Les personnes souffrant de maladies pulmonaires sont confrontées au « plus grand risque » lié au changement climatique, selon les experts

Jean Delaunay

Les personnes souffrant de maladies pulmonaires sont confrontées au « plus grand risque » lié au changement climatique, selon les experts

Les représentants de la Société européenne de respiration appellent l’UE à abaisser les limites réglementaires en matière de pollution atmosphérique.

Les personnes souffrant de maladies respiratoires telles que l’asthme et la maladie pulmonaire obstructive chronique (MPOC) sont confrontées à des risques plus élevés liés à la crise climatique, affirment les experts.

Un article récemment publié prévient que la hausse des températures et les conditions météorologiques irrégulières exacerbent les problèmes pulmonaires.

Les représentants de la Société européenne de respiration appellent l’UE à abaisser les limites réglementaires en matière de pollution atmosphérique.

« Nous avons atteint un point de non-retour », écrivent les experts dans l’éditorial du European Respiratory Journal publié cette semaine.

Comment le changement climatique affecte-t-il la santé humaine ?

La crise climatique a des « conséquences dévastatrices » sur la santé humaine, affirment les experts respiratoires dans un article évalué par des pairs et publié lundi.

L’impact du changement environnemental sur la santé des populations est désormais « irréversible », ajoutent-ils.

Les niveaux croissants de pollen et d’autres allergènes ainsi que les tempêtes de poussière et les incendies de forêt plus fréquents détériorent la qualité de l’air et aggravent les conditions respiratoires.

Les experts préviennent également que les saisons allergéniques prolongées et la pollution atmosphérique plus élevée entraînent le développement de nouveaux problèmes pulmonaires.

La pollution de l’air a été responsable de 6,7 millions de décès en 2019 et de 373 000 en Europe.

« Les impacts du changement climatique sur la santé humaine sont omniprésents, profonds et substantiels », écrivent les auteurs.

Les enfants sont plus exposés à la pollution de l’air

Les enfants sont particulièrement vulnérables au changement climatique et à la pollution de l’air car leurs poumons sont encore au stade de développement.

Ils respirent plus vite et inhalent donc jusqu’à trois fois plus d’air que les adultes lorsqu’ils sont dehors.

Si les jeunes enfants sont exposés à une mauvaise qualité de l’air, ils courent un plus grand risque de développer des maladies pulmonaires chroniques comme la BPCO et la bronchite plus tard dans la vie, indique le document.

D’autres groupes vulnérables comprennent les patients atteints de maladies chroniques, les populations âgées, les femmes enceintes et les personnes travaillant à l’extérieur, comme dans le bâtiment.

Les experts respiratoires réclament des limites sur la pollution atmosphérique

Réduire les émissions de gaz à effet de serre et empêcher un réchauffement supplémentaire de la planète entraînerait « des bénéfices considérablement plus importants et plus immédiats », écrivent les auteurs.

« Des rapports récents de l’OMS (Organisation mondiale de la santé) soulignent que de nombreuses mesures visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre se traduiraient par une meilleure qualité de l’air et une réduction substantielle des risques pour la santé », affirment-ils.

« Ainsi, la réglementation de la pollution atmosphérique qui s’attaque aux sources directes du changement climatique, à savoir les émissions de combustibles fossiles, devrait être au cœur de toute stratégie d’atténuation du changement climatique. »

Le document appelle l’UE à aligner ses réglementations sur la qualité de l’air sur les normes de l’OMS.

Actuellement, l’UE impose une limite de 25 microgrammes par mètre cube pour les particules fines (PM2,5 ou une fraction du diamètre d’un cheveu humain) et de 40 microgrammes par mètre cube pour le dioxyde d’azote.

Les normes de l’OMS sont de cinq microgrammes par mètre cube pour les PM2,5 et de 10 microgrammes par mètre cube pour le dioxyde d’azote.

Aligner les limites de l’UE sur les réglementations de l’OMS serait une « opportunité historique de mettre en œuvre une politique visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre », estiment les experts.

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