Les Palestiniens votent aux élections municipales en Cisjordanie et dans le centre de Gaza, les premières depuis le début de la guerre

Jean Delaunay

Les Palestiniens votent aux élections municipales en Cisjordanie et dans le centre de Gaza, les premières depuis le début de la guerre

Les élections, qui se déroulent en Cisjordanie occupée par Israël et à Deir al-Balah à Gaza, se déroulent dans un contexte politique et sécuritaire très instable.

Les Palestiniens ont voté samedi aux élections locales en Cisjordanie occupée par Israël et à Gaza. Il s’agissait du premier vote de quelque nature que ce soit organisé dans la bande de Gaza depuis deux décennies depuis la victoire du Hamas en 2006.

Pendant des années, les élections pour choisir les représentants palestiniens ont été reportées à plusieurs reprises, et aucune élection parlementaire n’a eu lieu depuis 2006, lorsque le Hamas a remporté une victoire surprise à Gaza contre le Fatah, la faction dirigée par le président Mahmoud Abbas.

Cette fois-ci, la plupart des listes électorales sont alignées sur le mouvement laïc-nationaliste Fatah d’Abbas ou sont composées d’indépendants soutenus par des factions plus petites telles que le Front populaire marxiste-léniniste pour la libération de la Palestine.

Un certain nombre de factions palestiniennes ont boycotté le processus électoral pour protester contre les conditions d’adhésion des candidats imposées par l’Autorité palestinienne (AP), qui ont été introduites dans le cadre d’une réforme électorale l’année dernière. Certains aspirants candidats se sont également plaints d’avoir été empêchés de participer.

Le Hamas, quant à lui, est absent de la course à Deir al-Balah, même si certains candidats semblent être alignés sur le mouvement.

Pourquoi les élections locales sont importantes

Près de 1,5 million de personnes sont inscrites sur les listes électorales en Cisjordanie, ainsi que 70 000 personnes dans la région de Deir al-Balah, selon la Commission électorale centrale basée à Ramallah. Des diplomates étrangers se rendaient dans les bureaux de vote pour surveiller le processus.

Le taux de participation électorale est resté particulièrement faible, s’établissant à 15 % en fin de matinée, puis s’élevant à 24,53 % à 13 heures, a indiqué la commission électorale. L’agence de presse AFP a rapporté que de nombreuses stations dans certaines parties de la Cisjordanie restaient vides.

Les Palestiniens voteront pour sélectionner des représentants aux conseils municipaux et villageois pour un mandat de quatre ans. Les conseils municipaux gèrent les services quotidiens, tels que la supervision de l’approvisionnement en eau, de l’assainissement et des infrastructures locales.

Bien qu’ils ne détiennent pas de pouvoir législatif, les conseils locaux sont devenus importants dans la mesure où ils constituent l’un des derniers mécanismes démocratiques de l’Autorité palestinienne, qui a été largement critiquée pour sa corruption, sa stagnation et son déclin de légitimité.

Ces élections sont donc l’un des rares mécanismes politiques restants qui permettent aux Palestiniens une forme limitée de participation politique.

Des hommes palestiniens se rassemblent devant un bureau de vote pour participer aux élections locales à Deir al-Balah, dans le centre de la bande de Gaza, le samedi 25 avril 2026.

Des hommes palestiniens se rassemblent devant un bureau de vote pour participer aux élections locales à Deir al-Balah, dans le centre de la bande de Gaza, le samedi 25 avril 2026.


« Nous devons voir un changement tous les quatre ans grâce aux élections… Nous ne pouvons pas changer la situation mais nous espérons remplacer les gens… des gens qui pourraient être meilleurs et aider à développer la communauté », a déclaré un électeur à l’AFP.

Un autre électeur a déclaré que les élections semblaient largement symboliques, mais qu’elles constituaient un signe de la « volonté de vivre » du peuple.

Le vote est également important pour les partisans occidentaux et régionaux de l’Autorité palestinienne, qui continuent de fournir un soutien financier et diplomatique mais recherchent des réformes claires.

L’Union européenne a qualifié le vote de « étape importante vers une démocratisation plus large et un renforcement de la gouvernance locale… conformément au processus de réformes en cours ».

Voter dans un environnement fragmenté

De nombreux pays européens et arabes soutiennent le retour de l’Autorité palestinienne à la gouvernance à Gaza et la considèrent comme l’organe directeur légitime d’un État palestinien indépendant.

Cependant, l’Autorité palestinienne est confrontée à plusieurs défis, notamment une grave crise financière due en partie aux retenues fiscales israéliennes.

Des Palestiniennes recherchent leur nom sur une liste électorale pour participer aux élections locales à Al-Ubaidiya, en Cisjordanie, le samedi 25 avril 2026.

Des Palestiniennes recherchent leur nom sur une liste électorale pour participer aux élections locales à Al-Ubaidiya, en Cisjordanie, le samedi 25 avril 2026.


Israël maintient également divers degrés de contrôle direct et indirect sur des aspects clés de la vie quotidienne des Palestiniens en Cisjordanie occupée, à Jérusalem-Est et à Gaza. En conséquence, les décisions politiques palestiniennes sont limitées ou fortement influencées par l’approbation israélienne.

Un autre défi est que le droit de vote n’est pas le même pour tous les Palestiniens. Gaza, à l’exception de Deir al-Balah, reste largement exclue. De plus, les Palestiniens de Jérusalem ou ceux ayant la citoyenneté israélienne ne peuvent pas participer car ils sont sous gouvernance israélienne, et la diaspora palestinienne ne peut pas non plus participer car elle est en exil imposé.