FILE - Police officers stand by a searched property in Frankfurt during a raid against so-called

Jean Delaunay

Début du procès du complot d’extrême droite du « Reichsbürger » en Allemagne

Le prince autoproclamé Heinrich XIII, un juge et d’anciens officiers militaires auraient projeté de renverser violemment le gouvernement allemand.

Les dirigeants présumés d’un complot extrémiste visant à renverser le gouvernement allemand ont été jugés mardi, au milieu d’un intérêt médiatique et politique massif.

L’affaire – qui a choqué le pays fin 2022 – implique plus de deux douzaines de suspects et 260 témoins et devrait se poursuivre jusqu’en 2025.

Face aux juges du tribunal de Francfort se trouvent le soi-disant prince Heinrich XIII, un agent immobilier aristocratique que le groupe aurait prévu d’installer comme nouveau dirigeant de l’Allemagne, et sa petite amie russe.

Les autres suspects font partie du mouvement Reichsbürger, ou « Citoyens du Reich ».

Le groupe a comploté pour restaurer l’Empire allemand avant la Première Guerre mondiale et « éliminer par la force l’ordre étatique existant » avec Heinrich XIII comme nouvel empereur.

Birgit Malsack-Winkemann, juge et ancienne députée du parti d’extrême droite Alternative pour l’Allemagne, et d’anciens officiers militaires allemands sont d’autres suspects de premier plan dans le complot présumé.

Les procureurs affirment que le groupe avait prévu de prendre d’assaut le Reichstag à Berlin avec un soutien armé, d’arrêter des législateurs et de montrer à la télévision allemande le chancelier Olaf Scholz enchaîné. Ils espéraient gagner le soutien du public pour leur coup d’État.

Les conspirateurs auraient eu l’intention de négocier un accord post-coup d’État avec la Russie, selon les procureurs. Ils affirment que le prince Henri XIII, 72 ans, a tenté de contacter des responsables russes en 2022 pour obtenir le soutien de Moscou. On ne sait pas si la Russie a répondu.

DOSSIER - des policiers masqués conduisent Heinrich XIII Prince Reuss, à droite, à un véhicule de police lors d'un raid contre les soi-disant « citoyens du Reich » à Francfort, en Allemagne, le 7/12/23.
DOSSIER – des policiers masqués conduisent Heinrich XIII Prince Reuss, à droite, à un véhicule de police lors d’un raid contre les soi-disant « citoyens du Reich » à Francfort, en Allemagne, le 7/12/23.

La plupart des accusés sont accusés d’appartenance à une organisation terroriste, tandis que le prince Heinrich et un autre suspect, un ancien parachutiste, seraient les meneurs du groupe, ont indiqué les procureurs.

Un palais de justice temporaire spécial a été construit pour accueillir le grand nombre d’accusés, d’avocats et de médias impliqués dans l’affaire.

Vingt-six suspects seront jugés. Il y en avait 27 au départ, mais un homme est décédé avant le procès.

La menace d’extrémisme d’extrême droite grandit en Allemagne

Les conspirateurs disposaient d’environ 500 000 € et d’un arsenal de 380 armes à feu et près de 350 armes blanches, ainsi que de gilets pare-balles et de menottes.

Les procureurs affirment qu’ils avaient dressé des « listes d’ennemis » à utiliser lors de la prise de pouvoir des autorités régionales et locales.

Les membres du groupe étaient « conscients que la prise de pouvoir prévue serait liée au meurtre de personnes », ont-ils ajouté.

Des forces de police lourdement armées ont arrêté le groupe en décembre 2022, prenant d’assaut des maisons, des officiers et un pavillon de chasse isolé. Les enquêteurs les surveillaient depuis des mois.

Les responsables allemands ont averti que les extrémistes d’extrême droite constituaient la plus grande menace pour la sécurité du pays.

Cette menace a été mise en évidence par l’assassinat d’un homme politique régional et une tentative d’attaque contre une synagogue en 2019.

Un an plus tard, des extrémistes d’extrême droite ont participé à une manifestation contre les restrictions liées au COVID-19 et ont tenté – sans succès – d’entrer au parlement de Berlin.

En janvier, un rapport selon lequel des extrémistes se sont réunis pour discuter de l’expulsion de millions d’immigrés, dont certains possédant la nationalité allemande, a déclenché des manifestations massives contre la montée de l’extrême droite.

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