Macron veut que Breton revienne comme commissaire européen, un coup dur pour l'extrême droite

Martin Goujon

Macron veut que Breton revienne comme commissaire européen, un coup dur pour l’extrême droite

BRUXELLES ― Le président français Emmanuel Macron souhaite que Thierry Breton accomplisse un second mandat en tant que commissaire européen de la France.

Cette décision constitue un coup dur pour le Rassemblement national d’extrême droite, qui affirmait qu’il pourrait nommer le prochain commissaire français s’il obtenait la majorité lors des prochaines élections législatives.

L’annonce de Macron a été rapportée par Le Monde et confirmée à L’Observatoire de l’Europe par cinq responsables. Le président français a fait cette déclaration à propos de Breton, l’actuel commissaire au Marché intérieur, lors d’une réunion du groupe libéral Renew Europe à Bruxelles jeudi, avant une réunion des dirigeants de l’UE.

Macron souhaiterait que Breton soit promu au rôle puissant de vice-président exécutif de la Commission avec un important portefeuille économique, mais cela devra encore être négocié avec la probable nouvelle présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, ont déclaré deux responsables.

La question de savoir qui devrait choisir le futur commissaire français a été cette semaine une pomme de discorde majeure entre le camp de Macron et le Rassemblement national d’extrême droite.

Le président du Rassemblement national, Jordan Bardella, a affirmé que c’était le futur gouvernement (qu’il espère diriger), et non Macron, qui devrait choisir le candidat. « Ce sera l’une des premières décisions que nous prendrons », a déclaré Bardella, ajoutant qu’il « explorait » les noms à proposer.

Le président du Rassemblement national, Jordan Bardella, a affirmé que c’était le futur gouvernement (qu’il espère diriger), et non Macron, qui devrait choisir le candidat. | Photo de la piscine par Dimitar Dilkoff via AFP/Getty Images

« Ce serait un coup de force « si le président nommait (quelqu’un) avant les élections et sans l’aval de la future majorité », a déclaré à Paris Playbook une personne proche de Bardella.

Plusieurs proches de Macron ont toutefois une opinion différente. En privé, ils ont admis qu’il n’existe pas de règle écrite sur la personne qui peut procéder à la nomination, mais ont souligné que Macron devrait proposer le prochain commissaire, comme le président l’a toujours fait.

Les lois européennes et françaises ne précisent pas qui devrait avoir le pouvoir de suggérer le nom du commissaire en cas de cohabitation, lorsque le président et le premier ministre sont issus de camps politiques opposés.

Les Français se rendent aux urnes ce dimanche et celui d’après pour élire leur nouveau parlement après que Macron a convoqué des élections anticipées.

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