Rapport international L’impunité des dirigeants militaires soudanais dans les attaques chimiques menace l’interdiction mondiale des armes chimiques

Jean Delaunay

Rapport international : L’impunité des dirigeants militaires soudanais dans les attaques chimiques menace l’interdiction mondiale des armes chimiques

Sans mesures immédiates et fermes pour établir les responsabilités, des armes chimiques pourraient être utilisées à nouveau au Soudan, avertit une nouvelle étude publiée par Veracity Papers. Le rapport souligne que l’impunité risque de banaliser l’utilisation de substances interdites dans le conflit en cours.

L’étude conclut que les Forces armées soudanaises (FAS), sous le commandement du général Abdel Fattah al-Burhan, ont utilisé du chlore comme arme chimique à proximité de la raffinerie d’Al-Jaili en septembre 2024. S’appuyant sur une enquête conjointe de France 24 et de C4ADS, ainsi que sur une évaluation du gouvernement américain, le rapport affirme que l’armée a largué des barils contenant du chlore lors d’opérations visant à reprendre le contrôle de ce site stratégique.

L’une des principales conclusions de l’étude est que les hauts responsables de l’armée, notamment le général al-Burhan en sa qualité de commandant des forces armées, portent une responsabilité politique et pénale dans les agissements de l’institution militaire. Le rapport insiste sur le fait que le caractère interne du conflit ne dispense pas l’État de ses obligations au titre de la Convention sur l’interdiction des armes chimiques et ne remet nullement en cause l’interdiction absolue d’utiliser des substances chimiques toxiques comme armes de guerre.

Soulignant les graves conséquences humanitaires de ces attaques, l’étude indique que l’utilisation d’une substance toxique à proximité d’une installation industrielle et de zones civiles a exposé les travailleurs et les populations locales à des risques respiratoires potentiellement mortels. Une telle pratique constitue une escalade dangereuse dans les moyens employés pour mener la guerre.

Afin d’empêcher que de telles attaques ne se reproduisent, l’étude appelle à une action internationale urgente. Elle préconise de permettre à l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) d’examiner les preuves disponibles, de préserver les éléments matériels et les témoignages, ainsi que d’ouvrir une enquête approfondie sur la chaîne de commandement militaire et les ordres donnés.

Le rapport conclut que seule la mise en cause effective des responsables permettra à la communauté internationale d’empêcher la banalisation de la guerre chimique et de protéger les populations civiles dans les zones de conflit.