L'enquête parlementaire française sur Uber met en lumière les conséquences sociales de l'économie des concerts

Jean Delaunay

L’enquête parlementaire française sur Uber met en lumière les conséquences sociales de l’économie des concerts

Un récent rapport d’une commission parlementaire française a souligné la vulnérabilité des travailleurs d’Uber alors que l’UE débat de réglementations visant à renforcer les droits des travailleurs des plateformes numériques.

Un nouveau rapport d’une commission parlementaire française a mis en lumière le mauvais traitement réservé aux travailleurs par Uber en critiquant la relation « opaque mais privilégiée » du président Emmanuel Macron avec la multinationale américaine.

En juillet 2022, le lanceur d’alerte Mark MacGann, un ancien lobbyiste d’Uber Europe, a divulgué plus de 120 000 documents à The Guardian, révélant la stratégie d’influence agressive d’Uber dans environ 40 pays.

Pendant six mois, une commission parlementaire française a entendu le témoignage de 120 personnes, dont deux anciens premiers ministres, Bernard Cazeneuve et Manuel Valls.

Le rapport qui en résulte a souligné les conséquences désastreuses du traitement des travailleurs par Uber, notamment «l’extrême vulnérabilité des travailleurs, en particulier ceux qui n’ont pas de papiers» et l’externalisation des emplois.

Le comité a souligné que le modèle d’Uber défavorisait les chauffeurs, qui étaient contraints de subir « les conditions de travail imposées par la plateforme sans aucune des compensations auxquelles ils auraient dû avoir droit », telles que des indemnités de départ.

Il a également souligné que les tribunaux civils français avaient reconnu certains chauffeurs Uber en tant qu’employés dans plusieurs affaires, similaires au Royaume-Uni en 2021..

Circé Lienart qui travaillait au Centre des coursiers de Paris – qui a ouvert en 2021 – a témoigné que 75% des chauffeurs travaillaient six jours par semaine, dont plus de la moitié travaillaient 9 à 12 heures par jour pour moins que le SMIC.

Il y a également eu une « forte baisse des revenus des taxis » en raison de la réduction significative de la valeur des licences de taxi que les chauffeurs pouvaient vendre, selon le rapport.

La sociologue Sophie Bernard a déclaré au comité qu’Uber ne créait pas d’emplois tandis que Helmi Mamlouk, un délégué syndical, estimait que 80 % des candidats étaient déjà employés ailleurs lorsqu’ils postulaient pour devenir chauffeurs.

Le gouvernement Macron a défendu ce qu’il a appelé la « troisième voie » concernant les travailleurs à la demande.

L’Espagne, quant à elle, a adopté une loi en 2021 pour classer les coursiers comme des employésmarquant une première en Europe.

Débats houleux au niveau européen

C’est un sujet qui a fait l’objet de débats houleux au niveau européen.

La députée européenne Leïla Chaibi a longuement critiqué La position de la France dans la négociation de Bruxelles sur le statut des travailleurs à la demande.

Le mois dernier, les pays de l’UE ont annoncé qu’ils étaient prêts à négocier avec le Parlement européen un projet de loi visant à renforcer les droits des travailleurs dans l’économie des concerts.

La proposition vise à établir des règles uniformes à l’échelle de l’UE pour déterminer si les chauffeurs-livreurs de repas ou les chauffeurs VTC travaillant pour les grandes plateformes numériques doivent être requalifiés en salariés.

Bruxelles a l’intention de créer des conditions pour le statut d’employé sur la base d’un ensemble de critères qui comprend l’exigence d’uniformes, l’interdiction aux chauffeurs de travailler pour d’autres entreprises et l’interdiction pour les employés de choisir leurs horaires.

Si au moins deux des cinq critères sont remplis, la plate-forme serait considérée comme un employeur et devrait respecter les obligations du droit du travail, telles que le salaire minimum, les heures de travail, les indemnités de maladie, les congés payés, la retraite, etc., conformément à la législation. du pays concerné.

Les négociations entre les États membres et les eurodéputés devraient durer plusieurs mois avant d’aboutir à un accord final.

Actuellement, la grande majorité des 28 millions de travailleurs sur les quelque 500 plateformes numériques de l’UE sont considérés comme des travailleurs indépendants.

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