Elham Etemadi

Jean Delaunay

« Romantique et joyeuse » : une nouvelle exposition vibrante de l’artiste iranien Elham Etemadi s’ouvre à Lyon

Chaque pièce narrative invite le spectateur à découvrir des merveilles ancrées dans la patrie du créateur. Aux couleurs vives et lumineuses inspirées des marchés traditionnels et des tapis iraniens, ces scènes dynamiques ornent désormais les murs de la galerie Philippe Bettan à Lyon.

La galerie Philippe Bettan de Lyon, en France, a inauguré une nouvelle exposition présentant les œuvres du jeune peintre iranien Elham Etemadi, organisée par la directrice artistique Aida Mojallal.

Etemadi, qui a exposé son art dans des galeries du monde entier, trouve ses peintures inconsciemment influencées par les changements et les événements survenus dans son pays natal.

« Dans mes œuvres, le subconscient se révèle à travers des symboles, des techniques superposées, des compositions où parfois les femmes tiennent le rôle central », explique-t-elle. « Cette problématique n’a pas toujours été directement et explicitement présente dans mes œuvres, mais je ne peux pas dire qu’elle n’ait pas eu une influence indirecte et inconsciente. »

Titulaire d’un doctorat en arts visuels de l’Université de Strasbourg, Etemadi réfléchit à l’impact de l’Iran sur son art : « La patrie influence toujours les aspects visuels des œuvres de tout peintre, comme la langue maternelle ; de la palette de couleurs, aux formes, à la composition et à la narration. dans mes œuvres. Le monde que je veux définir est influencé par la culture narrative de notre pays, qui a toujours joué un rôle central dans mes œuvres. Les couleurs et les images des tapis iraniens et des marchés traditionnels se manifestent dans mon travail.

Elham Etemadi, Peintre
Elham Etemadi, Peintre

Aida Mojallal, directrice artistique franco-iranienne de la galerie Philippe Bettan, décrit le travail d’Etemadi comme « romantique et joyeux, avec une combinaison artistique qui captive l’œil ».

Elle raconte avoir découvert l’art d’Etemadi auprès d’un autre artiste en Suisse et avoir été immédiatement impressionnée par son originalité et sa profondeur narrative.

« Ses œuvres, souvent à grande échelle, illustrent une recherche visuelle d’équilibre utilisant des formes géométriques et des espaces vides pour guider le regard », explique Mojallal.

La galerie Philippe Bettan, anciennement connue sous le nom d’« Alain Georges », est depuis 47 ans l’une des galeries les plus importantes de l’est de la France.

Philippe Bettan, directeur et propriétaire de la galerie, s’était principalement concentré sur les œuvres traditionnelles post-impressionnistes et impressionnistes avant de collaborer avec Mojallal.

« Grâce à Aida, avec qui je collabore depuis six mois, j’explore la diversité des peintures au-delà de mon domaine habituel », dit-il.

Philippe Bettan, directeur de la galerie
Philippe Bettan, directeur de la galerie

Mojallal commente également les perspectives différentes des publics orientaux et occidentaux sur l’art : « Certaines personnes sont sensibles aux codes traditionnels du pays. D’autres rejettent les marqueurs d’identité liés aux origines, à l’ethnicité ou à la religion. Chaque personne regarde une œuvre d’art. l’art à travers le prisme de leur propre expérience et de leur parcours.

Elle souligne que les émotions et l’éducation culturelle façonnent la perception de l’art.

Coupes budgétaires et élections européennes

Plus tôt cette année, le ministre français de l’Économie, Bruno Le Maire, a annoncé une réduction de 204 millions d’euros du budget culturel du pays, affectant principalement le secteur de la « création artistique ». Cette réduction, qui s’inscrit dans le cadre d’une réduction budgétaire plus large de 10 milliards d’euros décidée par le président Emmanuel Macron, s’est heurtée à d’importantes réactions de la part des militants culturels, qui ont accusé Macron de sacrifier l’art et la culture.

Aida Mojallal, directrice artistique et conservatrice
Aida Mojallal, directrice artistique et conservatrice

Mojallal reconnaît l’intention derrière ces coupes budgétaires, notant : « il n’y a toujours pas de clarté sur la question. Sans une décision claire, je ne peux pas donner mon opinion personnelle. L’objectif, je le sais, est d’allouer les fonds publics plus efficacement et de reconnaître et réexaminer la situation. »

Alors que la communauté culturelle attend avec impatience les prochaines élections européennes, on peut espérer que le programme « Europe créative » de l’UE apportera un soutien financier accru. Dotée d’un budget de 2,44 milliards d’euros pour 2021-2027, « Europe créative » vise à renforcer la diversité culturelle et à soutenir les secteurs créatifs.

Mojallal ajoute : « Europe créative (a) investi dans des actions qui renforcent la diversité culturelle et répondent aux besoins et défis de la culture et des secteurs créatifs. Conformément à l’article 164 de la loi de finances pour 2024, le montant de la contribution de la France au budget de l’Union européenne est de évalué à 21,609 milliards d’euros, le Parlement européen pourrait donc allouer des fonds supplémentaires pour soutenir les initiatives d’éducation artistique dans les États membres, notamment en France, qui est le deuxième contributeur.

L’exposition d’Elham Etemadi à la galerie Philippe Bettan se poursuit jusqu’au 13 juin.

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