Macron a distancié la France de la guerre en Iran, affirmant que son pays n’avait pas été consulté à l’avance sur les frappes américano-israéliennes et ne voulait pas de guerre.
L’Iran a autorisé deux anciens détenus français, Cécile Kohler et Jacques Paris, à quitter le pays, a déclaré mardi le président français Emmanuel Macron. Ils séjournaient dans les locaux diplomatiques français en Iran depuis leur sortie de prison en novembre.
« Cécile Kohler et Jacques Paris sont libres et en route vers le territoire français, après trois ans et demi de détention en Iran », a posté Macron sur X. Ils devraient arriver en France mercredi, a indiqué le bureau de Macron.
Le feu vert pour qu’ils quittent l’Iran, recherché depuis longtemps par la France, montre à quel point l’Iran différencie les nations, traitant certaines favorablement et d’autres comme des ennemis, dans le contexte de la guerre.
Macron a éloigné la France du conflit, affirmant que son pays n’avait pas été consulté à l’avance sur les frappes américano-israéliennes et ne voulait pas de guerre.
Macron a remercié Oman pour avoir joué un rôle de médiation dans la libération de Kohler et de Paris. « C’est un soulagement pour nous tous et évidemment pour leurs familles », a-t-il écrit.
Le bureau de Macron a déclaré que les deux ressortissants français avaient quitté l’Iran par la route « sans aucune coordination particulière avec les forces américaines et israéliennes » opérant dans la région, alors que des frappes aériennes ont touché mardi deux ponts et une gare en Iran.
L’agence officielle iranienne IRNA a rapporté mardi que l’Iran avait conclu un accord avec la France pour la libération des deux citoyens français en échange du ressortissant iranien Mahdieh Esfandiari.
Téhéran fait pression depuis l’année dernière pour la libération d’Esfandiari, qui a été condamnée en France pour incitation au terrorisme en raison de ses commentaires sur les attaques menées par le Hamas contre Israël le 7 octobre 2023.
Cependant, le bureau de Macron a nié l’existence d’un tel accord sur un échange de prisonniers, soulignant que la procédure judiciaire en France n’est pas terminée dans le cas d’Esfandiari et qu’elle a fait appel de sa condamnation. Aucun détail sur les négociations avec l’Iran n’a été fourni.
Macron a été le premier dirigeant occidental à s’entretenir avec le président iranien Masoud Pezeshkian après le déclenchement de la guerre, lors d’un appel téléphonique le 8 mars. Depuis, les dirigeants se sont à nouveau parlé au téléphone à deux reprises, Macron demandant instamment que les deux ressortissants français soient autorisés à rentrer en France dans les plus brefs délais.
Les autorités iraniennes les ont libérés de prison en novembre mais ne les ont pas autorisés à quitter le pays. Ils étaient détenus depuis plus de trois ans pour des accusations d’espionnage, que Paris jugeait infondées.
Les responsables français ont déclaré qu’ils étaient ensuite gardés en sécurité à l’ambassade de France à Téhéran.
Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot a déclaré s’être entretenu au téléphone avec Cécile Kohler et Jacques Paris qui « ont exprimé leur émotion et leur joie de retrouver bientôt leur pays et leurs proches », dans un post sur X.
Ils « sont définitivement LIBRE », a-t-il écrit, exprimant sa gratitude envers l’ambassadeur de France et son personnel à Téhéran qui les ont aidés à rester en sécurité « dans des conditions très difficiles ».
Kohler et Paris ont été arrêtés en mai 2022 alors qu’ils étaient en visite en Iran. La France a dénoncé leur détention comme « injustifiée et infondée ».
Les pays occidentaux ont accusé l’Iran d’utiliser des prisonniers étrangers comme monnaie d’échange, une allégation que Téhéran rejette.




