La France lance Orion 26, son plus grand exercice militaire depuis la guerre froide

Jean Delaunay

La France lance Orion 26, son plus grand exercice militaire depuis la guerre froide

Orion 26 mobilise 12 500 soldats, 25 navires et 140 avions alors que la France et 24 alliés répètent une guerre de haute intensité en Europe face aux menaces russes croissantes.

La France a entamé dimanche son plus grand exercice militaire depuis la guerre froide, déployant 12 500 soldats au cours d’un exercice de trois mois destiné à se préparer à une guerre de haute intensité en Europe.

L’exercice Orion 26, qui se déroule jusqu’au 30 avril, impliquera 25 navires dont le porte-avions Charles de Gaulle, 140 avions, 1 200 drones et des forces de 24 pays.

Le ministère français des Armées a qualifié Orion 26 d’« événement majeur dans la préparation opérationnelle française aux scénarios de haute intensité » visant à préparer les forces à « des situations complexes dans des environnements multiples, variés et contestés ».

L’exercice est basé sur un scénario fictif impliquant deux pays appelés Arnland et Mercury, directement inspiré de la menace russe en Europe.

Dans le scénario, Mercure, État expansionniste, s’oppose à son voisin Arnland, que Mercure cherche à déstabiliser pour empêcher son rapprochement avec l’Union européenne.

La France dirige une coalition internationale pour défendre Arnland contre l’augmentation des actions hybrides et du soutien des milices soutenues par Mercury.

Atterrissages et contre-attaques simulés

L’exercice débutera par une simulation d’atterrissage amphibie et aérien en Bretagne, avec environ 700 militaires et 100 véhicules déployés près de Quiberon dans le Morbihan les 20 et 21 février.

Un hélicoptère français Caracal survole une base militaire à Orléans, dans le centre de la France, le jeudi 16 janvier 2020. (Ludovic Marin/Pool Photo via AP)

Un hélicoptère français Caracal survole une base militaire à Orléans, dans le centre de la France, le jeudi 16 janvier 2020. (Ludovic Marin/Pool Photo via AP)


A partir d’avril, l’exercice sera placé sous commandement de l’OTAN pour tester la capacité des armées européennes à travailler ensemble.

L’exercice fait appel à trois brigades, 2 150 véhicules tactiques et 40 hélicoptères, ainsi qu’à des composantes de cyberguerre et de guerre spatiale.

Les forces françaises et de l’OTAN simuleront des déploiements en terrain découvert, lanceront des contre-attaques et franchiront des obstacles naturels, notamment la Seine et l’Aube, avec des tirs réels.

L’exercice vise à tester la capacité de la France à diriger une coalition multinationale et à garantir le fonctionnement efficace des chaînes de transmission et de logistique lors de combats de haute intensité.

Le ministère français des Armées a déclaré que cet exercice était particulièrement important « dans un contexte où l’implication dans un conflit de haute intensité pourrait devenir une réalité ».

L’exercice comprend également une formation des réservistes français de toutes les forces armées, ainsi que des exercices de cyberguerre sur réseaux virtuels et dans l’espace.

Soldats français et alliés lors d'un briefing.

Soldats français et alliés lors d’un briefing.


Le Japon, la Suisse, le Maroc et les États-Unis font partie des pays alliés de la France qui participent aux exercices.

Cet exercice intervient alors que le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, a averti que la Russie pourrait attaquer l’alliance d’ici cinq ans.

« Nous sommes la prochaine cible de la Russie », a déclaré Rutte, alors que les opérations de guerre hybride attribuées à la Russie se multiplient à travers l’Europe tandis que l’invasion à grande échelle de l’Ukraine entre dans sa quatrième année.

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