Quelque 48 000 des quelque 60 000 personnes qui ont traversé illégalement la frontière vers Ceuta depuis vendredi matin ont déjà été renvoyées au Maroc, Madrid ayant condamné ce passage massif comme une « attaque » contre sa souveraineté.
Plus de la moitié des 60 000 migrants entrés dans l’enclave espagnole de Ceuta depuis vendredi matin ont déjà été renvoyés au Maroc, selon le ministère espagnol de l’Intérieur cité par les médias locaux.
L’estimation couvre la période allant jusqu’à 13 heures, heure locale, vendredi, ce qui signifie que ce nombre devrait augmenter à mesure que les retours se poursuivent. Les médias locaux ont également rapporté qu’au moins 67 personnes étaient mortes alors qu’elles tentaient de nager du Maroc à Ceuta.
Cette arrivée massive a bouleversé les autorités espagnoles et les citoyens espagnols dans la ville autonome, qui compte un peu moins de 83 000 habitants. Ces dernières arrivées s’ajoutent aux 1 500 à 2 000 migrants déjà arrivés à Ceuta ces derniers jours.
L’Espagne et le Maroc ont convenu jeudi d’accélérer le retour des migrants entrés irrégulièrement dans l’enclave.
La réponse de Madrid
L’ampleur de ces arrivées a incité le gouvernement espagnol à déployer l’armée pour contribuer à renforcer la sécurité à Ceuta. Le Premier ministre Pedro Sánchez s’est rendu vendredi dans l’enclave, accompagné du ministre de l’Intérieur Fernando Grande-Marlaska.
S’exprimant depuis Ceuta, Sánchez a qualifié les passages massifs de « violation de l’intégrité territoriale de l’Espagne », ajoutant qu’ils « méritent notre plus ferme condamnation ».
La ministre de la Défense, Margarita Robles, a également exhorté les migrants à ne pas risquer le voyage. « Ne vous laissez pas tromper par les réseaux de trafiquants », a-t-elle déclaré. « Le résultat sera un retour, conformément à la loi espagnole. »
Dans la nuit, des affrontements ont éclaté entre la police marocaine et des centaines de personnes qui tentaient toujours de rejoindre Ceuta. Vendredi, des migrants tentaient toujours d’entrer dans l’enclave espagnole en contournant à la nage le brise-lames de Tarajal, près du principal poste frontière entre le Maroc et Ceuta.


