L’Iran a effectivement fermé cette voie navigable cruciale lorsque la guerre a éclaté le 28 février. Normalement, un cinquième du pétrole et du gaz naturel liquéfié mondiaux transite par la voie navigable. Sa fermeture a fait monter en flèche les prix de l’énergie dans le monde entier.
Les États-Unis s’apprêtent à lancer une coalition internationale pour relancer la navigation dans le détroit d’Ormuz, a confirmé jeudi un responsable, alors que cette voie navigable vitale reste largement coupée et que les négociations avec l’Iran sont au point mort.
Le « Maritime Freedom Construct » (MFC) « prendra des mesures pour assurer un passage sûr, notamment en fournissant des informations en temps réel, des conseils de sécurité et une coordination pour garantir que les navires puissent transiter dans ces eaux en toute sécurité », a déclaré un responsable du département d’État à l’agence de presse AFP.
Le responsable, s’exprimant sous couvert d’anonymat, répondait à des questions concernant un câble diplomatique appelant les ambassades américaines à faire pression sur les gouvernements étrangers pour qu’ils se joignent à un tel effort.
Le Wall Street Journal a rapporté que le MFC serait le fruit d’un effort conjoint du Département d’État et du Commandement central américain (CENTCOM), qui supervise les forces militaires américaines au Moyen-Orient, selon le câble.
« La composante dirigée par les Etats, basée à Washington, servira de centre des opérations diplomatiques, unissant les partenaires et l’industrie du transport maritime commercial », a déclaré le responsable à l’AFP.
Le président américain Donald Trump a critiqué à plusieurs reprises ses alliés pour leur réticence à s’impliquer dans la guerre, tout en exhortant à plusieurs reprises les pays tributaires du pétrole à assumer la responsabilité de l’ouverture du détroit d’Ormuz.
Le rapport insiste toutefois sur le fait qu’une action collective est « essentielle pour démontrer une détermination unifiée et imposer des coûts significatifs à l’obstruction iranienne du transit par le détroit ».
« Votre participation renforcera notre capacité collective à restaurer la liberté de navigation et à protéger l’économie mondiale », aurait déclaré le câble, décrivant le MCF comme une initiative « menée par les États-Unis ».
Le Royaume-Uni et la France ont mené des discussions sur un effort maritime distinct, organisant récemment une réunion avec plus de 50 pays sur la question.
Le détroit d’Ormuz est devenu un point chaud majeur depuis le début de la guerre, l’Iran n’autorisant qu’un filet de navires à emprunter la voie navigable.
L’Iran a effectivement fermé cette voie navigable cruciale lorsque la guerre a éclaté le 28 février. Normalement, un cinquième du pétrole et du gaz naturel liquéfié mondiaux transite par la voie navigable. Sa fermeture a fait monter en flèche les prix de l’énergie dans le monde entier.
Le 13 avril, la marine américaine a imposé son propre blocus aux ports iraniens, qui, selon le commandement central américain, s’appliquerait à « l’ensemble du littoral iranien ».
Plus tôt jeudi, le président iranien Masoud Pezeshkian avait déclaré qu’un blocus naval américain imposé en représailles à l’action de l’Iran à Ormuz était « voué à l’échec ».
Pezeshkian a ajouté que de telles mesures « non seulement ne parviendraient pas à renforcer la sécurité régionale, mais seraient en fait une source de tensions et une perturbation de la stabilité durable dans le golfe Persique ».
Le brut de référence Brent pour livraison en juin a atteint jusqu’à 126 dollars (107 €) le baril dans les échanges jeudi, le niveau intrajournalier le plus élevé depuis 2022, année où la Russie a lancé son invasion à grande échelle de l’Ukraine, alors que l’Iran maintient son étranglement sur le détroit d’Ormuz.
« Défaite honteuse »
Par ailleurs, l’ayatollah iranien Mojtaba Khamenei aurait déclaré jeudi dans un message écrit que les États-Unis avaient été vaincus dans la guerre, les dirigeants iraniens ayant défié les avertissements de Trump concernant un blocus prolongé de ses ports.
« Aujourd’hui, deux mois après le plus grand déploiement militaire et l’agression des tyrans du monde dans la région, et la défaite honteuse des États-Unis dans leurs plans, un nouveau chapitre s’ouvre pour le golfe Persique et le détroit d’Ormuz », aurait écrit Khamenei dans le message lu à la télévision d’État.
Le message de Khamenei, qui n’est pas encore apparu en public depuis sa nomination le 9 mars comme nouvel ayatollah iranien, est intervenu à l’occasion de la célébration nationale annuelle de la journée du « Golfe Persique ».
Il a été choisi comme nouveau dirigeant de la République islamique après que les États-Unis et Israël ont lancé une campagne massive de frappes contre l’Iran le 28 février, tuant son père et prédécesseur Ali Khamenei.
La semaine dernière, le New York Times, citant plusieurs responsables iraniens anonymes, a déclaré que le jeune Khamenei avait été « gravement blessé » lors des frappes mais qu’il était resté « mentalement vif ».
Dans son message de jeudi, il a déclaré que les bases américaines dans la région « n’ont même pas la capacité d’assurer leur propre sécurité, et encore moins d’offrir le moindre espoir de sécuriser leurs alliés ».
Il a salué ce qu’il a appelé le « nouveau cadre juridique et la nouvelle gestion » du détroit stratégique d’Ormuz, un point d’étranglement énergétique clé, par l’Iran, comme un moyen d’apporter « du confort et du progrès » aux pays de la région.
Trump a averti mercredi que le blocus naval américain des ports iraniens pourrait durer des mois, entraînant une hausse des prix du pétrole à leur plus haut niveau depuis plus de quatre ans.




