A protest in Brussels, 2008. Although licenced under EU law, public sentiment has led most member states to ban GM crops.

Jean Delaunay

Poussée de dernière minute pour un accord sur la déréglementation « radicale » des OGM

La Belgique est déterminée à conclure un accord sur de nouvelles règles sur les OGM au cours des derniers jours de sa présidence du Conseil de l’UE, mais les groupes verts exhortent les gouvernements à changer de cap.

La Belgique espère parvenir cette semaine à un accord intergouvernemental sur de nouvelles règles pour les cultures génétiquement modifiées (OGM), tandis que des groupes verts et des scientifiques ont averti que les propositions en discussion équivalaient à une libéralisation dangereuse.

Le développement de nouvelles techniques précises d’édition du génome (NGT) au cours des 20 années qui ont suivi l’entrée en vigueur de la directive OGM actuelle a incité la Commission européenne à proposer l’année dernière une refonte réglementaire qui traite une « catégorie » de plantes génétiquement modifiées nouvellement définie comme globalement équivalente aux cultures conventionnelles.

Les diplomates devraient se réunir demain (26 juin) pour discuter d’une proposition de compromis visant à surmonter les réticences de certains États membres, notamment la Pologne, quant à l’autorisation accordée aux sociétés de biotechnologie de breveter de telles plantes et de bénéficier d’un monopole de marché au détriment des agriculteurs.

La proposition belge, vue par L’Observatoire de l’Europe, signifierait que seules les nouvelles techniques (procédés) de modification génétique pourraient être brevetées – pas leurs produits, mais les plantes elles-mêmes. Il conserve également un amendement antérieur qui interdirait le brevetage de toute plante conçue pour résister aux herbicides.

Mais cela pourrait ne pas suffire à empêcher des monopoles efficaces sur les nouvelles variétés de cultures, préviennent les militants.

Sans modification du droit européen des brevets, les entreprises pourraient « toujours… revendiquer le monopole des ressources biologiques, même si les revendications sur les plantes NGT étaient retirées », selon l’organisme de surveillance des OGM TestBiotech, qui a suivi le processus de près et a écrit aux délégations nationales. avant la réunion clé de mercredi.

L’ONG allemande est l’un des 17 groupes environnementaux et d’agriculture biologique qui ont appelé les États membres de l’UE à rejeter le règlement NGT et à discuter à la place d’une proposition de l’Agence française de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses), selon laquelle toutes les plantes génétiquement modifiées seraient rester soumis à la directive OGM en vigueur.

Selon la proposition de l’Anses, la directive serait modifiée de manière à ce qu’« une évaluation des risques étape par étape puisse être utilisée pour réellement accélérer la prise de décision », affirme l’ONG, répondant à une critique clé des règles existantes.

Selon Testbiotech, la proposition présentée par le gouvernement belge signifierait « une déréglementation encore plus radicale des usines de NGT » que celle présentée par l’exécutif européen. « Cela augmenterait considérablement le nombre d’altérations génétiques autorisées dans les plantes NGT sans nécessiter une évaluation des risques », a-t-il déclaré.

La Belgique devrait céder le mois prochain la présidence tournante du Conseil de l’UE à la Hongrie. Si les diplomates s’accordent sur une position commune sur la proposition, celle-ci devra encore être approuvée par les ministres, et les négociations finales avec le Parlement européen – qui a finalisé son mandat de négociation en avril – commenceraient probablement à l’automne.

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