Macron aborde la crise sécuritaire dans les territoires français d’outre-mer alors que les tensions montent

Martin Goujon

Macron aborde la crise sécuritaire dans les territoires français d’outre-mer alors que les tensions montent

Trois personnes sont mortes dans des circonstances floues après une nuit de violentes manifestations contre un projet de réforme électorale en Nouvelle-Calédonie, un territoire français d’outre-mer dans le Pacifique Sud.

« Le chef de l’Etat a exprimé sa profonde émotion face au décès de trois personnes, alors qu’un gendarme vient d’être grièvement blessé », peut-on lire dans un communiqué de la présidence française. « Tous les actes de violence sont intolérables et seront réprimés sans relâche pour assurer le retour de l’ordre républicain. »

Le président Emmanuel Macron a convoqué une réunion d’urgence du comité de défense nationale français et a avancé la tenue d’un séminaire gouvernemental hebdomadaire pour faire face à la situation et proposer de déclarer l’état d’urgence en Nouvelle-Calédonie. Macron a demandé au Premier ministre français et au ministre de l’Intérieur d’inviter des représentants calédoniens à Paris pour parvenir à un accord.

Mardi, les législateurs français ont adopté un projet de loi qui permettrait à tous les citoyens résidant sur l’île depuis plus de 10 ans de voter aux élections locales, une mesure qui, selon les mouvements indépendantistes de Nouvelle-Calédonie, affaiblirait la représentation de la population autochtone du territoire. les Kanaks. Le changement nécessiterait un amendement constitutionnel et doit donc être confirmé par les parlementaires du Sénat et de l’Assemblée nationale lors d’une séance de vote conjointe.

Depuis 2007, seuls ceux qui avaient le droit de vote en 1998 – lorsque le gouvernement français a signé un accord reconnaissant la « légitimité des Kanak en tant que peuple autochtone de Nouvelle-Calédonie » et accordant au territoire une autonomie accrue – ou leurs descendants peuvent élire l’exécutif local. .

Les tensions sont vives à Nouméa, la capitale de la Nouvelle-Calédonie, où les aéroports ont été fermés et un couvre-feu a été instauré hier soir dans une tentative infructueuse d’empêcher les émeutes. Louis Le Franc, représentant de la France sur le territoire, a qualifié le nombre limité de morts de « miracle ».

Les médias locaux ont fait état d’incidents de pillage, d’incendies criminels et d’utilisation d’armes à feu.

Dans une interview à la radio, le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin a déclaré qu’« environ 100 » membres des forces de sécurité avaient été blessés et que le couvre-feu serait maintenu.

Dans un communiqué, la principale force séparatiste du territoire et plus grand parti au congrès local, le Front de libération nationale kanak et socialiste, a « dénoncé » les événements violents de mardi soir et appelé au « calme et à l’apaisement ». Il demande une nouvelle fois que le projet de réforme électorale soit abandonné et ajoute que « le climat social instable… met clairement en évidence le désir d’une partie de la population d’être entendue sur son avenir et celui de son pays (sic) ».

Sonia Backès, élue locale opposée à l’indépendance du territoire et ancienne ministre du gouvernement Macron, a demandé à la France de déclarer « l’état d’urgence » et a accusé certains séparatistes de promouvoir le « racisme anti-blanc ».

Trois référendums sur l’indépendance de la Nouvelle-Calédonie ont eu lieu entre 2018 et 2021. Une faible majorité d’électeurs ont choisi de rester en France lors des deux premiers votes, mais le troisième a été marqué par un faible taux de participation, les séparatistes ayant appelé leurs partisans à boycotter le vote en raison de le refus de l’État de le reporter en pleine pandémie de Covid-19.

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