Marine Le Pen accuse Macron de « coup d'État administratif »

Martin Goujon

Marine Le Pen accuse Macron de « coup d’État administratif »

PARIS — La dirigeante d’extrême droite française Marine Le Pen a accusé mardi le président français Emmanuel Macron de se précipiter pour nommer de hauts responsables dans ce qu’elle considère comme une prise de pouvoir.

« C’est une sorte de coup d’Etat administratif », a déclaré mardi Marine Le Pen sur la radio France Inter, faisant référence à des informations de presse selon lesquelles Macron bâclait plusieurs nominations clés de haut rang au sein de la fonction publique du pays, y compris à des postes importants de l’Union européenne.

« Quand vous voulez contrer le vote des électeurs, les résultats des élections, en nommant des gens de votre propre chef, pour qu’ils vous empêchent, au sein de l’Etat, de mener la politique que veulent les Français… J’appelle cela un coup d’Etat administratif », a déclaré Marine Le Pen.

Il s’agit là du dernier épisode d’une lutte en cours entre le camp de Macron et le Rassemblement national au sujet des pouvoirs du président, le parti d’extrême droite estimant qu’il devrait appartenir au prochain gouvernement de nommer les principaux responsables.

Au cours des derniers jours, Macron a nommé plusieurs hauts fonctionnaires en France et a fait pression pour que ses alliés obtiennent des postes clés à Bruxelles.

La semaine dernière, Macron a proposé de confirmer Thierry Breton au poste de commissaire européen français, suscitant les critiques de Le Pen.

Le président français a également négocié avec d’autres responsables européens pour envoyer son ancien conseiller européen Alexandre Adam à Bruxelles comme chef de cabinet adjoint de la probable présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, qui reviendra probablement, comme l’a confirmé L’Observatoire de l’Europe.

Lors d’un conseil des ministres la semaine dernière avant le premier tour de l’élection, Macron a également nommé plusieurs hauts responsables, dont des ambassadeurs, le nouveau chef d’état-major de l’armée de l’air française et le nouveau directeur de l’UE au ministère des Affaires étrangères.

Les Français se rendront dimanche aux urnes pour le second tour des élections législatives anticipées. Le Rassemblement national (RNN) est sorti grand vainqueur du premier tour dimanche dernier, avec 33% des voix.

Alors que le camp de Macron est sur le point de perdre sa majorité au Parlement, il s’est battu avec le Rassemblement national sur ce que pourrait être le pouvoir du président en cas de cohabitation — ou que le président doive se tourner vers l’opposition d’extrême droite pour former un gouvernement.

Dans une interview accordée au Brussels Playbook de L’Observatoire de l’Europe, l’ancien président de la Commission Jean-Claude Juncker a prédit que « Macron aura très peu d’influence sur l’orientation de la politique européenne car elle relève de la compétence du gouvernement, qui détient le pouvoir de décision. »

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