Mobilité urbaine : les scooters électriques sont-ils la réponse aux problèmes de mobilité urbaine ?

Jean Delaunay

Mobilité urbaine : les scooters électriques sont-ils la réponse aux problèmes de mobilité urbaine ?

Une interdiction de location de trottinettes électriques entre en vigueur vendredi à Paris. Mais certains experts estiment que l’on n’en fait pas assez pour chercher des moyens de remplacer les déplacements en voiture par des modes de transport plus durables.

La mobilité urbaine en Europe est un domaine en développement rapide qui implique à la fois les secteurs public et privé, explique Peter Staelens, expert en mobilité urbaine de l’ONG Eurocities.

L’interdiction de louer des scooters électriques à Paris est exceptionnelle car elle est le résultat d’un référendum public en avril. Les habitants ont voté à près de 90 % en faveur d’une interdiction, même si le taux de participation a été décevant (7,5 %).

Selon Staelens, les fabricants de scooters électriques sont bien conscients que ces véhicules suscitent la controverse partout où ils opèrent. La plupart des plaintes portent sur la sécurité, le stationnement illégal et l’utilisation dangereuse et illégale des scooters. Il est donc logique que les gouvernements locaux prennent des mesures plus importantes pour contrôler leur utilisation.

Staelens estime qu’il existe de nombreuses contradictions entre les différents objectifs des acteurs du secteur. Les entreprises privées se concentrent sur le profit et l’attraction de clients, tandis que les autorités locales ont des objectifs de service public.

C’est ce que recherche chaque ville d’Europe : remplacer les déplacements en voiture par des modes de transport plus durables, mais pour l’instant, le partage de données et les informations fondées sur des preuves sont encore en cours d’affinement.

Pierre Staëlens

Eurocités

Paris n’est pas la première ville à interdire les trottinettes électriques. À Copenhague, une interdiction a été introduite en 2020 avant que les scooters électriques ne soient autorisés à reprendre la route, mais dans des conditions plus strictes.

Staelens estime qu’il est nécessaire de faire preuve de plus de transparence de la part des entreprises qui exploitent des scooters électriques dans les villes. Il estime que davantage de données sont nécessaires sur la durabilité de l’utilisation de ces véhicules et services, ainsi que sur leur sécurité et les avantages qu’ils apportent.

« Ils (les sociétés exploitantes) disposent de toutes sortes de capteurs pour voir où sont garés les scooters électriques, où ils sont utilisés, comment ils sont utilisés, s’ils respectent les règles fixées par les autorités locales. Ils peuvent imposent également certaines restrictions, voire un système de récompense pour une utilisation appropriée. Je suppose qu’ils ont également le pouvoir de bloquer certains utilisateurs ou de restreindre l’utilisation des scooters électriques aux personnes abusives », dit-il.

Selon Staelens, les autorités doivent également introduire davantage de mesures réglementaires.

La meilleure façon de mieux contrôler l’utilisation des scooters électriques est d’introduire une sorte de système de licence pour garantir que ces services sont utilisés de manière durable. Et nous avons de nombreux exemples de villes à travers l’Europe qui ont introduit un tel système de licence.

Pierre Staëlens

Eurocités

Certains experts en mobilité urbaine qualifient les scooters électriques de « motorisation des piétons », car l’objectif principal du secteur des transports est de soulager la pression sur les routes et de réduire les émissions. La marche reste cependant le moyen de déplacement le plus écologique et le plus sain.

« Une question importante que nous devons nous poser est de savoir si les scooters électriques conduisent à un passage de l’utilisation de la voiture individuelle à un mode plus respectueux de l’environnement. Par exemple, combien de trajets en voiture les scooters électriques ont-ils remplacés ? Nous savons que c’est le cas pour les transports publics et « Les vélos, ils entraînent une transition vers des modes de transport plus actifs et durables. Pour les scooters électriques, cette image n’est pas encore claire », explique Staelens.

Les autorités des villes européennes ont commencé à accorder davantage d’attention aux piétons, à leur confort et à leur sécurité, d’autant plus que les conditions météorologiques extrêmes les ont récemment obligées à prendre cette question plus au sérieux.

L’année dernière, 400 000 personnes ont utilisé des trottinettes électriques à Paris. Après l’entrée en vigueur de l’interdiction, la Mairie de Paris prévoit de développer les services de location de vélos dans la ville.

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