomie dominant désormais l’assemblée territoriale de l’île.

Le gouvernement français a accordé à la Corse un statut administratif spécial au début des années 2000 et a élargi son autonomie lors de réformes ultérieures, même si les revendications d’une plus grande autodétermination persistent parmi des segments de la population de l’île, qui compte environ 350 000 habitants.

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