A woman holds a Georgian national and an EU flags while protesting

Jean Delaunay

La Géorgie devrait abandonner la loi sur « l’influence étrangère », selon le Conseil de l’Europe

La plus grande organisation européenne de défense des droits de l’homme affirme que la Géorgie devrait abroger une loi sur « l’influence étrangère » qui a déclenché des protestations massives, alors que le gouvernement tente d’étouffer la dissidence.

La Géorgie devrait abroger sa loi controversée sur « l’influence étrangère », selon la Commission de Venise du Conseil de l’Europe.

La loi, que le parlement géorgien a approuvée en dernière lecture la semaine dernière, obligerait les médias et les ONG à s’enregistrer comme « agents étrangers » s’ils reçoivent plus de 20 % de leur financement de l’étranger.

Elle a déclenché des protestations massives, au milieu des craintes que la loi ne soit utilisée pour restreindre la liberté de la presse et les voix de l’opposition. Une législation similaire a été utilisée par le Kremlin pour étouffer les voix de l’opposition, ce qui a conduit les critiques géorgiens à la surnommer « la loi russe ».

La Commission de Venise a déclaré mardi que l’adoption de la loi par le gouvernement « ne laissait aucune place à un véritable débat et à une consultation significative, au mépris flagrant des préoccupations d’une grande partie du peuple géorgien ».

« Cette manière de procéder ne répond pas aux exigences européennes d’une législation démocratique », ajoute-t-il.

Le gouvernement géorgien affirme que le projet de loi est nécessaire pour endiguer ce qu’il considère comme une influence étrangère néfaste sur la politique du pays et pour empêcher des acteurs étrangers non spécifiés de tenter de le déstabiliser.

Les manifestants auraient été confrontés à de fortes violences de la part de la police à Tbilissi, la capitale géorgienne.

L’UE a constamment dénoncé cette loi, affirmant qu’elle pourrait compromettre les ambitions géorgiennes d’adhérer au bloc, devenu candidat à l’UE en décembre.

Mais le syndicat n’a pas évoqué de représailles ou de conséquences explicites sur le processus d’adhésion.

Un sondage publié l’année dernière a montré que 89 % de la population géorgienne soutient l’adhésion à l’UE et 80 % soutient l’adhésion à l’OTAN.

Dans la même enquête, 87 % des personnes interrogées ont désigné la Russie comme la plus grande menace politique et économique.

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