Le groupe d’extrême droite Patriotes pour l’Europe présentera une motion de censure contre la Commission de von der Leyen, contestant la signature de l’accord commercial UE-Mercosur. L’annonce est attendue cette semaine, mais les chances de succès sont pratiquement nulles.
Le groupe d’extrême droite Patriotes pour l’Europe va déposer un nouveau vote de censure contre la Commission d’Ursula von der Leyen dès cette semaine, ont indiqué plusieurs sources du groupe à L’Observatoire de l’Europe.
Le texte est en cours de préparation et pourrait être finalisé lors de la réunion du bureau du groupe mardi à Bruxelles, selon des sources du parti. Les Patriotes présenteront cette motion en représailles à la signature de l’accord commercial avec le Mercosur approuvé par les États membres la semaine dernière et qui devrait être scellé lors d’une cérémonie officielle le 17 janvier.
Jordan Bardella, qui préside le groupe et dirige la délégation du Rassemblement national français, a accusé Bruxelles et Paris de capituler devant les intérêts des agriculteurs européens.
Il a envisagé pour la première fois un vote de censure la semaine dernière, lorsque l’accord commercial a été approuvé par les États membres de l’UE, ouvrant la voie à son achèvement après plus de 20 ans de négociations. Le vote au Parlement européen sera accompagné d’une motion de censure distincte déposée par le Rassemblement national au Parlement français.
Dans la précédente motion déposée par le groupe Patriotes pour l’Europe en octobre dernier, la formation affirmait que la Commission avait ignoré « l’opposition forte et répétée de plusieurs parlements nationaux, du Parlement européen et des agriculteurs européens » au Mercosur, particulièrement détesté en France.
Un langage similaire devrait être inclus dans le nouveau texte cette semaine.
L’objectif est qu’il soit prêt à être voté lors de la prochaine session plénière à Strasbourg, prévue du 19 au 22 janvier.
Le texte pourrait également inclure une référence au « style de gouvernement de von der Leyen », qui a été accusée de diriger une Commission centralisée autour de son personnage, a déclaré un député européen des Patriotes à L’Observatoire de l’Europe, bien que la formulation exacte soit en cours de finalisation.
Selon des sources parlementaires, le calendrier est serré et le groupe cherche à accélérer la procédure. Il lui faudra 72 signatures pour procéder au vote, ce qui ne devrait pas poser de problème puisque Patriotes pour l’Europe compte 85 députés.
Toutefois, les signatures devront être certifiées par les services internes du Parlement et le texte de la motion de censure devra passer par un processus de validation, qui nécessite généralement plusieurs jours pour être approuvé. Si cela se produit, le vote serait probablement reporté à la prochaine session plénière du mois prochain, prévue du 9 au 12 février.
Peu de chances de succès mais des optiques utiles
Si le vote a lieu, ce serait la quatrième tentative du Parlement européen de renverser la Commission von der Leyen au cours de cette législature.
Les trois précédentes, organisées en 2024, n’ont pas réussi à renverser von der Leyen, mais ont initialement créé un esprit du temps négatif pour le président de la Commission.
Une motion de censure peut être déposée si un député sur dix soutient la demande. S’il était adopté, cela forcerait en théorie la Commission tout entière à démissionner.
Son approbation nécessite au moins les deux tiers des voix exprimées au Parlement européen, représentant une majorité de tous les députés en exercice, un seuil élevé qui est pratiquement impossible à atteindre si les grands groupes, comme le PPE qui soutient von der Leyen, votent contre ou s’abstiennent.
Les chances que cette nouvelle motion de censure aboutisse sont minimes.
Le vote de censure déposé par le Patritos pour l’Europe en octobre a abouti à 378 voix contre, 179 pour et 37 abstentions, les forces centristes s’unissant pour soutenir la présidence de von der Leyen qui est sortie renforcée de ce vote.


