« La peine de mort n’a jamais rendu une société plus sûre », a déclaré Macron lors d’un discours prononcé au neuvième Congrès mondial contre la peine de mort.
Le président français Emmanuel Macron s’est prononcé mardi contre une augmentation mondiale du nombre d’exécutions lors d’un discours prononcé lors du neuvième Congrès mondial contre la peine de mort.
« La peine de mort reste encore, dans de nombreuses régions du monde, une réalité », a déclaré Macron lors d’une audience à la Maison de la Radio à Paris. « Le nombre d’exécutions effectuées l’année dernière a atteint son plus haut niveau depuis 1981, avec 2 707 personnes exécutées par les autorités dans seulement 17 pays ».
Parmi les pays qui appliquent encore la peine de mort, la Chine, l’Iran, l’Arabie saoudite et l’Irak ont procédé au plus grand nombre d’exécutions en 2024, selon les chiffres de l’ONG Ensemble contre la peine de mort, organisatrice du congrès.
L’année dernière, au moins 1 639 personnes ont été exécutées en Iran, selon l’ONG iranienne des droits de l’homme – le plus grand nombre d’exécutions dans le pays depuis 1989.
Macron a également profité de son discours pour souligner sa « préoccupation » face aux « démarches entreprises au Sahel et en Israël par certaines parties » pour faire adopter une législation visant à autoriser la peine de mort.
En mars, le parlement israélien a adopté un projet de loi approuvant la peine de mort pour les Palestiniens reconnus coupables de terrorisme, tandis que la junte militaire au pouvoir au Burkina Faso a annoncé le rétablissement de la peine capitale en décembre dernier.
« La peine de mort n’a jamais rendu une société plus sûre »
Macron a salué la récente abolition de la peine de mort en Zambie et au Zimbabwe, ainsi que les réformes visant à réduire le recours à la peine capitale dans d’autres pays depuis le dernier Congrès mondial contre la peine de mort à Berlin en 2022.
« Ces décisions nous rappellent qu’aucun peuple n’est définitivement lié par le sort à la peine de mort et que l’abolition n’est pas un idéal lointain », a déclaré le président français, ajoutant que cette abolition « n’a jamais été une évidence ».
Il a également rejeté l’idée selon laquelle la peine de mort pourrait avoir un effet dissuasif sur la criminalité.
« La peine de mort n’a jamais rendu une société plus sûre », a-t-il déclaré. « Jamais, car elle n’a pas d’effet dissuasif. C’est fou. Cela a été démontré, observé et mesuré. La peine de mort n’a jamais eu l’effet dissuasif que voudraient lui attribuer certaines autorités, souvent autoritaires, qui la défendent ».
Alliance mondiale pour les droits de l’homme
Lundi, à la veille du congrès, le ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot a rencontré le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Volker Türk.
Selon le ministère des Affaires étrangères, le ministre a rappelé lors de cette rencontre « l’engagement de la France en faveur de la promotion et de la protection des droits de l’Homme partout dans le monde ».
« Il a réaffirmé son plein soutien au travail du Haut-Commissariat, à Genève et sur le terrain, pour documenter les violations des droits de l’homme, lutter contre l’impunité et assurer la mise en œuvre effective du droit international des droits de l’homme », a indiqué le ministère.
Barrot a également salué le lancement par Türk de l’Alliance mondiale pour les droits de l’homme.
« Face aux atteintes au multilatéralisme, à l’ordre international et aux droits de l’homme dans leur dimension universelle, la France s’engagera dans cette initiative pour promouvoir des actions concrètes en faveur des droits fondamentaux, de la dignité humaine et de l’Etat de droit », a déclaré le ministère des Affaires étrangères.



