Eurovues. La souveraineté du Venezuela n’est pas négociable – et la France devrait se réarmer

Jean Delaunay

Eurovues. La souveraineté du Venezuela n’est pas négociable – et la France devrait se réarmer

L’arrestation du dirigeant vénézuélien Nicolás Maduro suscite de sérieuses inquiétudes car la souveraineté n’est pas négociable et il est donc urgent pour des pays comme la France de se réarmer et de se concentrer sur la sécurité, écrit le député du Rassemblement national français Sébastien Chenu dans un article d’opinion pour L’Observatoire de l’Europe.

Le poète français Jean de La Fontaine a écrit dans Le Loup et l’Agneau que « la raison du plus fort est toujours la meilleure ».

Il ne faut pas se faire d’illusions : Nicolás Maduro n’a rien d’un agneau. Et accuser Donald Trump d’être un loup, comme le fait la gauche, est un peu trop facile.

Les crises les plus graves surviennent lorsque la légalité et la légitimité d’une action ne concordent pas.

Du point de vue du droit international, l’action entreprise par les États-Unis est illégale. Néanmoins, sa légitimité peut être remise en question.

Plus que le trafic de drogue pour lequel Maduro et son épouse viennent d’être inculpés – et pour lesquels ils devront répondre devant la justice américaine – le président vénézuélien était avant tout un tyran dont la chute a ravi des millions de personnes.

Le Rassemblement national ne s’est jamais abstenu de dénoncer le dictateur idolâtré par une partie de la gauche française.

Mais l’arrestation de Maduro, en violation de l’intégrité territoriale du Venezuela, ne peut que susciter de sérieuses inquiétudes. Inquiétudes, car la souveraineté ne se négocie pas !

Concentrez-vous sur nos propres intérêts

Sans souveraineté, il n’y a pas d’État. La France le sait bien, sa souveraineté étant foulée aux pieds depuis des décennies par une Union européenne toujours plus éloignée des peuples et des nations. « L’Europe, c’est la paix », nous disent ad nauseam les euro-enthousiastes.

Mais quand le glaive, plus que la paix, fait trembler notre époque, la France ne peut compter que sur elle-même. Il est urgent de se réarmer et, avant tout, de penser à notre propre sécurité.

La sécurité et la souveraineté ne peuvent être assurées que par une politique de défense ambitieuse. L’augmentation de notre budget dans ce domaine – plus de 6,5 milliards d’euros en 2026 – est bien trop faible.

Pour rappel, en 1960 la part du PIB consacrée à la défense était de 6,1 %. Cette année, il est estimé à 2,06%.

Que représentent ces quelques milliards et ces quelques points de pourcentage à une époque aussi violente que la nôtre, où le monde entier se réarme ?

Mais la France ne connaît pas seulement l’épée. Il connaît aussi la plume. Aux côtés de grands capitaines, elle a également produit de brillants diplomates, des hommes qui, tout au long de l’histoire, ont su faire entendre la voix singulière de la France sur la scène internationale.

Notre siège au Conseil de sécurité de l’ONU, ainsi que notre dissuasion nucléaire, doivent nous permettre de tracer notre propre voie. Nous devons reprendre l’initiative en matière diplomatique et nous concentrer uniquement sur nos intérêts nationaux.

Pour paraphraser Charles de Gaulle : la France n’a pas d’amis, elle n’a que des intérêts.

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