Les archéologues de Pompéi découvrent une boulangerie-prison inquiétante où des esclaves et des ânes étaient exploités

Jean Delaunay

Les archéologues de Pompéi découvrent une boulangerie-prison inquiétante où des esclaves et des ânes étaient exploités

Cette découverte concorde avec les récits poignants de l’écrivain Apulée du IIe siècle après J.-C., dont les Métamorphoses IX 11-13 décrivent le travail éreintant enduré par les hommes, les femmes et les animaux dans les anciens moulins et boulangeries.

Les archéologues travaillant sur les fouilles en cours dans la région IX, Insula 10, près des pentes de l’ancienne ville de Pompéi, ont découvert un site inquiétant : une boulangerie-prison où des ouvriers asservis et des ânes aux yeux bandés étaient enfermés et exploités pour produire du pain.

L’espace de travail exigu, équipé de petites fenêtres hautes dans les murs sécurisées par des barres de fer, a été révélé lors du projet plus large visant à sécuriser et consolider les zones non fouillées de Pompéi.

On suppose que la résidence contenant la boulangerie était en cours de rénovation lorsque l’éruption du Vésuve en 79 après JC a entraîné sa destruction.

Cependant, la découverte de trois victimes dans l’une des salles de la boulangerie ces derniers mois laisse penser que la propriété abritait encore des individus au moment de l’éruption.

Les horreurs du travail éreintant dans les anciens moulins de Pompéi

La boulangerie-prison vue d'en haut.
La boulangerie-prison vue d’en haut.

Dépourvue de portes et de toute communication extérieure, la zone de production ne disposait que d’une sortie menant à l’atrium de la maison, restreignant ainsi la circulation des individus à l’intérieur.

« C’est, en d’autres termes, un espace dans lequel il faut imaginer la présence de personnes de statut servile dont le propriétaire a ressenti le besoin de restreindre la liberté de mouvement », note Gabriel Zuchtriegel, directeur du Parc archéologique de Pompéi, dans un article co-écrit publié aujourd’hui dans le E-Journal sur les fouilles de Pompéi.

Il ajoute : « C’est l’aspect le plus choquant de l’esclavage ancien, celui dépourvu à la fois de relations de confiance et de promesses d’affranchissement, où nous étions réduits à la violence brutale, impression entièrement confirmée par la sécurisation des quelques fenêtres avec des barreaux de fer. « .

Adjacente à l’écurie, la zone de broyage présentait des indentations semi-circulaires dans des dalles de basalte volcanique, peut-être des sculptures délibérées pour coordonner le mouvement des animaux et les empêcher de glisser et de former un « sillon circulaire », comme le décrit l’écrivain du deuxième siècle après JC Apulée. .

L’usure de ces empreintes suggérait les cycles synchronisés effectués autour des meules, semblables aux engrenages d’un mécanisme d’horlogerie.

La sombre réalité de la vie quotidienne dans cet espace complète le récit présenté dans la prochaine exposition, « L’autre Pompéi : des vies ordinaires à l’ombre du Vésuve », qui s’ouvrira le 15 décembre à la Palestra Grande de Pompéi.

L’exposition met en lumière des individus oubliés, tels que les esclaves, qui, bien que souvent négligés par les sources historiques, constituaient la majorité de la population, contribuant de manière significative à l’économie, à la culture et au tissu social de la civilisation romaine.

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