Demonstrators waving Georgian national flags gather in front of the Parliament building during a protest against

Jean Delaunay

L’UE exhorte le gouvernement géorgien à s’en tenir à la voie démocratique vers l’adhésion à l’UE

La soi-disant « loi russe » risque de mettre en péril l’ambition de la Géorgie d’adhérer à l’Union européenne. Douze États membres ont demandé à l’UE de préciser si la loi entraînerait une suspension potentielle des négociations d’adhésion.

L’Union européenne exhorte le gouvernement géorgien à s’en tenir à la voie des réformes démocratiques pour rejoindre le bloc, alors que le Parlement est sur le point d’approuver un projet de loi qui renforcerait le contrôle sur les organisations recevant des fonds étrangers.

Des manifestants se sont rassemblés lundi devant le Parlement pour protester contre la soi-disant « loi russe », largement considérée comme une législation de type Kremlin visant à étouffer la liberté d’expression.

« La Géorgie est après tout un pays candidat, nous l’espérons, nous l’espérons, et nous appelons les autorités à revenir sur la voie européenne et à respecter tous les engagements qu’elles ont pris volontairement lorsqu’elles ont demandé le statut de candidat pour leur pays », Le porte-parole de la Commission européenne pour les Affaires étrangères, Peter Stano, a déclaré lundi.

Deux manifestants drapés de drapeaux nationaux géorgiens et de l'UE se dirigent vers le bâtiment du Parlement lors d'une manifestation contre
Deux manifestants arborant des drapeaux nationaux géorgiens et européens se dirigent vers le bâtiment du Parlement lors d’une manifestation contre « la loi russe » à Tbilissi. 13 mai 2024

Plusieurs députés ont demandé au chef de la politique étrangère de l’UE, Josep Borrell, d’imposer des sanctions contre le gouvernement géorgien. La Commission européenne a également condamné Tbilissi pour son recours à la force brutale contre des hommes politiques et des journalistes de l’opposition.

« Il est maintenant temps pour l’UE d’en dire assez de ces doubles jeux », a déclaré à L’Observatoire de l’Europe John O’Brennan, professeur de politique européenne à l’université irlandaise de Maynooth et titulaire de la chaire Jean Monnet d’intégration européenne.

« On ne peut pas participer au processus d’adhésion et en même temps introduire une législation qui est totalement en contradiction avec l’article 2 du traité sur l’Union européenne ; en totale contradiction avec l’engagement que le gouvernement géorgien a pris envers la Commission européenne », a ajouté O’Brennan.

Le projet de loi controversé, réintroduit par le parti au pouvoir, le Rêve géorgien, exige que les médias et les organisations non commerciales s’enregistrent comme étant sous influence étrangère s’ils reçoivent plus de 20 pour cent de leur financement de l’étranger.

Laisser un commentaire

20 − vingt =