Cet incident a attisé les tensions entre l’extrême droite et l’extrême gauche à l’approche des élections municipales de mars et de l’élection présidentielle de l’année prochaine.
Les autorités françaises ont arrêté neuf suspects pour la mort d’un militant d’extrême droite français à Lyon, a annoncé le procureur de la ville du sud-est.
Parmi les personnes arrêtées se trouvait un assistant de Raphaël Arnault, député du parti d’extrême gauche La France Insoumise (LFI). Arnault a réagi en disant qu’il renvoyait l’assistant.
Quentin Deranque, 23 ans, est décédé des suites d’un grave traumatisme crânien après avoir été agressé par au moins six personnes la semaine dernière en marge d’une manifestation d’extrême droite contre l’eurodéputée Rima Hassan, qui s’exprimait lors d’un événement à Sciences Po Lyon.
L’incident a intensifié les tensions entre l’extrême droite et l’extrême gauche françaises alors qu’elles se préparent aux élections municipales de mars et à la présidentielle de 2027.
Nemesis, un groupe anti-immigration qui se décrit comme un protecteur des femmes occidentales contre la violence, a déclaré que Deranque était présent à la manifestation pour assurer la sécurité de ses membres.
Nemesis a imputé cet assassinat à La Jeune Garde, un groupe de jeunesse antifasciste cofondé en 2018 à Lyon par le militant d’extrême gauche Raphaël Arnault avant son élection au Parlement.
De son côté, le gouvernement a accusé LFI d’avoir alimenté les violences qui ont conduit à la mort de Deranque.
« C’est manifestement l’ultra-gauche qui l’a tué », a déclaré le ministre français de la Justice Gérald Darmanin.
Une vidéo, prétendument de l’attaque, montre une douzaine de personnes en frappant trois autres gisant au sol, dont deux parviennent à s’échapper.
Mardi après-midi, l’Assemblée nationale française a observé une minute de silence en l’honneur de Quentin Deranque, avec une marche commémorative prévue samedi prochain à Lyon.
Le jeu des reproches politiques continue
Alors que des responsables gouvernementaux ont blâmé LFI et La Jeune Garde, le procureur de Lyon a refusé de répondre à ces allégations lundi, confirmant seulement que l’affaire était traitée comme un homicide volontaire et des voies de fait graves.
La Jeune Garde, dissoute en juin, a nié tout lien avec les « événements tragiques ».
Jean-Luc Mélenchon, triple candidat à la présidentielle et probable candidat à 2027, a rejeté les allégations selon lesquelles son parti, LFI, était en faute.
Le député LFI et cofondateur de La Jeune Garde, Raphaël Arnault, s’est dit horrifié par cette tuerie.
De son côté, la triple candidate à la présidentielle du Rassemblement national d’extrême droite Marine Le Pen a condamné les « barbares responsables de ce lynchage ».
Alors que la Constitution interdit au président Emmanuel Macron de briguer un troisième mandat en 2027, Jordan Bardella, du Rassemblement national d’extrême droite, est actuellement en tête de la course pour lui succéder, selon de récents sondages d’opinion.


