La Grèce dévoile des archives photographiques de la Seconde Guerre mondiale documentant les exécutions de prisonniers nazis à Athènes

Jean Delaunay

La Grèce dévoile des archives photographiques de la Seconde Guerre mondiale documentant les exécutions de prisonniers nazis à Athènes

Le ministère grec de la Culture a acheté les archives après qu’un collectionneur privé ait tenté de vendre le matériel en ligne. Athènes a maintenant annoncé son intention de numériser les photographies et de les étudier dans le cadre des archives historiques de l’occupation nazie.

Le ministère grec de la Culture a dévoilé de nouvelles archives de photographies de la Seconde Guerre mondiale, comprenant des images rares documentant l’exécution de 200 prisonniers communistes grecs par les forces nazies à Athènes en 1944.

Connues sous le nom de Collection Heuer, les archives comprennent 262 photographies, 16 documents et quatre billets de banque historiques de la période de l’occupation allemande de la Grèce.

Treize des photographies sont liées à l’exécution au champ de tir de Kaisariani le 1er mai 1944.

Les prisonniers ont été exécutés par les forces d’occupation allemandes en représailles au meurtre d’un général allemand par des résistants grecs. Cet événement est devenu l’une des représailles les plus connues pendant l’occupation nazie de la Grèce.

Image montrant les 200 prisonniers lors de leur transfert vers le site d'exécution de Kaisariani, Athènes

Image montrant les 200 prisonniers lors de leur transfert vers le site d’exécution de Kaisariani, Athènes


Les images ont été prises par Hermann Heuer, un soldat allemand de la Wehrmacht stationné en Grèce entre 1943 et 1944.

Les archives ont fait surface le mois dernier lorsqu’un collectionneur belge a proposé le matériel à la vente sur une plateforme d’enchères en ligne. Le ministère grec de la Culture a acheté la collection pour 100 000 €, transférant ainsi la propriété à l’État grec.

L’acquisition a fait suite à un processus d’authentification effectué par une équipe d’experts, qui s’est rendue à deux reprises en Belgique pour examiner le matériel et évaluer sa signification historique.

Le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis a fait référence à la collection dans un message publié sur les réseaux sociaux, affirmant que la Grèce détenait désormais les archives photographiques documentant l’exécution à Kaisariani.

Il a décrit ces documents comme une preuve de l’occupation nazie et de la résistance du peuple grec pendant la Seconde Guerre mondiale.

Mitsotakis a déclaré que le ministère de la Culture avait agi rapidement pour sécuriser les archives avant qu’elles n’entrent sur le marché international.

Il a ajouté qu’il avait personnellement visionné le matériel et que le message des personnes exécutées à Kaisariani était lié à la défense d’une Grèce libre et démocratique.

Le Premier ministre a également suggéré que des copies des photographies pourraient être fournies aux familles des personnes exécutées afin qu’elles puissent faire partie de la mémoire historique collective du pays.

Les 200 prisonniers peu avant leur exécution au champ de tir de Kaisariani à Athènes le 1er mai 1944.

Les 200 prisonniers peu avant leur exécution au champ de tir de Kaisariani à Athènes le 1er mai 1944.


La Grèce prévoit des archives photographiques nationales

Lors de la présentation de la collection, le ministère de la Culture a également annoncé la création d’une Archives photographiques nationales.

La nouvelle bibliothèque formera une section distincte au sein des Archives nationales des monuments et sera connectée aux bases de données patrimoniales existantes du ministère de la Culture.

Selon le ministère, les archives comprendront des collections photographiques liées à l’histoire grecque moderne.

Parmi eux se trouvent des photographies de l’ancien domaine royal de Tatoi, des archives documentant les mouvements de réfugiés au cours du XXe siècle et du matériel photographique des archives historiques du service archéologique.

Numérisation et recherche historique à suivre

Le ministère de la Culture a classé les photographies comme monuments historiques.

Leur gestion comprendra la conservation, la protection, la documentation scientifique et la présentation publique.

La première étape implique la préservation du matériel et la numérisation de l’ensemble des archives photographiques. Des copies numériques pourront ultérieurement être mises à la disposition des chercheurs et des institutions sous certaines conditions.

Les recherches historiques sur la collection ont été confiées à la Fondation nationale hellénique de recherche dans le cadre d’un accord de programme avec le gouvernement.

La recherche vise à identifier les individus, les lieux et les dates apparaissant sur les photographies et à replacer le matériel dans le contexte historique de l’occupation allemande de la Grèce.

Une des photos incluses dans la collection Heuer

Une des photos incluses dans la collection Heuer


Des archives mettent en lumière l’occupation nazie

Les chercheurs affirment que les archives fournissent des éléments précieux pour étudier la présence des forces allemandes en Grèce pendant la Seconde Guerre mondiale.

Les photographies représentent à la fois des aspects de la vie militaire et des scènes liées à la violence de l’occupation.

Un intérêt particulier réside dans le fait que les photographies semblent faire partie d’un album personnel conservé par un soldat de la Wehrmacht. Certaines images combinent des scènes d’activités militaires avec des moments quotidiens de la vie des soldats.

Selon les chercheurs, ces documents reflètent également le système de propagande plus large de l’Allemagne nazie, qui encourageait les soldats et les unités de propagande à documenter les opérations militaires et la vie quotidienne à travers la photographie pendant la guerre.

Laisser un commentaire

10 − huit =