Quatre trafiquants de drogue à Marseille jugés pour avoir torturé un enfant dealer "indépendant"

Jean Delaunay

Quatre trafiquants de drogue à Marseille jugés pour avoir torturé un enfant dealer « indépendant »

« Ils m’ont traité pire qu’un animal », raconte le jeune homme qui a été battu, brûlé et forcé de sniffer de la cocaïne par des trafiquants de drogue.

Quatre personnes sont jugées depuis vendredi aux assises d’Aix-en-Provence pour le lynchage d’un jeune trafiquant de drogue en août 2019 à Marseille.

L’adolescent a été kidnappé et torturé pendant la nuit, certaines parties de son corps étant brûlées au chalumeau.

Mathieu, un vendeur de drogue indépendant de 16 ans – ce n’est pas son vrai nom – a été attaqué par un réseau de trafiquants de drogue organisés à Marseille qui revendiquent le monopole de tout le commerce illicite dans la région.

Les auditions mettront en lumière le silence imposé par les trafiquants sur l’ensemble du 3e arrondissement de Marseille, l’un des plus pauvres de Marseille.

En novembre 2022, l’un des tortionnaires de Mathieu, jugé par le tribunal pour enfants, est condamné à 10 ans de prison pour enlèvement et séquestration accompagnés de tortures et d’actes barbares. Mathieu l’avait identifié comme celui qui l’avait forcé à prendre de la cocaïne.

Seul un des quatre accusés a admis avoir été battu mais a affirmé n’avoir « rien à voir avec ce qui s’est passé par la suite ». Tous les quatre risquent la prison à vie.

« Ils m’ont traité comme un animal »

Mathieu a commencé à vendre de la drogue après avoir quitté le foyer d’aide à l’enfance dans l’espoir de gagner 500 euros par jour en 2019, quelques jours avant le lynchage. Il a été recruté dans le réseau des trafiquants de drogue après son arrivée dans le quartier des Micocouliers, l’un des nombreux points de vente de drogue de la ville.

La police l’a arrêté peu de temps après, mais Mathieu a réussi à cacher 15 grammes de cocaïne et 10 barres de haschisch sous un arbre. Il a été placé par le tribunal de la jeunesse dans un foyer en attendant son retour à Chartres, accompagné d’un éducateur, mais il s’est enfui quelques jours plus tard.

Il a récupéré la drogue cachée et a tenté de la revendre en « indépendant », sans l’autorisation des responsables de ce haut lieu du trafic à Marseille.

Dénoncé par un jeune gardien, il a été immédiatement encerclé et frappé à coups de poing et de barre de fer, puis emmené dans une cave abandonnée, où vivaient les membres du réseau de trafic de drogue.

« Ils m’ont traité pire qu’un animal », raconte Mathieu, qui a alors été complètement nu, attaché à une chaise avec un câble électrique, puis battu et brûlé une quarantaine de fois avec une cigarette. « Dans la cave, il y avait beaucoup de monde, ils m’ont frappé, ils m’ont fait sniffer de la coca. »

En pleine nuit, alors qu’il avait les yeux bandés, deux « adultes » lui ont annoncé qu’il « allait mourir », provoquant une panique qui a failli conduire Mathieu à se suicider.

« Ils m’ont brûlé les parties génitales. Je pense que c’était un chalumeau parce que j’avais les yeux bandés, j’ai senti de l’air et un grand feu. J’ai crié de douleur », a-t-il déclaré. Il a admis avoir tenté de se suicider en s’étouffant avec le chiffon que ses geôliers lui avaient mis dans la bouche pour échapper à la douleur insupportable.

Le verdict est attendu vendredi 15 septembre.

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