L’amende de 256 millions d’euros infligée en décembre par l’autorité antitrust italienne a lourdement pesé sur les résultats du troisième trimestre de l’exercice en cours.
Ryanair a fait état d’une forte baisse de ses bénéfices au troisième trimestre de son exercice clos en décembre.
Les comptes de la compagnie aérienne irlandaise ont été particulièrement mis à mal par une amende imposée par l’autorité antitrust italienne.
Le bénéfice après impôts s’est élevé à 30 millions d’euros, en baisse de plus de 80 % par rapport aux 149 millions d’euros un an plus tôt.
Ceci malgré une augmentation annuelle du nombre de passagers au cours du trimestre, d’un total de 44,9 millions à 47,5 millions.
En décembre, la compagnie à bas prix a été condamnée par l’autorité antitrust italienne à payer une amende de 256 millions d’euros pour « abus de position dominante » et pour entrave aux activités des agences de voyages et des intermédiaires.
Selon l’organisme de surveillance, Ryanair a poursuivi « une stratégie complexe » visant à « bloquer, entraver ou rendre plus difficile… l’achat de vols sur ryanair.com lorsqu’ils sont combinés avec des vols opérés par d’autres transporteurs et/ou d’autres services de tourisme et d’assurance ».
L’autorité a spécifiquement expliqué que la compagnie aérienne avait agi en trois étapes.
Premièrement, elle a introduit des procédures de reconnaissance faciale pour les personnes ayant acheté des billets via un tiers, pénalisant ainsi les activités des intermédiaires.
Il a ensuite « bloqué totalement ou par intermittence les tentatives de réservation des agences de voyages sur son site », notamment en bloquant des moyens de paiement ou en supprimant des comptes.
Enfin, début 2024, Ryanair a imposé aux agences de voyages en ligne des accords de partenariat interdisant la vente de vols Ryanair en combinaison avec d’autres transporteurs, étendant ensuite cela aux agences physiques. L’organisme de surveillance a constaté que Ryanair bloquait par intermittence les réservations et menait une campagne de communication agressive contre les agences qui n’avaient pas signé ses accords.
L’année dernière seulement, la compagnie aérienne a introduit des modifications techniques qui ont permis « le rétablissement de conditions de concurrence adéquates », facilitant ainsi la vente des vols Ryanair par des tiers.
Ryanair a fait appel de l’amende italienne, la qualifiant de « sans fondement ».
Des prévisions optimistes
Malgré la perte du troisième trimestre, la compagnie aérienne a déclaré qu’elle s’attend à ce que le trafic au cours de l’exercice 2026 augmente de 4 %, pour atteindre environ 208 millions de passagers.
Il est également précisé que les coûts ne devraient augmenter que modestement, grâce aux livraisons de nouveaux avions et aux couvertures contre les fluctuations du prix du carburant, qui devraient permettre de compenser certaines dépenses appelées à augmenter.
Ryanair prévoit que les tarifs dépasseront de 1 à 2 points de pourcentage la précédente prévision de croissance de 7 %, ce qui se traduira par un bénéfice annuel avant impôts compris entre 2,13 et 2,23 milliards d’euros.
Après les retards de livraison de Boeing l’année dernière, la compagnie aérienne a également fait état de progrès importants sur ce front. Ryanair a reçu la quasi-totalité de ses Boeing 737 Max-8 et s’attend à ce que les livraisons du Max-10 commencent l’année prochaine.
Vers 11 heures du matin à Dublin, les actions de Ryanair avaient chuté d’environ 2 %.



