Orbán a offert son soutien à Poutine, comparant son aide à celle d’une souris aidant un lion dans une fable hongroise bien connue, selon une transcription d’une conversation téléphonique obtenue par l’agence de presse Bloomberg.
Le Premier ministre Viktor Orbán aurait offert au président russe Vladimir Poutine son amitié et son aide, notamment en organisant des pourparlers de paix à Budapest, lors d’un appel téléphonique l’année dernière, ajoutant ainsi aux inquiétudes concernant les liens de la Hongrie avec Moscou.
La nouvelle a été rapportée pour la première fois mardi par l’agence de presse américaine Bloomberg, citant une transcription d’un appel bilatéral du gouvernement hongrois en octobre 2025.
« Hier, notre amitié a atteint de tels sommets que je suis prêt à vous aider de toutes les manières possibles », aurait déclaré Orbán, ajoutant : « Je suis à votre disposition pour toute question où je peux vous aider. »
Lors de l’appel, Orbán a fait référence à une fable hongroise dans laquelle une souris libère un lion pris dans un filet parce que le lion avait autrefois épargné la vie de la souris.
Selon le procès-verbal, Poutine a ri de cette comparaison.
Bloomberg rapporte que l’appel consistait en grande partie en échanges sur un ton diplomatique, comprenant des références à l’ancien président américain Donald Trump.
Orbán et Poutine avaient tous deux parlé la veille à Trump d’un éventuel sommet à Budapest pour accueillir un sommet visant à mettre fin à la guerre en Ukraine, ce qui n’a finalement pas eu lieu.
Orbán aurait déclaré à Poutine que leur amitié s’était renforcée depuis leur première rencontre à Saint-Pétersbourg en 2009. « Plus nous avons d’amis, plus nous avons de possibilités de tenir tête à nos adversaires », a-t-il déclaré. Il a également regretté de ne pas pouvoir rencontrer Poutine en personne aussi régulièrement qu’avant la pandémie de coronavirus.
Poutine aurait salué l’approche « souveraine et flexible » de la Hongrie dans la guerre en Ukraine et se serait demandé pourquoi la politique centriste d’Orbán suscitait la controverse.
Ingérence électorale russe
À l’approche des élections très disputées de dimanche en Hongrie, des rapports ont souligné les relations croissantes de Moscou avec le gouvernement hongrois, à la recherche d’un allié au sein des structures de l’UE et de l’OTAN, capable d’influencer les sanctions et les décisions.
Le ministre des Affaires étrangères Péter Szijjártó a été mis sous surveillance le mois dernier après que des informations ont suggéré qu’il avait partagé des détails confidentiels de réunions de l’UE avec le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov, notamment lors de réunions. Szijjártó a nié les échanges qui ont eu lieu lors des réunions, mais il a admis avoir informé son homologue russe avant et après.
Le plus haut diplomate européen de l’UE, Kaja Kallas, a dénoncé son comportement, affirmant qu’un ministre hongrois devrait travailler dans l’intérêt de l’Union européenne, et non de ses rivaux, tandis que le Premier ministre polonais Donald Tusk a déclaré que ses actions étaient une « honte ».
En mars, des informations suggéraient qu’un groupe de travail du Kremlin avait été envoyé en Hongrie pour soutenir Orbán, bien que l’ambassade de Russie à Budapest ait nié ces affirmations.
Le Financial Times a ensuite fait état d’une campagne de désinformation soutenue par le Kremlin, présentant Orbán comme un leader fort et le candidat de l’opposition Péter Magyar comme une « marionnette de Bruxelles ».
Le Washington Post a également affirmé que les services de renseignement russes auraient proposé une fausse tentative d’assassinat contre Orbán pour influencer les élections, même si celles-ci n’ont pas eu lieu. Le dirigeant hongrois a toutefois déclaré que les Ukrainiens l’avaient menacé, lui et sa famille, sous la surveillance du président ukrainien Volodymyr Zelensky.


